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Rencontrez le Sherlock Holmes des rêves !

Je vous ai parlé de ce roman il y a un peu plus d'un mois sur Facebook. C'était quand son auteur venait de lancer un mini-site à son sujet et que je vous disais : ça va déchirer ! Alors me voilà à mon clavier, à réagir un peu au dernier moment (oui, oui, j'avais un peu oublié...) pour vous parler rapidement de ce roman qui est sorti hier. Rapidement parce que je l'ai lu il y a quelques (lointains) mois, donc mes souvenirs ne sont plus très frais.

Et si cette phrase, cela va de soi, est loin d'être fausse... elle n'est pas entièrement juste non plus ! Parce que justement, les souvenirs, il m'en reste de solides. Certes, comme je l'ai dit quand je vous ai parlé de JONAH, j'étais en stage chez Didier jeunesse, j'ai donc travaillé (un peu) sur ce roman et cela m'a aidé à m'en souvenir. Mais je crois avec certitude que quand on se rappelle très bien d'un roman sept mois après l'avoir lu, cela ne peut être que bon signe.

Entrons, enfin, dans le vif du sujet.
Prenez Sherlock Holmes. Maintenant imaginez que plutôt d'enquêter de façon classique... il enquête en rêves. Alors vous avez Arjuna Banerjee.
On est en Angleterre, au tout début du XXe siècle. Christopher Carandini, jeune reporter sans emploi, répond à une annonce un peu bizarre dans le journal et se retrouve à travailler à côté de l'encore plus étrange détective.
Il devient en effet l'assistant de Banerjee. Sa mission première ? Veiller à ce que son sommeil ne dépasse pas vingt-six minutes, au-delà de quoi le pire pourrait arriver...

Eric Senabre construit en quelques chapitres seulement un univers riche. C'est un peu farfelu mais très original et malgré tout complexe. À travers son personnage singulier et cette manière d'enquêter particulière, l'auteur nous emmène dans les méandres de l'esprit humain. C'est complexe, oui, mais toujours fluide et évident. On comprend. On est fasciné. On y croit.

Et si on y croit, c'est parce qu'on est entraîné dans une intrigue tout aussi dense et complexe. Un jour, une enquête donne un peu de fil à retordre à Banerjee : il s'agit d'un meurtre à huit clos. Et le client ? La victime du meurtre en personne. Puis de fil en aiguille, la-dite enquête grandit, se ramifie et prend petit à petit une ampleur insoupçonnée. Et nous voilà plongés avec puissance au coeur d'une affaire passionnante où enjeux politiques, ambitions personnelles, rivalités industrielles, le passé de nos personnages et notre enquête de départ se mêlent.

Moi qui ai une grande partie de la bibliographie d'Eric Senabre dans ma PAL (il a déjà publié quatre autres romans chez Didier jeunesse et une série de courts romans pour les plus jeunes), je suis entré dans son œuvre grâce à un roman de grande facture !

Les premières pages, voire les premiers mots, immergent le lecteur avec rapidité et efficacité. Les personnages, hauts en couleur et terriblement attachants, sont dessinés avec finesse dans leur excentricité, leurs singularités, leurs sensibilités et leurs parts d'ombre. Ils portent à tous les deux un récit dense mais captivant qui transporte le lecteur de plus en plus loin dans le labyrinthe du cerveau humain, les tensions entre les personnages et leurs ambitions et les heures sombres de ce Londres du XXe siècle...

Le souffle fantastique qui revivifie le roman est savoureux.
La complexité de l’œuvre est stimulante.
Sa construction est remarquable.
Et le final est magistral !

Pas besoin d'en rêver pour savoir que ce roman vous obsède déjà. Courez en librairie.

http://medias.hachette-livre.fr/media/contenuNumerique/026/319249-001-C.pdf?utm_source=splio&utm_medium=email&utm_campaign=Le%20dernier%20songe%20de%20Lord%20Scriven
Le communiqué de Didier jeunesse

La fin de JONAH : J-3 | CONCOURS

Modalités à la fin de l'article

JONAH est une saga fantastique jeunesse passionnante qui s'est révélée, dès le premier tome, originale et "grandiose".
"Un style si doux, si beau. Des personnages si attachants. Un univers envoûtant."

JONAH est une saga optimiste, joyeuse et dansante, ce qui est, en littérature adolescente, assez rare pour le souligner. 
"Chaque page est une dent de cet immense sourire."

JONAH est une série menée par une plume fluide et efficace, portée par une construction puissante et animée par un pouvoir étonnant : faire rêver.
"Le pouvoir sans limite de l’écrivain qui, de tout son cœur, transmet au lecteur l’incroyable sentiment d’être heureux."
 
JONAH se renouvèle sans cesse et happe le lecteur avec à chaque tome plus de profondeur et d'émotion.
"Je ressors de ce quatrième tome encore plus amoureux de la série, impatient de lire la suite car cette fin est, une fois de plus, parfaitement réussie, et absolument certain qu’il s’agit là d’une des meilleures sagas fantastiques pour la jeunesse !"
 
JONAH est une saga coup de coeur qui prend fin mercredi avec la sortie du sixième et dernier tome.
 
Si vous n'êtes toujours pas convaincus, voici ma chronique vidéo du roman !
(Pssst : allez jusqu'à la fin, il y a un lien vers une lecture à voix haute d'un extrait du premier tome !) 

 
 
Et que vous ayez lu ou non les cinq premiers, vous pouvez tenter votre chance pour gagner un exemplaire du tome 6 !
Pour cela, rien de plus simple, il suffit de m'écrire un commentaire en-dessous de cet article, en m'expliquant pourquoi vous voulez gagner ce roman et en ajoutant une adresse mail pour que je puisse vous contacter si vous gagnez !

Concours ouvert du 17 au 30 janvier 2016 - Ouvert à la France métropolitaine uniquement

Tracer de ses espoirs un chemin différent

                Alors que le roman est sorti depuis plus d’un mois et que je l’ai lu depuis plus de trois mois, je me dis qu’il est temps d’en faire une chronique. Il est un peu tard, c’est vrai, pour se remémorer tout ce qui a été vécu et ressenti au travers de ma lecture. Pourtant, je ne crois pas que ce sera si difficile. Et c’est sûrement parce que le roman a remué tellement de choses en moi qu’elles sont encore là à palpiter quand je passe ma main sur la si jolie couverture du roman – réalisée par Taï-Marc Le Thanh – ou quand je feuillette ce texte dense et bouleversant.
                Alors je me pose devant mon bureau, les mains sur le clavier, je fais une pause dans mon travail, je mets la playlist du roman, sélectionnée par l’auteur, et je vous écris ces quelques lignes pour vous dire qu’il faut lire Bluebird.

                On vous dira plein de choses dessus. En portant attention à la promotion faite autour du livre, en allant lire les chroniques des blogueurs, en regardant les vidéos des Booktubers. On vous dira que c’est un livre sur l’amour, un livre sur la musique, un texte historique, un roman sur la ségrégation, l’Amérique, la seconde guerre mondiale, une histoire sur l’amitié et la famille aussi, sur une révolte. Tout cela ne sera pas faux. Et même bien au contraire profondément vrai.
                Seulement, tout cela et si riche et intimement mêlé que je me contenterai de vous dire que c’est un roman sur la passion. Et dans « passion », il ne faudra pas comprendre une simple passion amoureuse et la réduire à ce strict sens. Non, dans « passion », il faudra lire désir, rêve, espoir, vie. Dans Bluebird, la passion, c’est ce feu qui brûle dans vos entrailles et anime votre corps, c’est ce même feu qui brûle dans Tant que nous sommes vivants, celui qui vous pousse sur les routes périlleuses de la vie.
                Sans que ça ne consume jamais le lecteur, ni le noie ou le lasse par trop plein, c’est bien, à mon sens, la passion qui donne vie aux mots de Tristan Koëgel.

                La musique vibre dans le cœur de Minnie.
                Arpentant les routes avec son père, un songster, et chantant ici et là, dans une plantation et sur les chemins, des chants de travailleurs et les prémices du blues, Minnie vit par et pour la musique. Et puis un jour, on lui parle de disque, de succès, de luxe et de richesse. Et puis un jour elle échoue, avec son père, dans une plantation où ils sont obligés de rester quelques temps. Et puis un jour elle rencontre Papy, Gros Poings, Leroy… Elwyn aussi. Et puis un jour, tragiquement, la voilà partie pour Chicago, où un grand destin l’attend.
                La musique vibre aussi dans notre cœur parce qu’elle vibre dans les mots de Tristan Koëgel. Son écriture est parfois chantante, souvent sincère et percutante mais toujours juste. Il écrit là une ode poignante au blues, ce blues qui s’écoute, mais se vit, aussi. Cette ode, d’ailleurs, continue et prend fin dans une postface saisissante d’émotion.

                Un amour passionnel vient aussi faire frémir ce cœur.
                C’est avec Elwyn qu’elle va le vivre. Ils n’ont que treize ans. Il est blanc – immigré irlandais. Elle est noire. Mais rien ne les empêche de croire en leur histoire. Leur candeur et leur sincérité vont heurter le monde qui les entoure.
                Le lecteur, pris dans cette histoire tumultueuse, est touché. L’auteur aborde cette relation avec tellement de délicatesse qu’il ne peut en être autrement.

                La famille a forgé celle qu’elle est.
                Et c’est à cause d’elle, c’est à cause d’un drame, c’est dévastée, qu’elle fuit du Mississipi pour traverser l’Amérique et trouver à l’autre bout des Etats-Unis une autre vie. Différente, unique, difficile, mouvementée, bouleversante.
                Son père, pourtant, est sa seule famille. Au début du moins. Car après, une multitude de personnages les rejoint. Dans la plantation, sur les routes, à Chicago. Chacun s’enrichit de rencontres et la fresque de personnages créée par Tristan Koëgel s’élargit. Tous ont le droit d’y trouver une petite place et aucun n’est vraiment négligé. Peu importe son importance dans l’histoire, il est peint avec finesse et tendresse. On en trouvera des détestables, bien sûr. On en trouvera des profondément marquants. Mais tous se dessinent au fil de leurs failles. Si bien que la famille de Minnie, ce n’est plus un père, mais tout un tas d’existences qui se sont bousculées et finalement coagulées. Il en ressort des blessures, mais aussi un peu de beauté.

                Mais l’Histoire vient tout bousculer.
                C’est l’Histoire de la ségrégation, des plantations, du Klu Ku Klan, d’un espoir noir et blanc. Et celle du blues, que Minnie traverse et marque.
                Une Histoire qui ne laissera personne indemne. Aussi suit-on tout le long du roman l’histoire de chaque personnage au travers de plusieurs regards. La narration est multiple, portée par trois voix : celle de Minnie, celle d’Elwyn et celle de Gros Poings. Les narrations s’enchaînent, se croisent, mais ne se répètent jamais. Chaque point de vue vient enrichir notre connaissance de l’histoire ou la poursuivre. C’est habile, intelligent et mené avec un talent certain.

                Il est finalement émouvant de penser que c’est par les mots de Tristan Koëgel – ceux du Grillon – que je découvrais la collection de romans Didier jeunesse en 2013. Aujourd’hui, c’est avec ce même auteur que la collection prend un nouveau tournant, enrichissant son lectorat de lecteurs plus âgés. Et quel tournant !
                J’ai été bouleversé par l’histoire de Minnie, transporté par le style poétique, sincère et sensible de Tristan Koëgel, ébloui devant la maîtrise de l’histoire, des intrigues et de leur enchevêtrement, fasciné par l’Histoire qui traverse le tout, ému de quitter les personnages.
               
                Bluebird est sans conteste un texte puissant et audacieux. De ceux qui sortent des sentiers battus et poussent le lecteur à faire de même : tracer de ses espoirs un chemin différent.


Mon Paris Littéraire: une lecture coup de ♥



Alors que je rentre et vous délaisse un peu le temps de reprendre mes remarques, je vous laisse plonger une nouvelle fois dans les tréfonds de Paris, dont j'ai exploré la surface cet été... Cette semaine, ce sera très littéraire.


Paris, cet été, a été lumineux, culturel, riche, stressant, excitant, théâtre, musical, artistique… Mais il aussi été, évidemment, littéraire. D’un théâtre à un salon du livre, d’une rencontre exceptionnelle à un labo à histoires, de quelques librairies  visiter à un coup de cœur littéraire, je vous emmène en balade entre les mots de Paris, dans ses rues de lignes et sa Seine d’encre.
 

Mon coup de cœur littéraire : Le cœur en braille
Bien entendu, étant à Paris pendant deux mois et devant prendre chaque jour les transports en commun pour une durée plus ou moins longue, de nombreux livres ont accompagné ma vie parisienne. Et il y a eu des coups de cœur.
J’en ai choisi un seul à vous présenter pour clore cette chronique de ma vie littéraire parisienne. Il s’agit de la série de Pascal Ruter publiée chez Didier jeunesse : Le Cœur en Braille.


Rappelez-vous...
Je vous en ai parlé dans une vidéo, lors de Booktube et la Blogo en Short, le mois dernier. J’avais eu du mal à en parler. Parce que je venais juste de terminer le troisième tome et que j’étais ému.
Comme c’est un coup de cœur, un des seuls de cet été, et comme il m’a à ce point touché, j’ai voulu vous en parler un peu plus longuement, ici, à l’écrit.

Le Cœur en Braille raconte en trois tomes la fin de l’enfance, l’adolescence et le début de l’âge adulte de notre personnage principal : Victor.
Dans le premier tome paru (Le Cœur en Braille), il a 13 ans. On est dans la banlieue parisienne, on est dans un collège, mais cette histoire, véritable aventure du quotidien, est loin d’être banale.
Il y a le père de Victor, de la Panhard, sa voiture de collection. Il y a Haïçam, son meilleur copain, mystérieux, terriblement intelligent et redoutable aux échecs. Il y a Marie-José, la nouvelle, avec sa tête d’intello, son violoncelle et ce secret qu’elle va porter et surmonter avec l’aide de notre jeune héros…
Dans le deuxième (Trois ans avant, autrefois appelé Le Bonheur à l’envers), Victor a 10 ans
Il y a le théâtre et son déguisement de buisson, il y a son étrange voisine, qui a l’air un peu triste. Il y a sa mère, très arrêtée sur le bon ordre des choses alors qu’elles commencent à se fissurer. Il y a Zak, l’oncle de Victor, qui va venir mettre un bon coup de pied là-dedans !
Dans le troisième (et dernier : Quatre ans après, paru en avril), Victor a 17 ans. C’est l’été. Il fait chaud dans la banlieue parisienne.
Il y a les sentiments qui palpitent, l’angoisse de l’obscurité de l’avenir un peu en fond, et il y a la vie comme un manège. Il y a Marie-José, pressante, il y a le père, tout tourneboulé, et puis il y a la voisine, et le CPE-cycliste-écrivain, et les deux copains du groupe de musique, et le copain-comédien, et tout ce monde qui revient pour un dernier acte étonnant, pétillant et poignant.

J’ai lu les deux premiers tomes avant l’été en fait. Mais ce troisième tome, celui qui se passe dans la chaleur d’un été de la banlieue parisienne, m’a accompagné le temps de quelques jours. Dans les transports, avec un sandwich au parc, à la gare en attendant mon train pendant quatre heures…

Le plaisir de la série est riche de beaucoup de qualités, que vous ne pourrez comprendre et ressentir qu’en vous lançant dedans…
Les personnages sont originaux et regorgent de vie. Tracés avec finesse par l’auteur, chacun d’entre eux existe par des qualités, des reliefs auxquels on s’accroche avant d’être émus par leurs failles. Ils sont véritablement touchants, et sonnent toujours justes…
Je trouve que la vie, c'est comme un grand puzzle de vide-grenier, on ne sait pas trop à quoi ça va ressembler et on sait même pas si on arrivera à faire tenir toutes les pièces ensemble.
Trois ans avant

Mais ça, c’est grâce au style de Pascal Ruter. Il brille d’une qualité littéraire indéniable, doublée d’une sensibilité indispensable. Indispensable à la création de l’atmosphère douce, délicieuse, piquante et rigolote qui caractérise la série
Cette qualité littéraire, c’est l’incroyable talent qu’a notre auteur à créer des images originales et parlantes. C’est sa capacité à choisir les bons mots alors qu’ils paraissent d’abord totalement inappropriés à la situation ! C’est son talent à être juste, précis et toujours captivant. C’est la façon qu’il a de rendre le quotidien palpitant.
Cette sensibilité indispensable, c’est ce qui permet à Pascal Ruter d’exprimer avec une grande émotion ce que ressentent les personnages. On éprouve toujours avec force les sentiments de Victor, on voit le monde et les autres à travers ses yeux, notre cœur palpite des émois de cet enfant.
- C'est vrai d'ailleurs... Je me demande bien pourquoi les choses tristes ça fait du bien à entendre...
- Peut-être qu'alors on se sent moins seul avec les choses de l'existence, et que le plus difficile dans la vie c'est de se croire seul.
Le Cœur en Braille
Le premier tome paru (Le Cœur en Braille) m’a beaucoup touché et je l’ai lu un peu, beaucoup, passionnément.
Le deuxième (Trois ans avant), m’a encore plus ému. Il m’a semblé plus abouti littérairement mais aussi scénaristiquement car porté par une réelle tension… Alors même, après avoir lu le premier tome, qu’on sait comment l’histoire est vouée à se terminer, on est pris, happé, captivé par l’histoire jusqu’aux soubresauts finaux de l’intrigue.
Le troisième (Quatre ans après) a été un véritable coup de cœur, LE coup de cœur. Je l’ai avalé d’une traite. Tout y est : la galerie de personnages vibrant de vie, l’émotion tremblotante de Victor, en passe de devenir adulte, la sensibilité et la qualité du style, la tension et le suspense, la construction efficace, l’histoire passionnante… comme une grande pièce de théâtre, les destins se croisent, s’entrelacent et se nouent jusqu’à un final grandiose, burlesque et émouvant.

On en ressort comme on traverse la vie : on est heureux, mais mélancolique. Il y a comme une petite tristesse dans la joie. Comme un petit caillou dans la chaussure.
- Ça me fait plaisir… mais mon oncle Zak dit que dans toutes les joies, il y a comme une petite tristesse.
- Une tristesse ?
- Oui comme un petit caillou dans le chaussure. Et qu’on passe sa vie à essayer de la vider, cette chaussure, sans jamais y parvenir tout à fait.
Trois ans avant