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Charlotte Bousquet et le féminisme

Aujourd'hui, c'est la journée internationale des droits des femmes. À cette occasion, il y a un grand projet qui a été lancé sur Booktube : le projet Féminibooks. Chaque jour, un Booktubeur publie une vidéo sur un ou des livre(s) qui ont trait au féminisme.
J'ai participé à ce projet le weekend dernier ! Je me suis invité sur la chaîne de Cassandra : Le Bonbon au Cassis pour vous parler d'un roman que nous avons lu en lecture commune et que nous avons tous les deux adoré : Là où tombent les anges de Charlotte Bousquet, publié dans la collection Électrogène de Gulf Stream.



Pour compléter notre vidéo, nous avons également envoyé quelques questions à Charlotte Bousquet qui a gentiment accepté d'y répondre. Alors les voici !


Les questions de Cassandra / Le Bonbon au Cassis :

Comme on a pu le remarquer, dans Là où tombent les anges, mais également dans d'autres de vos romans, comme Sang-de-lune, le thème du féminisme vous tient particulièrement à cœur. Qu'est-ce qui vous a poussé à vous intéresser au féminisme, à quel moment de vous vie cous êtes-vous considérée comme féministe ?

Je pense que je l’ai toujours été, sans nécessairement l’assumer. Adolescente et jeune adulte, je m’opposais à pas mal de normes sociales, sans toutefois avoir les armes ou le recul nécessaires pour me dire : « je suis féministe », etc. De plus, l’idée d’avoir une étiquette collée sur le dos me terrorisait (je n’aime toujours pas les étiquettes mais j’ai appris à faire avec). Le sexisme ordinaire m’agaçait « tu peux pas, t’es une fille », « les hommes sont plus intelligents/ forts/ capables de… que les femmes », et ce, dans tous les milieux, mais je n’avais pas envie d’approfondir (et puis, le web était quand même beaucoup moins développé…).
Les premiers déclics ont eu lieu avec l’écriture de Noire lagune (Gulf Stream) et du premier tome de L’Archipel des Numinées(Mnémos). Le second a été la rédaction de Précieuses, pas ridicules (Gulf Stream toujours), un documentaire sur le féminisme et les arts. En me rendant compte de la façon dont les femmes étaient purement et simplement effacées de l’histoire, de la création, des sciences, j’ai eu une sorte d’électrochoc. Et voilà…

En matière de féminisme, quels sont vos classiques absolus ? (livres, films, musique, tableaux, etc.)
Je botte en touche, pour cette question. Il y a énormément de références, d’essais, de romans, poèmes, etc. J’en cite quelques-uns, presque au hasard.

Une chambre à soi, de Virginia Woolf, Le guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses, de Catherine Dufour
Cuantos Piquetitos de Frida Kahlo et les portraits de Diane Arbus 
Wadjda, de Haifaa Al Mansour et Iron Jawed Angels de Katja von Garnier
Trio en ré mineur op 11 pour violon, violoncelle & piano de Fanny Mendelssohn et Bad Reputation de Joan Jett


D'après vous, de quelle manière la culture peut-elle permettre à notre société d'évoluer vers l'égalité ?
Question essentielle et complexe… D’abord, je crois que le web est d’une grande aide pour cela dans la mesure où il rend visible ce qui demeurait caché, inavouable, secret, etc. il y a quinze ans. Le féminisme existe via Internet, des personnalités comme Emma Watson avec HeForShe se battent pour un monde égal, des ONG dénoncent les injustices commises dans certains pays au nom du patriarcat, etc. D’un point de vue plus social, les violences envers les femmes sont enfin dénoncées – courts métrages, pétitions, prises de parole, témoignages – montrent la réalité et permettent une prise de conscience. Je crois que ça, c’est un grand pas en avant.
La culture, qu’il s’agisse de littérature, d’arts plastiques, de musique, de cinéma (ou séries), de bande-dessinées, et de photographie est essentielle à l’évolution du monde vers plus d’égalité, dans la mesure où – normalement – elle permet une ouverture et une réflexion sur l’autre, le monde, l’avenir… Une duologie comme La Symphonie des Abysses, de Carina Rozenfeld qui évoque différentes problématiques comme le genre ou le racisme, en est l’illustration parfaite.
Le problème, aujourd’hui, est selon moi politique avant tout : tant que l’éducation et la culture ne seront pas une priorité du gouvernement, on ne pourra pas progresser aussi rapidement qu’on le devrait vers une véritable société égalitaire. Et entre nous, ce n’est pas un hasard si les dictatures ont tout intérêt à étouffer les voix des artistes et museler l’éducation. Cela se fait de manière ouverte dans certains pays, dans d’autres ont fait passer ça avec une bonne dose de télévision et de malhonnêteté médiatique (importance du buzz, du scandale, de l’immédiat, etc.).

Mes questions / Le cahier de lecture de Nathan :

Si vous aviez vécu à l'époque de Là où tombent les anges, quel aurait été votre combat ? Celui de Solange ? Celui de Lili ? Celui des manifestantes ? Celui de Blanche ? ...
Voyons, avec mon Fabien à la guerre, mes chevaux réquisitionnés par l’armée… Une dépression, déjà. Ensuite, je me serais réfugiée chez mes parents et j’aurais écrit… au départ, de longs poèmes et des romans, ensuite j’imagine que je me serais penchée plus sérieusement sur le monde et que je me serais impliquée dans la politique à ma façon… littéraire.

Qu'est-ce qui est venu en premier pour écrire Là où tombent les anges : l'histoire ou le thème du féminisme ?
L’histoire de Solange… Qui au départ était celle de Lili… et aurait dû se passer en Argentine. En réalité, tout s’est construit ensemble : évoquer les femmes pendant la guerre, c’est venu pendant que je lisais de la documentation pour justifier la fuite de mon héroïne à Buenos Aires. Lili s’est effacée progressivement pour laisser place à Solange… et aux autres femmes du récit.

Quels sont les passages qui vous ont semblé le plus difficile à écrire ?
Tous ! Là où tombent les anges, je l’ai écrit à une période où j’avais énormément de doutes quant à ma carrière d’autrice (j’en ai toujours mais je me soigne J). Mes romans ne se « vendaient pas » (ou pas assez), selon certains éditeurs, j’étais trop « intello » (ce qui rejoint d’une certaine façon ma réponse à Cassandra… on vit dans un monde où pour certains, être intello est devenu une insulte).
Ce qu’il fallait, selon eux, c’était un roman avec une écriture blanche, si possible à la première personne pour faciliter l’identification de la lectrice (si, si…) et une intrigue suffisamment prenante pour provoquer un effet page-turner.
Et j’écoutais ces discours, je pensais à mon roman, à sa linéarité, son style, ses références. Et je me disais : « Merde, tu te plantes complètement, tu vas planter Électrogène, tu vas faire un bide… » J’ai failli arrêter aux alentours de 1915, je crois.
J’ai envoyé ce que j’avais déjà rédigé à Paola Grieco avec un SOS bien gratiné du genre : « cestnultenpensesquoijarrêtetoutjarrêtedécriredailleurs »…
Et j’ai reçu une réponse deux jours plus tard, qui m’a remis le pied à l’étrier. Du coup, la seconde partie a été bien plus facile à écrire, parce que plus apaisée.

En espérant que cette interview vous a plu, je vous invite très fortement à lire le roman de Charlotte Bousquet, qui a été un gros coup de coeur pour moi.
Là où tombent les anges, intello ? Peut-être . Page-turner ? Assurément !

Vous pouvez également visionner la version complète de ma participation à la vidéo de Cassandra :



À bientôt !
Portez-vous bien.
Nathan

En ce moment sur YouTube

Je sais, vous attendez la deuxième partie de mon top. Je sais, je prends déjà un peu de retard sur mon nouveau rythme de blog. Je sais, demain on est le premier, donc je serai censé publier mon "C'est le 1er, je balance tout ! #2" et vous comprenez donc que j'aurai du retard. Et en plus de tout ça j'ai déjà d'autres idées d'articles et des trucs à vous raconter.
Mais aujourd'hui, j'aimerais faire le point sur plusieurs choses qui se déroulent sur ma chaîne YouTube en ce moment. Parce que ce sont des choses qui peuvent vous intéresser ou qui sont importantes pour moi.

4 interviews et 3 concours (bientôt 4 !)
L'an dernier, pendant Livre Paris, j'ai tourné 4 interviews avec des auteurs français que j'apprécie tout particulièrement... Avec presque un an de retard j'ai décidé (enfin ! me direz-vous...) de les publier. Désolé pour le retard et un grand merci à ces quatre talentueux auteurs.
> Eric Senabre : https://youtu.be/Rmo_7PSp91g
> Cindy Van Wilder - Auteur : https://youtu.be/kdBCamgynLE
> Flore Vesco : https://youtu.be/m2gq4aHZgm8
> Victor Dixen : https://youtu.be/hkxCxLTk_2s

Et en plus, trois d'entre eux m'ont dédicacé leur dernier roman, qui sont à gagner sur YouTube !
En suivant ce lien Facebook, vous pourrez même gagner une chance supplémentaire ! (Cliquez sur l'image)
https://www.facebook.com/LecahierdelecturedeNathan/photos/a.328923750452025.87783.271346672876400/1438419866169069/?type=3&theater

La littérature jeunesse en un mot
Récemment, j'ai cherché une idée pour :
- développer et dynamiser la chaîne
- affirmer son identité
- défendre mieux la littérature jeunesse.

J'en ai trouvé une qui réunissait assez naturellement le tout :
- demander à une illustratrice jeunesse (Fleur Oury, auteure du superbe Premier matin) de redessiner l'identité graphique de ma chaîne
- créer un format de vidéos court, dynamique, travaillé
- utiliser ce format pour parler de littérature jeunesse
- présenter en quelques minutes un livre jeunesse en un mot.

Voilà le résultat, qui, j'espère, vous plaira :


À très bientôt tout le monde !
Portez-vous bien.



Toutes les couleurs en une {Interview & Concours}

Tous nos jours parfaits est un roman passionnant, émouvant et unique. Oui, même si on le compare à Nos étoiles contraires et Eleanor & Park, Tous nos jours parfaits, par l’émotion et les questions qu’il soulève, est véritablement unique. Il m’a coupé le souffle et en le finissant j’étais effondré, incapable de quoi que ce soit d’autre.
Mais malgré tout, je n’ai pas oublié à un seul moment de ma lecture, et ce dès le début, que cette histoire pourrait être une histoire vraie. Et même qu’au fond, c’est une histoire vraie. C’est peut-être ça qui me l’a plus frappé. C’est peut-être ça qui a détruit une infime part de celui que je suis.
Tous nos jours parfaits m'a marqué, en bien, en mal, en profondeur et en lecteur. Vous vous en rappelez, non ? Sinon, il suffit d'aller lire ma chronique, ici. Et puis Tous nos jours parfaits, si vous avez vu les liens en bas de ma chronique, c'est aussi l'oeuvre d'une auteur très active sur Internet et les réseaux sociaux: site, blog, Pinterest, Twitter, Facebook, etc. Enfin, Tous nos jours parfaits, c'est aussi le coup de coeur de Cassandra, qui l'a lu presque en même temps que moi, cet été. Alors tout ça ensemble, il semblait logique qu'on contacte l'auteur pour lui poser des questions et... qu'on vous offre un exemplaire du roman !


L'interview est en deux parties. Retrouvez la première partie sur le blog de Cassandra.
Retrouvez la version originale de l'interview en bas de l'article.
Quant au concours, toutes les conditions sont expliquées dans le questionnaire à remplir !

L'univers du livre

Note : tous les "bright place" est une référence au titre original du roman: All the bright places. On peut le traduire littéralement par "endroit lumineux", ce que j'ai fait, mais c'est traduit dans le roman par quelque chose comme "balade" et désigne tous ces lieux agréables, insolites, pittoresques, touchants, importants... si vous avez une meilleure traduction à me proposer, n'hésitez pas !

Quelle est votre bright place (endroit lumineux) préféré ?
Jennifer Niven : Bien que je l’ai perdue très brusquement à l’automne dernier, ma mère est toujours mon endroit le plus lumineux.

Quel est votre propre jour parfait ?
JN : Écrire de tout mon cœur, entourée de mes trois chats littéraires. Flâner dans ma ville préférée, Los Angeles (où je vis), avec l’homme que j’aime et mes meilleurs amis.

Vous devez laisser sur nos blogs un objet, comme dans les balades de Violet et Finch. Que nous laissez-vous ?
JN : Un exemplaire de Tous nos jours parfaits avec cette inscription : « Merci, lecteurs, d’être l’un de mes lumineux endroits (bright places). Vous le faites si bien. »

Vous avez un post-it. Qu’écrivez-vous dessus ?
JN : Faites que ça compte.

Si vous pouviez dire une chose à Violet et Finch, que diriez-vous ?
JN : « Je suis là. Vous importez. Vous n’êtes pas seuls. Laissez-moi vous aider. »

Pouvez-vous nous raconter comment Germ magazine a été créé et comment il est finalement apparu dans le roman ?
JN : En évoquant Germ dans Tous nos jours parfaits, je me suis demandée « Et si Germ était réel ? ». Et aujourd’hui le magazine a été créé et fonctionne depuis à peu près deux ans. Nous avons une équipe internationale de jeunes auteurs et nous sommes lus partout dans le monde. C’est vraiment incroyable, je suis si fière de ce que nous avons créé et du travail qui y est publié chaque jour.



L'interview en version originale:

The book’s universe :

- What is your favorite bright place ?
Even though I lost her very suddenly last fall, my mother is still my brightest place.

- What is your own perfect day ?
Writing my heart out, surrounded by my three literary cats. Wandering my favorite city, Los Angeles (where I live), with the man I love, and my best friends.

- You have to give up one object on our blogs now, like in a bright place. What do you leave us ?
A copy of All the Bright Places with this inscription: Thank you, readers, for being one of my bright places. You make it lovely.

- You have one postit now. What do you write on it ?
Make it count.

- If you could say one thing to Violetand Finch what would you say ?
"I’m here. You matter. You are not alone. Let me help you.”

- Can you tell us how Germ magazine was created and how it finally appeared in the novel ?
When I was writing about Germ in All the Bright Places, I thought, What if Germ was real? And now the magazine has been up and running for nearly two years. We have a very international staff of young writers and we’re read all over the world. It’s truly amazing, and I’m so proud of what we’ve created and the work that is being published there every day.

Un grand merci à Jennifer Niven pour avoir répondu à nos questions et à Gallimard jeunesse pour le concours !

La Revue des Livres pour Enfants

Cet été, Tom, du blog La Voix du Livre, et moi avons eu l'honneur et la joie d'être interviewés par Anne Clerc. Cette journaliste travaille entre autres pour La Revue des Livres pour Enfants, une revue sur la littérature jeunesse éditée par le centre national de la littérature jeunesse, qui dépend lui-même de la BnF.

A l'occasion de ses 50 ans, la Revue publie dans ce 284è numéro un dossier sur cet anniversaire qui interroge l'évolution de la littérature de jeunesse et son avenir. Au travers de nombreux entretiens, la parole est donnée à des éditeurs (Giboulées, Gallimard jeunesse), des auteurs (les talentueux Anouck Boisrobert et Louis Rigaud, qui publient des pop-ups chez Helium ou la géniale Clémentine Beauvais par exemple), des bibliothécaires... et des critiques-blogueurs: Tom et moi !


Si je vous parle de cette revue, c'est
parce que je suis fier d'y être présent ce mois-ci, et ça c'est grâce à votre soutien qui me pousse sans cesse à continuer à écrire ici
parce que c'est un numéro très intéressant du fait des questions qu'il soulève et aborde
parce que, comme à chaque parution, il contient un cahier critique très complet (environ 100 pages) sur les nouveautés de la littérature jeunesse allant des contes aux romans en passant par les albums, la poésie, la BD, mais aussi les documentaires et les applis...


Extrait du sommaire de ce numéro, sommaire téléchargeable ici

Je vous conseille donc vivement de vous la procurer, ce numéro ou un autre (par exemple celui d'avril 2015 sur la littérature Young Adult).


Notamment destinée aux professionnels du livres et aux bibliothécaires, la revue est néanmoins disponible à la vente sur Internet et vous pouvez la commander auprès de votre libraire ! Alors si vous voulez me/nous lire et découvrir un dossier très intéressant sur la littérature jeunesse et les 50 ans de la Revue, il n'y a qu'un pas à faire: passer commande en librairie.

INTERVIEW | Susin Nielsen


Après la chronique d'On est tous faits de molécules, voici une rencontre (filmée et sous-titrée par mes soins !) avec Susin Nielsen, que j'ai eu la chance d'interviewer au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil en 2013. Ma traduction est loin d'être parfaite, le carré VIP où a été faite l'interview est un lieu très fréquenté et très bruyant, mon appareil photo ne rend pas de la grande qualité, mais la vidéo est là et j'espère que l'interview vous plaira !
Un grand merci à Hélium pour cette incroyable occasion. Un grand merci à Susin, pour son incroyable gentillesse. Un merci à Rozenn, qui a parfois dû m'aider pendant l'interview. Un coucou à la mère de l'auteure, très gentille, et à Théo, mon cousin, qui m'a accompagné pendant l'interview !
Enjoy !

Pépix: à l'horizon ... | Entretien avec Tibo Bérard & Concours

Petite prolongation ! :-)
 Un an que Pépix vogue sur la mer éditoriale. Et en un an, Pépix a réussi à ne pas se faire engloutir, volant sur une vague d'enthousiasme et d'étincelles dont la collection ne descend pas, bien trop contente d'y être, bien trop forte pour en tomber ! Et ici, un peu plus d'une semaine que je viens ajouter à cette vague un peu d'écume, quelques mots, quelques vidéos, quelques articles un peu légers, parfois irréguliers, mais sincères et joyeux de partager et de vous encourager à vous jeter dans cette eau pétillante, délicieuse et palpitant d'une vie passionnante !

Pour voir toutes les vidéos, il suffit d'aller à la fin de l'article ou tout simplement ici ! (l'ensemble des vidéos ne fait que 12 minutes 54 !)
Il en manque juste une sur Popy, car je n'ai pas eu le temps de le terminer ... !
Il y en a même deux nouvelles que vous pouvez visionner individuellement en cliquant sur chaque image !

http://youtu.be/GFjLayna6CEhttps://www.youtube.com/redirect?q=http%3A%2F%2Fyoutu.be%2FNFm4KJ5vShA&redir_token=FvEae5dImY_9WiLnALiBCcYCEhB8MTQyNjE1NjA1MkAxNDI2MDY5NjUy



A cette occasion, j'ai pu poser quelques questions à Tibo Bérard, directeur de la collection, pour revenir, un an après, sur la collection, son succès, son évolution, son avenir !
Pas de retranscription, je n'ai pas pu enregistrer l'appel (enfin si, mais on entend rien. voilà.)

Pépix: la vague a frappé !
Un an après, il est de mise de voir un peu quel a été l'effet du lancement de la collection. Et cet effet est retentissant ... vous l'avez bien vu sur le blog, Tibo, son équipe et Pépix n'ont pas été seuls à ce moment-là. Comme il le dit lui-même, Pépix a été très tôt accompagné avec un soutien fort tant de la part des libraires que de la part des blogueurs. Ceux-là ont été unanimes. Et vu ce que j'en disais l'an dernier, ça ne peut être que positif !
Et d'une manière plus concrète, Pépix fonctionne très bien ! Les libraires (re)commandent et recommandent les romans constamment, si bien qu'il est difficile d'arrêter des chiffres. L'ogre au pull vert moutarde, en sélection pour le prix Tam-Tam, a déjà été réimprimé trois fois et les réassorts (nouvelles commandes des libraires pour réapprovisionner leur stock) ne faiblissent pas, ce qui laisse présager le meilleur... Alors allez-y, courez en librairie et videz leurs stocks, achetez, dévorez, lisez, attendez les suivants, partagez: Pépix est une pépite qu'il ne faut pas garder pour soi mais partager ! Pépix est une pépite aux inépuisables trésors !
Aujourd'hui, à l'occasion de cet anniversaire, une grande opération commerciale a lieu ... outre un relais de la part des blogueurs, qui ont, en grand nombre, chroniqué, partagé, écrit sur Pépix, il y en a un, important, des libraires: mise en avant du fonds, planches de tatouages à l'effigie d'Abdou (personnage de L'ogre au pull vert moutarde), posters, figures en carton pour décorer les vitrines ... Tibo Bérard insiste: "Nous voulons mettre en avant la collection". Pas seulement trois ou quatre titres, pas ceux qui marchent le mieux, pas ceux qui plaisent le plus, mais bien l'ensemble.

Redoubler d'efforts, grandir la vague
Alors que j'utilise une métaphore maritime ... Tibo Bérard en utilise une sportive: "il faut transformer l'essai", affirme-t-il déterminé, confiant et enthousiaste. La collection fonctionne mais il ne faut pas se reposer sur ses lauriers et au contraire prendre son élan pour se laisser propulser par ce premier succès encourageant. Il ne perd donc pas de temps et réfléchit déjà à l'avenir de Pépix: comment la faire évoluer ? L'essentiel est de ne pas tomber dans une routine et faire toujours la même chose. "J'ai au moins une base, je sais que ce saura une aventure et je sais que ce saura drôle !" Voilà comment il résume la ligne éditoriale de Pépix. Mais cette aventure amusante, il faut bien l'enrichir. Il a déjà une multitude d'univers plein la tête, on entendrait presque des aventures bourdonner, des aventures sur la lune (Zach, de La drôle d'évasion, pourrait bien repartir voyager), un western (encore Séverine Vidal), des fantômes, des sorcières, une romance (toujours Séverine Vidal: un western romance, n'est-ce pas alléchant ?), au Moyen-Âge, dans le temps, dans une ferme pour enfants récalcitrants tenus par deux gredins, dans une maison de cauchemar, au pays des mythes grecs aux côtés d'Ulysse et compagnie...

Des auteurs à découvrir, des illustrations à explorer ...
Quelques auteurs de Pépix viennent d'Exprim' (Marion Brunet, Benoît Minville,  Sabrina Bensalah -ah, elle, son Pépix n'est pas sorti ...). D'autres ont rejoint la collection (Séverine Vidal, Florence Hinckel, Rachel Corenblit ...) et, le dernier en date, Bertrand Santini (qui publie chez Pépix en mai, youhou !) a contacté Tibo Bérard au moment précis où celui-ci allait le faire. Comme quoi, certaines rencontres sont faites pour avoir lieu !
Quant aux illustrateurs, il s'agit surtout de découvertes, de rencontres, de coups de coeur, ... il faut les porter, les accompagner (on retrouvera par exemple Joëlle Dreidemy, illustratrice de Popy), mais ne pas perdre de vue le plaisir de la découverte ("De très belles surprises sont à venir à la rentrée, côté pinceaux !" confie Tibo): toujours continuer à chercher, trouver et faire découvrir de nouveaux univers. C'est aussi le rôle de Pépix."
Caroline Ayrault, par exemple, parle de sa rencontre avec Pépix ici, elle a déjà illustré deux Pépix (lui et lui), les images d'anniversaire de la collection et va en illustrer un troisième (celui de Sabrina Bensalah justement !).

A l'horizon
Pas de terre à l'horizon. Que de l'aventure !
L'aventure dans de nouveaux univers. Lesquels ? Tibo Bérard en cite quelque-uns, et nous ouvre l'appétit !
"En avril, Carambol’Anges de Clémentine Beauvais (illustré par Églantine Ceulemans), un roman d’enquête mené à train d’enfer par un ange en mission et une mémé hilarante.
En mai, Le journal de Gurty, le premier Pépix de Bertrand Santini, l’auteur du Yark .
Et dès la rentrée, trois nouveaux Pépix – respectivement signés Séverine Vidal, Sabrina Bensalah et Philippe Arnaud.
Puis juste avant Noël, le premier roman d’une jeune auteure nommée Anne Schmauch qui fait swinguer les mythes grecs…
Bref, en mélangeant TOUT ce qui va venir d’ici quelques mois, ça donnerait : des méchants très affreux et ignobles, de la magie, des animaux parlants, des cow-boys, des légendes indiennes, une histoire d’amour, des gamins malins, Ulysse Médusa et les autres, une merveilleuse maîtresse victime d’une atroce sorcière, des cancres irrécupérables qui se révèlent pleins de ruse et de courage, et même… Stromae en guest-star ! Bref, toujours du nouveau sous le soleil de Pépix !"
 Son enthousiasme est communicatif !


Mais aussi l'aventure en lieux connus. Victor Tombe-Dedans risque bien de tomber dans L'île au trésor ... Zach (de La drôle d'évasion, pour ceux qui ne suivent pas) de s'embarquer avec la mission Apollo 11. Et qui sait si Woua-Woua n’ira pas aboyer ailleurs qu’en montagne, ou si Super-Louis ne laissera pas la place à une certaine Wonder-Vanessa ? Des "suites intelligentes", appuie Tibo. On lui fait confiance, quand on a lu -et adoré !- L'ogre au pull rose griotte !
A l'horizon, beaucoup de plaisir, et d'espoir.
Longue vie à Pépix !

Pour conclure en beauté cet anniversaire, Sarbacane et moi vous offrons des cadeaux !
1er lot: le Pépix de votre choix + des tatouages d'Abdou + des marques-pages
2è lot: le poster Pépix (il est trop beauuuu, cf mes vidéos) + des tatouages d'Abdou + des marques-pages

Comment participer ?
C'est simple, vous m'envoyez un petit mail ici, avec pour objet Concours Pépix.
Vous ajoutez le(s) lots (les deux si vous voulez, mais vous pourrez n'en gagner qu'un) que vous voulez gagner.
Vous  mettez un petit nom/prénom/pseudo qui servira pour l'annonce des gagnants.
Puis vous mettez la réponse à cette question: "Quel est le Pépix que vous préférez/avez le plus envie de lire ?"
Et voilà, soyez gentils et polis, ça fait toujours plaisir !

Et après ?
Je fais un tirage au sort après la fin du concours (le 4 Avril à 12h) et je contacterai par mail les deux gagnants (attention, une seule participation par foyer !). Ils me donneront leurs coordonnées et recevront leurs lots par la poste ! (pour toute perte, Sarbacane et moi ne sommes pas responsables ...) S'ils ne répondent pas avant une semaine, je referai le tirage !

Bonne chance !

Thomas Carreras: l'interview ! #2

 

COUAAAC. Les canards s'excitent, Thomas Carreras est de retour pour une interview ... post-lecture du roman ! Je vous laisse la découvrir ... et n'hésitez pas à revenir en arrière sur le blog pour découvrir ma chronique de 50 cents, et surtout celle de 100 000 canards !
Attention, un ou deux spoilers possibles dans cette interview !

Le roman s'ouvre sur une dédicace à une personne qui semble t'avoir donné l'idée de 100 000 canards… c'est le cas ? Tu nous racontes ?
Ouaip. Tout a commencé avec Gary Larson, un comédien américain. C’est lui qui a inventé l’anatidaephobie (la peur d’être observé par un canard) dans les années ’70/’80. Il y a trois ans, avec un pote, on déconnait sur Internet et on est bêtement tombé sur le mot sur Wikipédia. On était tellement mort de rire qu’on a passé la semaine à chercher d’autres mots, comme l’hippopotomonstrosesquipedaliophobie (la peur des mots longs), ou la peur des nains de jardins à brouette, la peur des pingouins, la peur du chiffre 666… et puis moi, de mon côté, je me disais « Nomdidiou, faut trop que j’écrive un truc là-dessus. »

Comment a évolué la construction du roman jusqu'à être scindé en 2 parties ?
Ça a pris du temps pour se mettre en place. Pendant un long moment j’étais juste focalisé sur ce qui allait arriver à Ginger. Je me disais que je pouvais écrire une sorte de Shutter Island avec des canards ; le twist serait que Ginger n’était pas folle, et ça se terminerait avec sa mort. Mais ça faisait un peu abrupt comme façon de terminer un roman – et puis la mort du narrateur en fin d’histoire, ça n’a rien d’original. Par contre, la mort du narrateur en milieu de bouquin… Alors je me suis mis à réfléchir à ce qui se passerait si les canards envahissaient Merrywaters. Le thriller s’est lentement transformé en film apocalyptique type zombie. Je pouvais pas bâcler le truc, parce que j’étais conscient que la première partie était assez puissante, et personne n’a envie de terminer un roman sur un anti-climax. Le seul moyen de faire, c’était de pousser encore plus loin, et de briser encore plus de règles.

Qu'est-ce qui t'a donné envie d'adopter une narration différente, beaucoup plus scindée et plus riche en points de vue ? Est-ce que ça a été difficile ?
J’adore explorer différentes techniques de narration. C’est très très fun. Pour moi, si tu fais la même chose pour chaque histoire, t’écris simplement le même bouquin. Je voulais essayer quelque chose que j’avais pas pu faire avec 50 cents. Et passer d’un personnage à un autre, c’est un régal. Ça permet de diversifier le ton de l’histoire, de créer du suspense, de mieux comprendre les personnages, et de décrire l’action de manière différente, aussi. Bien sûr c’était un peu casse-tête de tout emboîter dans un ordre logique, mais le vrai challenge était plutôt de trouver une voix propre à chaque perso. Faut juste être patient – et prendre beaucoup de douches. 

Est-ce que ça a été un défi d'adopter, dans ta première partie, le point de vue d'un personnage féminin à la première personne ?
Pas vraiment. Ginger, elle a beaucoup de mes manies. C’est le personnage le plus « autobiographique » que j’ai eu à écrire. Elle a aussi des traits de caractère d’amis très proches. Ce qui fait que je la connais sur le bout des doigts. Je sais absolument tout d’elle. Je sais qu’elle préfère écouter les enregistrements live de morceaux de musique, au lieu de la version studio. Je sais que quand elle prend un escalator, elle se retourne pour voir le sol s’éloigner d’elle. Je connais ses plus grands rêves, et je connais ses plus grandes peurs. Ça, c’était vital pour réussir sa partie. Quand t’as un personnage comme Ginger, un peu loufoque mais qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, et que tu la fais sombrer dans la folie, il faut que sa manière de craquer soit différente de celle de madame-tout-le-monde… mais tout de même réaliste et familière. À côté de ça, la question garçon/fille, c’est pas compliqué. 

Et d'adopter le point de vue de groupes (très) connus ?
Ça c’était trop drôle. Dans le cas de Mick Jagger ou des Village People j’y réfléchissais pas trop, j’écrivais juste toutes les conneries qui me passaient par la tête. Stevie Wonder, c’était autre chose. Je suis un grand, grand fan de Stevie. J’écoute ses chansons quasiment tous les jours. Il y a un truc dans son funk qui me donne des frissons. C’est ce funk que j’avais envie de retranscrire dans le roman. Mon Stevie est (probablement) très différent du vrai. Pour me préparer j’ai juste regardé une ou deux interviews pour voir un peu comment il parle, comment il bouge, histoire d’avoir une bonne image mentale, c’est tout. 

T'es-tu, ou l'éditeur l'a-t-il fait, imposé des limites à ne pas dépasser... bien que tu sois quand même allé très loin ? (âmes sensibles s'abstenir ... et je ne plaisante qu'à moitié !)
Ouais, on a eu pas mal de discussions là-dessus. Pour certains détails, Tibo avait peur que ça fasse too much, que je perde le lecteur pour quelque chose de bête. Alors j’ai un peu lissé certains personnages. Originellement on découvrait qu’Andrew avait des tendances pédophiles, et qu’il gardait un œil sur Eileene. Ça ne menait à rien, mais ça lui donnait un côté plus sombre. L’humour de Ian a beaucoup changé aussi. C’était le type le plus dépressif que tu puisses imaginer. Je le trouvais hilarant, mais Tibo disait que l’humour était de mauvais goût, alors bon, je lui ai fait confiance. Virgin, c’est encore autre chose. Techniquement j’ai rien changé à son personnage, je l’ai juste camouflé. Tu sais comment il meurt ? Le pyrodactyle le brûle, oui, mais c’est Eileene qui l’achève, avec sa propre épée. Je décrivais précisément la scène, mais vu que c’était très glauque on s’est contenté de semer des indices dans la narration d’Eileene. Même sans Tibo, il y a certains trucs que je ne me suis pas autorisé. Notamment du côté sexe. Ginger aurait pu coucher avec l’un des membres de Heavy Whale – Virgin ou Nino Del Alberta – ce qui aurait compliqué la situation avec Malcolm. Lady Quackinston & Alligator Jim, c’était une possibilité aussi. Mais surtout, faut voir les canards. Dans la réalité ils ont une vie sexuelle absolument horrifiante, basé sur le viol brutal de la femelle. Tu savais que le pénis d’un canard fait en moyenne 20 centimètres ? Il est en forme de tire-bouchon, parfois strié de petites pointes (pour détruire les traces de sperme rival). La femelle a un vagin en tire-bouchon aussi, sauf dans l’autre sens, pour rendre les tentatives de viol plus difficiles. Il faut à peine une fraction de seconde à un canard pour bander, ce qui fait que son érection ressemble à une explosion, suivie de son éjaculation immédiate. Et il y a couramment des actes de nécrophilie homosexuelle au sein de la communauté anatidé. Sans déconner. Donc tu vois, tu peux inventer ce que tu veux, la réalité sera toujours plus terrifiante que la fiction. J’ai préféré ne pas aborder cet aspect là dans le roman, pas avec un public jeunes adultes. Même si ç’aurait été drôle de voir Mick Jagger se faire violer par un canard. Imagine les possibilités avec le Canardzilla.

Et la petite question bonus: As-tu des informations que nous n'aurions pas quant au complot que préparent les canards dans notre dos ?
Haha ! Garde juste l’œil ouvert, on ne sait jamais.

Si cette interview vous laisse sur votre faim ... relisez celle d'avant-hier, et vous pouvez poser vos propres questions à Thomas Carreras !