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Super Louis chez (Super) Pépix !


Cette semaine spéciale Pépix (rattrapez-vous !!!) consacrée à la collection créée par Tibo Bérard il y a un an continue ... ! C'est donc l'occasion de la (re)découvrir à travers des vidéos d'à peine deux minutes avec, aujourd'hui, Super Louis et l'île au 40 crânes, signé par l'une de mes auteurs fétiches: Florence Hinckel !





 

Etre humain



                La science-fiction fait partie des genres assez peu populaires en littérature jeunesse et que je ne lis moi-même pas beaucoup … cela m’arrive pourtant quelques fois, notamment avec les éditions Syros qui en publient beaucoup dans leurs collections Soon et Mini Soon.
Il m’est arrivé d’avoir des coups de cœur dans cette première collection, certains m’ayant beaucoup marqué comme Le signe de K1 de Claire Gratias et Théa pour l’éternité de Florence Hinckel. D’autres, comme C.H.A.R.L.Ex beaucoup moins …

                Je ne garde étrangement pas un si mauvais souvenir que ça de cette lecture. Mais je n’avais pas réellement accroché, et j’ai attendu si longtemps avant d’en parler ; certes par manque de temps mais aussi car, déçu, je ne savais qu’en dire. C’est l’histoire d’une androïde à l’intelligence et la force supérieures qui, propulsée en mission spéciale sur une planète infestée par une herbe rouge dévastatrice, subit des dommages techniques et perd une part de sa mémoire. D’aventure en rebondissement, elle va apprendre à la retrouver et à tenter de retrouver ce pour quoi elle a été conçue … mais amputée d’une part d’elle-même et confrontée à d’autres hommes ou créatures, elle pourrait bien devenir quelqu’un d’autre … plus proche des humains ? L’histoire est prenante, touchante, la réflexion soulevée intéressante et enrichissante, mais je n’ai pas trouvé les personnages attachants, bien que richement développés et l’univers de science-fiction assez complexe parfois trop lourdement expliqué. En revanche, je pense que les fans de science-fiction se régaleront.

                Florence Hinckel, une de mes auteures favorites, s’empare elle-même du thème de la mémoire et de son importance dans un mini Soon : Mémoire en mi. Elle imagine un monde où la mémoire de chacun est conservée dans des boîtes électroniques auxquelles on peut accéder à tout moment. Interdite de jouer avec la fille d’une domestique, une enfant va décider de retrouver les sensations de sa petite enfance grâce à ses boîtes … Pourtant, tout ne va pas se passer comme prévu. Avec sa délicatesse et l’émotion que Florence Hinckel fait naître d’une plume sensible et touchante, l’auteure délivre subtilement un message essentiel et profondément marquant dans notre monde où la science ouvre de plus en plus le champ des possibles. Notre mémoire est l’un des biens les plus précieux que chacun de nous a en lui et qu’on ne pourra jamais nous enlever. C’est ce sur quoi nous nous formons et elle anime chaque instant de notre vie par les enseignements qu’elle nous confère. Que se passe-t-il si nous n’en sommes plus maîtres ? L’enregistrer électroniquement grâce aux progrès de la science, serait-ce vraiment une solution profitable ? Nos souvenirs les plus puissants et les plus marquants n’ont-ils pas la propriété d’être ineffables, insaisissables, presqu’imperceptibles ? Florence Hinckel, dans un court roman puissamment touchant, montre à son lecteur que la science ne nous volera pas les sensations les plus profondes et universelles : la chaleur maternelle, une senteur qui a le goût de l’enfance, une voix, une musique qui nous a bercé …

Chez une voisine ...
http://melimelodelivres.blogspot.fr/2014/11/rencontre-avec-denis-guiot.html
 

Des romans qui font grandir



Un souvenir est un trésor auquel on s’accroche ardemment, inquiet de le perdre, angoissé de le laisser s’échapper, parce qu’il nous glisse entre les doigts alors qu’on aimerait l’enfermer en nous … ou peut-être s’enfermer en lui. Un souvenir est un nuage. Il est flou et doux, insaisissable, il fuit, il est rêve.

« Je dialogue avec les ondes du lac, celui de mon souvenir d’été. »

Comme Sophie, dans le dernier roman de Florence Hinckel, Hors de moi, n’avez-vous jamais dialogué avec vos souvenirs ? N’avez-vous jamais fermé les yeux, fermé votre conscience au monde extérieur, voilé votre regard et votre écoute, pour se concentrer sur cette échange ? Revivre, tenter de retrouver les perceptions, les sentiments, souhaiter intensément y retourner.
C’est ce à quoi s’obstine ce personnage finement fracturé de vives émotions. Cette Sophie qui se laisse paisiblement sombrer dans la mélancolie. Elle disparaît de la perception de ses proches, s’enferme complètement dans ses souvenirs. Loin du monde, loin des autres, elle se protège de l’extérieur pour que celui-ci ne brise pas le doux cocon de sa mémoire. Et à trop se refermer sur elle-même, elle se rend aveugle et s’emprisonne plus encore que ce qu’elle n’imaginait faire.
C’est un roman tout en fragilité. La fragilité d’un début qui prend son temps pour saisir le lecteur. La fragilité délicate et profondément touchante d’une plume qui dessine avec tendresse le portait sensible de  Sophie, celui de son histoire, celui de son avenir dont la lumière danse et menace de s’éteindre. Et quand le lecteur est saisi. Quand un page se tourne, quand un chapitre nouveau s’ouvre, quand l’histoire continue. Alors il n’est plus tellement possible de revenir en arrière, dire j’ai fini, j’arrête, poser le livre, oublier Sophie, passer à autre chose. J’ai voulu savoir la suite, connaître la fin, la décision de cette jeune adolescente alors que je la savais déjà, voir son évolution, vivre avec elle cette étape de sa vie. La voir changer.
Les plus grands romans sont ceux qui vous font grandir. Ceux de Florence Hinckel sont de ceux-là.

Hors de moi m’a-t-il fait grandir ? Je ne saurais pas vraiment le dire finalement. Parce que je suis un peu plus âgé que Sophie, parce que je suis un garçon (je ne serais jamais enceinte, eh oui), parce que ce que j’ai ressenti pour ce texte n’a pas été aussi fort que ce que j’ai ressenti pour L’été où je suis né. Mais il en touchera plus d’un(e), qui seront sans aucun doute autant marqué, peut-être même plus, que je l’ai été en lisant ce nouveau roman signé Florence Hinckel.
Et quand j’ai fini le roman. Quand d’un dernier élan j’ai dévoré, avalé, englouti les dernières pages et que celles-ci ont achevé de m’ébranler, il ne me restait plus qu’une chose à faire ... il était venu ce moment que je ne m’étais pas accordé alors que j’en avais l’envie depuis plusieurs mois. Il était venu le délicieux moment de relire L’été où je suis né.

Il faut savoir que Hors de moi est le « spin-off » ou de L’été où je suis né. Hors de moi l’histoire de la mère de Léo, avant l’histoire de celui-ci qui est le personnage central de L’été où je suis né, paru il y a quelques années déjà dans un Je Bouquine, puis chez  Scripto.

Même en le relisant, même debout dans le tram, ou assis sur un banc, même au creux de mon lit, même là, ici ou ailleurs, même si c’était la troisième fois, peut-être la quatrième, je ne sais plus, il m’a bouleversé.
L’été où je suis né est un texte doux et sensible qui se saisit de la touchante voix d’un garçon pour parler d’amour, d’origines, de se perdre et de grandir, d’épanouissement. C’est simple, vaste et grandiose. La plume aérienne mais vive et juste de Florence Hinckel délivre par vagues et traits de vérité l’émotion fragile de ses personnages, leurs histoires, ces adolescents fissurés qui apprennent la vie dans tout ce qu’elle a de complexe et magnifique.

« Sauf que dans mon cas, rien ne s'est déplacé de continent en continent, mais juste en moi. C'est peut-être aussi vaste. »


Vous pouvez les lire dans l’ordre que vous voulez.
Une chose est sûre, qui que vous soyez, garçon ou fille, adolescent ou adulte, grand lecteur ou pas, chacun des deux textes apporte à l’histoire de cette famille en morceaux le moyen de la reconstituer, et d’en avoir une vision d’ensemble. Chacun des deux textes lui apporte un nouvel angle et une nouvelle fenêtre pour voir, et comprendre.
C’est à travers celle de Léo que je trouve le plus de profondeur et de résonance en moi … mais je ne ferme pas celle de Sophie. Au contraire, je l’ouvre en grand, je cherche à en saisir les subtilités, je vous invite à faire de même, et je laisse ces deux fenêtres respirer, à l’unisson, le vent et la vie.

On revient toujours changé d’un été, écrivais-je l’an dernier. C’est certain.
On revient toujours changé d’un roman de Florence Hinckel. J’en suis tout aussi persuadé.
Plongez dans l’été fragile, sensible, et bouleversant, de deux adolescents.

http://bouquinsenfolie.blogspot.fr/2014/10/le-challenge-des-bookineurs-en-couleur-1.html

Le collège et ses secrets

Mona, 12 ans, partage tout, de ses grands délires à ses petits soucis, avec sa bande de copines. Elle décide de créer, avec la documentaliste du CDI, un site où tous les collégiens pourront, de façon anonyme, faire des confidences et recevoir les conseils de ceux qui les lisent. De la peur du divorce aux bienfaits d'une crème anti-acné, les sujets sont variés et le site est de plus en plus fréquenté ! Mais bientôt la situation dérape et quelqu'un révèle un secret trop lourd à porter.
Info ou intox ? De qui s'agit-il ? Comment l'aider ?


                J’ai déjà eu unpeu l’occasion de vous parler du collège. C’est vrai que moi, le collège, j’y ai vécu de très beaux moments, c’est certain. Mais aussi des moments un peu moins faciles, parce qu’au collège, les enfants peuvent être très cruels ! C’est de cela qu’il est notamment question dans le dernier roman de Susin Nielsen. Mais ça n’est pas de cela qu’il va être question dans cette chronique, mais d’un autre point qu’on retrouve aussi dans ce dernier roman. Il y a en effet un problème autre qu’aborde Florence Hinckel dans son livre secrets.com.
                Mona, 12 ans, 6è, en créant ce forum de discussion partait plus de ce sentiment de curiosité. C’est vrai que les gens aiment lire les secrets des autres … puis, dans ce cas-ci, tenter d’en deviner l’auteur. Mais il y avait aussi l’idée de proposer aux 6è de se livrer, sans devenir la cible des moqueries des autres. C’est là qu’on touche le nerf principal du roman. A cet âge en effet, on n’ose pas toujours se confier, et on garde parfois des choses enfouies en nous, ce qui est une mauvaise chose. Ou comme l’écrit si bien  Timothée de Fombelle :

                « On n’est jamais obligé de dire les choses importantes à ses amis, mais le jour où on le fait, la vie devient plus douce. »
                C’est de ce départ assez excitant et prenant que démarre ce court roman. Un roman jeunesse, auquel j’ai donc eu un peu peur de ne pas accrocher au début. Mais finalement, je me suis facilement pris au jeu, et me suis attaché au personnage de Mona …
               
                Comme chaque fois, j’ai été étonné du talent avec lequel Florence Hinckel crée des personnages vivants. Elle retranscrit avec justesse des pré-adolescents tout juste entrés en sixième avec leurs rivalités, leurs craintes, leurs joies, leurs jalousies, leurs amitiés. Des personnages donc auxquels les plus jeunes lecteurs accrocheront sans aucun problème.
Un petit roman aussi pour les parents, qui aimeraient voir un peu ce qu’il se passe dans la tête de leurs enfants.

                Le suspense est bien présent et prend le lecteur sans qu’il ne puisse s’arrêter de lire. Il veut connaître la suite. Il est pris de ce sentiment de curiosité et de crainte qui s’insuffle dans les visiteurs du site secrets.com puisqu’ils se demandent quel est ce mystérieux secret et qui en est l’auteur. D’un bout à l’autre de l’histoire, on est baladé de rebondissement en évènement inattendu, en passant par des révélations qu’on n’imaginait pas et des intrigues qui se mêlent les unes aux autres. Le tout est très bien noué et s’enchaîne avec une fluidité non négligeable.

                Un véritable moment de fraîcheur que ce roman tout en douceur et sentiments. Florence Hinckel signe une histoire prenante et bien construite mais aussi touchante, qui laisse, une fois terminée, un petit sourire au coin des lèvres …

http://bouquinsenfolie.blogspot.fr/2013/09/on-revient-toujours-change-dun-ete.htmlhttp://bouquinsenfolie.blogspot.fr/2012/08/chronique-thea-pour-leternite-de.html

On revient toujours changé d'un été.



Les vacances sont finies. J'ai repris mercredi. C'est dur de reprendre. Je ne me rappelais pas que ça l'était autant. On va au lycée avec quelque chose de noué en soi mais on est aussi léger. Le sentiment d'être grand, d'être un Terminale quoi. Le renouveau et les amis qu'on va retrouver. Enfin vous savez, tout ce qui rend la rentrée dure et magique, j'en ai déjà parlé l'autre jour...
Mais il faut reprendre, se remettre dans le rythme, accepter qu'on a le BAC à la fin de l'année et que les profs sont déjà en train de se lâcher sur les devoirs. Comprendre qu'à certains moments, la lecture passera un peu à la trappe. Et c'est pas vraiment facile.
L'été s'évanouit alors dans un coucher de soleil qu'on déguste avec délectation, et on voit déjà le ciel pleurer le weekend. J'ai encore quelques rayons de soleil qui pénètrent les nuages. Mais il fait un peu froid, et moi je regrette mes vacances.
Je ne suis pas triste, malheureux, désespéré, je ne vais pas sombrer dans une période obscure ou je ne sais quoi, le lycée c'est un pas de plus vers la liberté. Tout comme le Bac. Seulement il y a derrière mes paupières la mer, la lumière et des éclats de bonheur que j'aimerais revisiter.

Pensez-vous que l'été soit un moment extraordinaire ? Qu'il puisse tout changer ?
Moi je crois sincèrement que oui ... je crois qu'encore une fois, cet été, j'ai changé.
J'ai grandi oui. Ma peau a bruni. Mais il n'y a pas que ça.
Les voyages forment la jeunesse dit-on. Et moi entre Dijon et Lyon, avec mes Poussins que j'aime tant à vivre des moments inégalables, j'ai sacrément vécu. Comme toujours j'ai vu la famille, La Rochelle, l'île d'Oléron. J'ai énormément lu, profité du soleil, de la plage, de l'eau. Mais les moments que j'ai vécu là-bas, entre Lyon et Dijon sont l'apogée de mes vacances. Toute son intensité s'y concentre.
"Sauf que dans mon cas, rien ne s'est déplacé de continent en continent, mais juste en moi. C'est peut-être aussi vaste."
Il y a de nombreux ouvrages pour parler d'été, d'amitié, d'amour, de légèreté et d'émotions. Mais celui dont je veux vous parler est singulier.
L'été où je suis né est un roman d'été. Léo, ce doux Léo, cet adorable Léo, ce personnage auquel on s'accroche comme au plus cher de nos amis, est seul chez lui. Ses parents adoptifs se sont offerts une semaine en amoureux et il a la maison pour lui tout seul. Mais il a sa moto, son meilleur ami, sa liberté. Alors non, Léo n'est pas de ceux qui vont organiser de mémorables et éreintantes soirées. Léo est de ceux qui vont s'épanouir.
 "Les journées s'ouvraient devant moi comme de grands volets face à une vaste étendue. C'était assez vertigineux. Agréable."
Parce qu'au détour d'une rivière, entre une eau rafraîchissante et revigorante et un soleil de plomb, il y a Xavière. Xaxière qui va faire battre son coeur comme le faire battre, tous les jours,  X. X, sa mère qui l'a abandonné à la naissance et dont il ne sait rien.
De prise de conscience en tourbillon de sentiments, Léo va peu à peu se rendre compte que pour aimer, que pour changer, pour se trouver, pour grandir, il va peut-être falloir d'abord savoir qui il est.
Il s'agissait d'une relecture pour bien entamer l'été. Mais il devient un de mes livres cultes, un de ceux que je relirais souvent et qui plus que la première fois, m'a remué tout entier. J'ai aimé Léo comme je me suis projeté en lui.
"A ce moment là, ç'a été comme si une digue immense s'était brisée. Une vague, que dis-je, un tsunami de tristesse est venu s'échouer sur moi. Je n'ai pas pu retenir mes larmes."
D'un style naturel et rassurant comme la chaleur du soleil, Florence Hinckel a su une fois de plus me guider dans une histoire, courte, mais passionnante. La quête d'un adolescent qui a besoin de comprendre.
L'été où je suis né est puissant. C'est un livre pour aimer l'été comme pour le regretter. C'est un livre qu'on n'oublie pas car il a le pouvoir de nous marquer avec si peu de pages. C'est un livre qui montre le pouvoir de l'été ... et sa beauté. Ce pour quoi on l'aime et le ressent au plus profond de nous. Ce pour quoi il me manque
"X, il y a plusieurs drogues possibles. Je ne sais pas si la mienne est moins néfaste qu'une autre. Mais la plupart des drogues, on choisit d'y goûter, la première fois. On se met tout seul dans la panade. On a une responsabilité quoi. Alors que moi, je suis tombé dedans sans que j'ai eu le temps d'y rien comprendre. Je ne suis plus moi-même. J'en oublie mes amis, mon scooter...et ma tranquillité. Plus rien n'est serein dans ma vie. Parfois il y a une petit douleur, là. D'où elle vient ? Tout ça n'est pas rationnel."

[CHRONIQUE] Théa pour l'éternité de Florence Hinckel

Coup de ♥

Théa pour l'éternité
de Florence Hinckel
à 15€50
chez Syros
collection Soon
224 pages

Théa est secrètement amoureuse de Théo, son voisin et meilleur ami d’enfance, qui lui préfère la pom-pom girl du lycée. Théa vit seule avec sa mère, une ancienne présentatrice de télévision obnubilée par le souci de paraître jeune. Théa a l’impression que le temps passe trop vite et que les promesses de l’enfance sont déjà loin. Alors, quand le professeur Jones lui propose d’être le plus jeune cobaye d'un programme visant à stopper le vieillissement, Théa se dit que c’est une chance unique qui s’offre à elle.
 
Un rêve qui fascine depuis toujours l’être humain : accéder à la jeunesse éternelle. Le destin hors normes d'une héroïne qui a franchi la limite interdite. Un roman déroutant d'une évidente actualité.

                J’ai été très heureux de recevoir Théa pour l’éternité ! J’en remercie d’ailleurs vivement l’édition et Véronique –l’attachée presse- pour cela. Si je n’ai lu que le dyptique de Claire Gratias (le signe de K1) et donc maintenant cet unique roman ; je dois dire que j’apprécie beaucoup la collection Soon et ses histoires futuristes ! J’ai adoré Théa oui. Un livre très fort dont je vais m’empresser de vous parler !

                Il est vrai que l’histoire pourrait être plus futuriste que ce dont à quoi on pourrait s’attendre et c’est d’ailleurs un point qui a dérangé Tom. Moi pas du tout ! L’univers futuriste, c’est ce médicament miracle. Il n’y a pas besoin de technologies, de quelconque point dystopique pour plaire aux jeunes. Pour moi ça a marché. C’est un avenir proche qui est dépeint là, et donc peu différent d’aujourd’hui.

                L’histoire que l’on découvre au début du roman est tout ce qu’il y a de plus banale. On est au lycée. C’est un autre point qu’aborde Tom dans sa chronique, il est vrai qu’on a parfois plus l’impression d’être au collège. Mais encore cela ne m’a pas gêné ! On est dans des intrigues amoureuses et amicales qui m’ont parues crédibles et intéressantes. Moi qui aime bien ce genre d’histoire j’ai été comblé avec celle de Théa et de Théo … Elle est touchante et est au cœur de l’intrigue à sa façon. Au début de ce roman, on découvre aussi la situation familiale du personnage principal et notamment sa mère qui vit dans la crainte de vieillir …

                La quatrième de couverture vous le fait découvrir : vous allez être plongé au cœur d’une expérience à échelle humaine où Théa va prendre un traitement qui l’empêchera de vieillir. Ce choix est à l’origine de bien des choses qu’on voit arriver. Ce choix m’a terrorisé dès le début. Je me disais que c’était une mauvaise idée, que moi je n’aurai jamais accepté, que telle ou telle chose était mauvaise … en bref je me suis retrouvé en proie à  des sentiments présents chez certains personnages.

                Les sentiments. C’est pour moi le gros point de fort de ce roman. De l’angoisse, un sentiment de perte, de cul-de-sac. De la tristesse, de la compassion, de la déception. Beaucoup de sentiments négatifs c’est vrai. Beaucoup d’émotion en somme. J’étais terriblement pris par celle-ci pendant toute ma lecture. J’ai été très proche de Théa. Je l’ai suivi passionné et terrifié par ce qui lui arrivait.

                Dans tout ce kaléidoscope de ressentis ce sont une multitude de thèmes qui sont abordés. En premier plan une grande angoisse humaine : la mort, et plus particulièrement la vieillesse. Beaucoup d’entre nous veulent rester jeunes, ne pas perdre leur beauté, leur peau lisse, ne pas prendre de ride et se rapprocher inexorablement de la fin. N’oublions pas non plus que certains métiers nécessitent la jeunesse ou qu’une fois plus âgé il est difficile de trouver un emploi. Ainsi l’auteur aborde avec beaucoup de crédibilité et de force ce point là. Elle l’utilise en le mêlant à l’adolescence, les choix que l’on fait, à l’amour, l’amitié mais aborde aussi de façon inévitable les manipulations, les personnes haut placées qui utilisent d’autres pour arriver à leurs fins mais encore l’espoir et la puissance de la solidarité. Il est aussi question d’évolution, d’avenir, de choses à accepter … J’ai été vraiment touché par tous ces thèmes qui sont le fruit de beaucoup de réflexions … (ce que l’auteur exprime d’ailleurs dans la postface qui est intéressant …)

                Quant aux personnages, je les ai franchement beaucoup appréciés ! J’ai entendu Tom dire que Zoé aurait pu être plus approfondie. Moi je me suis un peu raccordé à son avis mais finalement je trouve qu’elle est très intéressante ! Elle est originale, adorable, attachante, et est là pour son amie. Cette dernière m’a tout simplement conquis ! Théa vit des évènements douloureux qui vont l’amener à devenir unique dans un monde où toute originalité est mal vue ou signe d’une possible célébrité. Elle va encore traverser des épreuves difficiles et affronter bien des choses. Elle reste forte, soutenue par son entourage et par son caractère enflammé. Ses parents sont aussi très bien construits. Sa mère est victime de la vieillesse ce qu’elle n’accepte pas et est pour nous à l’origine de sentiments contradictoires. Colère, compassion. Son père est prévenant, artiste, attachant. Et il y a bien sûr Théo et Théa a su me communiquer son amitié envers lui. Tant de personnages qu’on aime, pour lesquels on doute, qu’on n’aime pas. Quant au professeur Jones, je préfère vous laisser vous forger votre propre opinion …

                Si j’ai tant adoré Théa, si l’émotion est passée, c’est aussi grâce au style si fluide de Florence Hinckel. Elle a choisi de se mettre sous le point de vue de Théa qui nous raconte son histoire en la retranscrivant sur une tablette. Parfois on a un aperçu de ce présent où elle raconte qui laisse une trace de suspense. Il y a de la poésie dans cet écrit, des jolies tournures et c’est un lien qui se crée entre le lecteur et notre jeune héroïne …
POUR CONCLURE
Les plus Les moins
  • Une lecture passionnante et pleine d'émotion!
  • Des thèmes qui mènent à rréflexion et qui sont d'actualité ...
  • Des personnages attachants
  • Un magnifique style
  • Cherchez la petite bête et vous en trouverez mais qu'importe ?

                Au final c’est un roman très émouvant que j’ai découvert. Beaucoup d’émotion oui, des personnages attachants, forts et une Théa proche de nous par ce style captivant et son histoire bouleversante. J’ai passé un excellent moment, le cœur souvent serré entre traitement médical futuriste et intrigues adolescentes qui finissent par sortir des sentiers battus. Un véritable coup de cœur.

Les petits plus ...
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        Nathan, le 04 Août 2012