Courez à travers ciel et sautez à pieds joints dans les flaques sinistres des chagrins et de la vie.
Voyez dans les nuages les tempêtes qui vous attendent, mais aussi celles qui sont passées et dont vous vous êtes relevés.
Entendez les branches crisser et crier, les feuilles tomber et voler, le vent hurler et murmurer.
Dessinez, écrivez, créez, criez, exprimez-vous, ne vous taisez jamais, laissez parler votre âme.
Faites comme ce texte, soyez sincères, même si c'est doux, même si c'est maladroit, même si c'est difficile.
Dans Belle gueule de bois, c'est difficile. Mais c'est sombre, incisif, fort, bouleversant. C'est les mots entre les dents et le crayon noir qui trace la vie avec fièvre. C'est d'une sombre et crissante beauté.
Au commencement de cette histoire, il n’y a pas de « Il était une fois ». Il n’y a pas
de paisible début laissant présager un « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Au
commencement de cette histoire, il y a une fée déchue, un passager de l’orage, un
sortilège, un monde hostile, une tristesse sans étoiles, un inconnu solitaire.
Les mots de Timothée de Fombelle sont vêtus de nuit, d’inquiétude et
d’angoisse. Mais une étincelle s’allume dans l’obscurité de ces premières
pages, et si son auteur dessine l’aventure sans attendre une seule page, si on
ne peut résumer ce chef-d’œuvre à aucun genre, aucune case, aucun récit puisque
c’est la vie foisonnante de l’imaginaire qui donne vie au Livre de Perle, je me donne le droit sur la pointe des pieds de lui offrir
l’étoile des contes.
Et il était une foisune fée
déchue, un passager de l’orage, un sortilège, un monde hostile, une tristesse
sans étoiles, un inconnu solitaire. Il était une fois un enchantement. Cet
enchantement n’était pas nommé à l’aube de l’histoire, il n’était qu’invisible
espoir derrière les lignes du Livre. Mais on le sentait palpiter au cœur de ce
début. Un enchantement d’encre et de papier, de mots et de passion. Un
enchantement auquel on croit et dans lequel on espère, au plus tôt d’une
envoûtante aventure, parce qu’il y a un conteur. Et ce conteur donne vie.
Il était une fois une histoire qui commence loin de tous les royaumes.
Cette histoire trace des chemins. Les chemins du retour.
Je désire surtout vous avouer, au creux du murmure de mes mots qui
content maladroitement un chef d’œuvre en papier,
que ces chemins, bien qu’escarpés, tortueux, dangereux et obscurs, sont d’une superbe
facilité à emprunter. Il vous suffit simplement de fermer doucement la porte du
réel. Il se pourrait même qu’elle se ferme toute seule, avec délicatesse, sans
même claquer, pour ne pas vous effrayer. Alors tout disparaît. Il ne reste plus
que l’histoire et le Livre qui
valsent sous vos yeux. L’enchantement d’encre et de papier c’est celui-là. La
douceur infinie des mots de Timothée de Fombelle.Cette douceur qui lui est propre et unique que
l’on retrouve avec une profonde et vibrante émotion. Cette douceur sincère et
palpitante, dont le cœur est d’amour et la peau d’énergie, sème
consciencieusement la vérité par des phrases ramassées sur des chemins de
forêt, les chemins du retour, le retour chez soi. Ces chemins qui traversent le
monde de Paris à l’ailleurs, d’un magasin de Guimauve aux champs de
bataille ; ces chemins qui traversent les royaumes, un palais sur un lac,
un monde fascinant.
Je souhaite aussi vous confier, en déployant une chevelure de mots
comme Timothée de Fombelle déploie une chevelure de chemins, que ceux-ci sont
longs et complexes, inextricables, inexplicables. Trois intrigues, trois temps,
trois histoires s’entremêlent et se nouent. Il était une fois le passager de
l’orage. Il était une fois une tristesse mouillée et sanglante. « Il était
une fois un royaume sur lequel régnait un roi amoureux. » Et ces trois
chemins là, comme leur auteur l’aime tant, sont saisis avec sa finesse de
couturier et assemblés d’un fil de magie, piqué dans une aiguille de suspense,
pour créer un tissu envoûtant. On a un peu de mal à en saisir les bords, on ne
distingue pas les coutures, et petit à petit, alors qu’on emprunte les chemins,
on saisit peu à peu l’ensemble, on prend du recul, et on ne cherche plus à voir
la complexité du travail, mais l’incroyable résultat obtenu par son talent de
conteur. Le roman est moins virevoltant que les précédents, mais il plane avec
tendresse dans mon cœur de lecteur. Le roman préfère une brise aux tourbillons,
mais il cela ne l’empêche de voler avec force et splendeur. Chacun de ces
Il était fois se goûte avec émerveillement, émotion et passion. Tous sont les
ingrédients d’une riche cuisine, qui sait coudre les saveurs connues à de
larges pans d’étonnement.
Et du bout des doigts comme le fil déroulé d’un rouet, je ne peux vous
cacher que j’ai été déstabilisé. Oui, le passager de l’orage est un prince sans
royaume à la vie suspendue, en quête non plus de ses origines mais d’un retour,
poursuivi, se cachant, fuyant et cherchant. Oui, la petite fée déchue du
royaume au roi amoureux a la fougue d’Ethel et les yeux d’Elisha, séduisantes
et touchantes dans leur impétuosité et leur passion. Ce conte d’autrefois et
d’aujourd’hui rappelle le second tome de Vango
et l’histoire de ses origines. La branche fantastique semble avoir poussé d’une
graine venue tout droit de Tobie.
Mais qui est ce jeune garçon souillé de sang ? D’où vient cette tristesse
qui donne à la mélodie du Livre de Perle une
tonalité mineure, une richesse de nuances ? J'ai lu la première partie et
j’ai repris mon souffle. J’ai respiré la magie de ses mots qui me pénétraient
et s'estompaient mystérieusement. Et à mesure que le temps courait, les liens
se resserraient, la magie s’amplifiait, l’alchimie opérait, le charme était là,
tangible, sensible, indestructible. Je ne pouvais pas oublier les pages que
j’avais tournées et tournées et tournées sans vraiment m’en rendre compte. Je
regardais la porte du réel qui restait close alors que je lisais. Je
reconnaissais sur mes doigts des bribes de magie égarées par les mots de
Timothée de Fombelle. J’ai senti dans mon cœur le sauvage amour d’Oliå, perçu
dans mes os la tristesse et la douleur, touché au fond de moi l’orage de Joshua
Perle.
Alors je suis reparti à l’aventure et c’était aussi simple que ça.
Les plus grands livres sont ceux qui font grandir, écrivais-je l’autre
jour dans une chronique. Ai-je envie de réécrire aujourd’hui pour Timothée de
Fombelle.
Les plus grands auteurs sont, assurément, ceux qui savent surprendre sans
jamais égarer.
J’ai retrouvé le chemin. Je me suis mis à y courir avec exaltation,
sans pour autant arrêter de savourer chacun de mes pas. Je suis parti à
l’aventure moi aussi, dans les royaumes, dans la France d’autrefois, dans celle
d’aujourd’hui, dans le cœur d’Oliå et d’Iliån, dans les pas de Joshua Perle,
dans la quête obstinée de ce personnage inconnu mystérieux et pourtant
familier. J’ai laissé le vent de leurs
souffles me porter, l’immensité de leurs yeux me ravir, les battements de leurs
cœurs me guider, les étoiles de leur main m’accueillir.
Je ne saurais réellement décrire tout ce que ces quelques 300 pages m’ont
fait ressentir. L’intense bonheur des retrouvailles. L’enivrement de la
surprise. Le parfum de l’aventure. L’ardeur de l’amour. L’inquiétante douceur
de la tristesse. La tendresse. La joie. La peur. L’errance. La passion.
L’angoisse. L’espoir.
« Les histoires
nous inventent ».Voilà tout ce que je veux
chuchoter, pour finir, au feu de nos partages, en écho au Livre de Perle.
Parce qu’en le parant d’une dimension autobiographique profonde et
touchante, Timothée de Fombelle peint une œuvre fascinante où l’imaginaire et
le réel ne connaissent plus de frontière.
Parce qu’au commencement de quelques-uns de mes chemins, il y a
Timothée de Fombelle. Tobie, Vango, Victoria, Céleste m’ont inventé, réinventé,
et ont participé à celui que je suis. Chacun de ses romans a participé à me
créer en tant que lecteur, blogueur, écrivain en herbe, mais aussi en tant
qu’humain. Chacun de ses
romans a participé à me grandir.
Avec
Le livre de Perle, il continue d’user
de son époustouflante magie. Comme Tant
que nous sommes vivants l’a fait, comme Timothée de Fombelle l’a fait et le
fera toujours, cette lecture a changé quelque chose en moi. Même de manière
infime, même si le papillon de ce changement a le temps de battre des ailes
avant que l’ouragan de ses conséquences n’aie vraiment un impact, sur mes
lectures, ma perception du monde, mes écrits, ou moi-même.
Nul doute que ce roman est une passerelle dans l’œuvre de Timothée de
Fombelle. Une passerelle entre la jeunesse et l’adulte, entre les contes et le
roman, entre son imaginaire et l’humain qu’il est. Et nul doute non plus que
c’est un passage. Un petit tunnel savamment et patiemment construit en trois
ans d’attente qui se voient couronnés d’une récompense inestimable. Sur quoi va
déboucher ce passage ? Où mènera ce tunnel ? C’est encore sombre,
encore incertain, mais ce sera nouveau, ce sera, il me semble, un tournant,
même moindre, de l’œuvre de Timothée de Fombelle. Ce sera grand. Ce sera
superbe.
« Les histoires nous inventent »
Avec Le livre de Perle, Timothée de Fombelle enchante
le lecteur grâce à un véritable chef-d’œuvre de la littérature
jeunesse où le merveilleux, l’universalité et la profondeur des
contes transcendent la réalité qui, dans l’envoûtant infini de l’imaginaire de
l’auteur, revêt l’émotion, éclaire l’humain et donne vie aux royaumes de nos
ailleurs qui ne semblaient qu’horizons.
Combien de royaumes nous ignorent, écrivait Blaise Pascal. Combien de royaumes cherchent la vie dans nos
histoires, répond Timothée de Fombelle.
Alors lisez, contez,
croyez.
Et même si je le
relirai, bientôt, pour allumer à nouveau le flambeau des cœurs de ses
héros ; je les vois qui quittent maintenant le chemin qui serpentait de
page en page. Ils ne seront bientôt plus là.
Alors je m’arrête un
moment, juste avant de finir.
Et dans un rire entre mes larmes, je leur dis au revoir.
Et toute ressemblance avec l’œuvre de Timothée n'est pas purement fortuite. Loin de moi l'idée de plagier, il ne s'agit que d'un clin d’œil, des hommages mêmes. N'en soyez pas offusqué ... et sachez les retrouvez ! ♥
----------------------- jeudi, septembre 25, 2014 -----------------------
Aujourd'hui paraît -enfin !- le nouveau roman d'Anne-Laure Bondoux, que vous pouvez retrouver dans toutes les bonnes librairies ... A cette occasion, pour vous offrir la chance de lire cet incroyable roman dont la profondeur égale la beauté, Gallimard jeunesse me donne la possibilité de vous en faire gagner 2 exemplaires.
"Entre la délicatesse d’un conte, l’universalité d’un mythe,
l’authenticité de l’histoire et l’émotion des grands romans, Anne-Laure Bondoux
signe un roman virtuose, unique et incroyablement touchant." Ma chronique complète ici
Pour participer, il suffit de remplir le questionnaire suivant.
Pour simple condition, répondre à une "question": créer une phrase -comme je l'ai fait dans ma chronique- commençant par "Tant que nous sommes vivants ..." (cf exemple)
Le concours se déroule du 25 Septembre au 25 Octobre 2014 (23:59) - Tirage au sort et annonce des gagnants dans la semaine suivant la fin du concours - Les exemplaires seront envoyés par Gallimard Jeunesse à l'annonce des gagnants - Nous ne sommes en aucun cas responsable d'une perte de colis par la Poste - Une seule participation par foyer - Concours ouvert à la France, la Suisse et la Belgique
Visuel du concours tiré de la couverture du roman elle-même dessinée par Hélène Druvert (c)
----------------------- mercredi, septembre 24, 2014 -----------------------
Je n’avais jamais lu de roman d’Anne-Laure Bondoux. Ce n’est donc pas
son nom qui m’a poussé à me précipiter sur ce roman dès que je l’ai reçu.
C’était sa couverture. Définitive non, mais déjà magnifique. C’était sa
quatrième de couverture, attirante, intrigante. C’était, enfin, la lettre de
l’auteure qui accompagnait le roman. Une lettre touchante, profonde.
Ce roman m’a captivé, totalement happé dans son univers fascinant.
J’ai mis très longtemps à trouver les mots pour retranscrire l’étrange, unique et
ensorcelante magie qu’a opérée ce texte sur ma jeune âme de lecteur, d’écrivain
et d’adolescent, mais les voici enfin ; fragiles, maladroits peut-être,
mais sincères.
Tant que nous sommes vivants, nous
courons vers demain
« Mais cela suffit à nous rappeler une chose
essentielle : le feu qui brûlait dans le ventre de nos fourneaux brûlait
encore dans nos veines. »
De sa plume brûlant d’une douceur palpitante, Anne-Laure Bondoux
éclaire ses personnages du souffle humain de l’espoir. Ce souffle regorgeant de
saveurs vécues, désirées et fantasmagoriques anime chaque Homme d’une force qui
rend possible l’impossible. Comment croyez-vous sinon qu’il arrive à se battre
jusqu’au bout de ses capacités ? Comment pourrait-il sinon braver les
obstacles, les chutes et les déceptions dans le seul optique d’un but à accomplir ?
Ce but qu’il s’est fixé, créé, érigé. Cet horizon.
« Nous aussi on va tomber. On aura des bosses et
des bleus. Mais on trouvera le bon équilibre. »
Les personnages de ce roman ont en eux le « principe
actif », comme le qualifie elle-même l’auteur, le feu, la force de
l’espoir. Ils accomplissent la quête de leurs désirs et d’eux-mêmes. Anne-Laure
Bondoux marie la simplicité des mots à une voix de conteuse qui jaillit de
ceux-ci et transforme la simple histoire d’une vie en un conte universel. Dans
un élan de rage et d’amour, Bo et Hama se précipitent fougueusement dans un
voyage libérateur et initiatique, dans une quête de bonheur et de qui ils sont.
L’un et l’autre s’arment de tout leur espoir et le ravivent de leur amour pour
ne pas perdre de vue l’horizon et, toujours, courir vers lui. Même quand ils
tombent, les rayons éblouissants de cet idéal brillent à travers la poussière
du chemin qui accueille leurs chutes et leurs pas. Dans les pires moments, dans
l’obscurité du présent, dans les à-coups et les rebondissements surprenants du
destin ; demain, comparé à aujourd’hui, semble toujours la promesse d’un
espoir éclot.
« Ils virent quarante fois le soleil se coucher.
Et les quarante levers de soleil furent autant de raisons d’espérer. »
Tant que nous sommes vivants, nous cherchons
notre hier
Comme l’illustraient Boulet et Pénélope Bagieu dans leur
bande-dessinée La page blanche,
comment se construire quand on n’a plus de passé ? Les méandres de nos
actes et de tout ce qui a été dit et vécu qui s’écoulent dans les bribes de nos
mémoires sont le socle parfois fragile mais toujours indispensable de qui nous
sommes et devenons. De plus, comme le roman Lecœur des louves de Stéphane Servant l’exprime si justement, la transmission
et le don transgénérationnel sont le signe évident du temps qui passe dans une
famille et l’unit.
« Il n’y a pas de fruit sans noyau. Nous avons
besoin de savoir d’où nous venons, n’est-ce pas ? »
Ce n’est pas pour rien que, malgré la force et l’espoir, les personnages
chutent, tombent, se blessent et se perdent. Il leur faut accepter leur passé.
Il leur faut partir à sa recherche. Il leur faut le comprendre. C’est pourquoi
cette histoire est au passé, comme la poignante voix de l’héritière de cette
famille, de l’héritière du conte familial.
Ce n’est pas pour rien que cette histoire prend la forme d’une boucle. Un
voyage, un aller, une errance hasardeuse et tortueuse. Les personnages qui
courent vers l’horizon avant de s’échouer … avant que d’autres prennent la
relève. Avant qu’il y ait un retour.
Tant que nous sommes vivants, l’un
et l’autre nous déchirent
« Bras ballants, nous restions paralysés face au vide.
Et dans ce vide qui enflait à l’intérieur de nous, la haine s’insinuait, pire
que la vermine au bord d’une plaie. Etait-ce notre faute ? Etait-ce notre
faute si nous avions peur ? Nostalgiques d’un temps idéal, nous voulions
le jour sans la nuit, le soleil sans l’ombre, la vie sans la mort, le désir
sans le risque, et Hama sans Bo. »
Nous sommes des êtres compliqués, souffrants souvent, difficiles. Des
êtres qui sont écartelés par leurs complexes, par leurs désirs. Le passé ;
et la souffrance, la nostalgie, la quiétude qu’il apporte se heurtent à
l’avenir ; et l’angoisse qu’il provoque, l’espoir, le désir. Il faut vivre
avec tout ça, savoir se défaire de l’un tout en se construisant dessus ;
savoir se lancer dans l’autre, sans avoir peur. Anne-Laure Bondoux marie tout
cela dans la simplicité de ses mots. Sa plume pourtant si douce porte en elle
la fougue d’une étincelle qui s’enflamme à la moindre braise. L’un et l’autre
forment un équilibre surprenant, improbable, mais poétique et superbe. Chaque
chapitre s’intitule selon deux antonymes qui rendent ceux-ci puissants,
intenses et déchirants.
Nous ne pourrons dire mieux que Nietzsche, lui qui écrivait à propos
des tourments humains : « Fais de ton chaos de forces une étoile
filante. »
Bo et Hama se perdent entre ces extrêmes. Ils s’accrochent l’un à
l’autre pour s’en sortir, ballotés entre tous ces points séparés par des infinis.
Ils ne s’en sortiront pas indemnes, mais sans aucun doute grandis, plus forts et
changés.
« Tu crois qu’il faut toujours perdre
une part de soi pour que la vie continue ? »
Tant
que nous sommes vivants est une danse. Une chorégraphie savamment
construite, qui porte la grâce et la beauté de l’être humain, comme ses
faiblesses et sa fragilité, une danse qui exprime dans une douceur apaisante
une fougue virevoltante, une danse portant le lecteur dans le tourbillon
émotionnel, profond et bouleversant d’une profusion de personnages dans
lesquels on ne s’égare jamais, dans lesquels on sait reconnaître les plus
grands, les plus touchants.
Entre la délicatesse d’un conte, l’universalité d’un mythe,
l’authenticité de l’histoire et l’émotion des grands romans, Anne-Laure Bondoux
signe un roman virtuose, unique et incroyablement touchant.
----------------------- mardi, septembre 23, 2014 -----------------------
En vidéo, un rappel des quelques lectures de la rentrée ... Il y a eu un petit oublié, mais j'en parlerai dans le numéro 2 ! Je n'en dis pas plus et je vous laisse avec ... moi !
~~ Livres mentionnés ~~
Mots rumeurs mots cutter de Stéphanie Rubini et Charlotte Bousquet
En commençant
Terre-Dragon, je me suis rendu compte que j’ai en fait lu, dans ma courte mais
riche – il me semble – vie de lecteur, très peu de fantasy. Aussi débuté-je
cette chronique à tâtons, en vous annonçant tout de suite que mon avis reste
très subjectif et un peu hésitant. Je ne peux pas véritablement juger l’originalité
des romans, puisque je n’en lis que peu du même genre.
Toutefois, j’ai
décidé de présenter dans cette chronique deux romans. L’un ancien (il a quand
même 11 ans !) et classique dans le genre, l’autre très récent puisqu’il
fait partie de la rentrée littéraire jeunesse de Gallimard ! De plus,
leurs auteurs ont une histoire étroitement liée. Il s’agit en effet de Pierre
Bottero (décédé en 2009) et Erik L’Homme, qui a terminé seul la saga qu’ils
avaient tous deux commencée : A comme association.
La quête d’Ewilan, tome 1 : D’un monde à
l’autre ; Rageot, 2003.
J’entends déjà
derrière l’écran de mon ordi les hurlements hystériques de vous autres, fans de
Pierre Bottero et d’Ewilan ! Je comprends votre engouement, bien que je ne
sois pas encore capable de qualifier ce début de saga de coup de cœur …
Je ne pourrais
pourtant pas nier que Pierre Bottero a réussi à me séduire ! Il commence
innocemment par écrire un roman fantastique, et non de fantasy, jusqu’à ce que
Camille bascule dans un autre monde, jusqu’à ce qu’elle découvre que toute son
existence, jusque-là, n’a été qu’un mensonge.
J’admire le
talent de Pierre Bottero à créer de toutes pièces (bien que, évidemment, il
n’aille pas aussi loin que le fit Tolkien) un autre monde et à l’introduire
doucement. Nous le découvrons petit à petit en même temps que Camille et toutes
ces informations ne sont pas, à un seul moment, indigestes. Bien au contraire,
elles sont fascinantes, séduisantes, exaltantes. Un nouveau monde, regorgeant
de beautés, s’ouvre à nous.
J’admire le
talent de Pierre Bottero à créer, avec subtilité et profondeur, des personnages
attachants, se caractérisant chacun par sa force d’être : leur vivacité,
leur singularité, leurs touchantes aspérités. D’un monde à l’autre, ces
protagonistes plus ou moins humains brillent chacun d’une flamme – parfois
hostile – qui les habite, les anime et nous touche.
Je suis conscient
que tout le reste de l’œuvre de cet auteur recèle encore beaucoup d’émotion et
de poésie. Ce premier opus nous propose de passer d’un monde à l’autre … et
c’est en écrivant cette chronique que je me rends compte combien il a éveillé
ma curiosité. Combien, finalement, j’ai hâte de lire la suite !
Terre-Dragon tome 1 : Le souffle des pierres
d’Erik L’Homme ; Gallimard jeunesse, 28 Août 2014
Si j’ai fait, au
début de ma lecture, le constat que j’ai énoncé au début de ma chronique, c’est
bien parce que j’ai été déconcerté. Déconcerté d’abord par la vitesse à laquelle
l’intrigue s’envole. Dès le premier chapitre, l’auteur nous lance dans l’action
et dans la fuite du personnage de Sheylis. Déconcerté ensuite par ce monde qui
me semblait assez peu original : une carte inédite certes, mais une
sorcière mal vue du reste du village, des créatures répugnantes et hostiles …
Je n’accrochais pas réellement à l’histoire et aux personnages.
Mais grâce au
rythme effréné du roman, grâce aux chapitres courts et l’écriture incisive
d’Erik L’Homme qui ne perd pas un mot pour faire avancer son intrigue, je me
suis finalement laissé peu à peu entraîner dans ces aventures qui passent d’un
personnage à l’autre avec fluidité, nous offrant, par une narration externe, de
multiples points de vue qui enrichissent l’intrigue.
Alors j’ai saisi
le souffle du roman qui s’inscrit dans la tradition des plus grandes histoires de
fantasy. Il y a un paysage et des sonorités nordiques fascinantes, des clans,
des tribus, des langues, une magie ancestrale, des conflits, des tensions, une
Histoire particulière … et dans ce schéma assez classique, Erik L’Homme trouve
sa liberté d’écrivain et de conteur. Il invente un fleuve dont le liquide se
situe entre métal et eau. Il invente une façon de pratiquer la magie ouvrant
sur des centaines de possibilités, fascinant le lecteur. Il invente des
créatures, des obstacles, des quêtes, des destins, des Dieux …
En un mot, Erik
L’Homme nous rappelle l’essence même de la fantasy : le rêve,
l’imaginaire, une évasion rocambolesque et captivante loin de notre monde dont
nous voulons nous échapper, l’espace de quelques pages, l’espace de quelques
mots. Plus le temps passe depuis la fin de ma lecture, plus je suis convaincu
et enthousiasmé par ce début de trilogie finalement prometteur … heureusement,
la suite paraît en février et la fin en septembre 2015 !
Pour les adeptes
de fantasy, je suis donc sûr que le nouveau roman d’Erik L’Homme saura vous
séduire …
Pour les autres
qui, comme moi, tâtonnent dans ce domaine, n’hésitent pas à le découvrir en
vous délectant des plus grands romans de fantasy jeunesse : ceux de Pierre
Bottero !
Nathan a 20 ans, étudie la communication et travaille en librairie. Bercé dans la littérature, c'est tout naturellement qu'il en est arrivé à ce jour à se délecter de chacun des mots d'une multitude de romans et d'albums... et à venir partager ici sa passion. Librairie, communication, salons, il se voit déjà dans le monde du livre et rêve d'écriture. Il vous livre là avec un immense plaisir ses coups de cœur, sa vision du monde, une partie de son univers et du ciel qui l'habite. Merci de venir y déposer quelques mots. Depuis quelques années, il a aussi une chaîne YouTube qui porte le même nom que son blog !