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Le fougueux pays des histoires : Alma de Timothée de Fombelle


La première fois que j’ai entendu parler d’Alma, au-delà de la joie extatique qui m’habitait à l’idée d’une nouvelle grande histoire signée Timothée de Fombelle (on ne change pas une équipe qui gagne, n’est-ce pas), j’ai d’abord été gaiement étonné d’apprendre que son prochain héros serait une héroïne. Pour un auteur qui donne toujours vie à des personnages secondaires féminins hauts en couleurs – de la mystérieuse Elisha à l’envoûtante Oliå en passant par la tempétueuse Ethel et la rassurante Mademoiselle – cela annonçait une héroïne incarnée et un vent de nouveauté peut-être pas si anodin. Après Tobie, Vango, Joshua Perle… ce serait donc Alma. Alma. Un nom derrière lequel Timothée de Fombelle annonçait une épopée entre trois continents au temps du commerce triangulaire. Un nom et un synopsis qui tiraient derrière eux le parfum des embruns, la piqûre du sel, la morsure de l’océan et le vent de l’exil. Evidemment. Si Timothée de Fombelle envoyait une héroïne arpenter les lignes de son nouveau roman, c’était pour mieux renouer avec ses thèmes de prédilection : « la routine, l’exil, les grands espaces », comme il le dit dans une interview qu’il a accordée à Babelio, site pour lequel je travaille. J’avais vu juste. Non pas par un incroyable talent de perspicacité, mais car c’est bien là le talent de Timothée de Fombelle à dresser un décor et une histoire en trois mots tendus comme un cadeau. Cependant, j’étais loin de me douter des éléments qui venaient encore derrière, accrochés à ce roman comme des coquillages à la poupe d’un bateau. Le souffle de la trilogie, l’enivrant présent des contes, la farandole inattendue de personnages qui font se demander au lecteur s’il n’y a pas plutôt une poignée de héros et héroïnes à ce roman, la douleur de l’histoire réveillée par la vie, le tissu de la réalité et de l’imaginaire que mon auteur favori sort d’un placard pour nous en couvrir le temps de quelques dizaines de pages. On ne connaît jamais mieux les secrets d’une histoire qu’en s’asseyant pour l’écouter. Et celle-ci, contée par Timothée de Fombelle, m’a une fois de plus emporté. Serez-vous surpris d’apprendre qu’Alma m’a enivré et renversé le cœur et que je n’ai plus qu’une hâte, après vous avoir enjoint à le lire : pouvoir lire la suite ? Embarquez donc avec moi le temps d’une chronique et larguons les amarres vers le fougueux pays des histoires.

Le pays des histoires, c’est d’abord celui des Okos. Les Okos, c’est la douce astuce de Timothée de Fombelle dans la tempête de son histoire, de l’Histoire. C’est grâce à ce peuple fantasmé qu’il embarque le lecteur, qu’il ajoute une couche de mystère à la trilogie et qu’il lui donne une impulsion. Comme un coup de talon sur la croupe d’un cheval, le mystère des Okos que Timothée de Fombelle selle au début du roman donne l’impulsion à l’histoire pour se mettre soudain à galoper dans l’imaginaire du lecteur. Une vallée de bonheur, une dernière famille, une Alma qui va être jetée dans les chemins de l'Histoire, une paix fragile comme une toile d’araignée. Il suffit d’un souffle et de quelques chapitres et la machine est lancée.

Mais comme je l’évoquais en introduction, ce qui m’a particulièrement frappé dans ce nouveau roman, c’est sa large et fourmillante galerie de personnages qui se battent le premier rôle. Si la trilogie porte le nom d’Alma et bien qu’on voie vite l’intrigue se nouer autour d’elle comme le fruit autour de son noyau, Timothée de Fombelle nous embarque aux côté de plusieurs figures fortes et attachantes, à commencer par sa famille. Elle était certes vitale dans ses précédents romans – ses héros étaient souvent en fuite vers leur propre histoire et en quête d’une famille – elle est ici à l’origine de l’aventure et l’on suit presque tous ses membres séparément. Cela s’explique par un simple et important tour de passe-passe d’écrivain. Plutôt que de renverser la chronologie dans tous les sens à la façon de Tobie Lolness et Vango, Timothée de Fombelle remet ici les choses dans l’ordre chronologique, raconte son histoire au présent et donne ainsi un sens nouveau à sa narration. (Il en parle lui-même dans la vidéo qui sortira sur ma chaîne incessamment sous peu… !) Son histoire trouve dans cette construction une vitalité flamboyante et un enjeu puissant : le but d’Alma – rassembler sa famille semée aux quatre vents – devient celui du lecteur. Et la famille n’est pas un idéal ou un souvenir lointain rêvé par son héros mais un paradis perdu auquel on a nous-même goûté. Mais plus encore que la famille d’Alma, ce sont plusieurs personnages d’abord déconnectés de sa trajectoire qui vont faire irruption dans le roman. Joseph d’un côté, le matelot intrépide, joyeux mais mystérieux. Amélie, aussi, la fougueuse, fascinante et coriace jeune Rochelaise.
« S'il l'éteignait, maintenant, il resterait assez de lumière pour toute une vie, car deux petits feux viennent de s'allumer devant Joseph. Les yeux d'Alma. »
 Peut-être aurez-vous le sentiment, en me lisant, que Vango était déjà passé par là question fresque de personnages ébouriffante. Mais la particularité d’Alma, c’est bien la place qu’ils tiennent dans l’histoire. Tout autant héros et héroïnes les uns que les autres, leur fils narratifs respectifs se lient avec habilité et même sans flashbacks, Timothée de Fombelle surprend par la limpide complexité qu’il crée avec tout ça.


Alors oui, certains passages, notamment dans La Belle Amélie, ont légèrement égaré mon attention. Là où les pesants mystères de La Rochelle et l’envoûtante magie des Okos m’ont happé, cet impressionnant navire, lieu d’intrigues et de tensions, m’a parfois un peu plus ennuyé. Difficile de comprendre s’il s’agit d’un simple désintérêt personnel (j’ai pourtant adoré les quelques chapitres de Tous les bruits du monde qui flairaient bon le goût du sel et les histoires de pirates des Trois vies d’Antoine Anacharsis)… ou plutôt de quelques longueurs qui auraient mérité d’être élaguées pour fuser sur l’écume.

Mais cet aspect de mon point de vue reste minime, c’est le grain de poussière un peu gênant qu’on a tôt fait d’oublier tant l’ensemble est solide et brillant. Il faut reconnaître aussi que si Timothée de Fombelle revient avec Alma à une série de romans un peu plus jeunesse que ne l’étaient ses derniers grands romans (Le Livre de Perle ou Vango), ce n’est pas une raison pour dire que sa plume perd en subtilité, sa narration en tension et ses sujets en densité. Timothée de Fombelle a souvent dit que la littérature jeunesse était un défi pour lequel il faut se mettre sur la pointe des pieds, à hauteur de l’imaginaire des enfants. Il le prouve avec ce nouveau roman, qui prend place à la fin du XVIIIème siècle, en pleine traite des noirs. Le sujet du racisme toujours aussi important aujourd’hui, et malheureusement d’actualité, est ici abordé avec humilité et ambition. Il transperce l’aventure mais aussi l’écrivain qui transparaît presque derrière ses personnages, comme pour dire au lecteur qu’il a besoin d'aide à comprendre. Avec Alma, Timothée de Fombelle raconte mais n’explique pas. Il n’explique pas la cruauté. Il n’explique pas le froid calcul de ce commerce inhumain. Il se contente de glisser entre les lignes du réel une aventure gorgée de l’émotion de cette époque. Cette nouvelle aventure est tissée d’enjeux forts (l’économie, l’esclavage, le pouvoir, mais aussi la famille et le déracinement) et ils rendent plus graves que jamais certains pans de son écriture.

« Comment est-il possible que ce jour-là, un cerveau si jeune, si limpide, aux milliards de neurones si parfaitement connectés, ne pense pas un instant aux cent cinquante esclaves qui travaillent sur ses terres de Saint-Domingue, aux cinq cent cinquante captifs enfermés sur La Douce Amélie, et à tous les autres ? Comment la perte de ses parents et de ses biens, ce minuscule cataclysme, ne lui fait-elle pas ouvrir enfin les yeux sur l'immensité des drames que vivent ces hommes et ces femmes ? Sur la fin de la liberté, la fin de tout un monde ? Sur les maisons et les parents disparus par millions ? Sur tous les enfants perdus ? »

Les illustrations de François Place, toujours aussi fines, intimes et grandioses, offrent à cette épopée une envolée propre aux grandes aventures : de la légèreté, de l'ampleur et de la consistance. 

Aussi, la dernière partie du roman m'a totalement happé et je n'ai pu m'arrêter de lire qu'après la dernière ligne, les doigts usées comme la corde à force de frénétiques pages tournées et les yeux gonflés de sommeil comme les voiles d'un bateau. Le souffle court d'avoir tant voyagé, je me suis retrouvé là, un peu plus ému, un peu plus heureux, un peu plus grandi d'avoir lu ce roman dont la construction tourbillonnante et le final virtuose donnent le tournis.
On retrouve dans cette nouvelle trilogie tout le sel de l’écriture de Timothée de Fombelle. Certains schémas et astuces narratives feront échos aux plus fervents lecteurs de l’auteur qui retrouveront avec mélancolie et bonheur la plume d’un auteur dont on ne présente plus le talent. Et pourtant, le souffle de l’Histoire n’avait jamais autant habité une de ses aventures et il se renouvelle là avec éclat tout en renouant avec l’urgence et l’insouciance de ses premiers romans. Au présent, préparant une trilogie, de façon linéaire et en cavalant aux côtés d’une galerie de personnages vivants et incarnés, Timothée de Fombelle raconte. La chronologie se déroule comme une bobine de fil derrière laquelle on court pour tenter de la rattraper… et surgit en nous le plaisir que suscite d’ailleurs chacun de ses romans : le plaisir des histoires. Des histoires où enfants, pirates, villes, aventure, océan, contes et magie cavalent. Des histoires douloureuses ou virevoltantes, et peut-être même les deux. Des histoires où l’Histoire s’invite. Malheureusement. Des histoires de liberté. Des histoires devant lesquelles s’asseoir pour simplement écouter.
« Et peut-être qu'Alma et sa liberté ont raison, pense Nao en la regardant. Oui, elle sera mieux à semer sa fièvre dans les collines plutôt qu'à attendre ici. »

De 2016 à 2017 : mon retour en 7 coups de ♥

Tant qu'à revenir pour redonner un souffle de vie à ce blog, autant le faire sur un coup de tête. Se lancer tant que j'ai un peu d'élan sans réfléchir, comme commencer un mémoire, comme se mettre en colère, comme on entre dans la mer, comme on tombe amoureux.

Je sais bien que mon absence a été longue et peut-être décevante (j'espère pas trop, quand même...). Mais je vous assure que pour moi aussi. Je n'ai cessé de me dire que je devais reprendre le blog plutôt que de me couler dans ce silence. Bien sûr, ce n'était pas seulement de la paresse et de l'appréhension de devoir me relancer là-dedans. C'était aussi des doutes - en avais-je encore envie/besoin/le temps ? C'était aussi un manque de temps, dû, entre autres, à la façon dont j'ai cherché à développer ma chaîne ces derniers temps. Et quelle réussite, puisque la voilà qui a dépassé les 2000 abonnés (merci, encore. ♥) ! Pourtant, c'était aussi une profonde envie de revenir. Et je m'en rends compte à l'instant, en écrivant ces mots : je retrouve l'indicible plaisir de vous écrire par le biais de ce blog. Et avec ce plaisir renaissent la passion et l'enthousiasme des projets qui se bousculent tout à coup tout en moi. Leur fulgurance m'avait manqué. Leur vivacité revenue me fait plaisir. Alors je crois que je peux le dire, tout penaud, tout désolé, tout ému et tout heureux : me revoilà.

Pour fêter ça et reprendre les choses doucement, je vous propose de revenir sur mon année livresque 2016 et de vous parler des livres qui ont marqué cette année ! Un petit top 7 (parce que 2000 dit 7 !), ça vous dit ? ♥ Mais aujourd'hui, on ne commence qu'avec les trois derniers du top 7, parce que sinon, l'article va être vraiment très long... :)

7. L'incontournable de Nathan

Puis-je vraiment, alors qu'un livre de Timothée de Fombelle est paru cette année, faire un top de mes lectures sans y inclure cet auteur ? La réponse, bien entendu, est non.
Georgia, écrit par mon auteur préféré, illustré par le grand Benjamin Chaud et créé, composé et mis en musique par l'Ensemble Contraste, a marqué la fin de mon année 2016.
Le plus étonnant dans ce livre-disque, c'est de voir combien tout est mis au service de la musique : les illustrations (que, personnellement, j'ai trouvé assez plates et pas aussi vives que le reste du projet, bien que l'univers chaleureux et pétillant de Benjamin Chaud lui corresponde !) et le texte (dont la simple honnêteté et la surprenante tendresse servent avec humilité la mélancolie de l'histoire et des musiques) qui s'efface derrière les voix des chanteurs.
Je me suis totalement laissé transporter par l'album. Je l'ai écouté en boucle pendant des jours. Et chaque mini-concert que j'ai vu, chaque lecture musicale, que ce soit au lancement de l'album en librairie ou au SLPJ de Montreuil m'a réjoui. ♥
L'émotion des chansons et de l'histoire m'ont emporté et j'ai eu un coup de coeur pour l'ensemble de cet univers si chaleureux et plein d'espoir alors même que la plupart des musiques sont teintées de la nostalgie du passé et de l'enfance.
Pour petits et grands cœurs transis de rêves.
Et au fait, j'en ai déjà parlé rapidement sur YouTube ici !

6. Le roman à lire avec un plaid et une tasse de thé

Je vais commencer à croire que cette auteur se spécialise dans l'écriture de romans-doudous parce que c'était déjà le cas pour l'incroyable Quatre sœurs, également signé Malika Ferdjoukh.
Dans Broadway limited, on est au coeur des années 50. On suit l'histoire un peu folle de Jocelyn qui débarque en pleine nuit, à New York, dans la pension Giboulées en croyant, sur un malentendu, pouvoir y être logé. Malheureusement, il s'agit d'une pension uniquement réservée aux jeunes filles et ne saurait tolérer l'arrivée d'un garçon en ses murs. Par chance, et au cours d'une discussion délicieusement surprenante et absurde que je vous laisse découvrir, Jocelyn a dans sa valise une soupe aux asperges... "au goût d'hier et d'éternité". Le voilà donc qui s'installe au sous-sol dans la dépendance de cette pension ô combien féminine.
Jocelyn vient à New York étudier la musicologie, mais il va se retrouver embarqué par le tourbillon de ces jeunes-filles qui ont pour la plupart des rêves de grandeur à Broadway en tant que danseuses ou actrices.
Ce tourbillon a le goût d'amour, de souvenirs, d'étoiles, d'une ville tentaculaire, de la guerre qui gronde encore en Europe bien qu'elle soit terminée, de neige et de froid, de théâtre, d'aventures du quotidien, de beignets, de stars, de comédies musicales, de culture américaine, de mal de pays, d'amis et d'amies, de fêtes et de découvertes, d'études et de musique.
Les personnages sont extrêmement nombreux et entraînent, avec Jocelyn, le lecteur un peu étourdi. Mais dans cet étourdissement scintillent des étoiles, bruissent la chaleur d'une pension et les rires de jeunes filles et tonne la musique ! C'est un délicieux étourdissement que Malika Ferdjoukh nous offre avec, comme toujours, une plume magique bricolée de banal et un univers comme un cocon duquel on voudrait ne jamais plus sortir.
Pour les fans de comédies musicales, les avides de romans d'ambiance et les yeux amoureux.
Celui-ci aussi, j'en ai déjà parlé sur YouTube ici et ici !

5. La bande-dessinée à savourer comme un conte

Cette bande-dessinée me faisait envie depuis longtemps quand une personne qui m'est très chère me l'a offerte en février dernier. Je l'ai commencée innocemment, prêt à savourer un joli moment de détente et j'ai découvert un véritable et authentique bijou.
L'Homme-montagne raconte l'histoire de deux hommes-montagnes : une grande et vieille montagne (le grand-père) et son compagnon de voyage, son petit-fils, une petite et jeune montagne. Un jour, cette première, le grand-père, annonce à l'autre qu'il va s'arrêter, se poser à un endroit agréable, et rester là pour toujours, en tant que montagne. Le plus petit n'est pas d'accord et veut l'aider et l'accompagner pour un dernier voyage. Trop petit pour le porter et soutenir son grand-père pour avancer, le voilà qui part pour un voyage solitaire en quête du vent, celui qui peut soulever les montagnes.
C'est une histoire profondément touchante sur la vieillesse et le fait de grandir, sur le deuil et surtout sur la vie, sur les voyages qu'on accomplit accompagné ou seul, sur des épreuves, des défis, des réussites et des sourires. Elle est portée par un texte fin, sincère et juste. Elle est portée par une narration originale, qui renouvèle avec fraîcheur la construction de la bande-dessinée. Mais surtout par des illustrations magnifiques qui n'ont cessé de m'émerveiller. 
Pour les cœurs qui grandissent et voyagent.
Si vous voulez voir quelques images de la BD et la vidéo dans laquelle j'en ai parlé l'an dernier, c'est par ici !

 
Pour un retour, ça fait un long article mais comprenez qu'après tant d'absence, les mots se sont écoulés du bout de mes doigts comme un torrent et il a même fallu un peu juguler ce flot-là ! :-) On se retrouve très bientôt pour la suite (et la fin) de ce top 7 avec mes 4 livres préférés de 2016 ? ♥

Tobie, ou revenir à la maison | CONCOURS

Le blog a eu 6 ans la semaine dernière.
Un grand héros (de petite taille) de la littérature jeunesse en a eu 10 mercredi dernier.

J'aurais voulu célébrer tout ça un peu mieux et un peu plus tôt, mais une fois de plus, le temps a passé et nous voilà déjà le dimanche 17 avril. (Oups.)

Heureusement, je reviens avec de quoi me faire pardonner et surtout de quoi écrire un article passionné, ému et émouvant. Je ne vais pas trop m'attarder et en écrire des tartines, parce que ça je l'ai déjà fait il y a trois ans (déjà ?!), et j'en ai déjà beaucoup parlé en vidéo (notamment pour mes 19 ans).

Il y a quelques jours, j'ai essayé de vous faire deviner de quoi il s'agit sur Twitter... et vous avez trouvé tout de suite !
 


Alors oui, il s'agit bien de mon Tobie. ♥


Tobie Lolness, je l'ai lu en 2006, quelques temps après sa sortie. Je ne sais pas exactement quand. Je me souviens juste l'avoir emprunté à la bibliothèque (cela devait donc faire quelques semaines ou quelques mois qu'il était paru). Et ça a été le coup de coeur.
Dans une forêt de mots à qui Timothée de Fombelle sait emprunter le panache, cette quête de soi renverse le lecteur par sa poésie, sa simplicité, sa sincérité et sa grandeur. (ma chronique de 2013)
Je me souviens avoir attendu le tome 2 et l'avoir précommandé. Je me souviens avoir vibré de tout coeur avec les personnages. Je me souviens avoir été fasciné, séduit, bouleversé par l'univers, l'histoire et le style de ce dyptique. Je me souviens avoir lu, tout excité, son premier Je Bouquine : Céleste, ma planète. Je me souviens l'avoir rencontré pour la première moi au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil en 2008. Et ainsi de suite. Des Je me souviens il y en a des poignées jusqu'à des rencontres irréelles, des amis tout près du coeur et un voyage un peu fou. Ça, c'est une autre histoire, que je vous raconterai bientôt.

Tobie Lolness, c'est ce roman, LE roman, que je cite quand on me demande quel est mon livre préféré. Celui dont je parle si on me demande quel roman a marqué ma vie. Celui que j'adule, que j'adore, que j'admire. Celui que je relis régulièrement sans jamais me lasser une seule seconde, comme s'il y avait encore des branches de l'histoire que je ne connaissais pas, alors que j'en connais tous les recoins. Celui que je redécouvre à chaque lecture. Celui dans lequel j'ai toujours quelque chose de neuf à piocher.

Quand je lis Tobie Lolness, c'est comme si je revenais à la maison.



Comme j'aimerais beaucoup que vous le (re)lisiez,
comme le blog a 6 ans,
comme Tobie en a 10 et qu'une nouvelle édition intégrale des deux tomes sort le 11 mai,
j'ai décidé de vous offrir
1 exemplaire de l'édition anniversaire de Tobie Lolness !

La photo que vous pouvez voir plus haut n'est pas une photo de cette réédition et je n'ai aucun visuel à vous proposer pour le moment, même moi je ne sais pas à quoi va ressembler le roman !
Mais j'en ai eu quelques échos, et je sais que François Place s'est remis à la tâche, que quelques petits surprises vont se glisser dans l'intégrale et que l'objet sera superbe. (MAJ : couverture ci-dessus)
J'ai tout autant hâte que vous de voir ça. Alors en attendant, vous pouvez participer au concours !

Pour cela, rien de plus simple :
  •  Vous m'écrivez un petit commentaire dans lequel vous me dites quel est votre livre préféré et/ou pourquoi vous aimez Tobie si vous avez déjà lu le roman,
  • vous ajoutez votre adresse mail (INDISPENSABLE : si j'avais vous gagnez, je dois pouvoir vous contacter)
  • vous partagez le concours sur les réseaux sociaux et vous glissez le lien avec tout ça
  • et vous postez le commentaire ! :)
Attention :
  • Concours réservé à la France métropolitaine, la Suisse et la Belgique (désolé pour les autres...).
  • Concours ouvert jusqu'au vendredi 13 mai.
Bonne chance !
Et joyeux anniversaire Tobie
Merci à Gallimard jeunesse pour l'exemplaire de Tobie Lolness.

Les grandes Grandes vacances

Les grandes vacances sont enfin là pour moi. J’ai fini les cours mi-mai et j’ai eu alors deux semaines de vacances écourtées et intensifiées par deux salons du livre sur lesquels j’ai travaillé : le festival  Etonnants voyageurs de St-Malo et le salon du livre jeunesse de La Rochelle. Mais j’ai ensuite enchaîné sur mon stage en édition…
Mais les voilà, les grandes vacances. Un mois de repos et de voyages et de famille et d’amitié.
Et, comme chaque année, elles sont ponctuées par un séjour dans l’île d’Oléron. Sur cette île, je me ressource complètement. Je me repose, lis, me baigne, fais du vélo, profite de ma famille, fais le point sur un certain nombre de choses et fais plein de projets pour l’année à venir.
Cette année, je reviens quelques années en arrière et me pose sur le canapé à chaque petit-déjeuner pour me régaler d’un dessin-animé. Profitant d’une carte cadeau de mes 18 ans, je m’étais offert, à la fin de mon séjour parisien, le DVD de cette série animée :


Pourquoi avoir choisi celui-ci ?
Parce que j’en ai beaucoup entendu parler, en bien, certes.
Mais surtout parce qu’un auteur que vous connaissez bien, d’autant plus si vous me suivez, y a participé. Regardez, il y a dans cette image un nom que vous connaissez :


Pourquoi avoir eu envie de vous en parler ?
Parce que j’ai un gros coup de cœur pour cette série, que je prends énormément de plaisir à regarder chaque matin et dont je ne veux pas voir la fin arriver…

Les grandes Grandes vacances raconte l’histoire de Colette et Ernest qui vont passer les vacances d’été chez leurs grands-parents, en Normandie, comme tous les ans. Malheureusement, la seconde guerre mondiale est déclarée alors qu’ils viennent de s’y installer. Leur père est forcé de repartir pour s’engager dans l’armée. Leur mère est malade et doit rejoindre un sanatorium en Suisse.
Leurs grandes vacances se transforment donc en… grandes Grandes vacances de plusieurs années.
Ce ne seront bien sûr pas de réelles vacances car ils iront à l’école du village, et puis, c’est la guerre, mais leurs grands-parents vont désormais s’occuper d’eux.


Le fil rouge de la série, c’est cette guerre, c’est les enfants qui sont séparés de leurs parents, c’est leur histoire d’amitié avec les Robinsons, la bande d’enfants qu’ils décident de former…
Mais chaque épisode porte le regard sur un aspect de la vie des enfants et du village en ce temps de guerre.
L’un dans l’autre, ces deux éléments et une construction scénaristique complexe mettent en place une intrigue riche, efficace et passionnante. La série dépeint la vie d’un village français pendant la seconde guerre mondiale : l’exode, l’occupation allemande, le rationnement, le couvre-feu, la collaboration et la résistance… C’est donc très intéressant et historiquement captivant.
On suit pourtant une bande d’enfants : leur regard insouciant adoucit les évènements et le dessin-animé est drôle, joyeux, pétillant et plein d’aventures. Cependant, la guerre reste présente, et on trouve en conséquence dans la plupart des épisodes des moments poignants et même tristes.


J’ai souvent été très ému et j’ai été étonné de constater l’intelligence du dessin-animé qui propose aux enfants un divertissement, qui en plus d’être drôle, émouvant et passionnant est d’une grande qualité scénaristique, historique… et artistique : l’animation, d’Emile Bravo, porte à la perfection l’univers riche de la série.

Vous l’aurez compris, ce dessin-animé a tout bon et j’ai eu un réel coup de cœur pour cette série que j’ai hâte de continuer… mais pas hâte de terminer.

14 août 2015
En savoir plus: par ici ou par ici !

De grands moments du bout des doigts

 
Il y a 10 jours, j'ai fêté, avec mes amis, un évènement ...
Il y a 9 jours, j'ai eu 18 ans !
Il y a 8 jours, j'ai animé, à Mollat une rencontre avec Timothée de Fombelle, mon auteur favori.
Il y a 7 jours, on m'a offert Une Bible, un magnifique original d'Hélène Druvert, et Annabel, de Kathleen Winter.
Il y a 6 jours, comme toujours, j'ai fait un peu de théâtre.
Il y a 5 jours, j'ai passé une longue et cool soirée, avec des amis, encore ...
Il y a 4 jours, j'ai mis à jour mon site sur Timothée de Fombelle, toujours, de plein d'infos alléchantes ...
Il y a 3 jours, Luciole a partagé sur Facebook une photo qui donne terriblement envie d'être en mars.
Il y a 2 jours, j'ai fait un exposé sur Timothée de Fombelle (encore !).
Il y a 1 jour, j'ai participé, avec ma Luluuuu en tant que visiteuse, à la journée portes ouvertes de mon IUT.
Aujourd'hui, j'ai fêté mon anniversaire en famille;

aujourd'hui, je poste ici,
en espérant qu'elle
vous plaira,
la vidéo de la rencontre que j'ai animée
avec ce même Timothée de Fombelle, il y a 9 jours
autour de son chef-d'oeuvre (qu'il vous FAUT lire): Le livre de Perle !