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Douce solitude

La semaine dernière, j'ai failli à l'une de mes résolutions, puisque le blog est resté solitaire, vierge de mes mots et donc des vôtres. Je n'ai pas eu trop de temps : j'ai fini un stage, fêté un évènement, pris du bon temps, justement. Et je n'en ai pas non plus vraiment eu l'envie. Plusieurs jours j'ai failli m'y mettre, me disant allez, je vais écrire sur le blog, ne pas faillir à cette résolution. Mais il y a eu des empêchements, ou des nouvelles, ou des mots qui sont tombés et l'envie n'était pas là. Mes doigts étaient solitaires sur le clavier, un peu déconnectés du coeur et de la tête.
Je n'allais pas à me forcer, ce n'est pas le but de ce blog.
Alors me revoilà, vous voyez, je ne suis pas parti longtemps, j'ai juste vécu un peu seul sans vous pendant quelques jours, comme cela nous arrive tous.

Et si je vous parle solitude et m'apprête à le faire tout le long d'un article, ce n'est pas par tristesse, lourde solitude, lamentations ou mal-être. Non, bien au contraire. C'est juste parce que c'est un thème qui me traverse en ce moment, de différentes façons, et que j'ai envie de lui offrir quelques lettres. Les voici.

La solitude elle s'est fait une petite place dans ma vie ce mois-ci. Parce qu'il y a eu un stage, des cours en suspens, des départs, des au revoir et des kilomètres mis entre des gens. Ça m'a fait un peu bizarre, oui, parce que je n'avais jamais vécu aussi longtemps seul. Mais vous le savez sans doute, la solitude, je ne lui connais pas de meilleure parade que l'occupation. Et moi, vous le savez sans doute, l'occupation, je sais la trouver. J'en parle d'ailleurs dans ma vidéo En ce moment, que vous avez beaucoup aimée. Vous me l'avez beaucoup dit, ça m'a beaucoup touché. J'aime goûter le temps dans l'encre, dans le noir d'une salle, dans les images d'une histoire, dans la musique, dans l'écriture et les tournages, dans votre compagnie ou celle de mes amis, de ma famille, des gens qui m'entourent.

Le noir d'une salle et les images, j'en ai beaucoup profité ce dernier mois. J'ai vu un amour éperdu, une fratrie désespérément accrochée à la vie et au vent, une enquête où tout tombe, des animaux qui rêvent en grand... et une jeune femme solitaire. Vous voyez de qui je parle ? Oui, je pense à Solange te parle. Cette YouTubeuse originale, touchante, intimiste, bizarre, absurde, rigolote, rassurante, qu'on aime... ou pas du tout. Moi, je l'aime, Solange. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que je vous en parle, je crois.

Elle vient de sortir un film. Il est n'est proposé que dans quelques salles françaises, c'est une petite production, une petite diffusion, un film court. Mais j'ai eu la chance de le voir à Bordeaux. J'ai été surpris. Tout en ne l'étant pas. Parce qu'on reconnaît Solange dedans : l'exigeante, l'originale, l'intimiste, l'absurde, la rigolote, la bizarre, la touchante, la rassurante. J'ai été ému et séduit. Mais suis un peu resté sur le bord aussi. Comme la pièce tordue, apaisante, intimidante et doucement jolie d'un appartement. On la regarde, on l'aime, mais on ne sait pas trop comment entrer, ni comment en sortir. Malgré tout, il continue à m'habiter, ce film. Maintenant. Maintenant et depuis que, sur mon vélo, la nuit, sous les étoiles et dans le froid, je l'ai laissé couler en moi juste après l'avoir vu. Juste avant de retourner à ma petite solitude momentanée.

La solitude de Solange et la mienne sont différentes, car la sienne est, le veut-elle, durable et la mienne momentanée et bien moindre. Mais sans doute m'y suis-je entraperçu. Sans doute ai-je pu toucher du doigt ce qu'elle nous dit : être seul fait autant de mal que de bien.

"Il faut sortir. Voir ses amis. Et attendre que ça revienne." dit Fauve dans une de ses chansons. C'est pourquoi j'ai fêté jeudi soir la St-Patrick et que j'ai bu des rires dans la nuit verte. C'est pour ça, aussi, que j'ai été flâner à l'autre bout de Bordeaux dans une bouquinerie hier, avec une amie. J'y ai déniché cet album, ce petit morceau de fraîcheur, de chaleur et de beauté :


"Autrefois, parmi les jonquilles du mois d'avril, on pouvait compter Papi et Pépé. Mais, depuis bien des années, leurs fourrures rose et bleue ne fleurissent plus les prés. Les souvenirs colorés remplissent mes idées, dansent et se cognent dans ma tête. Si bien que, parfois, je ne sais plus m'y retrouver."

Alors, le petit ours invente un jardin "aux couleurs de Papi et Pépé. Un endroit où souffler, respirer et se retrouver". Et je crois que c'est réussi. L'ours nous emmène du bout de la patte visiter ce jardins de souvenirs où fleurissent dans les herbes des bulles du passé. Il dessine des images. Des images qui vibrent sous des dessins à la minutie sans pareil et aux couleurs du passé. Des images qui naissent sous des mots simples et sincères. Des mots simples tissés les uns avec les autres pour former un texte d'une richesse, d'une sensibilité et d'une rareté précieuses. L'alchimie entre les deux est naturelle, elle transperce les yeux et le coeur. Et on a envie de faire de cet album notre petit jardin secret : un endroit où souffler, respirer et se retrouver.
Pour, finalement, faire comme l'ours. Garder au chaud tous nos souvenirs, où comme l'écrivait Solange, la perfection existe, garder au chaud sa solitude si confortable, garder au chaud sa tendresse et son amour. Et prendre le chemin de la vie et des autres.

" La vie et les autres l'attendaient dehors." Timothée de Fombelle, La Bulle (Gallimard jeunesse, 2015)

Alors voilà, alors qu'en partant pour le Salon du livre de Paris, je vais mettre fin à cette solitude momentanée ; je profite de ces derniers instants de calme, avant le retour d'un tourbillon de tout plein de choses. L'appartement est propre. Les fenêtres sont restées ouvertes toute l'après-midi. Le vent et le ciel bleu portent un froid parfum d'été. J'ai un plaid sur les épaules. J'ai mis ma playlist apaisante. J'ai lu des albums et je vous écris. Le soleil commence à descendre sur les toits.

Portez-vous bien.

Ce drôle de petit goût de noisette

Qu'est-ce qui a un drôle de petit goût de noisette ? La vie, assurément. Elle craque sous la dent et vient avec tout ce que j'entends par "craquer". Les petits plaisirs croustillent, le bonheur éclate en rayons de soleil et les douleurs craquent dans le coeur. J'espère qu'en ce moment, votre vie a plutôt tendance à croustiller. Moi elle croustille beaucoup, mais ces derniers temps elle craque aussi.
Mais si vous voulez vraiment en savoir un peu plus sur mes activités et sur ma vie en ce moment, j'en parle aujourd'hui en vidéo.

Si je vous parle de craquer, de noisettes et de vie, c'est parce qu'hier j'ai parlé littérature graphique dans mon Lundi Lecture (qui a eu lieu un Samedi certes.) - rendez-vous hebdomadaire sur Instagram où je vous parle d'une lecture, passée ou présente, qui m'a beaucoup plu.


Cette bande dessinée de Vanyda m'avait beaucoup touché. Le parti pris (une seule couleur utilisée pour chaque histoire) est original et très intéressant. Cela donne une atmosphère particulière à chacune des histoire et rend l'ouvrage coloré, riche et sensible. Vanyda arrive à raconter la vie, à nous raconter avec justesse et c'est très beau de voir ça.
Petit à petit, par touches de couleur, je suis tombé sous son charme.
J'ai hâte de me plonger dans les autres livres de l'auteure, et notamment son nouveau (Entre ici et ailleurs) et sa célèbre trilogie Celle que.


Mais si ici la vie croustille et se craquèle parfois, il est des cas où elle a plutôt tendance à craquer et à s'éparpiller en bris de douleur. Comme dans Mustang, le film de Deniz Gamze Ergüven primé plusieurs fois aux César. Il me faisait très envie depuis l'été dernier et encore plus depuis les César. J'ai eu l'occasion de le voir au cinéma mardi dernier et je n'ai pas regretté.
C'est une histoire dure. L'histoire de cinq sœurs, en Turquie, que leur père enferme dans la maison pour les protéger du monde extérieur, des garçons, de l'impureté, du déshonneur. Un enfermement injuste, difficile, de plus en plus étouffant, qui va souder la fratrie autant que l’oppresser. Très vite, le ballet des mariages forcés (ou pas) va commencer, entraînant plus de malheur que de joie. Sans pour autant éteindre l'espoir.
Oui, c'est une histoire dure, mais lumineuse. C'est sans doute pour ça que je garde du film un souvenir lumineux, de plans ouatés et d'images délicieuses. Il me reste la lumière, l'espoir.
Mais aussi la candeur, la grâce, la délicatesse avec lesquelles l'histoire est racontée. C'est avec une grande douceur que Deniz Gamze Ergüven filme ses actrices. C'est avec la même douceur qu'elle accompagne ses personnages.
J'en suis ressorti touché. Et depuis, mon amour pour ce film grandit à mesure que le temps passe. Et ces cinq sœurs me manquent.

Et si votre vie ne croustille pas trop, ça vous fera peut-être plaisir de savoir que pour les 1000 abonnés de ma chaîne, j'organise un concours et une Foire Aux Questions ? ♥

100 000 canards par un doux soir d'orage ...


Do you remember ? Cette chronique il y a bientôt 2 ans (WHAAAAAT ?! 2 ans ?!) que j’avais publiée sur le blog à propos de 50 cents ! Je l’avais commencé de manière bien plus agressive que ça (se pourrait-il que je sois devenu gentil, calme et posé ?) et avec plus de vigueuuuur ! La vigueur est plus tenue (j’insiste sur le mot tenue, comme un chien tenu en laisse pour ne pas qu’il vous morde), mais bel et bien présente parce que mon enthousiasme est certain … Oui oui oui mesdames et messieurs, ladies and gentlemen, Thomas Carreras is baaaaaack COUAC ! Il est de retour, pour vous jouer un mauvais tour … Le revoilà (depuis janvier en fait mais on n’insistera pas sur mon retard) avec un nouveau roman intitulé : 100 000 canards par un doux soir d’orage.

Oui, plus bizarre
plus déjanté
plus fou
plus WHAT THE FUCK COUAC que 50 cents
c’est possible !
Et c’est exactement de CA que je vais vous parler ! Ou comment Thomas Carreras met en scène et assume un univers totalement déjanté en l’alliant à des qualités littéraires, cinématographiques (dans un roman, avouez que c’est fort) et couacesques folles et grandiooooooooooses ! (L’enthousiasme c’est mignon, mais je vais faire attention à ne pas m’envoler comme un canard moi, hein, restons posés et ne vous effrayons pas). Je disais donc : folles et grandioses ! (et oui, ne vous inquiétez pas, je vais argumenter !)


Commençons par poser les choses : Ginger, globetrotteuse américaine de 19 ans, pointe le bout de son nez à Merrywaters, le trou le plus paumé de l’Angleterre que vous pouvez imaginer, pour un énorme festival de musique (pas si paumé que ça le coin) et se fait engager dans un pub en tant que serveuse. Elle se lie d’amitié avec la fille du patron un peu effrayant et donc sœur du barman plutôt type armoire à glace (la froideur avec), fait la connaissance du grand-père muet et mystérieux de celle-ci et commence à s’amuser dans ce coin sans histoire … Sans histoire ? S’amuser ? Ah ça, c’était sans compter sur la subite anatidaephobia de Ginger.

(c) Sarbacane
Quoi vous ne savez pas ce que c’est que l’anatidaephobia ? Ouvrez votre dictionnaire alors ! (ou regardez l’image, puisque je suis devenu gentil, calme et posé)
A partir de là, les canards deviennent carrément flippants, l’ouvrage plutôt sombre et angoissant et … bah je n’en dis pas plus. Hé hé hé sadisme volontaire ? Bien sûr que non (a). C’est juste que la quatrième de couverture s’arrête si justement là que j’aimerais bien que vous soyez aussi surpris que je l’ai été !

Brefouille, les amis, pourquoi faut-il ABSOLUMENT lire ce livre ? (et 50 cents, cela va de soi)
D’abord parce que toute cette première partie est bien écrite et son auteur (19 ans seulement, don’t forget) dépeint avec précision et profondeur son ambiance plutôt rigolote et sympathique puis carrément sombre et angoissante. J’ai trouvé le personnage de Ginger super bien construit, très attachant car Thomas Carreras (qui a je trouve encore gagné en finesse et contrastes) la sculpte par petites touches, la découvre un peu plus à chaque chapitre. Ah Ginger, quelle incroyable personne et … non, je m’arrête là.

Ensuite parce que ce roman n’en devient pas pour autant un « simple » roman d’angoisse et d’horreur. Bien que ça aurait tout aussi bien pu être génial (regardez La gueule du loup de Marion Brunet : quelle claque !). Mais c’est là un style totalement différent, ne nous égarons pas. En fait, Thomas Carreras maîtrise avec talent une multitude de registres qui sont tous d’une incroyable richesse : l’angoisse oui, la peur, le stress, le crescendo de ces frémissements … mais aussi l’action (of course !), l’humour (toujours !), l’amour (un peu, et c’est chou !), le drame (jamais trop, toujours bien équilibré et surtout touchant : un peu de douceur dans ce monde de brutes), et ça continue, même si là sont les principaux !

Le cinéma aussi ! Parlons-en ! Le style de Thomas Carreras en est très proche. Plus encore que la dernière fois, il multiplie les points de vue, les alterne, fait des focales sur tel ou tel personnage, prend du recul, tient son histoire, sa construction, son scénario ( !), avec une maîtrise certaine et passionne le lecteur par cette construction savante et bien ficelée. Mais bien plus encore, il assume ce parti pris, place des références, les utilise à foison jusqu’à se moquer des séries et du 7è art. Le personnage d’Eileene, fan de Walking Dead* et autres séries de zombie, reprend la construction et les clichés de tous les films et séries qu’elle regarde pour les aider dans leur propre histoire.

Et enfin, cet univers déjanté, excentrique et complètement insolite charme pour son originalité incontestable, amuse par ses idées folles mais excitantes et fascine par sa profusion et son infinie richesse. Les canards ont des dents acérés, sont « naturellement » armés, les stars deviennent des personnages du livres et se ridiculisent plus ou moins, les militaires se déguisent en canard, etc. C’est totalement assumé, tant et si bien que l’on en viendrait à y croire … Quand on referme le livre, on souffle un coup, sonné, on regarde sous son lit s’il n’y a pas de canard puis on éteint la lumière pour essayer de dormir … COUAC C’est déjanté, osé, et même carrément accepté par le lecteur !
 

Je pense qu’il n’y a pas besoin d’épiloguer, surtout que j’ai réussi à vous tenir jusqu’ici (en tout cas pour ceux qui sont restés ! MERCI ! COUAC). Ne retenez qu’une chose : lisez les romans de Thomas Carreras et en l’occurrence 100 000 canards par un doux soir d’orage.

Vous allez flipper
Vous allez adorer ça
Vous allez rire
Vous allez halluciner
Vous allez vous attacher aux personnages
Vous allez en rire
Vous allez stresser pour eux
Vous allez pester contre l’auteur (COUAC !)
Vous allez vous enthousiasmer pour tout ça
Vous allez rire encore et encore et
vous allez vous dire mais WHAT THE COUAC ?
Bref, volez … euh courez en librairie !

Ils domineront le moooonde ...

* Attention, cette chronique contient du placement de produit.

La vie en vrac {Album photo}

La vie en vrac, ça ne veut pas dire la vie brisée. Non, non, non ! Je ne m'étendrais pas une fois de plus sur le sujet, sur ma vie en pointillés et ce qu'elle m'apporte de bonheur, de nouveautés et de frustrations. Mais la vie en vrac, c'est, une fois de plus, et cette forme d'articles, si elle vous plaît (est-ce le cas ?) pourrait bien devenir régulière, la vie en quelques photos, mes lectures, mes rencontres, les petits moments du quotidien qui rendent la vie trépidante, palpitante, et plus belle ! C'est aussi l'occasion de vous parler rapidement de quelques petits points, quelques choses, quelques évènements.

Il y a eu mon accréditation pour Montreuil, reçue. Je suis prêt. J'espère que vous serez là aussi. Il y a eu ma lecture de Hors de moi de Florence Hinckel, superbe roman, chronique demain. Il y a eu une soirée au cinéma, la bande-annonce de Hunger Games 3, un panneau géant en carton dans l'entrée du cinéma. Et j'ai vu le Labyrinthe.

 
Un film vraiment très bon. Auquel on a du mal à adhérer au début. Difficile d'accrocher à cet univers froid, où le masculin domine avec des garçons essentiellement, pour la plupart stéréotypés voire peu attachants. Puis on se prend au jeu, on tombe dans l'angoisse, le suspense et l'attraction de l'intrigue. On s'interroge, on sursaute, on s'agrippe et on se cache dans son pull. Chaque retournement de situation, rendu grandiose par des effets spéciaux riches et bluffants, tétanise de surprise. Jusqu'à la fin, les scénaristes (qui s'éloignent paraît-il du roman), réussissent à surprendre. Un film réussi, peut-être pas meilleur que Hunger games à cause des personnages (bien que les acteurs soient bons) mais sans doute aussi prenant ! A voir !

 Et enfin il y a eu le Livre de Perle. Enfin entre mes mains. L'émotion, la joie d'enfin l'avoir, celle de pouvoir le lire. Ne pas y croire. Rêver. Se lancer. Dévorer les mots. Comprendre le chef-d’œuvre. Le relire. Bientôt. Pour pouvoir essayer de le chroniquer. Trouver des mots à la hauteur des siens.


Et si l'envie vous en dit (oui oui elle vous en dit !), vous pouvez tenter de gagner le tome 1 de JONAH en cliquant sur l'image qui suit !

https://www.facebook.com/Jonahlelivre/photos/a.334619093384865.1073741828.334541366725971/350769998436441/?type=1&permPage=1

 A bientôt ♥

Un sublime film et son guide ...





                Comment dire ? Par où commencer ? Comment m’exprimer ? Quels mots choisir ?
                Waouh, j’avoue que je suis un peu perdu là.
                C’était mardi. Retrouvé Iris et Lucille à la gare ♥ Passé une après-midi ensemble (puis la semaine …) ♥ Et le soir. Le soir ciné.
                Comment vous expliquer tout ce qui peut vous traverser quand le film d’une saga que vous suivez depuis sa parution, trois ans plus tôt, commence. D’une saga qui vous a fait rencontrer des gens géniaux, que vous promouvez chaque jour, que vous vivez chaque jour, dont vous êtes fans à un point indescriptible …
                En tout cas, le film a commencé. Et c’était parti.
                Oui balançons-le tout de suite parce que vous en mourez d’envie. Oui, le film ne suit pas le roman à la lettre. Loin de là. Le scénario du film s’est permis de grosses libertés. Oui j’ai été déçu de ne pas avoir Marian, que le personnage d’Amma ne garde que son essence de voyante et perde un peu celle de gouvernante, que les Sœurs n’apparaissent pas, que Link ne soit pas très présent, que le père d’Ethan ne soit finalement pas présent, alors qu'il était casté, que d’autres personnages manquent, des pouvoirs, des explications. Oui j’ai été déçu de ne pas avoir le Chuchotement, la Poubelle, le collier (enfin très peu), Boo, le bal. Oui beaucoup de choses changent, disparaissent …
                Et alors ?!
                Vous faites donc partie de ces puristes dont parle Léa Lefèvre sur Les Histoires sans fin ? Vous faites donc partie de ceux qui s'offusquent d'un tel changement ? Voire qui s'offusque du moindre détail en moins ?
                Mais ouvrez un peu les yeux ! Regardez ce que l’Univers des livres est devenu !

                C’est devenu une multitude de décors tous plus beaux les uns que les autres, foisonnants de détails, tels que la chambre d’Ethan, que j’adore !, Ravenwood (on en veut encore plus !), la bibliothèque ...
                C’est devenu un univers très hétéroclite, avec des costumes vintage et originaux. Des looks qui collent au personnage, tout en plaçant le film dans une sorte de hors-temps, un peu dans le passé. On est plus vraiment dans les années 2000, et j’ai aimé ça … Les costumes d’Enchanteurs (notamment à l’Appel), ceux de la reconstitution de la bataille d’Honey Hill … waouh ! Juste waouh quoi non ?
                C’est devenu un film accompagné d’une bande son, discrète certes, mais si jolie ! Ecoutez un peu ça ! Ce classique qui colle à l’univers gothique, sombre, mystérieux et romantique du livre film …

                  C’est devenu un montage parfois un peu rapide peut-être, mais qui entraîne, les 2 heures passent à une vitesse folle, j’ai regardé ma montre en me disant « J’espère qu’il reste du temps ! ». Quelques aspects confus, sombres, peut-être, des images parfois légèrement floues et des effets spéciaux un peu fragiles quelques fois … mais pourtant ceux-ci m’ont tellement plu ! Ils sont simples (sauf la tempête qui est juste époustouflante !), pas ambitieux et pourtant plein de charmes.
                C’est devenu tout ça, oui ! Porté par cette histoire que j’aime tant, un scénario à la hauteur de mes espérances … et un casting phénoménal !
                Jeremy Irons, un superbe Macon … Viola Davis … quelle Amma ! Emma Thompson ! Mon Dieu quelle actrice mais quelle actrice ! (Mme Lincoln)
Et des p’tits nouveaux tout aussi phénoménaux … Zoey Deutch (Emily) est très juste pour un premier film, Thomas Mann (Link) très attachant mais pas assez présent … Emmy Rossum (Ridley) déchire ! Et le duo Alice Englert (Lena) / Alden Ehrenreich (Ethan) est juste parfait. Alice m’a épaté par l’émotion qu’elle dégage, son talent et la profondeur du personnage de Lena qu’elle a su acquérir. Alden, qui était celui qui m’enthousiasmait le moins dans le casting, surtout niveau physique, m’a énormément surpris en bien ! Je me suis énormément attaché à ce nouveau Ethan, drôle et plein d’assurance, mais Ethan quand même ♥ Chapeau bas à l’acteur, il monte directement dans mes acteurs préférés !

                Ce scénario enfin, venons-y … il a beaucoup modifié le livre, mais reste passionnant d’un bout à l’autre. Et surtout la fin. Putain quoi ! Je suis désolé mais putain ! Je suis resté rivé à mon siège, la peur au ventre jusqu’à la dernière seconde. J’ai adoré cette nouvelle fin pleine d’émotion. J’ai adoré oui. Quand le film s’est terminé, je ne savais plus où j’étais. J’étais les yeux rivés à l’écran, secoué parfois de quelques rires nerveux, complètement chamboulé. J’ai été sidéré, ça m’a littéralement coupé le souffle ! Quand ce passage là est passé … j’ai rejoint la phase hystérie ... Et à ce jour, je n’en suis pas ressorti !

                Finalement, j’applaudis le réalisateur qui a su faire mieux que toutes les adaptations ciné que j’ai pu voir. Il a su faire mieux (selon moi hein ne vous énervez pas !) que la mièvrerie de Twilight, que le mystère d’Harry Potter, que le respect immense (trop ?) d’Hunger Games. Il s’est approprié l’univers, il l’a observé sous toutes les coutures avant d’en faire un film. Son film. Son univers. Et je trouve ça sublime ! Il a rendu une ambiance "southern gothic" avec talent, alliant casting de choc, à des effets spéciaux simples mais plein de charmes, tout en ajoutant une touche d’humour inattendue mais vraiment bienvenue, des décors et costumes superbes. Un scénario passionnant et une bande-son assez jolie sont le clou du spectacle. Bien plus même, Sublimes créatures diffuse aussi un message. Un message de tolérance, tolérance de la différence et dépeint le passage à l’âge adulte d’une jeune fille tourmentée par ce qu’elle est.

 Un sublime film indépendant du livre, un prolongement de l'Univers, une autre vision. 
Un sublime film sur l’amour et l’humanité.
PLUS
Chez Hachette est paru, pour 15€, environ 130 pages, le guide officiel du film. Ecrit par Mark Cotta Vaz (à qui on doit par exemple des guides de la saga Twilight), il retrace tout le processus de création du film. Je l'ai trouvé très complet, bien présenté et illustré de nombreuses photos.
Le casting et l'équipe technique ont été interviewés, fournissant tout un tas d'anecdotes, de témoignages ...
Ou a été tourné le film ? Comment créer les effets spéciaux ? Quels sont les sources d'inspiration ? Pourquoi tels costumes ? Pourquoi tel décor ?
Tous plein de détails foisonnants pour connaître l'envers du décor de la production de ce film coup de ♥...
Recommandé vivement pour tous les fans du livre ... mais aussi du film !



PLUSS Le blog semi-officiel très complet de la saga des lunes, tenu par Jennifer (son avis sur le film)
PLUSS Les critiques de Place To Be / Les Histoires sans fin / Audrey / CelineOnLine / Maia ...