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Un hiver à Paris

Un hiver, à Paris, un élève de classe préparatoire littéraire avance, tant bien que mal, travaille, évolue dans cet univers citadin, élitiste, bourgeois parfois, intellectuel en tout cas. Il commence à s'entourer d'amis, tout du moins de connaissances. C'est pourtant ténu et volatile.
Un hiver, à Paris, un autre élève de classe préparatoire est poussé à bout. Il hurle une insulte à son professeur. Il enjambe la balustrade. Il tombe. Il y a ce bruit sourd, cette flaque de sang, ces souvenirs acérés qui hanteront pour longtemps notre narrateur, son entourage, le lecteur aussi, un peu.
Un hiver, à Paris, des vies sont bouleversées.

Pour ce second élève, c'est une vie qui s'arrête, si brutalement, sur le béton de la cour. Pour ce premier, c'est une vie qui s'arrête mais ouvre sur une autre. Une autre vie où il faut naître douloureusement avec un drame pour parent.
A l'aube d'une existence nouvelle, il y aura des amis, des amours, des liens tissés. La solitude est tombée, elle aussi, sur le béton. Et, brisée, a répandu l'intérêt des uns, la compassion des autres, et le besoin de s'appuyer sur eux. Il y aura aussi des souvenirs, à ne plus savoir qu'en faire. Les partager, maladroitement, avec le père du premier élève. Les laisser couler, insidieusement, à l'intérieur. Les laisser givrer, dans l'hiver, à Paris. Les dégeler, habilement, bien des années plus tard, loin de Paris.

Un hiver à Paris est un ouvrage plus ou moins autobiographique. Mais qu'importe. Si tel est vraiment le cas, le dégel des souvenirs est réussi. C'est réel, juste et touchant, mais surtout pas larmoyant, jamais faux, et ça ne tombe aucunement dans le pathos. Le personnage est finement sculpté. Sa route est incertaine. Mais elle se déroule sous ses pas. Doucement. C'est une route sinueuse qui serpente dans une ville froide incarnant tourments et espoirs.
Jean-Philippe Blondel dessine avec une grande délicatesse et avec une habilité littéraire évidente un chemin parisien pour se relever. Son regard incisif se porte avec bienveillance sur une ville et sur les autres.  Sur nous-mêmes.

"Quand j'observais les gens autour de moi - et tous ceux que je croisais dans la rue, dans le métro, dans l'autobus -, personne ne semblait complètement sain. Et c'était bien ainsi."

Une autre bribe de vie

Pour public averti

La vie de Mali, devenue Maliki.
Et on est loin de son univers aux cheveux roses, de ses adorables chats un peu bizarres, de ses dessins colorés et de sa vie amusante.

La vie de Mali, jeune dessinatrice un peu perdue à Paris.
Comment elle cherche son indépendance, comment elle fuit sa famille, comment elle se cherche, comment elle se construit, comme elle s'effondre, souvent, dans les tourments de la vie.

La vie de ce personnage fragile.
Car le miroir se brise rapidement, car il est fêlé dès le début, car on voit bien derrière ce regard déterminé, derrière cette rage, derrière cette colère à peine contenue, provocatrice, tempétueuse, vulgaire, on voit l'émotion à fleur de peau, on voit la vie qui se dessine, on voit les larmes contenues.

La vie de ses amis à qui elle s'accroche.
Ils sont là, ils l'aident, ils cherchent à la comprendre, à la pousser en avant, à être là pour elle. Mais eux aussi se fissurent de leurs failles, eux aussi sont fragiles, eux aussi ressentent, vivent et tombent. Ce trio bouleversant met au jour les cicatrices béantes des humains qui, malgré tout, forgent de leur amitié une épée de courage.

La vie à coups de crayon.
Tout cela brille, sombre, vit, palpite, souffle, enrage, exulte, crie de ces traits vifs qui savent s'adoucir pour laisser place à une juste émotion. Et laisser, tout simplement, la vie se dessiner à l'horizon de la profondeur des pages. Dans la blancheur et la noirceur de cet ouvrage.

Court mais terriblement intense.
Vif mais tendrement touchant.
Sombre mais violemment beau.
Coup de coeur et coup de poing.

La vie en grand, la vie des Géants




Les Géants.
Un jeune homme. Marius. Féru de surf, un sang qui bat comme un océan, fidèle à sa famille et son meilleur ami, les yeux perdus dans l’horizon.
Estéban, un sang aussi sauvage, une mer intérieure plus sereine, l’âme volant au-dessus des vagues, la tête dans les étoiles, un cœur qui ne lui appartient plus.
Alma, la sœur de Marius, la petite amie – secrète – d’Estéban. Une place moins importante, mais la liberté du vent, la fougue des feuilles qu’il caresse, la fidélité, et l’amour, elle aussi.
Mais aussi et surtout, à côté d’Estéban, auprès de son fils Marius, il y Auguste, le père. Marin pêcheur, le cœur qui tente de ne pas se noyer, l’âme perdue au large, mais les pieds bien ancrés sur terre, la tête sur les épaules, les yeux sur la présence indispensable et bienveillante de la famille. Qu’il protège de tout son cœur battant pour eux, de son âme même si elle voyage, de toutes ses forces qu’il épuise et liquide.
Il y a des géantes aussi. Alma, citée plus haut. La mère, douce, puissante et touchante.
Mais ce sont bien ces trois géants le trio principal de l’histoire. Un triangle harmonieux qui vole en éclat dès lors que César, le grand-père de Marius, le père d’Auguste, surgit dans leur vie, avec un bagage plein de secrets, de mystère, d’obscurité et de désirs inassouvis. Jamais plus les bris de cette harmonie ne pourront à nouveau s’assembler. La mer les séparera. L’océan les fragilisera. Le sel les lissera. Les bouts de cette ancienne vie perdue ne pourront plus former le même modèle. Il faudra en construire un autre. Il faudra émerger, respirer, sortir de la vague, se relever, et vivre.

Ces personnages, superbement justes et vivants, bouleversent par la rage, la vague et la vie qu’ils dégagent. Les voilà engloutis par une aventure inattendue, le début d’évènements qui les plongeront peu à peu au fond de l’abîme du passé, des non-dits, de secrets qu’on a fui. C’est pour le lecteur le début d’une lecture passionnante, qu’il ne veut plus lâcher. Ce n’est pas un de ces livres aux multiples rebondissements, ni un livre d’action qui regorge à chaque page de retournements de situations inattendus. C’est un de ces livres à la profondeur fascinante, aux multiples chemins que le lecteur peut emprunter. Il y a l’histoire, qui progresse lentement, sûrement, avec une maîtrise de cette construction et du suspense certaine. Il y a la psychologie des personnages, qui se sculpte de plus en plus précisément à chaque page, qui regorge de possibilités, d’interprétations, d’identifications, d’émotions. Il y a tout ça en un seul roman, non pas fleuve mais vague.

Et cet ensemble de vies, Benoît Minville les peint avec de grands gestes, avec un pinceau dur, sincère, mais d’une finesse magnifique. Avec une fougue et une vivacité bouleversantes, il dresse le portrait brut, touchant et riche de cette famille, leur passé, leurs désirs, leurs rêves, leurs failles et leur profondeur abyssale. Ce portrait vient se ficher dans le cœur du lecteur par sa virtuosité et éclaire sa vie par l’incroyable justesse qu’il présente. La justesse de cette fresque vivante et humaine. Entre roman réaliste, psychologique, vie, romance, thriller, Benoît Minville signe un livre d’une tumultueuse sensibilité.

Un roman vague, écrivais-je plus haut. C’est le mot. Un roman vague.
Assez court, mais terriblement intense. Rapide, mais puissant. Difficile, mais inoubliable.


N'allez pas croire que j'utilise cette chanson à tout bout de champ,
même si ce n'est en fait que la seconde fois,
mais elle est magnifique
et colle parfaitement à ce roman.

Des romans qui font grandir



Un souvenir est un trésor auquel on s’accroche ardemment, inquiet de le perdre, angoissé de le laisser s’échapper, parce qu’il nous glisse entre les doigts alors qu’on aimerait l’enfermer en nous … ou peut-être s’enfermer en lui. Un souvenir est un nuage. Il est flou et doux, insaisissable, il fuit, il est rêve.

« Je dialogue avec les ondes du lac, celui de mon souvenir d’été. »

Comme Sophie, dans le dernier roman de Florence Hinckel, Hors de moi, n’avez-vous jamais dialogué avec vos souvenirs ? N’avez-vous jamais fermé les yeux, fermé votre conscience au monde extérieur, voilé votre regard et votre écoute, pour se concentrer sur cette échange ? Revivre, tenter de retrouver les perceptions, les sentiments, souhaiter intensément y retourner.
C’est ce à quoi s’obstine ce personnage finement fracturé de vives émotions. Cette Sophie qui se laisse paisiblement sombrer dans la mélancolie. Elle disparaît de la perception de ses proches, s’enferme complètement dans ses souvenirs. Loin du monde, loin des autres, elle se protège de l’extérieur pour que celui-ci ne brise pas le doux cocon de sa mémoire. Et à trop se refermer sur elle-même, elle se rend aveugle et s’emprisonne plus encore que ce qu’elle n’imaginait faire.
C’est un roman tout en fragilité. La fragilité d’un début qui prend son temps pour saisir le lecteur. La fragilité délicate et profondément touchante d’une plume qui dessine avec tendresse le portait sensible de  Sophie, celui de son histoire, celui de son avenir dont la lumière danse et menace de s’éteindre. Et quand le lecteur est saisi. Quand un page se tourne, quand un chapitre nouveau s’ouvre, quand l’histoire continue. Alors il n’est plus tellement possible de revenir en arrière, dire j’ai fini, j’arrête, poser le livre, oublier Sophie, passer à autre chose. J’ai voulu savoir la suite, connaître la fin, la décision de cette jeune adolescente alors que je la savais déjà, voir son évolution, vivre avec elle cette étape de sa vie. La voir changer.
Les plus grands romans sont ceux qui vous font grandir. Ceux de Florence Hinckel sont de ceux-là.

Hors de moi m’a-t-il fait grandir ? Je ne saurais pas vraiment le dire finalement. Parce que je suis un peu plus âgé que Sophie, parce que je suis un garçon (je ne serais jamais enceinte, eh oui), parce que ce que j’ai ressenti pour ce texte n’a pas été aussi fort que ce que j’ai ressenti pour L’été où je suis né. Mais il en touchera plus d’un(e), qui seront sans aucun doute autant marqué, peut-être même plus, que je l’ai été en lisant ce nouveau roman signé Florence Hinckel.
Et quand j’ai fini le roman. Quand d’un dernier élan j’ai dévoré, avalé, englouti les dernières pages et que celles-ci ont achevé de m’ébranler, il ne me restait plus qu’une chose à faire ... il était venu ce moment que je ne m’étais pas accordé alors que j’en avais l’envie depuis plusieurs mois. Il était venu le délicieux moment de relire L’été où je suis né.

Il faut savoir que Hors de moi est le « spin-off » ou de L’été où je suis né. Hors de moi l’histoire de la mère de Léo, avant l’histoire de celui-ci qui est le personnage central de L’été où je suis né, paru il y a quelques années déjà dans un Je Bouquine, puis chez  Scripto.

Même en le relisant, même debout dans le tram, ou assis sur un banc, même au creux de mon lit, même là, ici ou ailleurs, même si c’était la troisième fois, peut-être la quatrième, je ne sais plus, il m’a bouleversé.
L’été où je suis né est un texte doux et sensible qui se saisit de la touchante voix d’un garçon pour parler d’amour, d’origines, de se perdre et de grandir, d’épanouissement. C’est simple, vaste et grandiose. La plume aérienne mais vive et juste de Florence Hinckel délivre par vagues et traits de vérité l’émotion fragile de ses personnages, leurs histoires, ces adolescents fissurés qui apprennent la vie dans tout ce qu’elle a de complexe et magnifique.

« Sauf que dans mon cas, rien ne s'est déplacé de continent en continent, mais juste en moi. C'est peut-être aussi vaste. »


Vous pouvez les lire dans l’ordre que vous voulez.
Une chose est sûre, qui que vous soyez, garçon ou fille, adolescent ou adulte, grand lecteur ou pas, chacun des deux textes apporte à l’histoire de cette famille en morceaux le moyen de la reconstituer, et d’en avoir une vision d’ensemble. Chacun des deux textes lui apporte un nouvel angle et une nouvelle fenêtre pour voir, et comprendre.
C’est à travers celle de Léo que je trouve le plus de profondeur et de résonance en moi … mais je ne ferme pas celle de Sophie. Au contraire, je l’ouvre en grand, je cherche à en saisir les subtilités, je vous invite à faire de même, et je laisse ces deux fenêtres respirer, à l’unisson, le vent et la vie.

On revient toujours changé d’un été, écrivais-je l’an dernier. C’est certain.
On revient toujours changé d’un roman de Florence Hinckel. J’en suis tout aussi persuadé.
Plongez dans l’été fragile, sensible, et bouleversant, de deux adolescents.

http://bouquinsenfolie.blogspot.fr/2014/10/le-challenge-des-bookineurs-en-couleur-1.html

Quand j'ai 17 ans

Ça y est, aujourd’hui, j’ai 17 ans. Ça commence à être un grand chiffre 17 ans je trouve, le prochain c’est 18. Wow.

Parfois, j’ai encore l’impression d’être le petit garçon qui dévorait les livres à la bibliothèque, jouait aux playmobil et … et qui était enfant tout simplement. Bien sûr il me reste la lecture, les bouquins qui s’avalent tout rond l’un après l’autre, malgré les cours, malgré les devoirs, malgré le temps qui coule. Bien sûr il y a encore les rires et les sourires, la joie, le bonheur, les jeux, être ce que l’on est et pas ce que les autres veulent qu’on soit, être encore un gamin parfois, regarder encore des dessins animés.
Mais quand même, j’ai changé, j’ai grandi, c’est normal. Je suis plus grand, je n’ai plus la même voix, je découvre ce que c’est que grandir, être adulte aussi, déjà. Les playmobil prennent la poussière. Le pire en fait c’est y rejouer et bien qu’y retrouver du plaisir, se rendre compte que la magie a disparu. Ça fait un choc quand même. Les jeux, les lectures, les films visionnés, la musique, tout cela a changé et on retrouve les jouets kinder, les cds d’enfant, les vidéos et photos avec nostalgie. Parfois c’est presque difficile, tout paraissait alors plus simple. Maintenant il y a les devoirs, le bac bientôt, la vie, l’amour, les disputes. Tout est différent plus compliqué plus tourmenté, wow. C’est le mot. Des fois les émotions c’est comme un tsunami qui gronde à l’intérieur et qui y reste, qui dévaste tout mais qui y reste, et se calme.
Bah oui, c’est pas facile de grandir quand même.

Alors tant qu’on y est, parlons bouquins.

Il y a Les étrangers du temps que je viens de finir, le dernier livre fini pour mes 16 ans, c’était une jolie fin livresque je trouve. C’est une histoire un peu fantastique, en tout cas réaliste, historique, « Thriller » y a-t-il marqué sur la couverture, je pensais que l’appellation était un peu erronée … en fait pas tant que ça ! On s’attend à une simple histoire de voyage dans le temps, Hadrien découvre un carnet qui raconte la vie de Colombe, on s’attend à une rencontre. Mais non. Bah non, Corinne Gatel-Chol elle est bien plus originale que ça. Ça m’a semblé un peu confus par moments mais quand même. Avec un style à la richesse époustouflante, elle narre le destin tourmenté d’un adolescent qui essaye de mettre la tête hors d’un début d’addiction à la drogue qui pourrait vite devenir … grave. Du coup Colombe, la voit-il vraiment à sa propre époque ? Ou est-ce une hallucination due à la drogue ? Il m’a semblé que l’auteur nous laissait le choix. Moi, comme toujours, je choisis le fantastique … le rêve. Mais l’idée de ce choix en elle-même est séduisante. Les deux destins un peu tragiques se mêlent et Hadrien sombre peu à peu alors qu’il y a sa famille aimante, alors qu’il y a cette magnifique maison, un ancien château, en Haute-Loire, une maison qui m’a fait rêver et dont Hadrien aurait pu profiter dans une bonne humeur indéfectible. Alors qu’il y a sa sœur jumelle, Héloïse. Cette sœur joyeuse, gaie, un véritable soleil, une lumière à elle toute seule. Alors qu’il y a les petits bonheurs de la vie qu’Hadrien aurait pu saisir. Les Etrangers du temps est plus qu’une simple histoire fantastique, ou réaliste, ou historique (le réalisme de l’époque (fin XIXè) est extraordinaire), ou un thriller. Les Etrangers du temps est aussi plus qu’une histoire d’un frère et d’une sœur, ou d’un garçon qui tombe amoureux d’une jeune servante qui est morte depuis longtemps.
Non, les étrangers du temps est l’histoire bouleversante d’un garçon qui trouve dans ce carnet un fragment d’ailleurs, un passé où il peut transposer toutes ses peurs, tous ses tourments, tout ce qu’il ressent. Où il peut déverser son appréhension du futur, son envie furieuse de vivre et d’aimer.
C’est rarement maladroit et toujours une flèche en plein cœur.


Il y a Hate List.
 Une liste de la haine écrite avec son copain. L’envie de se venger, l’envie dévorante de se venger de tous ces gens qui se sont moqués d’eux, ris d’eux, qui les ont persécutés … Et puis finalement, il y a une fusillade. Nick qui arrive au lycée et s’en prend à tous ces gens qui sont sur la liste. Il y a le sang, les cris, la haine, la peur, l’horreur et chez le lecteur, puisqu’il suit cette journée de façon découpée, entre chaque chapitre, il y a ce sentiment indescriptible, il y a la peur que cela arrive et cette distance, comme si une telle horreur ne pouvait arriver, un serrement au cœur, se rendre compte qu’il est possible d’en arriver là, que des lycéens de 17 ans peuvent mourir un matin tués un camarade alors qu’ils ne s’y attendaient pas. La vie peut basculer … dans les ténèbres. Et alors il reste Valérie, seule contre le monde entier. Avec un père qui ne peut plus supporter ce poids sur ses épaules, un frère adorable mais qui veut vivre lui aussi, une mère qui se bat, malgré tout. Seule dans son lycée, avec une culpabilité écrasante. Comment se débarrasser de celui-là ? 
Hate List est le parcours tourmenté et bouleversant de cette adolescente. Une adolescente qui aurait voulu de l’amour de Nick, d’une vie pas toujours facile, mais une vie bien plus facile de ce qu’elle doit traverser maintenant. 
Hate List est une histoire humaine poignante. L’histoire d’adolescents, de parents qui doivent surmonter cela, qui doivent apprendre à vivre avec, qui doivent, peut-être, pardonner.
Jennifer Brown aurait pu. Elle aurait pu tomber dans le pathos avec une fin tragique et très marquante, mais du pathos quand même. Mais elle a fait le bon choix. Elle a écrit un livre sombre et qui touche le lecteur jusqu’au plus profond de lui-même avant de finir sur l’espoir. Le tout est juste, touchant et s’emboîte parfaitement.
C’est dur, c’est beau aussi, c’est lumineux finalement et c’est bouleversant.
  S'il est temps de souffrir, il est toujours temps de guérir.

Et enfin, il y a Double jeu. Ce court roman de Jean-Philippe Blondel que j’ai commencé un soir avant de dormir et que j’ai dû arrêter à regret. Pour le reprendre le lendemain matin dans le bus et d’une traite le lire.
WOW.
Je reviens avec ce mot parce que sincèrement c’est le premier qui me vient.
WOW.
Changer. C'est ce qu'ils veulent tous. Il faut que j'arrête de poser des problèmes aux adultes. Que je cesse d'être dans leur ligne de vision, de mire, de tir. Que je bouge de là. C'est ce que je voudrais, oui. À l'intérieur, je bous. J'aimerais être loin. Loin, genre à l'autre bout du monde. Me réinventer une existence avec un début moins pourri.
 J’en suis ressorti tourneboulé. Parmi les 3 de cette chronique, bien que tous assez loin de ce que je suis, c’est dans Quentin que je me suis le plus retrouvé. Un élève de 1ère L, option théâtre. Un élève qui se retrouve dans ce lycée de bonne classe et plus dans ce lycée de banlieue où il avait ses marques, … sa réputation. Mauvaise. Nouveau départ, repartir de zéro.
Seconde chance.
WOW.
Quentin est là, perdu dans ce qu’il vit et dans ce qu’il est, déchiré entre cet univers de banlieue qui est son chez-lui et ce nouveau monde dans lequel il pénètre, si loin de lui, si tentant. Il est déchiré entre ce qu’il était, entre ce qu’il veut être. Mais il est pour l’instant ce garçon perdu, déchiré, qui rêve, qui vit.
En 150 pages, l’auteur arrive à construire une histoire juste et terriblement touchante. Un portrait séduisant. Un portrait déchirant, un personnage attachant. Une histoire courte, forte, comme un éclair qui éclate, gronde, frappe, marque … et finalement foudroie d’émotion.
Parce que la vie est un théâtre, parce que la société est ce théâtre dans lequel chacun joue le rôle qu’on lui attribue, parce que parfois on ne veut plus de ce rôle ou on veut en changer, parce que parfois au théâtre, c’est peut-être là qu’on redevient soi-même, parce que le quatrième mur se brise facilement et parce qu’on veut vivre plus que jouer, par-dessus tout.
 Je ne sais pas ce que c'est, mon âme.

Donc voilà. 17 ans c’est de la nostalgie, c’est beaucoup d’émotion.
Mais 17 ans c’est pas que ça, bien sûr.
17 ans c’est le lycée, le bac et son stress certes, mais les cours de philosophie passionnant, les amis chaque jour, les cours de théâtre si bons à vivre, c’est parler, travailler, aimer, rire, être soi, se chercher et se trouver.
17 ans c’est être épanoui, être bien, parfois tourmenté, mais bien, parce qu’on change et que ça fait du bien aussi, parce qu’on comprend parfois mieux qui on est, parce qu’il y a l’avenir devant moi, déjà un beau passé, et un présent dont je ne me plaindrais pas.
J’ai 17 ans, je veux rire, aimer et vivre de tout mon être, j’ai 17 ans et je crois que je suis heureux.


http://bouquinsenfolie.blogspot.fr/2011/11/chronique-17-lunes-de-kami-garcia-et.html 17 lunes, 17 ans
Choisir entre noir et blanc
L'or pour oui le vert pour non
17 ans pas un de plus
...


Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie
Et l'aimer même si le temps est assassin
Et emporte avec lui les rires des enfants
Et les mistrals gagnants

La magie des lucioles. ♥



Il y a un peu plus de 7 ans. Moi, enfant, 9 ans. Moi, grand lecteur déjà. Moi qui découvre Tobie Lolness. Je joue, j’adore les playmobil, je lis, je suis un enfant avec tout ce qui va avec. Qu’est devenue la lecture pour moi en 7 ans passés ? Du rêve toujours. Des sentiments, des émotions, un bouleversement. Une passion, de plus en plus. Ma vie ? Une nostalgie parfois. Repenser, ressasser, relire. Ou tout simplement lire.

Il y a 7 ans, j’avais 9 ans. Elémentaire mon cher Watson. Il y a 7 ans, j’avais l’âge de Victor, Victor Beauregard. 
Victor écrit son roman. A la lumière d’une lampe torche sous ses draps, il trace ses mots sur le papier, ses mots d’enfants, ceux que Gilles Paris sait laisser filer comme des étoiles, jusqu’en plein cœur du lecteur. C’est doux, beau, percutant.

Comme chaque été, le petit Victor part en vacances avec sa mère. Et sa deuxième mère, Pilar. Il n’y a pas son papa, photographe, son « papa qui ne veut pas grandir ». Mais il y a sa sœur Alicia. Son meilleur ami Gaspard. Son amoureuse Justine. Et il y a les deux jumeaux, Tom et Nathan.

Victor tisse là son été sous nos yeux captivés. Les mots tombent juste. Au fil des pages, la tension grimpe. Le suspense ? Oui. Il y a ce quelque chose, ce quelque chose qui s’est passé, que Victor va nous raconter, qui grandit en intensité, dont on ignore tout. Il y a le non-dit, les mots qui vont tomber parce qu’il le faut, il y a une histoire à raconter.
Ne revient-on pas d’été le cœur plein d’histoires ? 
Ca grimpe, c’est prenant.

Victor tisse son été, il tisse une toile de personnages qui se lient les uns aux autres. Ce couple doux et attachant, ce père loin, touchant, agaçant, cette sœur adolescente que Gilles Paris a su trouvée juste, loin de tout cliché. Ce meilleur ami d’été, cette amoureuse qui fait les joues rouges et le ventre bizarre. Deux rayons de soleil.
Et les deux jumeaux. Tom et Nathan. Les noms de deux lecteurs blogueurs que vous connaissez bien si vous me suivez … les noms que Gilles nous a empruntés, ainsi que quelques éléments des personnages.
Alors la sensation étrange de voir évoluer ces personnages. Ces personnages d’abord repoussants, mystérieux, dérangeants, finalement attachants, indispensables, surprenants.

Gilles Paris donne vie à cette petite voix si tendre qui s’insinue doucement en nous. Cette voix qui conte son histoire. Cette voix qui raconte sa vie avec la simplicité qu’a un enfant à le faire. Malgré la difficulté de certains moments. Cette voix qui aborde des thèmes si simplement, parce que c’est sa vie, parce que c’est comme ça, et ça sonne juste. Fort.

Il a deux mamans, c’est comme ça. Il y a l’absence d’un parent, c’est sa vie. C’est pas toujours facile la vie, ça il l’a compris Victor. 

Alors voilà le conte d’un été. Une histoire un soir d’hiver pour retrouver l’été, pour retrouver l’enfance, pour retrouver. Une histoire un soir d’hiver qui réchauffe le cœur. Le cœur doucement s’attache, parfois s’emballe, et toujours vibre. Passion, tendresse, douceur toujours. Les mots ruissellent et les sentiments touchent. Un roman pour retrouver l’enfance tout simplement. Un roman parce que grandir c’est difficile. Un roman pour Ne pas oublier
de rêver.

En lecture commune avec Tom, Théo et Damien

Et pour finir, deux bandes annonces de ma création,
avec l'aide de mes 3 acolytes...