C'est le 1er : je balance tout ! #1


Mon amie Julia qui tient un super blog de littérature jeunesse (entre autres) - j'ai nommé : Allez vous faire lire ! et non ceci n'est pas une insulte vous étant destinée quoiqu'elle n'est pas trop méchante... - a lancé ce mois-ci un rendez-vous de blog littéraire plutôt cool qui reprend un peu le principe du C'est lundi que lisez-vous ? en plus approfondi et plus développé. C'est vraiment chouette ! Toutes les explications sont par ici. Sinon, vous allez comprendre au fur et à mesure.
Bon, certes on n'est plus le 1er, mais on va faire comme si et inaugurer le mois de février !

1. Le Top & Flop de ce que j’ai lu le mois-dernier.
J'ai lu tout ça (en gros).

Il est d'ailleurs amusant de penser que j'ai eu 20 ans et que j'ai donc grandi d'une année supplémentaire alors que j'étais en train de lire Peter Pan... 

Mon top
Les Premiers de Xabi Molia - éditions du Seuil
C'est incontestablement une lecture qui sort de mes lectures habituelles puisque mon choix se porte vers un roman contemporain, de la fiction adulte. Néanmoins, je suis certain qu'elle peut toucher un très large public et notamment intéresser des adolescents.
C'est un roman qui part d'un principe très simple puisqu'il imagine ce qu'il se passerait si, aujourd'hui, des super-héros apparaissaient dans la société. C'est le début d'une histoire intrigante, complexe, passionnante, rebondissante et loin d'être manichéenne. Cette histoire, c'est le début d'une réflexion poussée sur la société, les médias, la politique, le monde militaire, les croyances et espoirs populaires, etc.
À travers une histoire au départ assez simple et un récit très fluide, l'auteur pose devant le lecteur et les interrogations qui l'habitent une réflexion extrêmement intéressante.
De plus, le tout est raconté avec une narration tout aussi étonnante qu'inventive et efficace : comme si un journaliste avait mené l'enquête après le phénomène des super-héros et racontait ainsi ce bouleversement historique et sociétal à la postérité : récit, recherches personnelles, interrogations, interviews avec des protagonistes... de nombreux procédés y passent et diversifient et dynamisent la lecture pour notre plus grand plaisir.

Et si vous n'êtes toujours pas convaincus, vous pouvez m'écouter en parler dans une de mes dernières vidéos !



Mon flop
Eh bien par chance, je n'ai pas de réel flop ce mois-ci. Je dois avouer que j'ai un avis tout aussi enthousiaste que perplexe sur le premier roman de Sarah Maeght (mon avis complet est également dans la vidéo ci-dessus), que la lecture de Peter Pan en anglais m'a été fastidieuse et que j'ai été séduit sans plus d'émotion par le nouveau roman de Lian Hearn... mais ce sont des lectures qui m'ont quand même plu et ont su charmé une partie de mon cœur de lecteur !

2. Au moins une chronique d'ailleurs lue le mois dernier
Cette question m'est difficile car je lis finalement assez peu de blogs. De plus, comme vous devez maintenant l'avoir compris, je suis en ce moment beaucoup plus investi dans le monde de Booktube que de la blogosphère... Néanmoins, je vous ai sélectionné une vidéo-chronique d'une Booktubeuse à qui je voue une passion et une admiration sans faille : Lemon June.
Elle a parlé d'un roman qui l'a bouleversée, qui entre aussitôt dans ses livres préférés, qui a marqué à jamais sa vie de lectrice... et que je me suis rendu compte avoir dans ma PAL. Parfait, non ?

Je n'en dis pas plus et je vous laisse être envoûtés par la jolie miss :


3. Au moins un lien qui m'a fait "Waouh" le mois dernier
Cette fois-ci, je n'ai pas tant eu que ça à creuser pour vous en dénicher deux.

Le premier, c'est bien évidemment cette super belle idée de Julia qui a lancé sur son blog le premier rendez-vous de "C'est le 1er : je balance tout" avec un article explicatif très complet qu'elle m'a transmis pour que j'y participe, ce que je fais donc avec plaisir !

Le second, c'est sur un sujet qui risque de devenir de plus en plus épineux : la politique. Le site Crowdpac propose un test très bien fait - avec de nombreuses questions poussées et parfois assez complexes - pour savoir, parmi les actuels candidats aux présidentielles de 2017, qui est votre "alter ego politique", c'est-à-dire le candidat le plus proche de vos idées. En plus de ce résultat, le site propose une version synthétique de leurs programmes mais également un petit mapping des candidats (et donc de vos idées !) construit sur deux axes :
  • de progressiste à conservateur sur les questions de société ;
  • d’interventionniste à libéral sur les questions économiques.
J'ai trouvé ce site bien fait, intéressant et assez neutre sur toutes ces questions-là. Je ne propose pas forcément qu'on parle politique en commentaires, mais en tout cas je vous invite à découvrir cette initiative. ;-)

4. Ce que j'ai fait de mieux le mois dernier
Deux choses pour terminer :
  • reprendre le blog après tant d'absence ! Ça me fait un bien et un plaisir fous, si vous saviez. ♥ J'espère garder le rythme. Je sais que cet article a déjà un peu de retard et que vous attendez la fin de mon top 7 de 2016, mais je suis plutôt content de moi pour le moment !
  • j'ai fêté mes 20 ans. Waouh,  ce mot suffira, pour définir mes impressions, non ?
N'hésitez pas à aller faire un tour sur le blog de Julia et à reprendre ce rendez-vous ou à répondre à ces questions en commentaires. Je le trouve en tout cas très sympathiques et espère que vous le retrouverez le mois prochain un petit bilan de février. En attendant : belles lectures à tous et portez-vous bien !

De 2016 à 2017 : mon retour en 7 coups de ♥

Tant qu'à revenir pour redonner un souffle de vie à ce blog, autant le faire sur un coup de tête. Se lancer tant que j'ai un peu d'élan sans réfléchir, comme commencer un mémoire, comme se mettre en colère, comme on entre dans la mer, comme on tombe amoureux.

Je sais bien que mon absence a été longue et peut-être décevante (j'espère pas trop, quand même...). Mais je vous assure que pour moi aussi. Je n'ai cessé de me dire que je devais reprendre le blog plutôt que de me couler dans ce silence. Bien sûr, ce n'était pas seulement de la paresse et de l'appréhension de devoir me relancer là-dedans. C'était aussi des doutes - en avais-je encore envie/besoin/le temps ? C'était aussi un manque de temps, dû, entre autres, à la façon dont j'ai cherché à développer ma chaîne ces derniers temps. Et quelle réussite, puisque la voilà qui a dépassé les 2000 abonnés (merci, encore. ♥) ! Pourtant, c'était aussi une profonde envie de revenir. Et je m'en rends compte à l'instant, en écrivant ces mots : je retrouve l'indicible plaisir de vous écrire par le biais de ce blog. Et avec ce plaisir renaissent la passion et l'enthousiasme des projets qui se bousculent tout à coup tout en moi. Leur fulgurance m'avait manqué. Leur vivacité revenue me fait plaisir. Alors je crois que je peux le dire, tout penaud, tout désolé, tout ému et tout heureux : me revoilà.

Pour fêter ça et reprendre les choses doucement, je vous propose de revenir sur mon année livresque 2016 et de vous parler des livres qui ont marqué cette année ! Un petit top 7 (parce que 2000 dit 7 !), ça vous dit ? ♥ Mais aujourd'hui, on ne commence qu'avec les trois derniers du top 7, parce que sinon, l'article va être vraiment très long... :)

7. L'incontournable de Nathan

Puis-je vraiment, alors qu'un livre de Timothée de Fombelle est paru cette année, faire un top de mes lectures sans y inclure cet auteur ? La réponse, bien entendu, est non.
Georgia, écrit par mon auteur préféré, illustré par le grand Benjamin Chaud et créé, composé et mis en musique par l'Ensemble Contraste, a marqué la fin de mon année 2016.
Le plus étonnant dans ce livre-disque, c'est de voir combien tout est mis au service de la musique : les illustrations (que, personnellement, j'ai trouvé assez plates et pas aussi vives que le reste du projet, bien que l'univers chaleureux et pétillant de Benjamin Chaud lui corresponde !) et le texte (dont la simple honnêteté et la surprenante tendresse servent avec humilité la mélancolie de l'histoire et des musiques) qui s'efface derrière les voix des chanteurs.
Je me suis totalement laissé transporter par l'album. Je l'ai écouté en boucle pendant des jours. Et chaque mini-concert que j'ai vu, chaque lecture musicale, que ce soit au lancement de l'album en librairie ou au SLPJ de Montreuil m'a réjoui. ♥
L'émotion des chansons et de l'histoire m'ont emporté et j'ai eu un coup de coeur pour l'ensemble de cet univers si chaleureux et plein d'espoir alors même que la plupart des musiques sont teintées de la nostalgie du passé et de l'enfance.
Pour petits et grands cœurs transis de rêves.
Et au fait, j'en ai déjà parlé rapidement sur YouTube ici !

6. Le roman à lire avec un plaid et une tasse de thé

Je vais commencer à croire que cette auteur se spécialise dans l'écriture de romans-doudous parce que c'était déjà le cas pour l'incroyable Quatre sœurs, également signé Malika Ferdjoukh.
Dans Broadway limited, on est au coeur des années 50. On suit l'histoire un peu folle de Jocelyn qui débarque en pleine nuit, à New York, dans la pension Giboulées en croyant, sur un malentendu, pouvoir y être logé. Malheureusement, il s'agit d'une pension uniquement réservée aux jeunes filles et ne saurait tolérer l'arrivée d'un garçon en ses murs. Par chance, et au cours d'une discussion délicieusement surprenante et absurde que je vous laisse découvrir, Jocelyn a dans sa valise une soupe aux asperges... "au goût d'hier et d'éternité". Le voilà donc qui s'installe au sous-sol dans la dépendance de cette pension ô combien féminine.
Jocelyn vient à New York étudier la musicologie, mais il va se retrouver embarqué par le tourbillon de ces jeunes-filles qui ont pour la plupart des rêves de grandeur à Broadway en tant que danseuses ou actrices.
Ce tourbillon a le goût d'amour, de souvenirs, d'étoiles, d'une ville tentaculaire, de la guerre qui gronde encore en Europe bien qu'elle soit terminée, de neige et de froid, de théâtre, d'aventures du quotidien, de beignets, de stars, de comédies musicales, de culture américaine, de mal de pays, d'amis et d'amies, de fêtes et de découvertes, d'études et de musique.
Les personnages sont extrêmement nombreux et entraînent, avec Jocelyn, le lecteur un peu étourdi. Mais dans cet étourdissement scintillent des étoiles, bruissent la chaleur d'une pension et les rires de jeunes filles et tonne la musique ! C'est un délicieux étourdissement que Malika Ferdjoukh nous offre avec, comme toujours, une plume magique bricolée de banal et un univers comme un cocon duquel on voudrait ne jamais plus sortir.
Pour les fans de comédies musicales, les avides de romans d'ambiance et les yeux amoureux.
Celui-ci aussi, j'en ai déjà parlé sur YouTube ici et ici !

5. La bande-dessinée à savourer comme un conte

Cette bande-dessinée me faisait envie depuis longtemps quand une personne qui m'est très chère me l'a offerte en février dernier. Je l'ai commencée innocemment, prêt à savourer un joli moment de détente et j'ai découvert un véritable et authentique bijou.
L'Homme-montagne raconte l'histoire de deux hommes-montagnes : une grande et vieille montagne (le grand-père) et son compagnon de voyage, son petit-fils, une petite et jeune montagne. Un jour, cette première, le grand-père, annonce à l'autre qu'il va s'arrêter, se poser à un endroit agréable, et rester là pour toujours, en tant que montagne. Le plus petit n'est pas d'accord et veut l'aider et l'accompagner pour un dernier voyage. Trop petit pour le porter et soutenir son grand-père pour avancer, le voilà qui part pour un voyage solitaire en quête du vent, celui qui peut soulever les montagnes.
C'est une histoire profondément touchante sur la vieillesse et le fait de grandir, sur le deuil et surtout sur la vie, sur les voyages qu'on accomplit accompagné ou seul, sur des épreuves, des défis, des réussites et des sourires. Elle est portée par un texte fin, sincère et juste. Elle est portée par une narration originale, qui renouvèle avec fraîcheur la construction de la bande-dessinée. Mais surtout par des illustrations magnifiques qui n'ont cessé de m'émerveiller. 
Pour les cœurs qui grandissent et voyagent.
Si vous voulez voir quelques images de la BD et la vidéo dans laquelle j'en ai parlé l'an dernier, c'est par ici !

 
Pour un retour, ça fait un long article mais comprenez qu'après tant d'absence, les mots se sont écoulés du bout de mes doigts comme un torrent et il a même fallu un peu juguler ce flot-là ! :-) On se retrouve très bientôt pour la suite (et la fin) de ce top 7 avec mes 4 livres préférés de 2016 ? ♥

Songe à la douceur | LE roman de la rentrée ♥




J’aurais voulu écrire cette chronique en l’agrémentant de citations bien choisies et en écoutant la playlist proposée par Clémentine Beauvais au début du livre. Malheureusement, je n’ai pas mon exemplaire à portée de main et n’ai aucune idée d’où il est… (il ne semble pas être chez mes parents, il est peut-être à Paris, ou peut-être entre les mains de quelqu’un d’autre, je suis perdu et lui aussi) Je vais donc me contenter de la seule que j’ai (et que j’avais postée sur Instagram). Quant à la musique, j’écoute « J’ai deux amours »  parce qu’il me semblait que ça allait bien avec – mais attention, chanté par Mika à l’AccorHotels Arena en mai dernier, on ne se refait pas, hein.


« Parce que leur histoire ne s’était pas achevée au bon endroit, au bon moment,
                Parce qu’ils avaient contrarié leurs sentiments,
il était écrit, me semble-t-il, qu’Eugène et Tatiana se retrouvent dix ans plus tard,
                sous terre,
dans le Meteor, ligne 14 (violet clair), un matin d’hiver. »

C’est ainsi que débute le roman (dont vous pouvez lire le début ici) et c’est ici, me semble-t-il, que tout se joue. Si on tombe amoureux de ces lignes, comme l’écrit si bien Mathilde dont l’avis est présent sur la quatrième de couverture (rien que ça !), si on tombe amoureux de ces quelques premières lignes – ou peut-être devrais-je écrire vers – alors on tombe forcément amoureux de la suite du roman.
Parce que Songe à la douceur, c’est quitte ou double. J’ai entendu de rares avis mitigés. Pour le reste, c’était soit : « je me suis ennuyé d’un bout à l’autre, ça m’est tombé des mains, je n’ai pas aimé » (rassurez-vous, j’en ai peu entendu de ceux-là), soit (ô combien de fois) : « c’est la plus belle histoire que j’ai jamais lue, je suis amoureux, j’adore, c’est brillant ». OK, j’avoue, je ne suis pas original : je suis dans la deuxième catégorie.
Et pourtant, ce n’était pas gagné ! Quand on a entendu autant d’avis différents, on part forcément sceptique, presque effrayé ; mais en même temps, on part aussi, et c’est là que j’ai été gagnant, totalement neutre. OK, d’un côté on m’a dit que c’était nul. De l’autre, on m’a dit que c’était un chef-d’œuvre. À moi d’en juger !


« il était écrit, me semble-t-il, qu’Eugène et Tatiana se retrouvent dix ans plus tard »

Songe à la douceur, c’est une histoire d’amour qui prend racine dans l’adolescence des deux protagonistes, mais ça, on le découvrira plus loin dans le roman, et qui se poursuit dix ans plus tard, alors qu’ils sont de jeunes adultes.


« Parce que leur histoire ne s’était pas achevée au bon endroit, au bon moment,

                Parce qu’ils avaient contrarié leurs sentiments »
Et cette histoire d’amour, déjà placé sous l’égide du destin (« il était écrit ») prend dès lors une teinte dramatique d’amours déchues. Ça commence sur une déception amoureuse, une jeunesse passée et des espoirs échoués.
Cette emphase de l’amour qui n’est encore que timide va pourtant se déployer dans les pages suivantes jusqu’à frôler la parodie et flirter avec la passion qui, en fait, anime tout le livre. C’est-à-dire que cette histoire d’amour s’ancre avec force dans le réel mais prend pourtant l’ampleur d’une romance passionnée qu’on a l’impression de ne trouver qu’en littérature. Si dès le début tu acceptes que cette passion sera enflammée, dévorante, passionnée, alors toi aussi tu te laisseras avaler par l’amour qui mange les pages du roman. Tu l’acceptes, tu admires la maîtrise de l’histoire et de la parodie, comme une référence à Jane Austen ou… à la littérature russe et, justement, Songe à la douceur  est une réécriture d’un roman de Pouchkine. Et pourtant, tu as beau accepter cette passion littéraire, tu te laisses prendre au jeu. De littéraire elle devient littérale. Et, toi aussi, tu tombes amoureux, d’Eugène, de Tatiana, de leur histoire, et tu y crois, férocement, tu y crois et te passionne pour leur histoire.

C’est là que réside pour moi la force du roman de Clémentine Beauvais. Dans les extrêmes. En un seul roman, parfois en un seul vers, elle glisse des extrêmes qui se repoussent mais ici s’attirent. Alors qu’Eugène et Tatiana, si différents, ne peuvent se résoudre à se séparer, les extrêmes que Clémentine Beauvais force à s’entrechoquer ne peuvent que se marier.
C’est assurément littéraire, un brin parodique et parfois exagéré, mais tu y crois et tu palpites.
C’est admirablement écrit, presque intellectuel et toujours littéraire, mais elle joue avec les mots et c’est d’une légèreté admirable.
C’est tissé de mots, ce n’est qu’une fiction, et c’est pourtant d’une justesse sans nom.
Ça a un côté passé, un côté Austen et un côté galant, mais les personnages échangent sur MSN, s’envoient des mails, se traquent sur Facebook et discutent par Skype dans un Paris contemporain du nôtre.


« Il adore se dire que le soleil un jour engloutira
Jusqu’à cet amour-là »


Parce que oui, Songe à la douceur est un roman en vers libre. C’est presque nouveau dans le paysage français, c’est original et carrément risqué, mais c’est réussi.
Clémentine Beauvais se joue de tout. De ses personnages et du lecteur oui. Mais avant tout des mots. Elle mélange les genres, passant du vers à la narration au théâtre au dialogue et mixant le tout. Elle use de tant de figures de style qui se glissent là sans même qu’on le voit se faufiler sous nos yeux. Elle joue avec les mots. Elle mélange les styles. Les coutures de son écriture, bien qu’invisibles, semblent sinueuse, complexe et élégamment composée de ramifications dont seule l’auteur a le secret.
Et malgré la difficulté du jeu et l’ambition de la démarche, c’est, comme je l’écrivais, d’une légèreté entraînante. Ce jeu est amusant. Les phrases s’ornementent d’humour. L’auteure s’immisce dans l’histoire et la narration, parlant tant avec ses personnages qu’avec le lecteur. Le tout n’est jamais trop complexe, dense et plombant. Juste efficace, entraînant et jouissif.
Ce roman a cela de l’Oulipo : l’ambition et l’amusement. Et comme l’Oulipo, l’amusante danse des mots orchestrée par l’auteure prend d’abord le dessus sur l’émotion. Et soudain, au détour d’une phrase, il y a une déchirure. Inexorablement, vous tombez dedans, sous les mots. Et vous êtes bouleversé.

Un tel jeu sur le style et l’écriture ne pourrait donner que superficialité. Et pourtant. Je l’ai écrit plus haut, Songe à la douceur est d’une justesse étonnante. C’est cette justesse mais aussi l’universalité de ces thèmes (l’amour, la passion, grandir, changer) qui en feront le succès auprès de tous les lecteurs - adolescents, jeunes adultes et adultes. Il y a une précision dans les descriptions, une précision si pointue qu’on verrait presque la vie palpiter dans les veines des personnages. Et cela en quelques mots ! En quelques vers si bien écrits que mes yeux ont brillé d’admiration devant la maîtrise du style de Clémentine Beauvais et l’évolution que semble connaître son écriture de roman en roman. Cette précision, bien évidemment, se poursuit dans les émotions des personnages. C’est plus ténu, plus subtil, et pas nécessairement décrit. Mais que ce soit dit ou glissé entre les lignes, c’est là : les personnages ressentent et ça, c’est ce qui te frappe en plein cœur quand tu lis le roman.

Clémentine Beauvais joue avec les mots, mais c’est avec passion, elle se moque de ses personnages, mais c’est avec tendresse, elle se joue du lecteur, mais c’est avec respect, elle raconte une histoire d’amour qui consume deux êtres, et c’est avec justesse.
Je m’en suis pris plein la vue et le cœur en lisant Songe à la douceur. C’est pourquoi j’ose l’écrire comme d’autres l’ont écrit, avec la plus profonde sincérité : je n’avais pas eu, depuis longtemps, un coup de cœur aussi grand et honnête pour un livre.
C’est un roman dont la richesse littéraire et émotionnelle m’ont tant bousculé qu’il est très difficile d’en parler ici en étant bref (hum, hum) et clair (je pars, je crois, un peu dans tous les sens).
C’est comme si Clémentine Beauvais s’était dit : « Dans ce roman, je vais tout mettre, tout » et qu’elle avait réussi.
C’est tellement puissant qu’elle ne pouvait terminer son histoire que comme elle l’a fait : avec passion, avec tendresse et en laissant une porte ouverte. Comme ça, le lecteur peut s’y glisser, et y mettre ce qu’il veut. Y poser la seule chose qui manque à l’histoire pour qu’elle soit parfaite : un petit fragment de lui.
C’est ce que j’ai fait.
C’est ce que d’autres ont fait.
Et c’est ce que vous ferez si vous le lisez.
Alors l’œuvre vous semblera aussi complète qu’elle doit l’être.
Et vous pourrez refermer le livre heureux mais avec une petite pointe au cœur. Et l’envie de le rouvrir. Et la peur de s’y perdre une nouvelle fois.


« Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes. »
- Baudelaire

D'autres livres de Clémentine Beauvais :
Le dernier en date, c'est génial.
Pour les plus petits : génial aussi.
Le premier que j'ai lu : ♥
L'un des premiers : étouffant et fort !
Un album... en vers !

Tobie, ou revenir à la maison | CONCOURS

Le blog a eu 6 ans la semaine dernière.
Un grand héros (de petite taille) de la littérature jeunesse en a eu 10 mercredi dernier.

J'aurais voulu célébrer tout ça un peu mieux et un peu plus tôt, mais une fois de plus, le temps a passé et nous voilà déjà le dimanche 17 avril. (Oups.)

Heureusement, je reviens avec de quoi me faire pardonner et surtout de quoi écrire un article passionné, ému et émouvant. Je ne vais pas trop m'attarder et en écrire des tartines, parce que ça je l'ai déjà fait il y a trois ans (déjà ?!), et j'en ai déjà beaucoup parlé en vidéo (notamment pour mes 19 ans).

Il y a quelques jours, j'ai essayé de vous faire deviner de quoi il s'agit sur Twitter... et vous avez trouvé tout de suite !
 


Alors oui, il s'agit bien de mon Tobie. ♥


Tobie Lolness, je l'ai lu en 2006, quelques temps après sa sortie. Je ne sais pas exactement quand. Je me souviens juste l'avoir emprunté à la bibliothèque (cela devait donc faire quelques semaines ou quelques mois qu'il était paru). Et ça a été le coup de coeur.
Dans une forêt de mots à qui Timothée de Fombelle sait emprunter le panache, cette quête de soi renverse le lecteur par sa poésie, sa simplicité, sa sincérité et sa grandeur. (ma chronique de 2013)
Je me souviens avoir attendu le tome 2 et l'avoir précommandé. Je me souviens avoir vibré de tout coeur avec les personnages. Je me souviens avoir été fasciné, séduit, bouleversé par l'univers, l'histoire et le style de ce dyptique. Je me souviens avoir lu, tout excité, son premier Je Bouquine : Céleste, ma planète. Je me souviens l'avoir rencontré pour la première moi au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil en 2008. Et ainsi de suite. Des Je me souviens il y en a des poignées jusqu'à des rencontres irréelles, des amis tout près du coeur et un voyage un peu fou. Ça, c'est une autre histoire, que je vous raconterai bientôt.

Tobie Lolness, c'est ce roman, LE roman, que je cite quand on me demande quel est mon livre préféré. Celui dont je parle si on me demande quel roman a marqué ma vie. Celui que j'adule, que j'adore, que j'admire. Celui que je relis régulièrement sans jamais me lasser une seule seconde, comme s'il y avait encore des branches de l'histoire que je ne connaissais pas, alors que j'en connais tous les recoins. Celui que je redécouvre à chaque lecture. Celui dans lequel j'ai toujours quelque chose de neuf à piocher.

Quand je lis Tobie Lolness, c'est comme si je revenais à la maison.



Comme j'aimerais beaucoup que vous le (re)lisiez,
comme le blog a 6 ans,
comme Tobie en a 10 et qu'une nouvelle édition intégrale des deux tomes sort le 11 mai,
j'ai décidé de vous offrir
1 exemplaire de l'édition anniversaire de Tobie Lolness !

La photo que vous pouvez voir plus haut n'est pas une photo de cette réédition et je n'ai aucun visuel à vous proposer pour le moment, même moi je ne sais pas à quoi va ressembler le roman !
Mais j'en ai eu quelques échos, et je sais que François Place s'est remis à la tâche, que quelques petits surprises vont se glisser dans l'intégrale et que l'objet sera superbe. (MAJ : couverture ci-dessus)
J'ai tout autant hâte que vous de voir ça. Alors en attendant, vous pouvez participer au concours !

Pour cela, rien de plus simple :
  •  Vous m'écrivez un petit commentaire dans lequel vous me dites quel est votre livre préféré et/ou pourquoi vous aimez Tobie si vous avez déjà lu le roman,
  • vous ajoutez votre adresse mail (INDISPENSABLE : si j'avais vous gagnez, je dois pouvoir vous contacter)
  • vous partagez le concours sur les réseaux sociaux et vous glissez le lien avec tout ça
  • et vous postez le commentaire ! :)
Attention :
  • Concours réservé à la France métropolitaine, la Suisse et la Belgique (désolé pour les autres...).
  • Concours ouvert jusqu'au vendredi 13 mai.
Bonne chance !
Et joyeux anniversaire Tobie
Merci à Gallimard jeunesse pour l'exemplaire de Tobie Lolness.

Toi & Moi


Ici et sur ma chaîne, je parle beaucoup de moi.
Alors maintenant, j'aimerais bien qu'on parle de toi.

Parle-moi de toi, de tes goûts, de tes livres, auteurs, films, musiques, séries préférés, de tes passions, de ta vie et de tout ce que tu veux bien me raconter. Parle-moi aussi de toi et moi, où, pourquoi, comment, quand me suis-tu, qu'est-ce que tu aimes ou pas. Parle-moi de toi et de toi et moi.

Pourquoi ?
Comment utiliserai-je ensuite toutes ces réponses ?
Je ne sais pas encore. Je vais chercher une formule sympa, originale, dynamique et cool pour le faire. Je vous tiens au courant bien sûr :3

J'explique tout en vidéo si tu veux en savoir légèrement plus.


À très bientôt j'espère.
Et MERCI
Porte-toi bien