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Tracer de ses espoirs un chemin différent

                Alors que le roman est sorti depuis plus d’un mois et que je l’ai lu depuis plus de trois mois, je me dis qu’il est temps d’en faire une chronique. Il est un peu tard, c’est vrai, pour se remémorer tout ce qui a été vécu et ressenti au travers de ma lecture. Pourtant, je ne crois pas que ce sera si difficile. Et c’est sûrement parce que le roman a remué tellement de choses en moi qu’elles sont encore là à palpiter quand je passe ma main sur la si jolie couverture du roman – réalisée par Taï-Marc Le Thanh – ou quand je feuillette ce texte dense et bouleversant.
                Alors je me pose devant mon bureau, les mains sur le clavier, je fais une pause dans mon travail, je mets la playlist du roman, sélectionnée par l’auteur, et je vous écris ces quelques lignes pour vous dire qu’il faut lire Bluebird.

                On vous dira plein de choses dessus. En portant attention à la promotion faite autour du livre, en allant lire les chroniques des blogueurs, en regardant les vidéos des Booktubers. On vous dira que c’est un livre sur l’amour, un livre sur la musique, un texte historique, un roman sur la ségrégation, l’Amérique, la seconde guerre mondiale, une histoire sur l’amitié et la famille aussi, sur une révolte. Tout cela ne sera pas faux. Et même bien au contraire profondément vrai.
                Seulement, tout cela et si riche et intimement mêlé que je me contenterai de vous dire que c’est un roman sur la passion. Et dans « passion », il ne faudra pas comprendre une simple passion amoureuse et la réduire à ce strict sens. Non, dans « passion », il faudra lire désir, rêve, espoir, vie. Dans Bluebird, la passion, c’est ce feu qui brûle dans vos entrailles et anime votre corps, c’est ce même feu qui brûle dans Tant que nous sommes vivants, celui qui vous pousse sur les routes périlleuses de la vie.
                Sans que ça ne consume jamais le lecteur, ni le noie ou le lasse par trop plein, c’est bien, à mon sens, la passion qui donne vie aux mots de Tristan Koëgel.

                La musique vibre dans le cœur de Minnie.
                Arpentant les routes avec son père, un songster, et chantant ici et là, dans une plantation et sur les chemins, des chants de travailleurs et les prémices du blues, Minnie vit par et pour la musique. Et puis un jour, on lui parle de disque, de succès, de luxe et de richesse. Et puis un jour elle échoue, avec son père, dans une plantation où ils sont obligés de rester quelques temps. Et puis un jour elle rencontre Papy, Gros Poings, Leroy… Elwyn aussi. Et puis un jour, tragiquement, la voilà partie pour Chicago, où un grand destin l’attend.
                La musique vibre aussi dans notre cœur parce qu’elle vibre dans les mots de Tristan Koëgel. Son écriture est parfois chantante, souvent sincère et percutante mais toujours juste. Il écrit là une ode poignante au blues, ce blues qui s’écoute, mais se vit, aussi. Cette ode, d’ailleurs, continue et prend fin dans une postface saisissante d’émotion.

                Un amour passionnel vient aussi faire frémir ce cœur.
                C’est avec Elwyn qu’elle va le vivre. Ils n’ont que treize ans. Il est blanc – immigré irlandais. Elle est noire. Mais rien ne les empêche de croire en leur histoire. Leur candeur et leur sincérité vont heurter le monde qui les entoure.
                Le lecteur, pris dans cette histoire tumultueuse, est touché. L’auteur aborde cette relation avec tellement de délicatesse qu’il ne peut en être autrement.

                La famille a forgé celle qu’elle est.
                Et c’est à cause d’elle, c’est à cause d’un drame, c’est dévastée, qu’elle fuit du Mississipi pour traverser l’Amérique et trouver à l’autre bout des Etats-Unis une autre vie. Différente, unique, difficile, mouvementée, bouleversante.
                Son père, pourtant, est sa seule famille. Au début du moins. Car après, une multitude de personnages les rejoint. Dans la plantation, sur les routes, à Chicago. Chacun s’enrichit de rencontres et la fresque de personnages créée par Tristan Koëgel s’élargit. Tous ont le droit d’y trouver une petite place et aucun n’est vraiment négligé. Peu importe son importance dans l’histoire, il est peint avec finesse et tendresse. On en trouvera des détestables, bien sûr. On en trouvera des profondément marquants. Mais tous se dessinent au fil de leurs failles. Si bien que la famille de Minnie, ce n’est plus un père, mais tout un tas d’existences qui se sont bousculées et finalement coagulées. Il en ressort des blessures, mais aussi un peu de beauté.

                Mais l’Histoire vient tout bousculer.
                C’est l’Histoire de la ségrégation, des plantations, du Klu Ku Klan, d’un espoir noir et blanc. Et celle du blues, que Minnie traverse et marque.
                Une Histoire qui ne laissera personne indemne. Aussi suit-on tout le long du roman l’histoire de chaque personnage au travers de plusieurs regards. La narration est multiple, portée par trois voix : celle de Minnie, celle d’Elwyn et celle de Gros Poings. Les narrations s’enchaînent, se croisent, mais ne se répètent jamais. Chaque point de vue vient enrichir notre connaissance de l’histoire ou la poursuivre. C’est habile, intelligent et mené avec un talent certain.

                Il est finalement émouvant de penser que c’est par les mots de Tristan Koëgel – ceux du Grillon – que je découvrais la collection de romans Didier jeunesse en 2013. Aujourd’hui, c’est avec ce même auteur que la collection prend un nouveau tournant, enrichissant son lectorat de lecteurs plus âgés. Et quel tournant !
                J’ai été bouleversé par l’histoire de Minnie, transporté par le style poétique, sincère et sensible de Tristan Koëgel, ébloui devant la maîtrise de l’histoire, des intrigues et de leur enchevêtrement, fasciné par l’Histoire qui traverse le tout, ému de quitter les personnages.
               
                Bluebird est sans conteste un texte puissant et audacieux. De ceux qui sortent des sentiers battus et poussent le lecteur à faire de même : tracer de ses espoirs un chemin différent.


S’enivrer de passé pour s’épanouir d’avenir



 « Sans doute, comme l’affirme Alex Scarrow, vaut-il mieux que nous ne puissions jamais voyager dans le temps. (…) Ce qu’Ann Brashares cherche en fait à transmettre avec son dernier roman c’est que nous sommes bel et bien maîtres du temps. En tout cas de l’avenir. Le passé est figé. Mais c’est ici et maintenant que nous pouvons faire de l’avenir un monde meilleur. » C’est avec ces quelques mots que je concluais ma chronique, il y a deux jours … Mais ne serait-ce pourtant pas fabuleux et enrichissant de pouvoir voyager dans le passé, si le danger de tout bouleverser était inexistant ? S’enivrer de passé pour s’épanouir d’avenir ? Les enseignements de l’Histoire et ses tortueuses évolutions ne sont-ils pas la base essentielle à notre construction future ? La question est discutable sur certains points, mais reste rhétorique. La connaissance du passé est un premier pas vers la liberté. Et quelle liberté lorsque, dans la fiction, elle permet le voyage temporel !

Et pourtant, elle n’apparaît pas toujours ainsi … Dans Le léopard d’argent, le roman qui est l’objet de cette chronique aujourd’hui, c’est accidentellement que Mona, le soir où, avec son père dans un musée (puisqu’il en est le conservateur), elle fête ses treize ans, est projetée dans le passé, au Moyen-Âge où elle se retrouve … bloquée. Dès lors le passé n’apparaît que comme une prison de temps, des années infranchissables comme murs, une ligne temporelle qu’il ne faut pas bouleverser comme gardienne.
Mona va alors faire la connaissance de Colin puis de son maître, l’orfèvre Isaac. Et, de fil en aiguille, s’attacher à ce jeune garçon et ce vieil homme, bien qu’il faille un jour retourner chez elle, ce qu’elle souhaite ardemment. Tiraillée entre ces deux univers, ces deux époques, ces deux familles, la voilà lancée dans une aventure pour s’adapter au passé et chercher le moyen de revenir dans le présent !

Quelques questions à Anne Samuel

N : Quel parcours avez-vous suivi jusqu'à aujourd'hui ? Professionnellement et littérairement parlant ...
Anne Samuel : J’ai fait des études de cinéma, tout en me passionnant pour la littérature et l’histoire de l’art… Pendant plus de dix ans, j’ai été chargée de communication pour les Musées de la Ville de Paris. Aujourd’hui, je suis à la fois écrivain biographe, rédactrice et enseignante en culture générale et artistique.
J’ai découvert les livres grâce à mes quatre sœurs qui m’ont guidée dans mes choix dès l’adolescence. Très vite, je suis tombée amoureuse des romans historiques. J’ai toujours trouvé jubilatoire de comprendre l’Histoire - avec un grand H - tout en vivant des péripéties incroyables. Sous Louis XVIII, j’ai eu l’impression de me venger avec Le comte de Monte-Cristo, comme d’avoir fui la Révolution russe avec La dame de Kiev de Sylvie Dervin… Je dois aussi avouer que de très nombreux livres me sont tombés des mains après la saga des Harry Potter dont je suis absolument fan.
N : Comment sont nées les Lueurs de traverse ?
AS : Je place la littérature très haut et, même si je rêvais d’écrire, j’ai longtemps eu peur de me lancer. Le déclic a été de voir mon fils peiner à apprendre ses cours sur la période médiévale. J’ai vraiment eu envie de lui donner le plaisir que j’avais moi-même ressenti à son âge. J’ai d’abord pensé à une série de romans historiques. J’y ai vu l’occasion de fusionner tout ce qui me fait vibrer : le cinéma de science-fiction, l’art, le travail de mémoire… J’ai crée le personnage de Mona et j’ai écrit le roman que j’aurais adoré dévorer quand j’étais adolescente.
N :  Comment ont-elles été amenées à une publication chez les petites moustaches ?
AS : Quand j’ai terminé l’écriture du premier tome, j’ai participé au concours Gallimard Jeunesse mais je n’ai pas été sélectionnée parmi les finalistes… J’ai laissé mon manuscrit de côté pendant plus d’un an, puis j’ai décidé de le reprendre, le corriger et le remettre en forme avant de l’envoyer à des éditeurs mieux ciblés. Lors d’une de mes visites à la librairie Mollat, j’ai découvert Lucie dans tous ses états de Sophie Guillou aux éditions Les petites moustaches. J’ai trouvé le livre beau, bien fait et j’en ai noté les références. En faisant quelques recherches, j’ai découvert que l’éditrice s’était spécialisée dans le roman pour adolescents et je me suis décidée à lui envoyer. Dix jours plus tard, Sophie Gallo-Selva me proposait un rendez-vous. Son enthousiasme et notre perception commune de la Littérature jeunesse m’ont convaincue de signer avec elle.

Ce qui est épatant dans ce court roman d’à peine 120 pages, c’est la facilité avec laquelle la fiction et l’Histoire s’emmêlent. Avec un style simple, très descriptif et justement dosé dans son équilibre entre les descriptions et l’action, l’auteur arrive à captiver progressivement le lecteur qui s’attache aux personnages –la jeune et forte Mona, le rayonnant et touchant Colin, le tendre Isaac- et se passionne pour cette intrigue bien menée, avec vigueur, énergie ! Finalement, on se retrouve à fermer le livre en se disant : « Mince, et la suite ?! ».
Et à travers cette histoire de fiction vraiment prenante, il y a un contexte historique –le Moyen-Âge- très présent sans être écrasant. A la fin du livre, on retrouve une sorte de lexique, des notes historiques, auxquelles renvoient, pendant tout le roman, des symboles, dessinés par l’illustratrice de la couverture (Sibylle Ristroph). L’avantage de les placer à la fin est la liberté que cela offre au lecteur : ne pas les lire si cela le chante, ou les lire pendant la lecture ou à la fin pour ne pas le couper dans son élan ! Ce serait bien sûr dommage de s’en passer, puisqu’elles apportent historiquement beaucoup.

N : Le lexique : une idée de vous, de Sophie, ou commune ?
AS : Dans mon manuscrit, les notes historiques figuraient en fin de chapitre mais dans la conception, j’avais envisagé de les placer dans la marge afin de ne pas casser le rythme sur lequel j’avais beaucoup travaillé. Les essais n’ont pas été convaincants et Sophie Gallo-Selva a souhaité les reporter en fin de livre. De peur qu’elles ne passent inaperçues, je lui ai proposé de les signaler par un symbole évoquant la broche du Léopard. Elle a alors eu l’idée d’icônes spécifiques pour chaque note et a demandé à Sybille Ristroph, l’illustratrice de la couverture, de les réaliser.
N :  Avez-vous effectué beaucoup de recherches pour son écriture ?
AS : J’ai fait de très nombreuses recherches : je voulais absolument que toutes les références historiques soient au plus près de la réalité. J’ai particulièrement travaillé sur l’orfèvrerie, l’organisation du travail, la vie monacale et l’usage des couleurs au XIIe siècle…
N : Vous aussi estimez-vous avoir un rôle à jouer dans la littérature jeunesse actuelle, auprès des enfants et plus particulièrement localement puisque le Léopard d'argent est très proche de l'Histoire bordelaise ?
AS : J’espère leur proposer une aventure différente de celles qu’ils connaissent déjà, qui donne à voir et à comprendre un patrimoine historique, artistique et local d’une richesse inouïe.

Par ailleurs, c’est en m’interrogeant sur l’histoire de Mona que je me suis retrouvé un peu perdu. C’est un personnage attachant, finement construit avec un caractère fort et attentionné, un style excentrique, décalé mais juste et une profonde affection pour sa famille. Mais lorsqu’elle se retrouve projetée dans ce nouvel univers, le passé, elle cherche en effet à s’installer, à avoir un endroit où (sur)vivre mais ne se prend, selon moi, qu’assez tard à vouloir retourner chez elle, alors qu’elle aime tant son père (adoptif). J’ai trouvé l’évolution psychologique du personnage un peu tâtonnante, bien que l’auteur arrive tout de même à exprimer avec justesse les sentiments de sa héroïne.
Et puis le début et la fin, bien que l’un soit intriguant et l’autre captivant, m’ont semblé bien trop rapides, voire incohérents. Cette chute (chuuut, pas de spoilers) et l’intrigue même du voyage dans le temps (à part la broche et l’enluminure, il n’y a aucun écart temporel) prennent quelques facilités qui auraient méritées d’être revues et approfondies.
Le début et la fin sont donc rapides, oui. Mais essentiels !
Parce que finalement, c’est peut-être dans la réponse à une dernière question posée à cette auteure, portant pourtant sur l’avenir, que l’on trouvera la réponse à mes interrogations et un nouveau regard sur ces seuls passages qui m'ont déçu :

N : Et après ? Que l'avenir vous/nous réserve-t-il ?
AS : Mona va poursuivre la quête de ses origines à travers d’autres périodes clefs de l’Histoire et de la création artistique, ainsi qu’à travers d’autres régions, mais le mystère restera entier jusqu’aux prochains tomes…

Toujours est-il que le pari est réussi pour Anne Samuel, puisqu’elle offre aux jeunes lecteurs, dans ce petit roman paru dans une petite maison d’éditionBordelaise (dont on reparlera demain …) un ouvrage de qualité, intriguant, prenant, riche en Histoire et en aventure. Un premier tome prometteur qui nous propose avec tendresse, bien qu’un peu confusément, de partir avec Mona dans le passé du monde … et dans la quête de ses origines encore bien mystérieuses.

Quand Caroline Vermalle et moi vous parlons de Sixtine ...

« Je suis Caroline Vermalle et j’ai la chance de pouvoir dire que mon métier est Écrivain, grâce aux 170 000 lecteurs qui ont fait de mon premier roman L’Avant-Dernière Chance un succès inattendu en Europe. (D’ailleurs, il ressort en poche chez Livre de Poche Jeunesse ces jours-ci, donc découvrez-le si vous ne le connaissez pas encore !) »

Les présentations sont faites : Caroline Vermalle est l’auteure de ce fabuleux roman –Sixtine– qui vient tout juste de sortir. En revanche, si vous suivez mon blog depuis longtemps, vous devez avoir déjà entendu parler des superbes Nouvelles contemporaines et du touchant L’avant-dernière chance. C’est avec un immense plaisir que je découvrais ce nouveau roman, chez Black Moon cette fois-ci, et c’est avec un immense plaisir que je ressors de ma lecture … envoûtante.

« L’histoire de Sixtine était tellement différente de ce que j’avais fait avant (en fait, tellement différente tout court) que j’étais persuadée qu’aucun éditeur n’en voudrait. Alors j’ai gardé mes brouillons dans un tiroir pendant un an sans en parler à personne.
Black Moon avait déjà publié La Fille du Déménageur, et cette collaboration avait été fantastique. Et alors que je prenais un thé avec mon éditrice (ce qui, en soi, est très rare, car j’habite dans un petit village sur la côte Atlantique), elle a insisté pour savoir sur quoi je travaillais. Sous la menace de supplices terribles, j’ai craqué et je lui ai parlé du projet Sixtine. D’abord elle a ouvert des grands yeux tous ronds et au bout de 5 minutes, elle m’a serré la main. Sixtine entrait dans la maison Black Moon ! »

C’est vrai que Sixtine ne colle pas du tout au même genre que les précédents écrits de Caroline Vermalle … Alors que ceux-ci se présentaient plus comme des « histoires de vie » douces et sensibles, Sixtine est à la croisée de plusieurs genres. Il y a une pointe de fantastique, de l’Histoire et de l’action, mais surtout du policier. 

Jessica Pryce en effet, tout juste mariée à Seth Pryce , est retrouvée enterrée vivante sous la pyramide de Kheops au côté de son mari … décédé. Que font-ils dans cette chambre jusque-là inconnue qui n’a vu de visiteurs que 4000 ans auparavant ? Qui a voulu leur mort ? Pourquoi ? Les questions sont nombreuses et à cette intrigue-là viennent s’y ajouter d’autres encore. Un meurtre mystérieux donc, mais aussi des trafics d’antiquités égyptiennes, une journaliste à la recherche d’un tremplin pour sa carrière à la BBC, un jeune architecte talentueux… tout cela s’emmêle pour ne former qu’un seul et gros nœud où toute la trilogie tient.

« Avant de me consacrer à l’écriture, j’ai travaillé 7 ans pour la télévision britannique (BBC) à produire des documentaires grand public qui touchaient entre autres à l’archéologie et aux civilisations disparues. J’ai donc passé beaucoup de temps plongée dans les livres d’histoire, à interviewer des experts et, surtout, à filmer sur des sites archéologiques ou des salles de musées un peu partout dans le monde. A présent, j’ai laissé tomber la télévision mais j’ai gardé cette passion pour ces sujets, les pyramides, les trésors des sépultures, les croyances antiques, etc.
Mon imaginaire d’auteur est peuplé de toutes ces choses poussiéreuses, fascinantes et parfois assez macabres... mais de cet univers, les lecteurs n’ont jusqu’à maintenant découvert que le côté lumineux, avec L’avant-dernière chance, L’île des beaux lendemains et La Fille du déménageur. Avec SIXTINE, je dévoile le côté sombre. »

Oui, en lisant Sixtine, c’est l’image du nœud qui s’est souvent imposée à mon esprit. Il est serré, complexe et en apparence indénouable. Mais en fait, il est savamment noué, chaque chose y a sa place dans une organisation minutieuse. Et lorsqu’on tire un fil, c’en est une multitude d’autres qui viennent avec … il faut donc tirer les bons fils, défaire les bons nœuds pour finalement trouver la solution.
Et ce nœud, comme le dit Caroline Vermalle, est sombre et obscur. Ce sont créatures maléfiques, légendes effrayantes et complots qui se mêlent à l’histoire… La mythologie est fascinante et surtout originale. On en a finalement que quelques aperçus au fil de la lecture, et c’est un peu dommage, mais je pense que les deux autres tomes sauront en livrer tous les secrets …

« Je n’ai absolument rien changé à ma façon d’écrire juste parce que le livre était destiné à des lecteurs ados. J’ai des lecteurs très fidèles de 80 ans et plus et j’espère bien qu’ils adoreront aussi ! (Offrez-le à vos grands-parents, si si, j'insiste). J’ai juste essayé de créer la meilleure histoire possible, avec un style qui collait avec mon univers.
Je vous avoue que cette absence de compromis a généré quand même des moments de doute, car je me disais que Sixtine n’avait vraiment rien à voir avec les autres livres “Young Adult”... Mais d’une part, j’avais le soutien absolu de Black Moon et ils ont une telle exigence sur les textes qu’ils choisissent que je me suis dit qu’ils savaient ce qu’ils faisaient... Et d’autre part, j’ai suivi ma philosophie qui est d’écrire exactement selon ma vision - c’est la seule façon de ne pas avoir de regrets après !
Pour une histoire épique comme SIXTINE, le travail de recherche et de structure est bien plus important que sur mes précédents romans, donc il a fallu une organisation d’écriture plus rigoureuse. Pendant un an, j’ai jonglé avec des fiches bristol, des codes couleur, des centaines d’articles, des piles de bouquins et probablement mon poids en Post-its.
C’était capital pour moi que SIXTINE colle le plus possible à la réalité. Par exemple, la localisation de la fameuse Chambre X de la Grande Pyramide (là où est retrouvée Sixtine), n’est pas choisie par hasard, puisque j’ai sur mon bureau 310 pages de recherches soutenues par le Collège de France qui proposent qu’il pourrait effectivement se trouver une chambre inconnue à cet endroit-là. »

C’est d’ailleurs ce qui m’a le plus sidéré en lisant ce roman. Sixtine est un ouvrage à l’intrigue extrêmement complexe, dans laquelle on peut facilement se perdre. Mais Caroline Vermalle réussit à tenir son lecteur en haleine, à lui faire comprendre sans trop de problèmes l’histoire grâce à une organisation –si j’ose dire– parfaite. Tout s’imbrique parfaitement et j’imagine à peine tout le travail qu’a dû fournir l’auteure avant d’écrire le roman. C’est astronomique.

De chapitre en chapitre, elle balade l’auteure d’un bout à l’autre du monde entre tous ses personnages, toutes ces intrigues. Elle maîtrise le sujet du bout des doigts et son art de la narration est époustouflant. Les descriptions sont précises et enchanteresses, le récit des évènements et de l’action rocambolesque. Son style, enfin, est magnifique. Il m’a totalement charmé et je reste pantois devant la qualité de ce roman.

« Comment je me sens à l’idée d’être lue par des adolescents ? C’est génial, et d’ailleurs, je suis impatiente de les rencontrer au Salon de Montreuil le 30 novembre 2013. En attendant, j’ai hâte d’échanger avec eux à travers mon site Facebook et le blog que j’ai créé spécialement pour SIXTINE : http://i-am-sixtine.tumblr.com. »

Donc voilà, Sixtine, le nouveau roman Black Moon, est en un mot prodigieux. Caroline Vermalle m’a stupéfié tant elle mène avec talent son intrigue si complexe. Avec un art de la narration époustouflant, elle tient le lecteur en haleine d’un bout à l’autre de son superbe roman. Je vous assure qu’après avoir dévoré cet ouvrage, vous en ressortirez chamboulé. Par les personnages. Par les émotions. Par le talent de l’auteure.

«  Les projets, c’est bien sûr la suite de Sixtine. J’y travaille en ce moment-même. Même si j’avais déjà largement esquissé l’intégralité de la série avant de me mettre à rédiger le T1, les choses peuvent changer en cours d’écriture, et c’est tant mieux. Black Moon le confirmera, mais a priori, vous connaîtrez la fin de la trilogie SIXTINE en 2014 ! Ça ne fait pas trop long à attendre... »

La vie c'est comme une boîte de chocolat, on sait jamais sur quoi on va tomber




                Vous vous souvenez sans doute du film Forrest Gump ? Ce garçon naïf et terriblement attachant qui va porter à lui seul l’histoire –pardon l’Histoire- de l’Amérique ? Vous vous souvenez sans doute l’ambiance de ce film bien que parfois assez bourgeoise. Eh bien si vous aimeriez retrouver un peu de ce film, avec beaucoup de désinvolture mais aussi ce qu’il faut de sincérité dans le style d’Axl Cendres, alors continuez de lire cette chronique … de ce livre distrayant, passionnant, et très intéressant …

                « Ma putain de vie, je l’ai raconté mille et une nuits ». On peut dire que ça commence toute en finesse. N’empêche que c’est dans un ton tellement juste que je viens de relire cette première phrase pour vérifier qu’il y avait écrit Je l’ai et non J’l’ai, ou quelque autre abréviation. Et loin d’avoir été choqué, ou juste outré, de ce début en force, j’ai plutôt été touché. Parce que le personnage il est là d’un coup, en face de nous et ses lèvres loin d’être repues du toucher d’une pinte contre leurs lèvres nous crachent des paroles à la figure, des paroles empreintes d’une vérité que le lecteur ne tardera pas à découvrir. Parce que le personnage il se livre à nous et il y a quelque chose dans ses paroles qui m’a déjà touché. C’était parti pour l’aventure.
                Ben oui je vous avais prévenu et viens de le refaire. Ce style, cette plume, cette façon d’écrire elle est très sincère, vivante et retranscrit à elle seule l’ambiance et l’univers dans lesquels évolue le petit Robert Bradley, troisième du nom, que vous connaîtrez peut-être plus sous le surnom de Bibow. « Le mec qui vous parle, le mec qui va vous raconter son histoire, c’est le mec qu’a p’têt bien changé le cours de l’Histoire … Rien que ça ! » Ce mec là, c’est un personnage assez spécial, même carrément original puisqu’il se révèle n’avoir peur de rien. Je vois le genre vous dites ? Tu parles Charles ! Bibow c’est pas le héros littéraire des livres pour adolescents qui n’a peur de rien et séduit les jolies minettes. Bibow c’est un adolescent des années 60 qui a une anomalie dans le cerveau qui fait qu’il n’a peur de rien. Au sens scientifique du terme. Il est étanche aux syndromes : sueur, stress, panique … Il n’en est pas moins attachant parce que la façon directe avec laquelle il se livre à nous nous montre sa fragilité intérieure. Moi j’ai l’ai beaucoup aimé ce Bibow. Bon du coup vous imaginez bien que quand il part à la guerre ça va donner des situations assez étranges, surprenantes et même il faut l’avouer comiques. Et puis la guerre ne va pas l’arrêter là. Faut pas rêver.

                Rêvez pas mes Masqué(e)s je ne vais pas vous en dire plus. N’empêche que j’ai adoré la tournure qu’a pris l’histoire et j’ai aimé les rebondissements, les surprises, les péripéties et tout ça quoi. J’ai aimé découvrir de nouveaux personnages et quand je revois tout ça dans ma tête j’ai aimé que l’auteur ne s’embête pas à faire des longueurs, à développer et à entrer en profondeur dans le sujet. Un bon livre n’a pas besoin d’être long. Celui-ci c’est le discours oral de Bibow, alors pourquoi partir en longueur ? Ca parle, toi tu lis, et tu es porté avec une fluidité captivante d’un bout à l’autre de ce roman.

                Et n’oublions pas quand même pas que si ce personnage n’a pas peur, il n’en reste pas moins humain. Et son humanité mêlé à cet élément peu commun en a fait un narrateur vraiment touchant, surtout lorsqu’il se retrouve à crapahuter dans un monde nouveau avec de nouveaux protagonistes tout aussi plaisants à suivre.

« Ses yeux déversaient de la lumière à en oublier la nuit. »

N’allez quand même pas croire que La drôle de vie de Bibow Bradley c’est de la vulgarité et de l’Histoire américaine. Cette citation vous le montre c’est aussi, comme je l’ai déjà dit, un roman touchant et unique. Comme chacun des Exprim’. Un roman plein de punch et empli de vie. Je ne savais pas trop quoi penser. Mais il aura suffi d’écrire cette chronique pour clarifier les choses dans ma tête. Ce livre est un coup de cœur. 
 

Par ici c'est cool !
Mollat a eu un coup de coeur ...
Ci à droite c'est dans ce challenge qu'il entre ...
Sophie a été un peu déçue ...