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L'interview du Dimanche (7)

Si je l'avais rencontrée rapidement en vrai c'est (encore !) par facebook que nous avons réellement fait connaissance ...

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 C'est Véronique Durand, responsable du rayon ados que j'interroge aujourd'hui ... voici le texte en réponse à mes questions. Passionnée, passionnante et captivante, apprenez-en plus sur la librairie Mollat -plus grande librairie indépendante de France- la création du rayon ados, et sur les goûts et opinions de cette libraire !

Je suis libraire depuis 1986. J’ai fait des études de lettres sans grande conviction je dois dire : je ne voulais pas enseigner, je ne savais pas trop vers quoi m’orienter mais j’avais une passion pour la littérature depuis toujours. J’ai entendu parler de la formation aux Métiers du livre de l’IUT Michel de Montaigne à Bordeaux et donc, deux ans plus tard, DUT en poche, j’ai commencé ma carrière dans une petite librairie indépendante à Bordeaux (Mimésis, qui n’existe plus aujourd’hui) . Je crois que l’on peut parler de vocation inconsciente puisque, en rangeant les livres que j’avais enfant (et je n’en n’avais pas énormément, j’allais plutôt à la bibliothèque), je me suis aperçue que tous étaient marqués d’un prix, écrit de ma main au crayon à papier. Le souvenir enfoui est alors remonté dans ma mémoire : j’avais (à quel âge, je ne sais pas), vendu des livres à mes ours et à mes poupées…
Denis Mollat - (c) Laurent Theilet - photo Sud Ouest.fr

En novembre 1989, on m’a proposé un poste au rayon jeunesse (domaine que je ne connaissais pas vraiment puisque Mimésis était plutôt spécialisée en Littérature générale et Sciences humaines). Je me suis mise à lire frénétiquement albums et romans et j’ai découvert un univers de création qui allait devenir pour moi une véritable passion. Je suis restée 19 ans dans ce rayon jusqu’à ce que Denis Mollat me propose de créer un espace ados/jeunes adultes au sein de la pochothèque.

interview du responsable de collection #
L’idée de ce rayon est née il y a à peu près six ans. Après le phénomène Harry Potter (succès auprès des jeunes lecteurs mais aussi auprès d’un lectorat plus âgé, voire adulte) puis avec le succès de la série de Stephenie Meyer, et dans un autre registre l’apparition de collections comme Exprim’ chez Sarbacane nous ont poussés à nous interroger sur l’emplacement de ces ouvrages à l’intérieur de la librairie. Nous avions à proposer au rayon jeunesse des livres qui étaient destiné à un public (13-20 ans) qui ne venait que peu au rayon jeunesse, sauf poussé par les séries à très gros succès qu’ils étaient d’ailleurs étonnés de trouver dans un espace trop connoté « enfant ». Les ados étaient pourtant bien dans la librairie mais plutôt dans l’espace BD ou au rayon poche pour les prescriptions scolaires ou des lectures personnelles qu’ils avaient un peu de mal à choisir face à l’abondance de l’offre. C’est donc un constat, une simple observation de l’évolution de l’offre éditoriale et des pratiques des lecteurs qui a nourri cette réflexion qui s’est concrétisée par un déménagement partiel du fonds jeunesse vers la pochothèque. Nous venons de rendre ce projet encore plus cohérent en accueillant dans le même espace le rayon SF et fantasy adulte. La circulation se fait donc maintenant plus naturellement entre littérature générale en poche, littérature ados, littératures de genre et collections para-scolaires. L’idée étant aussi que les adultes puissent aller sans complexe vers la littérature dite pour ados et que les frontières artificielles liées à l’âge du lecteur se gomment. Il a fallu choisir quels romans estampillés jeunesse allaient rejoindre le secteur ado et ce ne fut pas sans hésitations. Entre connaissance du fonds et diplomatie, il a fallu trancher parfois dans la douleur ! Nous avons tenté de préserver la cohérence pour que chacun s’y retrouve mais bien évidemment, suivant les demandes et l’appétit de lecture des uns et des autres, il y a des moments où l’on peut être sur les deux rayons à la fois, un peu à la frontière. C’est aussi le rôle du libraire que de savoir guider, accompagner et …sourire !

source
La librairie Mollat est la plus grande librairie indépendante de France avec une superficie de 2500 m2 , une centaine d’employés (une cinquantaine de libraires). Située au cœur de Bordeaux, elle se compose de différents espaces sur un seul niveau, en rez-de-chaussée, ce qui donne l’impression d’avoir une succession de librairies thématiques qui forment un labyrinthe où l’on peut flâner d’une ambiance à l’autre. Une vague de déménagement qui vient de s’achever permet regrouper  trois grands secteurs : le savoir (livres scolaires, scientifiques, juridiques, Sciences humaines, Histoire,…), l’image (Beaux-livres, architecture, design, graphisme, BD, Jeunesse, Art de vivre, tourisme, et fiction (Littérature, ados, littératures de genre et poches).
Si la librairie ne s’étend pas physiquement pour l’instant, elle s’étend d’une autre façon via le site internet qui est un site marchand et aussi un site riche en informations (les coups de cœur des libraires par domaine, dossiers thématiques, blog ados et blog littérature, vidéos et podcast des conférences viennent l’animer constamment). Que l’on soit bordelais ou pas, on peut donc se promener chez Mollat, en chair ou en os ou, d’une façon virtuelle via Mollat.com : la librairie est ainsi présente via le site sur les cinq continents et soufflera 120 bougies en 2016 !

Mes goûts en matière de lecture ? Vaste question ! Je vais en oublier ! J’ai découvert la littérature ados, en tant que libraire, par le catalogue de l’Ecole des loisirs qui était l’un des rare (à la fin des années 80) à avoir choisi d’éditer des auteurs contemporains. Il y avait aussi la collection Travelling chez Casterman, la bibliothèque de l’amitié chez Hatier ou encore la bibliothèque internationale chez Nathan mais bref, les auteurs qui m’ont marquée à ce moment là étaient Marie-Aude Murail, Judy Blume, Robert Cormier (exceptionnel !), Susie Morgenstern, Xavier Laurent-Petit, Loïs Lowry, Christian Lehmann…Ah ! No pasaran, le jeu !
Il y a des maisons d’édition dont je me sens plus proche : ce que propose le catalogue Doado du Rouergue m’enthousiasme et ce, depuis le premier titre Cité nique le ciel de Guillaume Guéraud. Dix romans plus tard, Guéraud fait toujours partie des auteurs que je suis avec une fidélité quasi aveugle ! La naissance d’Exprim’ a amené une vraie révolution en édition jeunes-adultes : Insa Sané a été une vraie claque et je suis le catalogue avec attention. C’est un éditeur qui prend des risques, ose l’originalité de ton et réveille un panorama éditorial parfois très sage à destination d’un public qui est en âge de ne pas l’être ! Chez Gallimard, Timothée de Fombelle bien sûr qui a ce talent rare de tout vous faire oublier même quand le livre est refermé ! J’ai aussi adoré La série de Cornelia Funke, Sang d’encre ou encore celle de Philip Pullman La malédiction du rubis. Faire le mort (Thierry Magnier) du suédois Stephan Casta a aussi été un grand choc de ces dernières années, mais aussi La trilogie de Patrick Ness, La voix du couteau (Gallimard), Delirium de Lauren Oliver ou Kabylie Twist de Lilian Bathelot et tant d’autres ! Jean-Luc Marcastel, Mikaël Ollivier, Pauline Alphen…J’essaie de lire trois /quatre romans par semaine donc, depuis plus de 20 ans, je n’ose pas faire le calcul ! Toutes mes lectures n’ont pas été étourdissantes bien sûr mais ce métier à cela de vertigineux que l’on mesure au quotidien  l’abondance de l’offre de lecture tout en étant conscient de ne jamais pouvoir en faire le tour : un métier de gourmandise et de frustration…
Mes lectures personnelles (mais est-ce que ça existe encore quand votre loisir principal est lié aussi intimement à votre métier ?) vont souvent vers la littérature anglo-saxonne. J’avoue un faible pour la littérature victorienne (Dickens, Gaskell, Wilkie Collins…) ou plus près de nous pour Thomas Hardy ce qui ne m’empêche pas d’adorer la littérature américaine (London, Selby, Oates, Kasischke, Brautigan, Franzen…)
L’exercice est difficile, il faudrait que je sois devant ma bibliothèque pour que mes vieux amis me sautent aux yeux…Le top 3 serait : Oblomov de Gontcharov, Martin Eden de Jack London et Les grandes espérances de Charles Dickens. Classique, certes, mais ce sont des livres qui ont compté et comptent encore pour moi.

L’univers des blogs m’intéresse bien sûr mais je n’en suis que quelques uns (notamment ceux de trois cousins…). Lire les chroniques des autres c’est bien (bien qu’il y ait à boire et à manger sur le net) mais prend trop de temps : de lien en lien, les heures que l’on peut y passer auraient au final été mieux utilisées à lire un roman. Pareil pour facebook qui est quand même un fabuleux outil de partage de l’information : je pratique, je lis, mais avec modération…Parce que la lecture sur papier, c’est sans modération du tout ! D’ailleurs, j’y retourne…Merci Nathan !


L'interview du Dimanche #6


Photo: Les histoires sans fin
« Je m’appelle Tibo Bérard et je suis responsable de la collection Exprim’ aux éditions Sarbacane depuis 6 ans. » Voilà comment il se présente à vous ! ... Mon aventure avec Exprim' a commencé lorsque j'ai eu en partenariat sur le forum Club de Lecture L'enfant nucléaire de Daph Nobody. Après publication de ma chronique, j'ai été contacté pour être partenaire parce que l'éditeur avait beaucoup aimé mon avis ! J'ai donc lu ensuite Traverser la nuit de Martine Pouchain. J'ai donc de la collection une courte expérience que j'espère enrichir parce que ces deux lectures m'ont marqué (notamment la première ...). Ce sont deux livres singuliers et uniques comme on en croise pas souvent ... Et si nous avons beaucoup retravaillé le texte final, ça a été l'occasion de passer un bon moment en parlant -en direct à l'oral !- de la collection avec Tibo Bérard qui est un homme passionné par ce qu'il fait ...

  • Et c’est vous qui avez créé la collection Exprim' ?

                    Oui, en synergie avec toute l’équipe de Sarbacane, bien entendu. J’étais journaliste pour un magazine littéraire avant d’être éditeur et, en voyant arriver la production romanesque sur mes tables, qu’elle soit jeunesse ou adulte, j’ai eu des idées. Et d’abord, l’envie de proposer en littérature française de l’énergie, du rock’n’roll, une forme d’audace à l’américaine. Quand le magazine pour lequel je travaillais s’est arrêté, j’ai rencontré Sarbacane, une maison d’édition à l’époque uniquement spécialisée dans l’album pour enfants, indépendante (elle fêtera ses 10 ans en 2013 !). Ils avaient envie de lancer une collection de romans, nous nous sommes très vite rencontrés sur des idées, des envies, des intuitions. C’est ainsi qu’est née Exprim’. 

    Pour EXPRIM', l'idée était de donner à entendre notre envie d'audace, de truculence, notre rapport "ogresque" au livre et à la lecture. EXPRIM' comme "écoutons des auteurs qui osent, qui hurlent, qui sonnent !" La musicalité est une donnée importante de la ligne éditoriale. Avec le X de EXPRIM', on voulait aussi suggérer qu'on serait une zone libre ù rien ne serait interdit, où les fantaisies des auteurs seraient vraiment mises en valeur, sans limite.

  • En tant que responsable, quel est votre rôle exact dans la vie de la collection et de ses publications ?
  •                 La première chose consiste à définir la ligne éditoriale de l’édition – et le cas échéant, à la faire évoluer au fil des années, car une collection « vit » au-delà des concepts, au contact de ses auteurs, des libraires, des lecteurs…

    Exprim’, ce sont des livres qui se distinguent par leur écriture d’abord, leur langue inventive, leur énergie. Ce sont des auteurs français qui sont publiés sauf pour Stephen Chbosky, dont j’ai publié le livre The Perks of being a wallflower (Pas Raccord en France) il y a quelques années – une adaptation au cinéma sort d’ailleurs aux États-Unis cet automne, avec Emma Watson et Logan Lerman.
                    Ensuite trouver des auteurs. Le principe de la collection étant de faire entendre de nouvelles voix, j’ai publié dans un premier temps, pour une grande majorité, des premiers romans (j’accompagne les auteurs ensuite, sur leur deuxième, troisième, quatrième roman…) Je les ai dénichés sur les scènes musicales (slam, hip-hop), sur Internet aussi… J’ai vécu ainsi beaucoup de rencontres « miraculeuses », de hasards qui n’en sont pas tout à fait : mon intuition éditoriale a rencontré les envies artistiques de ces auteurs, souvent jeunes, et bien décidés à bousculer les codes littéraires pour produire une littérature très vivante, musicale, explosive.
                   
    Vient ensuite le travail sur les manuscrits avec les auteurs. La première version d’un roman est toujours un manuscrit perfectible, qu’il faut pousser plus loin. Je propose des idées pour retravailler la structure, approfondir le style, imaginer de nouvelles pistes narratives… et on discute, on cisèle, on s’amuse. Le livre passe souvent par 6 ou 7 versions avant qu’il ne soit publié.
                    J’interviens alors pour choisir la couverture et aider la graphiste à la réaliser. Je lui parle de l’univers du livre, des films auxquels il me fait penser, de l’ambiance, du ton…
                    Et pour finir on imprime le livre. Ensuite, il faut le « porter », le défendre sur les salons, les festivals, auprès de la presse – et des bloggeurs !
  • Avez-vous parmi vos romans des publications préférées ?

                    J’adore tous mes « bébés » sans exception, mais c’est normal. Je n’en publie que dix par an, et chacun est donc un vrai coup de cœur, à 200 %. En revanche, il y a des romans qu’on a, à certains moments, plus de facilité à mettre en avant, ou dont on parle souvent pendant une certaine période parce qu’ils peuvent correspondre à des moments de notre vie où ils nous font du bien, où ils nous donnent de l’énergie… Enfin, certains romans sont plus universels que d’autres – y compris à l’intérieur même de la production d’un auteur, qui alternera par exemple un roman assez pointu et un autre plus populaire –, et il m’arrive de savoir à l’avance qu’un livre va toucher plus de gens qu’un autre. Par exemple, on a eu beaucoup de retours de bloggeuses qui ont été déroutées par L’enfant nucléaire parce qu’elles le trouvaient choquant, ou trop horrifique. Le ne Pouchain… Là encore, les auteurs savent souvent, selon le sujet choisi et la façon de le traiter, à quel moment ils produisent un roman très ouvert, très universel, et à quel moment ils sont plutôt dans un genre de livre qui aura de vrais fans, mais peut-être un moins grand nombre de lecteurs. Par exemple, Rolland Auda, qui a publié un roman vraiment excellent mais assez pointu, Le Dévastateur, va publier en janvier 2013 un roman uchronique « steampunk » avec des piratesses et des montres marins, qui à mon avis va CARTONNER !!! C’est une merveille d’imagination et de fantaisie : L’Équipée Volage.
  • Parlez nous de vos lectures, lisez-vous de la jeunesse ?

                    Assez peu, à vrai dire.  Si j’aime certains auteurs comme Guillaume Guéraud ou Sylvie Deshors, beaucoup de romans publiés en jeunesse me semblent encore trop formatés, trop gentillets… Chez Exprim’, en fait, on publie des livres qui peuvent toucher les jeunes et les adultes. On a envie de faire bouger ce secteur pour qu’il devienne LE lieu de l’innovation, de la prise de risques… (cf question précédente pour faire le lien avec L’enfant nucléaire). De fait, la littérature française contemporaine, en général, m’attire rarement, je lui préfère nettement la littérature américaine, des auteurs comme Chuck Palahniuck (Fight Club), Hubert Selby Jr, Ellroy… J’aime beaucoup les Russes aussi, Gogol, Boulgakov, et d’une façon générale les auteurs « céliniens », qui malaxent la langue, qui osent des choses. J’ai eu récemment une claque magistrale à la lecture de La Horde du contrevent, d’Alain Damasio – un Français, tiens ! Globalement, voilà ce que j’aime : les univers déjantés, délirants… l’inventivité au service du plaisir de l’histoire !
  • [Adaptations cinématographiques] Comment cela se passe ? 
  •                 (cité plus haut) The Perks of being a wallflower est donc adapté au cinéma – mais il s’agit là d’un roman américain, nous avons donc suivi cela d’assez loin. En revanche, il y a dans notre catalogue deux livres en cours d’adaptation, Du plomb dans le crâne d’Insa Sané et Mes idées folles d’Axl Cendres. On est d’abord contactés par la boîte de production, qui réserve les droits pour une certaine période, le temps de trouver des financements, et on propose alors que l’auteur du livre soit scénariste si celui-ci peut et veut le faire – parfois cen’est pas le cas mais pour ces deux auteurs-là, si. Ensuite, on peut occasionnellement faire des suggestions, discuter avec le producteur de l’univers du roman, du ton, etc … mais si le projet se concrétise, le roman – et c’est ça qui est beau – ne nous appartient plus tout à fait, il devient une création du producteur et du réalisateur choisi.
  •                 Nous en sommes ensuite venus à parler des bande-son des livres. En effet, au début de chaque livre vous trouverez une bande-son associée au roman. Tibo Bérard explique : « Je voulais refléter l’aspect musical et moderne des pratiques d’écriture et de lecture d’aujourd’hui. Je demande à l’auteur de réaliser ces bande-son à partir des musiques écoutées pendant l’écriture ou qui s’associent bien au livre, qui en dessinent l’univers musical… »

L'interview du Dimanche #5


Avec un jour de retard et une semaine ou deux d'absence revoici le rendez-vous ! :-) Et c'est à une auteur que j'apprécie beaucoup que je le dédie ...


Dans la première interview qu'elle m'avait accordé elle disait pour commencer ...
Est-ce une première et es-tu contente d'y répondre ?
Bonjour Nathan.
Oui c'est ma toute première interview figure toi et je te remercie de m'y convier. Bien sûr, j'en suis très heureuse et surtout flattée. Je vais faire de mon mieux pour y répondre.......correctement mais surtout avec sincérité.
Aujourd'hui elle commence par se présenter ...

Bonjour Nathan. Je suis Manuela, j’ai 38ans, je suis mariée et j’ai 2 enfants. J’habite en Gironde mais je suis alsacienne de naissance et de cœur. Après avoir travaillé pendant 15 ans dans une compagnie aérienne, je l’ai quittée pour me consacrer à ma famille et à l’écriture. 

J'ai commencé à écrire par hasard, il y a presque 3ans maintenant. J'étais en vacances à saint martin, j'avais un carnet sous la main et un stylo et j'ai commencé. Depuis, je n'ai plus arrêté. J'ai découvert ma vraie passion, ma vocation en fait. Je me libère en écrivant. J'adore ça. Quand je prends mon ordinateur, j'oublie tout.
Tropique du capricorne est né à Saint Martin justement. Il est mon tout premier écrit, mon premier bébé. J'ai commencé à écrire sans faire de plan. Je me suis laissée guider par mon imagination. Je ne connaissais ni les personnages ni la fin en commençant à écrire. J'ai tout fait à l'instinct. Je l'ai écrit en 3 mois, matin, midi, soir, la nuit. J'ai fini par ne plus pouvoir le voir en peinture tellement je ne vivais plus que pour ce roman.
 Voilà comment elle nous parlait de sa passion d'écrire ... Manuela nous parle du prix de Femmes Actuelle dont son roman a été coup de coeur du jury ...


J’ai écrit mon roman il y a un peu plus de deux ans. Je l’ai sorti en auto édition après avoir reçu plusieurs refus de maisons traditionnelles. L’année dernière j’avais repéré ce concours totalement par hasard mais je m’y suis prise trop tard. Cette année, j’ai vu qu’Eliette Abécassis en était la marraine et ça m’a plu. J’aime beaucoup ce qu’elle écrit, elle est moderne, libre. J’ai donc décidé d’envoyer mon roman mais sans vraiment y croire en fait. Je l’ai envoyé en novembre et j’ai reçu un mail fin décembre me disant qu’il faisait partie des 120 derniers (sur plus de 400). Ensuite, en mars, j’ai reçu un autre mail me disant qu’il faisait partie des mieux notés (par un jury populaire, des lecteurs comme chacun d’entre nous). Je n’y croyais toujours pas, me disant qu’ils envoyaient ce mail à beaucoup de monde. Je me trompais. En avril Jean Laurent Poitevin, des Nouveaux Auteurs, m’a appelée pour m’informer que j’étais le Coup de Cœur du Jury. Je n’en revenais pas. Mais quelle vague de bonheur. La remise des prix a eu lieu le 3 mai au siège de Femme Actuelle. J’y ai rencontré des gens adorables. Et j’ai également appris que j’étais le Coup de Cœur d’Eliette. Double récompense et bonheur.


·         Ca y est ton livre est en librairie du coup ! Dans la dernière interview tu disais : « des fans? oui mais seulement des gens que je connais. Après les refus des maisons d'édition, je me suis lancée dans l'auto édition. J'ai vendu pas mal d'exemplaires par thebookedition mais ça reste tout de même un cercle d'amis ou de la famille. » Et maintenant ton livre commence à être beaucoup plus connu … il a été beaucoup lu, les premiers commentaires et avis arrivent. Comment vis-tu cela ?

 
Très bien, pour sûr ! (rires) Ce n’est que du bonheur ! Les gens viennent facilement vers moi pour me dire qu’ils ont aimé, tel ou tel personnage ou tous, tel ou tel passage, la fin…..C’est vraiment très agréable. On me demande comment sont nés mes personnages, comment j’écris…..Il n’y a vraiment que des bons moments ! Et j’apprends beaucoup au contact des lecteurs sur mon livre et sur moi-même.

·         Et plutôt deux fois qu’une … tu as aussi été publiée dans un recueil de nouvelles ! Veux-tu nous en parler ?
 
Oui, je participe depuis peu à des concours de nouvelles. Je trouve ça très sympa. Un thème imposé, un nombre de mots également…..je trouve que ça m’a permis d’affirmer mon style et mes écrits actuels ne ressemblent plus tellement à ceux d’il y a 2 ans. J’ai participé en mars au concours des éditions Safée sur le thème de l’Autre. Ma nouvelle, le Bonnet rouge, est arrivée dans les 23 dernières qui font partie d’un recueil sorti également la semaine dernière. Et c’est mon amie qui a gagné le prix ! Le recueil est superbe, je vous le conseille !

·         Jamais deux sans trois oserai-je dire maintenant … le bonheur te sourit et te voilà partie pour être publiée dans un recueil de nouvelles des éditions Valentina ! Rebelote tu nous en dis plus ? ;)
 
Oui, c’est fou ! Mon été littéraire 2012 est merveilleux et je n’en reviens toujours pas. J’ai participé au concours des Editions Valentina sur le thème des Anges en avril. Le thème me plaisait vraiment beaucoup mais je n’avais jamais rien écrit dans le genre fantaisie…..on dit comme ça ? lol
En tout cas j’ai tenté ma chance et ça a payé. Ma nouvelle leur a plu et fera donc partie d’un recueil qui sortira aux mêmes éditions en décembre prochain. J’ai hâte de le découvrir.

·         Un roman et deux nouvelles publiées ! Et après ? Des projets ? D’autres concours de nouvelles ?
 

En fait, une autre nouvelle a terminé dans les 10 dernières d’un autre concours. Je l’ai su il y a 2 jours (mais pas de recueil cette fois-ci) donc il faut croire que ça me réussit. J’en écris encore 2 et puis j’arrête. Il va falloir que je me concentre sur mon second roman. Ca me semble plus important. Je me fixe comme objectif de le commencer cet été.

·         Merci pour cette deuxième interview ensemble et pour ta troisième en tout ! :D A très bientôt Manuela …

Encore une fois merci à toi Nathan. Tu y as cru depuis le début ! Et bon été à tous.

Cette avant-dernière phrase me touche énormément. C'est avant tous grâce à Nathaniella qui avait organisé un échange de marques-pages sur le forum Club de lecture que j'ai rencontré Manuela. Puis grâce à Karine j'ai reçu le livre. Un coup de coeur. Voilà ce qu'il a été. Et alors que le bonheur apparaît sous plein de jours différents dans la vie d'écrivaine de Manuela, je suis heureux d'avoir fait partie de façon aussi infime soit-elle de la naissance d'une nouvelle auteur ! A bientôt chers Masqués ...

L'interview du Dimanche #4


Bon l'interview du dimanche le mardi ... aujourd'hui on joue dans l'originalité ! :-)
Et notre interviewé est ...

Fred Ricou

J'ai fait sa connaissance sur facebook (oui, oui, facebook n'est pas que du négatif !) et du coup je lui ai proposé une interview. Moi qui aime beaucoup le site des Histoires sans fin (et je ne dis pas ça que parce que Fred Ricou lira l'article derrière !) ce fut du plaisir et ma deuxième interview orale. Je le remercie pour avoir accepté, je le remercie pour m'avoir aidé et avoir plus guidé que moi, cela m'a permis de m'améliorer dans mes interviews orales !

Mais qui est-il ? Eh bien ... laissons lui la parole !

Bonjour ! Je suis Fred Ricou, je suis le directeur de publication du site les Histoires sans fin qui parle uniquement de littérature jeunesse et adolescente. Ce site existe depuis 5 ans et demi et notre point fort depuis 4 ans est de faire des interviews vidéos des auteurs, des illustrateurs, des éditeurs et de tout ce qui parle de littérature jeunesse en général. 

  •  C’est vous qui avez créé les Histoires sans fin ?

Oui c’est moi qui l’ai créé entièrement. Je l’ai créé mais je ne l’ai pas construit parce que je ne suis pas webmaster. Mais par contre tout ce qui est contenu, visuel, ça a été travaillé avec mon accord, mes idées plus les idées du webmaster qui m’avait été proposé à cette époque là.

  •  Et comment vous en est venue l'idée ?

Alors en fait j’ai deux formations : une formation de journaliste et une formation de libraire. Je me suis retrouvé il y a 7 ans dans un rayon jeunesse d’un grand magasin parisien, qui est sur les Champs-Elysées, on ne citera pas la marque … (rires) J’ai découvert l’univers réel de la littérature jeunesse avec tous les romans, tous les albums, tous les auteurs … et c’est resté dans un petit coin de ma tête. Il y a 5 ans et demi j’ai commencé par un blog. Comme je ne trouvais pas ça très pratique pour les archives, je l'ai transformé en site. Je savais qu'il y avait déjà quelques sites sur la littérature jeunesse mais je voulais surtout être un petit peu l’opposé du site Ricochet qui est un site qui est plutôt réservé aux professionnels, ce qu’on appelle les prescripteurs du livre (libraires, bibliothécaires …). Pour les lecteurs et les parents de lecteurs – parce qu’il y a quand même beaucoup de parents qui regardent ce que leurs enfants et autres adolescents lisent –  je trouvais qu’il n’y avait rien de spécial. Alors j’ai créé un site facile d’accès avec des chroniques qui ne dépassent pas maximum 2000 signes pour les romans et maximum 1500 signes pour les albums pour ne pas faire de choses trop longues et avoir directement l’information sur la littérature jeunesse et adolescente !
  •  Donc votre rôle exact ... qu'est-ce que c'est ?
 
Je suis directeur de publication. J’ai longtemps été rédacteur en chef. Je prépare ma rentrée parce que je suis plus un homme de médias (radio, etc …) donc j’ai des envies pour la rentrée sur les médias officiels (télé, radio, …) – mais je ne sais pas si je vais arriver à les faire, comme tu le sais, la littérature adolescente y est quasi inexistante  – et donc j’ai maintenant un œil de superviseur en tant que directeur de publication. J’ai une rédactrice en chef –Leïla Pelfresne – qui travaille avec moi depuis 3 ans.

  • Et donc vous rencontrez des auteurs ...

Oui on rencontre énormément d’auteurs, illustrateurs, éditeurs … et sur le site il y a – et encore ça ne représente pas tout puisqu’il y  a ceux que je rencontre et que je n’interviewe pas forcément - plus de 138 interviews dont une bonne centaine de vidéos. C’est toujours passionnant une rencontre avec un auteur, parce qu’on rencontre des gens qui ont un univers, qui arrivent chacun avec leur background, leur passé, respectifs et ça fournit leurs univers. 

  • Vous lisez beaucoup de littérature jeunesse ?

J’en lis un peu moins en ce moment que quand on a commencé parce que j’ai une équipe qui varie entre 3 et 5 personnes et à qui je confie beaucoup de livres. J’ai toujours un livre sur moi donc oui je continue à en lire beaucoup et je ne lis que de ça depuis 5 ans et demi. Parfois en juillet-août je lis un bouquin adulte, un polar … ou quelque chose comme ça mais c’est vrai que je ne lis que de la littérature jeunesse. Donc oui j’en lis une trentaine par an.

  • Et vous avez des titres, des auteurs préférés ?

En France j’aime beaucoup FabriceColin parce qu’il fait partie des auteurs qui arrivent à se renouveler à chaque livre donc déjà c’est assez extraordinaire. Sinon des gens que tu connais comme Béatrice Egemar, Charlotte Bousquet (elle a écrit la saga La peau des rêves) font partie des gens que j’apprécie parce qu’ils ont des univers. Sinon j’ai quelque coups de cœur … je vais te parler en général. Depuis 5 ans et demi j’ai eu un énorme coup de cœur pour un roman qui est un peu spécial, qui a eu beaucoup de bonnes critiques mais qui s’est moyennement vendu qui s’appelle La Voix du Couteau - Le Chaos en marche -, chez Gallimard Jeunesse … tu l’as lu ?

  • Mon frère jumeau oui ...

Et qu’est-ce qu’il en a pensé ?
  • Il adore ! Il est fan.

Voilà, moi c’est pareil. La trilogie est l’une des meilleurs que j’ai lus depuis que j’ai commencé ce site. Là je viens de finir un excellent roman qui est plus entre  l’adulte et la catégorie « Young-Adult » –donc à partir de 15-16 ans – je pense qu’il n’y a pas trop de problèmes bien qu’il y ait des scènes très violente. Il s’appelle « Damnés - l’héritage des Cathares » d’Hervé Gagnon chez Hugo et Cie et c’est passionnant ! L’auteur, je l’avais rencontré pour une série chez Michel Lafon qui s’appelait Le talisman de Nergal et j’ai demandé à l’éditeur de recevoir Damnés tout en sachant que ça n’était pas vraiment jeunesse – moins jeunesse que Nergal, du moins - mais c’est fascinant à lire. Je le conseille à beaucoup de gens mais vraiment pour les plus grands. Il y  a des scènes un peu dures parce que ça se passe en 1185 où on ne se faisait pas de cadeaux, on se faisait trancher la gorge pour un rien …

  • ·         Moi personnellement – je sais que vous l’avez interviewé – je suis fan de Timothée de Fombelle.

Oui, très bien. Vango j’ai adoré, c’est très bien.

  • Sinon j'aime beaucoup la saga des lunes (16 Lunes) ...

Ah oui j’avais commencé mais ça n’est pas pour moi. Je le confie à mes pigistes mais je trouve que ça ressemble trop à ce qui existe déjà, j’en ai marre. Je l’ai commencé et je me suis retrouvé dans un énième roman. La jeune-fille qui arrive en cours et il y a un beau jeune-homme mystérieux. J’en ai un peu marre de lire quarante fois le même début de roman … Mais on a fait l’interview des auteurs qui sont absolument adorables ! Une de mes pigistes avait adoré à l’époque mais moi, ça n’est pas ce que je recherche.
  • Quelque chose à ajouter ?

Eh bien, je suis aussi depuis 2010, le conseiller artistique – tu l’as peut-être reçu, je ne sais pas - de la série Apocalypsis. C’est fantastique ! J’ai travaillé directement avec, Eli Esseriam, l’auteur. J’ai, juste avant, joué le rôle d’agent je lui ai trouvé un éditeur, … et la série plaît donc ça me fait autant plaisir que si c’est moi qui l’avait écrite. C’est extrêmement agréable. Et sinon, je l’ai déjà dis, je prépare des projets pour la rentrée sur la littérature jeunesse et adolescente dans les médias traditionnels et j’espère ainsi que la littérature jeunesse soit encore plus reconnue dans les médias …

L'interview du Dimanche #3


Je manque beaucoup de rendez-vous littéraires, ... mais pas celui-ci ! :-) Troisième édition pour une personne que j'apprécie beaucoup et qui a de quoi être admirée !                        CLICK sur l'Image !


Je m'appelle Karine, 32 ans. Ancienne secrétaire comptable, je suis aujourd'hui maman au foyer de 2 petites puces de 3 et 5 ans. Je suis également l'admin du forum Club de Lecture qui vient de souffler ses 3 bougies au mois de mai dernier.

Je ne vais pas être très originale mais j'adore les genres qui sont "tendance" en ce moment... Donc Bit-lit, Young adult, Dystopie et toujours Thriller bien sur. Les auteures que j'affectionne tout particulièrement sont Stephenie Meyer (Twilight et Les âmes vagabondes !!!). Mais également Suzanne Collins avec sa trilogie Hunger games ! et tout plein d'auteures bit-lit/Ya qui innondent ma bibliothèque : Laurell K. Hamilton, Patricia Briggs, Cate Tiernan, Jeaniene Frost, Nalini Singh....
Depuis quand lis-tu ?

Depuis que je sais lire lol ! J'ai toujours vu ma mère avec un livre à la main, du coup, mes soeurs et moi avons eu cette passion très jeunes. J'essaie d'ailleurs de la transmettre à mes filles et à leur jeune âge, elles ont déjà une bibliothèque bien remplie !


LE FORUM et LE BLOG

Lequel des deux a été créé en premier ?
Je les ai créés en même temps

Pourquoi avoir voulu créer un forum / un blog / les deux ?
Alors, en fait moi qui adore lire, j'avais besoin d'en parler avec des personnes qui partageaient la même passion. Malheureusement, mon environnement d'il y a 3 ans ne me le permettait pas... Du coup je me suis tourné vers des forums littéraires mais je ne m'y suis pas plu... Je trouvais cela trop "grand", trop "impersonnel"... J'ai donc décidé de créer mon propre forum et de noter en parallèle mes lectures et les chroniques correspondantes sur un petit blog perso.

Comment s'est passée cette création ? (l'as-tu fais toute seule, se sont-ils vite développés? etc ...)

Alors pour sa création, c'est sur les conseils de mes copinautes rencontrées durant mes grossesses (Cali et Vany notamment) que je me suis orienté vers forumactif... mis en place le design, les rubriques... ect
Et oui, au début j'ai tout fait toute seule, mais mes copines m'ont suivi et soutenu dans cette aventure dès le début !

Les premiers temps (jusqu'à il y a 1 an et demi d'ailleurs...) nous n'étions que 80 !!! Et puis les partenariats avec les auteurs et les maisons d'édition ont boosté tout ça, et nous voilà aujourd'hui 1800 sur le forum et + de 4700 sur la page facebook !

Est-ce dur de gérer tout ce travail, cette organisation et la différenciation des SP pour toi et le forum ?

Oui c'est vraiment un investissement au quotidien. J'ai d'ailleurs l'impression d'avoir un job à mi-temps vu le temps que j'y passe. Heureusement depuis quelques temps, j'ai monté ma "team" et plusieurs membres actifs du forum m'aident pour diverses taches.

Pour ce qu'il en est des SP perso et ceux pour le forum, j'essaie de faire plaisir à tout le monde en demandant des titres qui je pense pourraient plaire à la majorité.

Des projets particuliers, des choses à rajouter, ... ?
Les projets... et bien que tout continu à marcher aussi bien et surtout dans avec une si bonne entente entre les membres ! Car malgré les 1800 membres actuels, j'ai vraiment l'impression que sur mon petit forum, l'ambiance a su rester conviviale et c'est quelque chose de très important pour moi !


LA BLOGO

Que pense-tu de la blogosphère ?

C'est un lieu très riche qui m'apporte beaucoup !

As-tu fais de belles rencontres ?
Oui j'ai de très bons amis que j'ai rencontré grace à la blogosphère, et j'en suis très contente !

As-tu déjà rencontré des auteurs ? Aimerais-tu sinon ?
Personnellement non, mais virtuellement oui. Et j'aimerais beaucoup oui c'est clair. Peut etre lors d'une des nombreuses invitations que je reçois par les maisons d'éditions ou au prochain salon du livre pourquoi pas ?!

Des choses à rajouter ?
Oui, j'aimerai remercier tous les membres qui contribuent à faire de Club de Lecture ce qu'il est devenu aujourd'hui !

LA FIN

Et bien sûr le petit mot pour la fin ?
Mon forum c'est mon petit bébé, c'est ma fierté ! J'espère qu'il continuera à apporter aux membres autant de bons conseils, d'idées de lecture, et d'envie de lire qu'il m'en a apporté à moi

L'interview du Dimanche (2)

Et l'interview du jour est pour une illustratrice, dessinatrice par rapport notamment à sa réalisation des couvertures de Zigomette et Katie Sutton ! :D

bannière de son blog
source
  • Le rituel ... je vous laisse la liberté de vous présenter aux lecteurs du blog ! D'où vient votre pseudo ? ^^

    Allez, tentons la présentation formelle : je m’appelle Maureen , alias Diglee, sobriquet donné par mon beau père quand j’avais 13 ans, en rapport avec le peintre Modigliani…, j’ai 24 ans, je suis illustratrice depuis 3 ans, et je tiens en parallèle un blog BD dans lequel je me mets en scène régulièrement (http://diglee.com). Je vis dans mon appart à Lyon avec Flutiou, mon chat, et je bosse de 14h à 2h du matin en écoutant Lady Gaga et en regardant Dawson’s creek (série que, vous les jeunes d’aujourd’hui, ne devez même pas connaître … ). Bref, la vie est donc plutôt belle.

  • Comment êtes-vous devenue dessinatrice ? Etait-ce un vœu d'enfant ?

Oui, j’ai toujours voulu faire dessinatrice, aussi loin que je m’en souvienne. Même si au moment de choisir une orientation après le bac, j’ai longuement hésité entre devenir scripte de cinéma (oui oui, celle qui est sensée noter tous les détails de chaque scène pour éviter les erreurs au montage) (rien de plus chiant, en somme, allez savoir), doubleuse de dessin animé, écrivain, traductrice, journaliste… Bref, cette petite crise « schizophrènique » passée, j’ai intégré sur dossier l’école Emile Cohl après mon bac littéraire. École privée de dessin où, pour la première fois de ma vie, j’étais notée pour mes dessins et pas mon blabla. J’ai ouvert mon blog au bout de deux ans à Cohl, pour présenter mes travaux et me créer un petit cocon dans lequel je pouvais m’exprimer plus librement que dans le carcan strict de l’école. Ce blog a pris une place totalement inattendue,  des éditeurs l’ont repéré, et avant même d’être diplômée, j’ai eu la chance d’illustrer un « Je Bouquine » et  un article dans « Le Dico des Filles » chez Fleurus, entre autres commandes. C’était une chance immense, et ça m’a beaucoup aidé à démarrer. Grâce au blog, j’ai mis un pied dans le monde de l’illustration, et je n’en suis plus jamais partie.

  • Qu'est-ce que vous préférez dans votre métier ?

    Touuuut. Le fait de créer tous les jours, d’être libre…
    Voir ses livres en librairie, c’est toujours très émouvant… Et puis j’ai beaucoup de chance, car mes lecteurs sont adorables et très tolérants. C’est un peu une bulle protectrice, dans laquelle je peux être moi-même. Lire tous les jours des messages d’amour et de remerciement, ça aide à s’apprécier et à croire en soi, et pour ça je suis vraiment reconnaissante. Non vraiment, quand je fais un zoom arrière sur ma vie, je me dis qu’elle est quand même supra génialissime.

  • Y-a-t-il des conditions particulières dans lesquelles vous travaillez ?

J’oublie très souvent d’enfiler un pantalon et j’ai besoin de support audio pop très fort. Sinon, rien de spécial, je bosse sur mon grand écran 27 pouces (qui me permet d’ouvrir Photoshop ET une série à côté) (ce que je fais là tout de suite par exemple), et je suis en général très active de 22h à 2h du matin. Pas de coups de fil, de mail, de messages Facebook… Juste mes idées et moi.
Mais il y a des jours où rien ne vient, rien ne sort, rien ne va, et je sais que je ne vais pas réussir à travailler. Comme le métier est passionnant, je me retrouve vite à ne pas m’arrêter pendant des heures, des jours, et d’un coup il peut arriver que mon corps et mon esprit soient saturés. Souvent après une année de boulot intensive, je fais un voyage très loin pour me ressourcer, parce que créer demande un don de soi énorme, et il faut se régénérer pour retrouver l’énergie nécessaire à la création. Cette année c’est San Franciscooo BABY!

 
  • Ya-t-il une oeuvre, une illustration que vous avez préféré réaliser / que vous préférez (ça peut ne pas être la même évidemment ^^)
Rhhoooo dur…
C’est très délicat comme question car bien souvent, je suis très contente d’un boulot que je dénigre quelques mois plus tard… Mais je sais que j’ai eu beaucoup de plaisir à illustrer Le Journal de Katie Sutton par exemple : ce genre de commande, en un dessin, me permet une légèreté différente d’une commande plus longue ; j’ai aussi beaucoup aimé faire la couverture d’ Alice au pays des trop vieilles  chez J’ai Lu, parce qu’en plus c’était particulier : j’avais fait le crayonné le soir, et je l’ai envoyé pour validation. L’équipe l’a tellement aimé en l’état qu’ils m’ont demandé de ne plus y toucher. Parfois ça se passe comme ça, l’éditeur voit quelque chose que nous, on ne voit pas encore.

Et sinon, récemment, je me suis ÉNORMÉMENT fait plaisir sur mon prochain agenda chez Marabout : mais je ne l’ai pas encore vu, donc rien n’est joué !
J’ai également immensément hâte de voir sortir le tome 2 de l’adaptation de mon blog « Confessions d’une Glitter Addict » ( le 1er juin): c’est le projet dans lequel je me suis le plus investie jusqu’à maintenant, et sa sortie à ce niveau relève quasiment de l’accouchement ! J’étais très heureuse du premier tome, mais comme mon dessin a beaucoup évolué depuis , j’ai hâte de présenter le deuxième.
 

  • Illustrez-vous beaucoup de couvertures ?
Moins que certaines illustratrice dont c’est presque une spécialité, mais oui, je commence à en avoir fait quelques unes. J’illustre notamment la série des Queen Betsy, un univers à priori assez loin du mien (la S .F, les vampires…) mais que j’adoooore, parce que je me suis attachée au personnage: à chaque nouveau tome je la retrouve avec plaisir. Et puis, j’ai grandi avec Buffy, je suis fan de True Blood et amoureuse de Robert Pattinson, alors j’ai beau dire… les vampires je connais un peu malgré tout.

Racontez-nous les aventures "Katie Sutton" et "Zigomette", comment avez-vous été choisie, comment vous-y êtes-vous prise ? ......
Comme d’habitude, ce sont les éditeurs qui sont venus me proposer leur projet chacun leur tour, avec l’envie d’associer mon univers graphique à leur histoire.
Pour Katie, ça a été très facile parce que j’avais beaucoup accroché au texte, et que j’avais du temps pour créer une Katie attachante.
Pour Zigomette, ça s’est fait plus laborieusement, dans l’urgence la plus totale et avec assez peu de temps pour m’imprégner de l’univers. Mais finalement ça va être une série sympa, je suis contente. J’aurais juste aimé potasser un peu plus le personnage. À chaque nouvelle création, il faut se forcer pour ne pas ressasser du déjà vu, pour ne pas nous reposer sur nos lauriers et dessiner inlassablement les mêmes personnages. C’est pour ça que pour une couverture, souvent je passe une à quatre heures de recherches sur internet : des poses, des ambiances colorées, des thèmes, des cadrages…tout est bon à prendre. Sinon, et je m’en suis vite rendue compte, on tourne sur nos acquis et on n’évolue pas… Et chaque nouveau personnage est un départ à zéro.


  • Etes-vous contente du résultat final ? Pensez-vous qu'ils attireront ? (perso Katie Sutton devrait faire fureur ! J'ai reçu la vraie version aujourd'hui (j'avais déjà les épreuves non corrigées) et il claque ! Je vous met la photo en pièce jointe)

    Oh injustice, moi-même je ne l’ai pas reçu ! Quel privilège !
    Oui, pour une fois j’ose le dire, je suis très fière du résultat de Katie Sutton. Les graphistes ont fait un super boulot d’habillage et de typo, et je trouve l’objet (pour ce que j’en sais avec ma pauvre maquette pdf !) est assez dynamique et fraîche. Je suis très contente qu’on m’ait laissé dessiner une teenage en pull jacquard et queue de raton laveur. Je trouve qu’on a réussi à s’éloigner du cliché jupette rose et cheveux tressés de la jeune fille classique. Tous les éditeurs n’ont pas cette ouverture d’esprit  (et ils ont d’ailleurs voulu me l’enlever, ce pull ! Heureusement que la jeune femme avec qui j’ai travaillé, Laurence Ningre, s’est battue pour imposer ce choix « fashion »). On a aussi dessiné 4 marque pages à l’effigie de Katie, qui seront vendus bientôt ! Bon comme tu le vois, je me suis investie dans ce projet, et j’y tiens beaucoup, j’espère qu’il plaira. Pour Zigomette c’est encore tout récent, et comme je l’ai dit plus haut, le contact était plus difficile et rapide, donc j’attends la suite pour vraiment me sentir imprégnée par ce projet.

  • Si vous avez lu les livres pour ces couvertures qu'en avez-vous pensé ?

    Voilà, je vais révéler l’inavouable… je ne lis quasiment jamais les livres dont j’illustre la couverture. Si j’avais su cela, étant ado, j’aurais haïs les dessinatrices pour cette haute trahison. Mais la réalité de ce métier, c’est que pour en vivre convenablement, il faut jongler entre 3, 4  voire plus de 6 commandes à la fois… et les livres dont je n’illustre que la couverture, je ne les lis jamais. On m’envoie un résumé détaillé et des lignes directrices, parfois. Par contre, sur des projets comme « Quatre sœurs en vacances » chez Rageot, je dois illustrer l’intérieur, donc là je lis tout. Mais ce sont des exceptions…

  • Quelle couverture préférez-vous ? Avez-vous préféré réaliser ? (parmi toutes !)

    Alice au pays des trop vieilles…
  • Vos goûts lecture ?

    J’aime beaucoup les biographies d’icônes féminines que j’admire (je lis par exemple en ce moment la biographie de Lou Andréas Salomé » par Dorian Astor… La Russie du début du XXe siècle, la psychanalyse, Nietzsche, Freud, Rilke… j’adore !)… j’aime aussi les journaux intimes, romans autobiographiques, correspondances… tout ce qui touche à l’expérience humaine, avec une préférence pour les histoires liées aux années folles ou au début du XXe siècle et sa condition féminine. Donc voilà, ça va de Simone de Beauvoir à Emma Becker, en passant par Anaïs Nin, Delphine de Vigan, Joyce Carol Oates…ou Beigbeder, oui oui, j’ai aussi des goûts plus populaires!

    Les témoignages de vie que j’ai préféré récemment, ce sont « Et devant moi le monde » de Joyce Maynard, qui raconte son histoire complexe avec Salinger, de 36 ans son aîné dans les années 60. « Just Kids » de Patti Smith, qui raconte sa jeunesse à New York dans les années 70, ses années d’errance et de crève la faim avec Robert Mapplethorp dans le Brooklyn arty de l’époque. C’était bouleversant. Et enfin, le très connu et récompensé « Rien ne s’oppose à la nuit » de Delphine de Vigan, qui revient sur le passé de sa mère récemment décédée, et y découvre des secrets de familles par le biais de témoignages enregistrés sur cassettes audio… une merveille. Je dois avoir un côté voyeur, j’adore lire les lignes dans lesquelles les auteurs se livrent. La fiction ne m’intéresse quasiment plus…
    Donc tu vois, on est loin des romans que j’illustre ! ^^ 

  • Merci encore j'espère que ça n'a pas été trop long !! Un mot pour la fin ?

    Eh bien, merci à toi, et bravo : parce qu’un jeune, en plus garçon, qui lit autant et écrit aussi bien ça ne court pas les rues ! Je suis assez épatée.
    Tu me diras si Katie Sutton est à la hauteur de son résumé …
    Bises pailletées à tous .
    Un grand merci à elle pour cette superbe interview !