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Les ailes déployées

"Je ne peux pas beaucoup, mais je peux, alors je fais, et je pose de ma plume quelques plumes de plus aux ailes de Luciole. Je lui dis merci pour sa musique palpitante et délicieuse, je lui dis je suis avec toi, et tes mots et ta voix et ton son me portent un peu plus loin, je lui dis je m'inspire de tes mots pour en trouver d'autres ... en moi, et chez les autres. Voici quelques lectures que les mots à rebours qu'elle dissémine un peu partout m'inspirent."

J'ai écrit ces mots vendredi. Et depuis ...
depuis, j'ai vu Fauve en concert, un tout autre style mais le même amour des mots
j'ai dormi (beaucoup)
je me suis baladé dans un petit salon du livre jeunesse
j'ai reçu la version numérique du nouveau album de Luciole, qui sort demain
j'ai écouté écouté écouté ses mots et sa voix, écouté vibrer ses ailes
et je ne m'en lasse pas.

Je reprends ses #motsàrebours pour vous parler de livres. 


 Parler d'un livre policier quand la chanson s'appelle La clé du problème c'est facile ... mais dans Pénélope Green, la clé du problème ce n'est pas seulement la clé du mystère qui, en soi, est moins importante que le reste. Je l'ai même trouvée parfois un peu tirée par les cheveux ou en tout cas moins passionnante que le fond. Le fond c'est la réelle clé du problème pour laquelle il faut trouver une serrure.
C'est la clé du problème de la place des femmes dans les sociétés internationales du XIXe siècle.
C'est la clé du problème des sentiments, qu'on retient à l'époque, qu'on interroge en soi, qu'on rêve.
C'est la clé du problème de l'aventure, de l'écriture et du journalisme.
C'est la clé du problème de l'histoire.
C'est profond, bien écrit, passionnant bien que ralenti par quelques longueurs mais toujours réellement fascinant !


J'ai beau trouvé la couverture bof, le résumé peu représentatif du livre et le tout assez mal vendu ... j'ai été très agréablement surpris.
Parce que oui il y a du vent dans ces pages.
Dans des enveloppes qui traversent l'Europe, deux adolescentes, pour une correspondance en cours de français, s'envoient des signaux de fumée.
Des signaux qui disent à l'autre qu'elles sont loin mais qu'elles apprennent à se connaître avec tendresse, qu'elles sont là, qu'elles se soutiennent, qu'elles sont heureuses, qu'elles souffrent.
Des signaux qui disent entre les lignes, avec une sensibilité qui frémit à la surface des mots lumineux de Charlotte Bousquet, leurs peurs, leurs rêves, leur rage, leur amour, leurs vies en somme et leur identité.
Des signaux, des alertes, des doutes, des pas en avant, des indices et une chute à la fin du roman. Une surprise. Un choc, une émotion et la conclusion d'un beau moment passé en compagnie de ces personnages.

Quelques mots à rebours non cités ...


Quand Caroline Vermalle et moi vous parlons de Sixtine ...

« Je suis Caroline Vermalle et j’ai la chance de pouvoir dire que mon métier est Écrivain, grâce aux 170 000 lecteurs qui ont fait de mon premier roman L’Avant-Dernière Chance un succès inattendu en Europe. (D’ailleurs, il ressort en poche chez Livre de Poche Jeunesse ces jours-ci, donc découvrez-le si vous ne le connaissez pas encore !) »

Les présentations sont faites : Caroline Vermalle est l’auteure de ce fabuleux roman –Sixtine– qui vient tout juste de sortir. En revanche, si vous suivez mon blog depuis longtemps, vous devez avoir déjà entendu parler des superbes Nouvelles contemporaines et du touchant L’avant-dernière chance. C’est avec un immense plaisir que je découvrais ce nouveau roman, chez Black Moon cette fois-ci, et c’est avec un immense plaisir que je ressors de ma lecture … envoûtante.

« L’histoire de Sixtine était tellement différente de ce que j’avais fait avant (en fait, tellement différente tout court) que j’étais persuadée qu’aucun éditeur n’en voudrait. Alors j’ai gardé mes brouillons dans un tiroir pendant un an sans en parler à personne.
Black Moon avait déjà publié La Fille du Déménageur, et cette collaboration avait été fantastique. Et alors que je prenais un thé avec mon éditrice (ce qui, en soi, est très rare, car j’habite dans un petit village sur la côte Atlantique), elle a insisté pour savoir sur quoi je travaillais. Sous la menace de supplices terribles, j’ai craqué et je lui ai parlé du projet Sixtine. D’abord elle a ouvert des grands yeux tous ronds et au bout de 5 minutes, elle m’a serré la main. Sixtine entrait dans la maison Black Moon ! »

C’est vrai que Sixtine ne colle pas du tout au même genre que les précédents écrits de Caroline Vermalle … Alors que ceux-ci se présentaient plus comme des « histoires de vie » douces et sensibles, Sixtine est à la croisée de plusieurs genres. Il y a une pointe de fantastique, de l’Histoire et de l’action, mais surtout du policier. 

Jessica Pryce en effet, tout juste mariée à Seth Pryce , est retrouvée enterrée vivante sous la pyramide de Kheops au côté de son mari … décédé. Que font-ils dans cette chambre jusque-là inconnue qui n’a vu de visiteurs que 4000 ans auparavant ? Qui a voulu leur mort ? Pourquoi ? Les questions sont nombreuses et à cette intrigue-là viennent s’y ajouter d’autres encore. Un meurtre mystérieux donc, mais aussi des trafics d’antiquités égyptiennes, une journaliste à la recherche d’un tremplin pour sa carrière à la BBC, un jeune architecte talentueux… tout cela s’emmêle pour ne former qu’un seul et gros nœud où toute la trilogie tient.

« Avant de me consacrer à l’écriture, j’ai travaillé 7 ans pour la télévision britannique (BBC) à produire des documentaires grand public qui touchaient entre autres à l’archéologie et aux civilisations disparues. J’ai donc passé beaucoup de temps plongée dans les livres d’histoire, à interviewer des experts et, surtout, à filmer sur des sites archéologiques ou des salles de musées un peu partout dans le monde. A présent, j’ai laissé tomber la télévision mais j’ai gardé cette passion pour ces sujets, les pyramides, les trésors des sépultures, les croyances antiques, etc.
Mon imaginaire d’auteur est peuplé de toutes ces choses poussiéreuses, fascinantes et parfois assez macabres... mais de cet univers, les lecteurs n’ont jusqu’à maintenant découvert que le côté lumineux, avec L’avant-dernière chance, L’île des beaux lendemains et La Fille du déménageur. Avec SIXTINE, je dévoile le côté sombre. »

Oui, en lisant Sixtine, c’est l’image du nœud qui s’est souvent imposée à mon esprit. Il est serré, complexe et en apparence indénouable. Mais en fait, il est savamment noué, chaque chose y a sa place dans une organisation minutieuse. Et lorsqu’on tire un fil, c’en est une multitude d’autres qui viennent avec … il faut donc tirer les bons fils, défaire les bons nœuds pour finalement trouver la solution.
Et ce nœud, comme le dit Caroline Vermalle, est sombre et obscur. Ce sont créatures maléfiques, légendes effrayantes et complots qui se mêlent à l’histoire… La mythologie est fascinante et surtout originale. On en a finalement que quelques aperçus au fil de la lecture, et c’est un peu dommage, mais je pense que les deux autres tomes sauront en livrer tous les secrets …

« Je n’ai absolument rien changé à ma façon d’écrire juste parce que le livre était destiné à des lecteurs ados. J’ai des lecteurs très fidèles de 80 ans et plus et j’espère bien qu’ils adoreront aussi ! (Offrez-le à vos grands-parents, si si, j'insiste). J’ai juste essayé de créer la meilleure histoire possible, avec un style qui collait avec mon univers.
Je vous avoue que cette absence de compromis a généré quand même des moments de doute, car je me disais que Sixtine n’avait vraiment rien à voir avec les autres livres “Young Adult”... Mais d’une part, j’avais le soutien absolu de Black Moon et ils ont une telle exigence sur les textes qu’ils choisissent que je me suis dit qu’ils savaient ce qu’ils faisaient... Et d’autre part, j’ai suivi ma philosophie qui est d’écrire exactement selon ma vision - c’est la seule façon de ne pas avoir de regrets après !
Pour une histoire épique comme SIXTINE, le travail de recherche et de structure est bien plus important que sur mes précédents romans, donc il a fallu une organisation d’écriture plus rigoureuse. Pendant un an, j’ai jonglé avec des fiches bristol, des codes couleur, des centaines d’articles, des piles de bouquins et probablement mon poids en Post-its.
C’était capital pour moi que SIXTINE colle le plus possible à la réalité. Par exemple, la localisation de la fameuse Chambre X de la Grande Pyramide (là où est retrouvée Sixtine), n’est pas choisie par hasard, puisque j’ai sur mon bureau 310 pages de recherches soutenues par le Collège de France qui proposent qu’il pourrait effectivement se trouver une chambre inconnue à cet endroit-là. »

C’est d’ailleurs ce qui m’a le plus sidéré en lisant ce roman. Sixtine est un ouvrage à l’intrigue extrêmement complexe, dans laquelle on peut facilement se perdre. Mais Caroline Vermalle réussit à tenir son lecteur en haleine, à lui faire comprendre sans trop de problèmes l’histoire grâce à une organisation –si j’ose dire– parfaite. Tout s’imbrique parfaitement et j’imagine à peine tout le travail qu’a dû fournir l’auteure avant d’écrire le roman. C’est astronomique.

De chapitre en chapitre, elle balade l’auteure d’un bout à l’autre du monde entre tous ses personnages, toutes ces intrigues. Elle maîtrise le sujet du bout des doigts et son art de la narration est époustouflant. Les descriptions sont précises et enchanteresses, le récit des évènements et de l’action rocambolesque. Son style, enfin, est magnifique. Il m’a totalement charmé et je reste pantois devant la qualité de ce roman.

« Comment je me sens à l’idée d’être lue par des adolescents ? C’est génial, et d’ailleurs, je suis impatiente de les rencontrer au Salon de Montreuil le 30 novembre 2013. En attendant, j’ai hâte d’échanger avec eux à travers mon site Facebook et le blog que j’ai créé spécialement pour SIXTINE : http://i-am-sixtine.tumblr.com. »

Donc voilà, Sixtine, le nouveau roman Black Moon, est en un mot prodigieux. Caroline Vermalle m’a stupéfié tant elle mène avec talent son intrigue si complexe. Avec un art de la narration époustouflant, elle tient le lecteur en haleine d’un bout à l’autre de son superbe roman. Je vous assure qu’après avoir dévoré cet ouvrage, vous en ressortirez chamboulé. Par les personnages. Par les émotions. Par le talent de l’auteure.

«  Les projets, c’est bien sûr la suite de Sixtine. J’y travaille en ce moment-même. Même si j’avais déjà largement esquissé l’intégralité de la série avant de me mettre à rédiger le T1, les choses peuvent changer en cours d’écriture, et c’est tant mieux. Black Moon le confirmera, mais a priori, vous connaîtrez la fin de la trilogie SIXTINE en 2014 ! Ça ne fait pas trop long à attendre... »

[CHRONIQUE] Pénélope Green tome 2: l'affaire Bluewaters de Béatrice Bottet


Lecture commune avec Freelfe

Pénélope Green tome 2:
L'affaire Bluewaters
de Béatrice Bottet
à 15€
chez Casterman
328 pages

À peine remise de ses aventures londoniennes, Penelope Green s’embarque pour une nouvelle enquête : direction New York, première étape de son grand reportage sur la situation des femmes dans le monde. Mais au cours de la traversée, la jeune journaliste est lancée sur la piste d’une étrange affaire, dont le mystère s’incarne en un mot : Bluewaters.

"[Pénélope] lui sourit de toutes ses forces, et les étoiles du feu d'artifice se reflétèrent dans ses yeux."

Merci à Brigitte Gautrand, contact presse de Flammarion groupe et de Casterman


                J’avais adoré le tome 1 et avais hâte de me plonger dans cette suite … Une lecture commune avec une bloggeuse que j’apprécie beaucoup (Freelfe) fut l’occasion pour moi d’enfin le lire. Si j’ai préféré le premier tome, celui-ci reste quand même un très bon moment à passer pour voyager un peu dans le passé …

                Pénélope a affronté dans le premier opus les bas-fonds de Londres en résolvant à la mort de son père une enquête qu’il avait essayé d’effacer à jamais … dans celui-ci, notre jeune journaliste se lance à l’assaut du monde et de la condition des femmes. Mais son patron lui fait parvenir une lettre qui nous (et la) met en haleine sur un nouveau mystère.

                Et il faut avouer que c’est frustrant ! Béatrice Bottet joue de notre patience en donnant comme réponse à Pénélope lorsque celle-ci interroge des gens des réponses évasives, anxieuses et terriblement mystérieuses ! Le début, comme le premier tome, est du coup à suspense …

                Pour continuer à parler du mystère, si le début se présente ainsi, je dois dire que la suite m’a moins convaincu. Ce que je veux dire c’est que –comme on le disait avec Freelfe- on aperçoit dès le début un schéma –vague, certes- mais un schéma quand même de la réponse si bien que tous les éléments qui arrivent ensuite viennent seulement compléter pour moi tous les trous qu’il restait à combler.

                Et puis Pénélope Green c’est avant tout une série historique. Dans La chanson des enfants perdus on découvrait Londres du XIXè, cette fois-ci c’est à New York que Pénélope nous conduit. La grande ville de tous les rêves, l’immigration aussi, les cabarets, la magie … on assiste en quelques sortes à la montée en puissance de la grande ville que nous connaissons aujourd’hui. Mais au début du livre, c’est un bateau que nous découvrons. Les ponts des classes aisées, l’ambiance conviviale qui règne, … et puis personnellement je m’y suis très bien senti, en ayant en même temps une impression de familiarité puisque j’ai fini le livre le jour de la mise à l’eau de la coque de l’Hermione à Rochefort, à laquelle j’ai assisté … vous avez bien du en entendre parler ! Béatrice Bottet exerce donc à merveille son art d’écrivaine historique en plantant un décor parfaitement bien maîtrisé.

                Il en va de même pour ses personnages. Pénélope est toujours aussi attachante. Pétillante, courageuse, intelligente. On la suit avec plaisir et sa relation avec Cyprien est toute mignonne. De l’amitié qui serait sans aucun doute de l’amour s’ils vivaient au XXIè siècle. Celui-ci est tout autant attachant. Courageux aussi, dévoué à Pénélope. Mais on rencontre aussi des jeunes-femmes très marquées par Bluewaters, un prestidigitateur à qui on s’attache facilement, et puis comme toujours un méchant qu’on déteste.

                Au final les rebondissements se font nombreux, l’action s’enchaîne très vite et la fin est palpitante. Les trous se comblent des « AAAAH » sortent de nous même si au fond ma surprise est loin d’être aussi grande que dans le premier tome.



POUR CONCLURE
Les plus Les moins
  • Un roman terriblement émouvant
  • Des personnages très attachants
  • Une fin renversante
  • Aucun ...

                On retrouve donc avec bonheur la pétillante Pénélope accompagné de l’attachant Cyprien dans une aventure trépidante, avec du suspense certes, même si la solution n’est pas aussi surprenante que je l’avais espéré. On reconnait Béatrice Bottet pour son méchant qui gère tout, la construction de son livre, l’ambiance très bien fabriquée et pour son style complexe, ornementé qui nous transporte du début à la fin. Incontournable pour les amoureux d’Histoire, d’aventure, de suspense ou juste de petits moments de détente à savourer de tous ses sens.


Le petits plus ...
Des liens
Le mot de l'auteur à la fin du livre

"Jadis j'étais professeur. J'adorais raconter l'Histoire et ses péripéties. J'ai toujours été très sensible à l'empreinte du passé. Et à tout ce qui se passe en marge de la Grande Histoire: traditions, légendes, chansons, mythologies.Depuis mon enfance, j'ai adoré visiter musées, châteaux, églises et lieux historiques; comprendre comment les gens vivaient jadis, ce qu'ils pensaient, ressentaient, croyaient. Après avoir beaucoup lu sur ces sujets, j'ai eu envie de transmettre ma passion et me suis mise à écrire des romans pour la jeunesse, ou des ouvrages documentaires, toujours liés à ces aspects historiques particuliers, voir à l'étrange, à l'inexplicable ou au fantastique."


    Nathan, le  12 juillet 2012

      [CHRONIQUE] Traverser la nuit de Martine Pouchain



      Traverser la nuit
      de Martine Pouchain
      à 15€50
      chez Sarbacane
      collection Exprim'
      220 pages

      Vilor est flic. Flic dans une toute petite ville où rien ne se passe. Et pourtant, le mal y pointe son nez comme partout : la preuve, il y a un meurtre.
      Pour Vilor, c'est important bien sûr cette histoire de meurtre, mais ce qui l'est tout autant, c'est Blanche, la fille du mort. Parce que tous les hommes tombent raides dingues rien qu'en la regardant, et que Vilor est un homme comme les autres...


                      On m’a proposé ce livre dès mon partenariat avec l’édition enclenché ! Je dois dire qu’il m’a aussitôt fait envie ! J’ai accepté avec joie et ça n’est malheureusement que maintenant que j’ai pu le caser dans mes lectures … je n’ai pas été déçu et se sont de nombreux sentiments qui m’ont traversé pendant ma lecture, que je vais essayer de retranscrire au fil de cette critique à la construction particulière.
                      Dès le début on se sent bien dans l’histoire. En choisissant de raconter son histoire, Vilor, le personnage principal et le narrateur donc, nous attache, nous met dans le bain et on se sent proche de lui et bien dans l’histoire … dès ce début aussi on découvre Blanche, autour de qui tout l’histoire va tourner. Si au début du livre j’avais envie de dire Je me suis attaché à elle dès le départ je n’ai plus eu envie de dire ça par la suite. Parce que par la suite, Blanche, je ne l’aimais plus. Elle laisser courir les hommes autour d’elle, leur donne chacun espoir et tout ce manège m’a franchement agacé, voir donné pitié. Mais c’est Blanche, c’est comme ça. Il faut savoir faire outre. Surtout quand on a fini le livre ...
                      Le ton du coup est assez particulier, assez familier –pas vulgaire j’entends- je veux dire c’est comme un journal qu’on découvre dans un grenier. J’ai aimé ça. J’ai aimé ce ton honnête, cette écriture assez accrocheuse et parfois directe, poétique, forte, poignante.
                      L’intrigue, c’est celle de Vilor , flic de Picardie, qui essaye de résoudre un meurtre. Le meurtre du père de Blanche, cette jeune-fille à la beauté incroyable autour de qui tout le monde tourne, cette jeune-fille insaisissable.  Mais attendez, on est loin des polars, ou pire des séries policières (Vilor le rappelle très souvent …) et si on se demande sans cesse qui est le coupable … il n’y a pas d’indices super concrets qui ouvrent des fausses pistes franchement soupçonnables, de suspense à couper le souffle ou d’enquête trépidante. Non là il y a l’enquête, la vie, le village. Ce village de campagne où le temps passe. L’enquête ne tourne pas mais la vie continue.
      C’est ce qui m’a marqué à un moment. La vie dans ce bouquin. Franchement elle est là dans ses défauts, dans ses qualités, dans la manière dont on l’apprécie. Il y a de tout le monde dans ce petit village, des pauvres aux riches, des handicapés aux sains, des enfants adorables aux vieux et leur dialecte bien particulier … remarquez ce dialecte , il n’y a pas qu’eux qui l’ont et s’il peut-être un peu dérangeant (du moins s’il tout était traduit dans le lexique ça aurait été un peu mieux –enfin bon ça n’est qu’un léger bémol-) il donne un charme supplémentaire au roman. Si ce n’est que l’expression pour ainsi dire revenant sans cesse m’a un peu agacé. Pour ne pas divaguer, la vie, l’existence dans toute sa force est là. La force qu’elle tient dans le quotidien tout simplement, dans les acrobaties d’un enfant, dans la peur de la nuit …
                      Ce livre n’est donc pas un bouquin d’action. Mais les pages se tournent, défilent, et la fin se précipite. La fin se bouscule. Elle est assez confuse je dois dire, c’est dommage (-à moins que ça ne soit moi …-) mais mon dieu elle est … renversante ! Toute la vérité tombe, on comprend, on explique, on ne sait plus, tout est chamboulé, qu’est-ce qui est vrai, faux, … la fin vous laisse complètement coi, je peux vous l’assurer, et ça c’est ce que doit posséder un bon roman.

      POUR CONCLURE
      Les plus Les moins
      • Un ton franc qui nous attache au personnage narrateur.
      • La vie, son quotidien, une ambiance dans laquelle on entraperçoit un peu d'extraordinaire ...
      • Des personnages assez particuliers pour une communauté campagnarde originale
      • Une fin renversante ♥
      • Une expression revenant un peu souvent
      • Un lexique incomplet: deux défauts insignifiants quoi ! N'en prenez pas compte ^^                
                      Si le livre ne m’a pas plu de façon extraordinaire pendant ma lecture, la fin a bouleversé toute mon opinion. La fin a le pouvoir de changer votre vision sur le livre. Mais le tout c’est une histoire qui nous est racontée comme ça de façon honnête et généreuse avec des personnages très particuliers et dans l’ambiance la pointe d’un petit quelque chose … magique. Pas un coup de cœur mais un livre dans la lignée de cette collection : singulier et marquant.


      Les petits plus

      Martine Pouchain n’a jamais cessé d’écrire, dans un milieu qui ne l’y prédisposait pas. Journaux intimes, rédactions, lettres, vagues poèmes… Autodidacte donc, illégitime presque. Et une culture lacunaire, virevoltant d’admiration en éblouissements – Baudelaire, Giono, Colette, Céline, Faulkner, Marquez… L’écrire pour elle est respiration, guérison, grandissement, émerveillement.
      Chez Sarbacane : Johnny, Délinquante, Ce que j’aime
      c’est – sous le pseudonyme de Marta Thomas (Coll.
      Mini-romans)
      Chez Oskar : Sako
      Chez Nathan : Bagdad 2004

       
      <-- La Ballade de Sean Hopper
      - Sélection prix des Incos 2011
      - Sélection prix Farniente 2011 

      Chevalier B.
      - Sélection prix des Incos 2009
      - Sélection prix des Lycéens
      Allemands 2009 -->







      BANDE-SON :
      • Kate Bush, Wuthering Heigths
      • Mozart, Requiem
      • Imany, Kisses In The Darks





      Je ne suis pas sûr que c'était approprié mais l'éditeur m'avait répondu -quand je lui avais demandé s'il était possible de le lire pour ce challenge: "pourquoi pas, même s'il s'agit plus d'un polar poétique que d'un pur thriller… Il y a quand même une enquête, un mystère et quelque chose d'angoissant en effet dans le petit monde décrit par Martine. Oui, pourquoi pas !'

      Nathan, le 23 mai 2012

      [CHRONIQUE] Pénélope Green - tome 1: La chanson des enfants perdus de Béatrice Bottet

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      Pénélope Green - tome 1:
      la chanson des enfants perdus
      de Béatrice Bottet
      à 15€
      chez Casterman
      311 pages
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      NOM : Green
      PRÉNOM : Pénélope

      SITUATION FAMILIALE : orpheline, unique héritière du journaliste James Alec Green

      AMBITION (SCANDALEUSE) : devenir journaliste

      SIGNES PARTICULIERS : une envie d'étrangler son prétendant, cette endive de Wilfrid, et un goût prononcé pour l'aventure et le danger


      Pénélope Green décide de reprendre une mystérieuse enquête de son père : le dossier FOXGLOVE COURT. Quel terrible secret va-t-elle découvrir, dans les bas-fonds de Londres ?

      Londres, années 1880, James Alec Green, surnommé JAG ou le jaguar, journaliste au Early Morning News, meurt après être tombé dans les eaux glaçées de la Tamise au cours de l'une de ses enquêtes. Mais au préalable, il a fait le nécessaire pour que sa fille unique, Penelope, 17 ans, puisse vivre seule en toute indépendance et sans souci financier. Il lui a aussi légué la passion du journalisme. Afin de faire ses preuves, Penelope choisit d'enquêter sur un dossier mystérieux qui semblait beaucoup préoccuper son père: l'affaire du 21 Foxglove Court...

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          Je tiens d’abord à adresser un grand merci aux éditions Casterman, et en particulier à Brigitte, la contact presse du groupe Flammarion. Si j’ai choisi, parmi les partenariats que Tom et moi avions reçus pour deux, Pénélope Green c’est avant tout pour son ambiance. En effet, l’histoire se déroule à Londres, fin XIXe. Je vous reparle de ça plus tard, mais je dois dire que je n’ai pas été déçu sur ce point et encore moins pour tout le livre ! J’ai passé un excellent moment, et je m’en réjouis.

          L’histoire commence sur le décès du père de Pénélope. On entre dans l’histoire de façon fluide, et facile, et je n’ai rien à redire quant à la compréhension. Prestigieux journaliste, Mr Green confie à sa fille ses dossiers pour les remettre à des collègues, mais le dernier est jeté au feu par celui-ci sans qu’il n’en dévoile la raison … Tout part de cet acte, et les évènements engendrés ne cesseront pas jusqu’au dénouement.

          L’ambiance, comme je le disais plutôt, m’a énormément plu. Pénélope appartient à la bourgeoisie londonienne. A Londres, se mêlent ces gens-là, discussions tout en politesse, tenues élégantes, attitude respectable … et les docks, les gens pauvres, les mendiants, et surtout les musiciens, qui gagnent leur vie grâce aux morceaux qu’ils jouent dans la ville … Fiacres, pavés, bateaux revenant de pays lointains … J’ai adoré et l’auteur a parfaitement su rendre l’univers de l’époque et nous passionner avec.

          Les musiciens dont je parle plus tôt vont se retrouver au centre de l’histoire, lorsque se lançant dans l’enquête que son père a abandonnée, Pénélope se lie d’amitié avec celui qui les dirige, un vieil homme immobilisé sur un pseudo-fauteuil roulant qui va lui apprendre l’accordéon. Leur lien est étroit, fragile, et ce curieux personnage m’a beaucoup intrigué. Assez … étrange parfois, ou d’autres fois très attachants, il est, comme les autres, un personnage très bien fait. Il y a aussi au second plan les musiciens, comme Maeve, ou Jack, la victime du meurtre sur lequel l’enquête de Pénélope commence.

          Cette enquête, eh bien je ne m’y attendais pas trop, déjà parce que la quatrième de couverture n’est pas très explicite mais surtout parce qu’elle parle de journalisme… On découvre alors qu’à l’époque le  journalisme ne consistait pas uniquement à écrire des articles, mais aussi à enquêter … J’ai trouvé ça très intéressant, et on se sent alors plongés dans une intrigue à l’allure policière … passionnant !

          Les autres personnages, sont deux principaux : Pénélope, modèle, presque, de la suffragette de l’époque. Trouvant que les femmes n’ont pas assez de droit, ne voulant point se marier et être là pour son mari uniquement en tant que femme au foyer, fragile et protégée par ce dernier. Voulant être journaliste, vivant des aventures bien intrépides … Bref, tout ce qui est mal vu à l’époque ! C’est un marin français, Cyprien Bonaventure, qui va être mis sur son chemin. Personnage adorable, très attachant, il va protéger Penny, au péril de sa vie.
          On découvrira un club louche de gentlemen, liés à un pendentif évoquant la mythologie grecque, une chanson familière … tout se mêle, tout trouve sa place et s’imbrique avec brio ! L’auteur a su filé l’intrigue, et l’histoire avec talent, et on ne s’y perd pas une seconde ! Et à mesure que tout avance on commence à se douter de quelque chose, et le rythme entraînant, soutenu, nous porte jusqu’à la fin dans un pic d’action et des révélations soudaines.

          Le dénouement finit par pointer son nez après un roman riche en aventures, en rebondissements et en surprises en tous genres ! Le tout se termine sur une fin réjouissante, et laisse très bien augurer de la suite … Le tout dans un style légèrement soutenu pour bien intégrer dans l’univers, des mots bien choisis pour une écriture pas extraordinaire, mais tout à fait appréciable !
         
          Un  roman que je ne qualifierais que légèrement d’historique, sur fond d’enquête policière, mêlant secrets de famille, bourgeoisie et pauvreté londonienne, avec des sentiments tout en finesse, des personnages attachants, et des un rythme entraînant conçu par un style prenant ! A lire absolument !
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      Nathan, le 17 février 2012