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Les Hautes Lumières


En 2015
Décrochez les Hautes Lumières




Courez à travers ciel et sautez à pieds joints dans les flaques sinistres des chagrins et de la vie.
Voyez dans les nuages les tempêtes qui vous attendent, mais aussi celles qui sont passées et dont vous vous êtes relevés.
Entendez les branches crisser et crier, les feuilles tomber et voler, le vent hurler et murmurer.
Dessinez, écrivez, créez, criez, exprimez-vous, ne vous taisez jamais, laissez parler votre âme.
Faites comme ce texte, soyez sincères, même si c'est doux, même si c'est maladroit, même si c'est difficile.
Dans Belle gueule de bois, c'est difficile. Mais c'est sombre, incisif, fort, bouleversant. C'est les mots entre les dents et le crayon noir qui trace la vie avec fièvre. C'est d'une sombre et crissante beauté.





Retrouvez le très bel et juste avis de Pépita.
Les difficiles mots forts de Kik.
Notre sélection sur la relation père-fils à l'ombre du grand arbre.

"Les histoires nous inventent."



Au commencement de cette histoire, il n’y a pas de « Il était une fois ». Il n’y a pas de paisible début laissant présager un « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Au commencement de cette histoire, il y a une fée déchue, un passager de l’orage, un sortilège, un monde hostile, une tristesse sans étoiles, un inconnu solitaire. Les mots de Timothée de Fombelle sont vêtus de nuit, d’inquiétude et d’angoisse. Mais une étincelle s’allume dans l’obscurité de ces premières pages, et si son auteur dessine l’aventure sans attendre une seule page, si on ne peut résumer ce chef-d’œuvre à aucun genre, aucune case, aucun récit puisque c’est la vie foisonnante de l’imaginaire qui donne vie au Livre de Perle, je me donne le droit sur la pointe des pieds de lui offrir l’étoile des contes.
Et il était une fois une fée déchue, un passager de l’orage, un sortilège, un monde hostile, une tristesse sans étoiles, un inconnu solitaire. Il était une fois un enchantement. Cet enchantement n’était pas nommé à l’aube de l’histoire, il n’était qu’invisible espoir derrière les lignes du Livre. Mais on le sentait palpiter au cœur de ce début. Un enchantement d’encre et de papier, de mots et de passion. Un enchantement auquel on croit et dans lequel on espère, au plus tôt d’une envoûtante aventure, parce qu’il y a un conteur. Et ce conteur donne vie.
Il était une fois une histoire qui commence loin de tous les royaumes. Cette histoire trace des chemins. Les chemins du retour.

Je désire surtout vous avouer, au creux du murmure de mes mots qui content maladroitement un chef d’œuvre en papier, que ces chemins, bien qu’escarpés, tortueux, dangereux et obscurs, sont d’une superbe facilité à emprunter. Il vous suffit simplement de fermer doucement la porte du réel. Il se pourrait même qu’elle se ferme toute seule, avec délicatesse, sans même claquer, pour ne pas vous effrayer. Alors tout disparaît. Il ne reste plus que l’histoire et le Livre qui valsent sous vos yeux. L’enchantement d’encre et de papier c’est celui-là. La douceur infinie des mots de Timothée de Fombelle. Cette douceur qui lui est propre et unique que l’on retrouve avec une profonde et vibrante émotion. Cette douceur sincère et palpitante, dont le cœur est d’amour et la peau d’énergie, sème consciencieusement la vérité par des phrases ramassées sur des chemins de forêt, les chemins du retour, le retour chez soi. Ces chemins qui traversent le monde de Paris à l’ailleurs, d’un magasin de Guimauve aux champs de bataille ; ces chemins qui traversent les royaumes, un palais sur un lac, un monde fascinant.

Je souhaite aussi vous confier, en déployant une chevelure de mots comme Timothée de Fombelle déploie une chevelure de chemins, que ceux-ci sont longs et complexes, inextricables, inexplicables. Trois intrigues, trois temps, trois histoires s’entremêlent et se nouent. Il était une fois le passager de l’orage. Il était une fois une tristesse mouillée et sanglante. « Il était une fois un royaume sur lequel régnait un roi amoureux. » Et ces trois chemins là, comme leur auteur l’aime tant, sont saisis avec sa finesse de couturier et assemblés d’un fil de magie, piqué dans une aiguille de suspense, pour créer un tissu envoûtant. On a un peu de mal à en saisir les bords, on ne distingue pas les coutures, et petit à petit, alors qu’on emprunte les chemins, on saisit peu à peu l’ensemble, on prend du recul, et on ne cherche plus à voir la complexité du travail, mais l’incroyable résultat obtenu par son talent de conteur. Le roman est moins virevoltant que les précédents, mais il plane avec tendresse dans mon cœur de lecteur. Le roman préfère une brise aux tourbillons, mais il cela ne l’empêche de voler avec force et splendeur. Chacun de ces Il était fois se goûte avec émerveillement, émotion et passion. Tous sont les ingrédients d’une riche cuisine, qui sait coudre les saveurs connues à de larges pans d’étonnement.

Et du bout des doigts comme le fil déroulé d’un rouet, je ne peux vous cacher que j’ai été déstabilisé. Oui, le passager de l’orage est un prince sans royaume à la vie suspendue, en quête non plus de ses origines mais d’un retour, poursuivi, se cachant, fuyant et cherchant. Oui, la petite fée déchue du royaume au roi amoureux a la fougue d’Ethel et les yeux d’Elisha, séduisantes et touchantes dans leur impétuosité et leur passion. Ce conte d’autrefois et d’aujourd’hui rappelle le second tome de Vango et l’histoire de ses origines. La branche fantastique semble avoir poussé d’une graine venue tout droit de Tobie. Mais qui est ce jeune garçon souillé de sang ? D’où vient cette tristesse qui donne à la mélodie du Livre de Perle une tonalité mineure, une richesse de nuances ? J'ai lu la première partie et j’ai repris mon souffle. J’ai respiré la magie de ses mots qui me pénétraient et s'estompaient mystérieusement. Et à mesure que le temps courait, les liens se resserraient, la magie s’amplifiait, l’alchimie opérait, le charme était là, tangible, sensible, indestructible. Je ne pouvais pas oublier les pages que j’avais tournées et tournées et tournées sans vraiment m’en rendre compte. Je regardais la porte du réel qui restait close alors que je lisais. Je reconnaissais sur mes doigts des bribes de magie égarées par les mots de Timothée de Fombelle. J’ai senti dans mon cœur le sauvage amour d’Oliå, perçu dans mes os la tristesse et la douleur, touché au fond de moi l’orage de Joshua Perle.
Alors je suis reparti à l’aventure et c’était aussi simple que ça.

Les plus grands livres sont ceux qui font grandir, écrivais-je l’autre jour dans une chronique. Ai-je envie de réécrire aujourd’hui pour Timothée de Fombelle.
Les plus grands auteurs sont, assurément, ceux qui savent surprendre sans jamais égarer.

J’ai retrouvé le chemin. Je me suis mis à y courir avec exaltation, sans pour autant arrêter de savourer chacun de mes pas. Je suis parti à l’aventure moi aussi, dans les royaumes, dans la France d’autrefois, dans celle d’aujourd’hui, dans le cœur d’Oliå et d’Iliån, dans les pas de Joshua Perle, dans la quête obstinée de ce personnage inconnu mystérieux et pourtant familier. J’ai laissé le vent de leurs souffles me porter, l’immensité de leurs yeux me ravir, les battements de leurs cœurs me guider, les étoiles de leur main m’accueillir.
Je ne saurais réellement décrire tout ce que ces quelques 300 pages m’ont fait ressentir. L’intense bonheur des retrouvailles. L’enivrement de la surprise. Le parfum de l’aventure. L’ardeur de l’amour. L’inquiétante douceur de la tristesse. La tendresse. La joie. La peur. L’errance. La passion. L’angoisse. L’espoir.

« Les histoires nous inventent ». Voilà tout ce que je veux chuchoter, pour finir, au feu de nos partages, en écho au Livre de Perle.
Parce qu’en le parant d’une dimension autobiographique profonde et touchante, Timothée de Fombelle peint une œuvre fascinante où l’imaginaire et le réel ne connaissent plus de frontière.
Parce qu’au commencement de quelques-uns de mes chemins, il y a Timothée de Fombelle. Tobie, Vango, Victoria, Céleste m’ont inventé, réinventé, et ont participé à celui que je suis. Chacun de ses romans a participé à me créer en tant que lecteur, blogueur, écrivain en herbe, mais aussi en tant qu’humain. Chacun de ses romans a participé à me grandir.
Avec Le livre de Perle, il continue d’user de son époustouflante magie. Comme Tant que nous sommes vivants l’a fait, comme Timothée de Fombelle l’a fait et le fera toujours, cette lecture a changé quelque chose en moi. Même de manière infime, même si le papillon de ce changement a le temps de battre des ailes avant que l’ouragan de ses conséquences n’aie vraiment un impact, sur mes lectures, ma perception du monde, mes écrits, ou moi-même.
Nul doute que ce roman est une passerelle dans l’œuvre de Timothée de Fombelle. Une passerelle entre la jeunesse et l’adulte, entre les contes et le roman, entre son imaginaire et l’humain qu’il est. Et nul doute non plus que c’est un passage. Un petit tunnel savamment et patiemment construit en trois ans d’attente qui se voient couronnés d’une récompense inestimable. Sur quoi va déboucher ce passage ? Où mènera ce tunnel ? C’est encore sombre, encore incertain, mais ce sera nouveau, ce sera, il me semble, un tournant, même moindre, de l’œuvre de Timothée de Fombelle. Ce sera grand. Ce sera superbe.

« Les histoires nous inventent »
Avec Le livre de Perle, Timothée de Fombelle enchante le lecteur grâce à un véritable chef-d’œuvre de la littérature jeunesse où le merveilleux, l’universalité et la profondeur des contes transcendent la réalité qui, dans l’envoûtant infini de l’imaginaire de l’auteur, revêt l’émotion, éclaire l’humain et donne vie aux royaumes de nos ailleurs qui ne semblaient qu’horizons.
Combien de royaumes nous ignorent, écrivait Blaise Pascal. Combien de royaumes cherchent la vie dans nos histoires, répond Timothée de Fombelle.
Alors lisez, contez, croyez.

Et même si je le relirai, bientôt, pour allumer à nouveau le flambeau des cœurs de ses héros ; je les vois qui quittent maintenant le chemin qui serpentait de page en page. Ils ne seront bientôt plus là.

Alors je m’arrête un moment, juste avant de finir.

Et dans un rire entre mes larmes, je leur dis au revoir.

La bande-annonce réalisée par Timothée:

Et toute ressemblance avec l’œuvre de Timothée n'est pas purement fortuite. Loin de moi l'idée de plagier, il ne s'agit que d'un clin d’œil, des hommages mêmes. N'en soyez pas offusqué ... et sachez les retrouvez ! ♥

Tant que nous sommes vivants ... il y a des concours !


Aujourd'hui paraît -enfin !- le nouveau roman d'Anne-Laure Bondoux, que vous pouvez retrouver dans toutes les bonnes librairies ... A cette occasion, pour vous offrir la chance de lire cet incroyable roman dont la profondeur égale la beauté, Gallimard jeunesse me donne la possibilité de vous en faire gagner 2 exemplaires.
"Entre la délicatesse d’un conte, l’universalité d’un mythe, l’authenticité de l’histoire et l’émotion des grands romans, Anne-Laure Bondoux signe un roman virtuose, unique et incroyablement touchant."                                                                                 Ma chronique complète ici

Pour participer, il suffit de remplir le questionnaire suivant.
Pour simple condition, répondre à une "question": créer une phrase -comme je l'ai fait dans ma chronique- commençant par "Tant que nous sommes vivants ..." (cf exemple)


Le concours se déroule du 25 Septembre au 25 Octobre 2014 (23:59) - Tirage au sort et annonce des gagnants dans la semaine suivant la fin du concours - Les exemplaires seront envoyés par Gallimard Jeunesse à l'annonce des gagnants - Nous ne sommes en aucun cas responsable d'une perte de colis par la Poste - Une seule participation par foyer - Concours ouvert à la France, la Suisse et la Belgique
Visuel du concours tiré de la couverture du roman elle-même dessinée par Hélène Druvert (c)

Tant que nous sommes vivants



Je n’avais jamais lu de roman d’Anne-Laure Bondoux. Ce n’est donc pas son nom qui m’a poussé à me précipiter sur ce roman dès que je l’ai reçu. C’était sa couverture. Définitive non, mais déjà magnifique. C’était sa quatrième de couverture, attirante, intrigante. C’était, enfin, la lettre de l’auteure qui accompagnait le roman. Une lettre touchante, profonde.
Ce roman m’a captivé, totalement happé dans son univers fascinant. J’ai mis très longtemps à trouver les mots pour retranscrire l’étrange, unique et ensorcelante magie qu’a opérée ce texte sur ma jeune âme de lecteur, d’écrivain et d’adolescent, mais les voici enfin ; fragiles, maladroits peut-être, mais sincères.


             Tant que nous sommes vivants, nous courons vers demain
« Mais cela suffit à nous rappeler une chose essentielle : le feu qui brûlait dans le ventre de nos fourneaux brûlait encore dans nos veines. »

De sa plume brûlant d’une douceur palpitante, Anne-Laure Bondoux éclaire ses personnages du souffle humain de l’espoir. Ce souffle regorgeant de saveurs vécues, désirées et fantasmagoriques anime chaque Homme d’une force qui rend possible l’impossible. Comment croyez-vous sinon qu’il arrive à se battre jusqu’au bout de ses capacités ? Comment pourrait-il sinon braver les obstacles, les chutes et les déceptions dans le seul optique d’un but à accomplir ? Ce but qu’il s’est fixé, créé, érigé. Cet horizon.

« Nous aussi on va tomber. On aura des bosses et des bleus. Mais on trouvera le bon équilibre. »

Les personnages de ce roman ont en eux le « principe actif », comme le qualifie elle-même l’auteur, le feu, la force de l’espoir. Ils accomplissent la quête de leurs désirs et d’eux-mêmes. Anne-Laure Bondoux marie la simplicité des mots à une voix de conteuse qui jaillit de ceux-ci et transforme la simple histoire d’une vie en un conte universel. Dans un élan de rage et d’amour, Bo et Hama se précipitent fougueusement dans un voyage libérateur et initiatique, dans une quête de bonheur et de qui ils sont. L’un et l’autre s’arment de tout leur espoir et le ravivent de leur amour pour ne pas perdre de vue l’horizon et, toujours, courir vers lui. Même quand ils tombent, les rayons éblouissants de cet idéal brillent à travers la poussière du chemin qui accueille leurs chutes et leurs pas. Dans les pires moments, dans l’obscurité du présent, dans les à-coups et les rebondissements surprenants du destin ; demain, comparé à aujourd’hui, semble toujours la promesse d’un espoir éclot.

« Ils virent quarante fois le soleil se coucher. Et les quarante levers de soleil furent autant de raisons d’espérer. »

            Tant que nous sommes vivants, nous cherchons notre hier

Comme l’illustraient Boulet et Pénélope Bagieu dans leur bande-dessinée La page blanche, comment se construire quand on n’a plus de passé ? Les méandres de nos actes et de tout ce qui a été dit et vécu qui s’écoulent dans les bribes de nos mémoires sont le socle parfois fragile mais toujours indispensable de qui nous sommes et devenons. De plus, comme le roman Lecœur des louves de Stéphane Servant l’exprime si justement, la transmission et le don transgénérationnel sont le signe évident du temps qui passe dans une famille et l’unit.

« Il n’y a pas de fruit sans noyau. Nous avons besoin de savoir d’où nous venons, n’est-ce pas ? »

Ce n’est pas pour rien que, malgré la force et l’espoir, les personnages chutent, tombent, se blessent et se perdent. Il leur faut accepter leur passé. Il leur faut partir à sa recherche. Il leur faut le comprendre. C’est pourquoi cette histoire est au passé, comme la poignante voix de l’héritière de cette famille, de l’héritière du conte familial.
Ce n’est pas pour rien que cette histoire prend la forme d’une boucle. Un voyage, un aller, une errance hasardeuse et tortueuse. Les personnages qui courent vers l’horizon avant de s’échouer … avant que d’autres prennent la relève. Avant qu’il y ait un retour.

            Tant que nous sommes vivants, l’un et l’autre nous déchirent
« Bras ballants, nous restions paralysés face au vide. Et dans ce vide qui enflait à l’intérieur de nous, la haine s’insinuait, pire que la vermine au bord d’une plaie. Etait-ce notre faute ? Etait-ce notre faute si nous avions peur ? Nostalgiques d’un temps idéal, nous voulions le jour sans la nuit, le soleil sans l’ombre, la vie sans la mort, le désir sans le risque, et Hama sans Bo. »

Nous sommes des êtres compliqués, souffrants souvent, difficiles. Des êtres qui sont écartelés par leurs complexes, par leurs désirs. Le passé ; et la souffrance, la nostalgie, la quiétude qu’il apporte se heurtent à l’avenir ; et l’angoisse qu’il provoque, l’espoir, le désir. Il faut vivre avec tout ça, savoir se défaire de l’un tout en se construisant dessus ; savoir se lancer dans l’autre, sans avoir peur. Anne-Laure Bondoux marie tout cela dans la simplicité de ses mots. Sa plume pourtant si douce porte en elle la fougue d’une étincelle qui s’enflamme à la moindre braise. L’un et l’autre forment un équilibre surprenant, improbable, mais poétique et superbe. Chaque chapitre s’intitule selon deux antonymes qui rendent ceux-ci puissants, intenses et déchirants.
Nous ne pourrons dire mieux que Nietzsche, lui qui écrivait à propos des tourments humains : «  Fais de ton chaos de forces une étoile filante. »
Bo et Hama se perdent entre ces extrêmes. Ils s’accrochent l’un à l’autre pour s’en sortir, ballotés entre tous ces points séparés par des infinis. Ils ne s’en sortiront pas indemnes, mais sans aucun doute grandis, plus forts et changés.

                               « Tu crois qu’il faut toujours perdre une part de soi pour que la vie continue ? »

                Tant que nous sommes vivants est une danse. Une chorégraphie savamment construite, qui porte la grâce et la beauté de l’être humain, comme ses faiblesses et sa fragilité, une danse qui exprime dans une douceur apaisante une fougue virevoltante, une danse portant le lecteur dans le tourbillon émotionnel, profond et bouleversant d’une profusion de personnages dans lesquels on ne s’égare jamais, dans lesquels on sait reconnaître les plus grands, les plus touchants.
Entre la délicatesse d’un conte, l’universalité d’un mythe, l’authenticité de l’histoire et l’émotion des grands romans, Anne-Laure Bondoux signe un roman virtuose, unique et incroyablement touchant.

http://bouquinsenfolie.blogspot.fr/2014/09/tant-que-nous-sommes-vivants-il-y-des.html

Mes coups de coeur de la rentrée littéraire jeunesse (1)



En vidéo, un rappel des quelques lectures de la rentrée ... Il y a eu un petit oublié, mais j'en parlerai dans le numéro 2 ! Je n'en dis pas plus et je vous laisse avec ... moi !


 ~~ Livres mentionnés ~~
  • Mots rumeurs mots cutter de Stéphanie Rubini et Charlotte Bousquet
- CHRONIQUE - INTERVIEW
  • Rouge Tagada de Stéphanie Rubini et Charlotte Bousquet
- CHRONIQUE
  • Terre-Dragon tome 1: Le souffle des pierres d'Erik  L'Homme
- CHRONIQUE
  • La gueule du loup de Marion Brunet
- CHRONIQUE
  • ♥ Tant que nous sommes vivants d'Anne-Laure Bondoux ♥
- CHRONIQUE demain sur le blog !

~~ Autres liens ~~

Un brin de folie, un peu de fantasy



                En commençant Terre-Dragon, je me suis rendu compte que j’ai en fait lu, dans ma courte mais riche – il me semble – vie de lecteur, très peu de fantasy. Aussi débuté-je cette chronique à tâtons, en vous annonçant tout de suite que mon avis reste très subjectif et un peu hésitant. Je ne peux pas véritablement juger l’originalité des romans, puisque je n’en lis que peu du même genre.
                Toutefois, j’ai décidé de présenter dans cette chronique deux romans. L’un ancien (il a quand même 11 ans !) et classique dans le genre, l’autre très récent puisqu’il fait partie de la rentrée littéraire jeunesse de Gallimard ! De plus, leurs auteurs ont une histoire étroitement liée. Il s’agit en effet de Pierre Bottero (décédé en 2009) et Erik L’Homme, qui a terminé seul la saga qu’ils avaient tous deux commencée : A comme association.


                La quête d’Ewilan, tome 1 : D’un monde à l’autre ; Rageot, 2003.
                J’entends déjà derrière l’écran de mon ordi les hurlements hystériques de vous autres, fans de Pierre Bottero et d’Ewilan ! Je comprends votre engouement, bien que je ne sois pas encore capable de qualifier ce début de saga de coup de cœur …
                Je ne pourrais pourtant pas nier que Pierre Bottero a réussi à me séduire ! Il commence innocemment par écrire un roman fantastique, et non de fantasy, jusqu’à ce que Camille bascule dans un autre monde, jusqu’à ce qu’elle découvre que toute son existence, jusque-là, n’a été qu’un mensonge.
                J’admire le talent de Pierre Bottero à créer de toutes pièces (bien que, évidemment, il n’aille pas aussi loin que le fit Tolkien) un autre monde et à l’introduire doucement. Nous le découvrons petit à petit en même temps que Camille et toutes ces informations ne sont pas, à un seul moment, indigestes. Bien au contraire, elles sont fascinantes, séduisantes, exaltantes. Un nouveau monde, regorgeant de beautés, s’ouvre à nous.
                J’admire le talent de Pierre Bottero à créer, avec subtilité et profondeur, des personnages attachants, se caractérisant chacun par sa force d’être : leur vivacité, leur singularité, leurs touchantes aspérités. D’un monde à l’autre, ces protagonistes plus ou moins humains brillent chacun d’une flamme – parfois hostile – qui les habite, les anime et nous touche.
                Je suis conscient que tout le reste de l’œuvre de cet auteur recèle encore beaucoup d’émotion et de poésie. Ce premier opus nous propose de passer d’un monde à l’autre … et c’est en écrivant cette chronique que je me rends compte combien il a éveillé ma curiosité. Combien, finalement, j’ai hâte de lire la suite !

                Terre-Dragon tome 1 : Le souffle des pierres d’Erik L’Homme ; Gallimard jeunesse, 28 Août 2014
                Si j’ai fait, au début de ma lecture, le constat que j’ai énoncé au début de ma chronique, c’est bien parce que j’ai été déconcerté. Déconcerté d’abord par la vitesse à laquelle l’intrigue s’envole. Dès le premier chapitre, l’auteur nous lance dans l’action et dans la fuite du personnage de Sheylis. Déconcerté ensuite par ce monde qui me semblait assez peu original : une carte inédite certes, mais une sorcière mal vue du reste du village, des créatures répugnantes et hostiles … Je n’accrochais pas réellement à l’histoire et aux personnages.
                Mais grâce au rythme effréné du roman, grâce aux chapitres courts et l’écriture incisive d’Erik L’Homme qui ne perd pas un mot pour faire avancer son intrigue, je me suis finalement laissé peu à peu entraîner dans ces aventures qui passent d’un personnage à l’autre avec fluidité, nous offrant, par une narration externe, de multiples points de vue qui enrichissent l’intrigue.
                Alors j’ai saisi le souffle du roman qui s’inscrit dans la tradition des plus grandes histoires de fantasy. Il y a un paysage et des sonorités nordiques fascinantes, des clans, des tribus, des langues, une magie ancestrale, des conflits, des tensions, une Histoire particulière … et dans ce schéma assez classique, Erik L’Homme trouve sa liberté d’écrivain et de conteur. Il invente un fleuve dont le liquide se situe entre métal et eau. Il invente une façon de pratiquer la magie ouvrant sur des centaines de possibilités, fascinant le lecteur. Il invente des créatures, des obstacles, des quêtes, des destins, des Dieux …
                En un mot, Erik L’Homme nous rappelle l’essence même de la fantasy : le rêve, l’imaginaire, une évasion rocambolesque et captivante loin de notre monde dont nous voulons nous échapper, l’espace de quelques pages, l’espace de quelques mots. Plus le temps passe depuis la fin de ma lecture, plus je suis convaincu et enthousiasmé par ce début de trilogie finalement prometteur … heureusement, la suite paraît en février et la fin en septembre 2015 !

                Pour les adeptes de fantasy, je suis donc sûr que le nouveau roman d’Erik L’Homme saura vous séduire …
                Pour les autres qui, comme moi, tâtonnent dans ce domaine, n’hésitent pas à le découvrir en vous délectant des plus grands romans de fantasy jeunesse : ceux de Pierre Bottero !