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Paraddict, le roman ado surprise de l'automne


Ces derniers temps, lorsqu'on me demandait en librairie quels étaient mes derniers coups de cœur en littérature ado, je ne faisais que de répondre, avec une ferveur grandissante : Paraddict. J'en ai parlé il y a quelques jours à la Librairie Gréfine en disant : "oh, il doit m'en rester la moitié"... Eh bien, si j'ai lu deux tiers de manière lente mais passionnée, à mesure que mon emploi du temps me le permettait, j'ai fini le roman sans plus pouvoir le lâcher, quitte à repousser mon heure de coucher...

Vous la connaissez, la sensation qui vous prend quand, au bout d'un excellent roman, il vous reste trois chapitres que vous voulez à tout prix dévorer pour connaître la fin tout en priant pour ne pas quitter cette histoire ? C'est ce que m'a fait Paraddict, qui entre sans aucune hésitation dans la liste de mes meilleures lectures de l'année, voire des meilleurs romans ados que j'ai lus dernièrement...

Je l'ai pourtant commencé sans en avoir aucune attente. J'avais à peine lu le résumé et le communiqué de presse, juste été attiré par cette illustration d'un Paris futuriste et aimé l'ambiance dystopique qui semblait se dégager de l'ensemble. J'avais je crois, à ce moment là, envie d'une brique comme celle-ci, un roman univers qui vous enveloppe pour l'automne. Mais Paraddict est bien plus qu'une dystopie. C'est tout à la fois de la science-fiction, du polar, un roman de famille et une réflexion politique et philosophique.

On est en 2071. La planète a été, on le comprend petit à petit, défigurée par les pandémies, les catastrophes climatiques et le capitalisme et nos sociétés ne forment plus qu'une seule grande entité dont les pays sont des régions. La force du roman est cependant de ne pas nous décrire ce nouveau monde, mais de distiller de chapitre en chapitre des informations qui nous permettent d'en dessiner les contours... Et de glisser dans ses zones d'ombre notre propre imaginaire. Extinctions progressives d'espèces animales, invasions de crapauds, tempêtes de sable, couloirs de métro inondés quotidiennement et charriant son lot de déchets et de pigeons morts... Le monde qu'invente Pauline Pucciano est tout à la fois familier de nos imaginaires communs quant à un futur pessimiste et en même temps original, subtilement construit et terriblement réaliste.

Dans cette société alarmante qui est plus qu'un décor, on plonge dans une cellule familiale qui va trahir de manière intime les tensions politiques et sociales globales. On y suit trois personnages : Elzé, la grande sœur, promise au poste suprême de Secrétaire générale, Alvar, le second, le flic qui a les pieds sur terre et Abel, le troisième, le fils prodige qui entre dans les services secrets de la World Administration...

Je ne sais même pas par où commencer pour vous dire combien tout, dans ce roman, m'a séduit.

J'ai aimé cet univers qui se révèle par petites touches, et qui dessine dans le futur le portrait terrible de notre présent. Pour écrire Paraddict, l'autrice a pris une à une les problématiques de notre société, ses vices et ses enjeux, pour se demander ce qu'il adviendrait si elle poussait tel ou tel curseur. Ce n'est jamais caricatural, mais au contraire édifiant

J'ai aimé la façon dont elle traite toutes les thématiques qui découlent de ce jeu littéraire. L'écologie, le futur, les tensions mondiales, les maladies. L'existence du Paraddict, un réseau social à l'extrême, un métaverse où l'on interagit par le biais d'avatars plus parfaits que nature, un espace de création et de liberté qui réinterroge notre rapport à la réalité. La politique, dont l’autrice a décidé de nous montrer les coulisses dans un roman qui se joue moins de l'action que des intrigues du gouvernement. Grâce au personnage d'Elzé, on observe un gouvernement prendre des décisions, choisir comment communiquer dessus, comment s'organiser, comment évoluer, mais aussi comment manipuler, mentir et cacher. La technologie et l'intelligence artificielle, dont les frontières déontologiques et même humaines sont interrogées de manière profondément philosophique et absolument vertigineuse. 

J'ai aimé ces personnages complexes, humains. Alvar, simple et juste, dans les valeurs de qui il est plus aisé de se reconnaître. Le séduisant Abel, qu'on a envie de détester pour sa perfection ou dont préfère tomber amoureux... Et qui va, petit à petit, révéler ses failles. Elzé, l'aînée brillante à qui tout réussit, mais que les chemins du pouvoir vont peut-être métamorphoser. 

J'ai aimé, surtout, le rythme du roman. Dense, ambitieux, épais, Paraddict est un livre assez vite addictif, mais qui se délecte plus qu'il ne se dévore. L'intrigue avance doucement, à mesure que l’autrice déploie les frontières de son univers et agence sur l'échiquier de la politique les différents pions que sont ses personnages. Les trajectoires de ceux-là se dessinent, les enjeux et les obstacles qu'il vont devoir affronter s'érigent inéluctablement, les croisements entre leurs routes se présagent, tendrement, sensuellement, ou douloureusement. Et c'est une fois tout en place que, comme au plus haut d'un manège qu'on aurait escaladé sans même se rendre compte de l'altitude qu'on prenait, les événements se précipitent à vitesse grandissante. 

Avec une plume complexe, exigeante, mais incroyablement fluide et parfois traversée de poésie, de littérature et de philosophie, Pauline Pucciano nous livre un roman ado abouti, brillant et passionnant, qui m'a surpris par sa densité et profondément interrogé. Elle met en place un rythme lent (mais addictif) qui se refuse à sacrifier la puissance de ses réflexions et le développement de la psychologie de ses personnages au profit de la vitesse des rebondissements. Elle nous propose un thriller futuriste extrêmement complet qui prend le temps de mettre en parallèle la cruauté du cercle familial et celle de la politique de tout un monde pour finalement tout laisser au bord de l'implosion. Un grand roman de notre temps, subtil et magistral. 



19€, Gallimard Jeunesse

Jusqu'où serons-nous prêts à aller pour sauver l'humanité? Un thriller brillant et addictif.

2071. Entre chaleur équatoriale et alertes à la bombe, le monde est en proie à l'insécurité et son gouvernement semble en panne de solutions... Flic désenchanté, adepte du Paraddict, un univers virtuel où la liberté individuelle a encore une signification, Alvar Costa enquête sur un meurtre qui risque de révéler un projet politique particulièrement dérangeant. Mais il va devoir composer avec son frère Abel et leur sœur aînée, Elzé. Ces deux-là se sont fait une place dans les hautes sphères de la World Administration. Et ils entendent bien protéger à tout prix les secrets du gouvernement... 

Le fougueux pays des histoires : Alma de Timothée de Fombelle


La première fois que j’ai entendu parler d’Alma, au-delà de la joie extatique qui m’habitait à l’idée d’une nouvelle grande histoire signée Timothée de Fombelle (on ne change pas une équipe qui gagne, n’est-ce pas), j’ai d’abord été gaiement étonné d’apprendre que son prochain héros serait une héroïne. Pour un auteur qui donne toujours vie à des personnages secondaires féminins hauts en couleurs – de la mystérieuse Elisha à l’envoûtante Oliå en passant par la tempétueuse Ethel et la rassurante Mademoiselle – cela annonçait une héroïne incarnée et un vent de nouveauté peut-être pas si anodin. Après Tobie, Vango, Joshua Perle… ce serait donc Alma. Alma. Un nom derrière lequel Timothée de Fombelle annonçait une épopée entre trois continents au temps du commerce triangulaire. Un nom et un synopsis qui tiraient derrière eux le parfum des embruns, la piqûre du sel, la morsure de l’océan et le vent de l’exil. Evidemment. Si Timothée de Fombelle envoyait une héroïne arpenter les lignes de son nouveau roman, c’était pour mieux renouer avec ses thèmes de prédilection : « la routine, l’exil, les grands espaces », comme il le dit dans une interview qu’il a accordée à Babelio, site pour lequel je travaille. J’avais vu juste. Non pas par un incroyable talent de perspicacité, mais car c’est bien là le talent de Timothée de Fombelle à dresser un décor et une histoire en trois mots tendus comme un cadeau. Cependant, j’étais loin de me douter des éléments qui venaient encore derrière, accrochés à ce roman comme des coquillages à la poupe d’un bateau. Le souffle de la trilogie, l’enivrant présent des contes, la farandole inattendue de personnages qui font se demander au lecteur s’il n’y a pas plutôt une poignée de héros et héroïnes à ce roman, la douleur de l’histoire réveillée par la vie, le tissu de la réalité et de l’imaginaire que mon auteur favori sort d’un placard pour nous en couvrir le temps de quelques dizaines de pages. On ne connaît jamais mieux les secrets d’une histoire qu’en s’asseyant pour l’écouter. Et celle-ci, contée par Timothée de Fombelle, m’a une fois de plus emporté. Serez-vous surpris d’apprendre qu’Alma m’a enivré et renversé le cœur et que je n’ai plus qu’une hâte, après vous avoir enjoint à le lire : pouvoir lire la suite ? Embarquez donc avec moi le temps d’une chronique et larguons les amarres vers le fougueux pays des histoires.

Le pays des histoires, c’est d’abord celui des Okos. Les Okos, c’est la douce astuce de Timothée de Fombelle dans la tempête de son histoire, de l’Histoire. C’est grâce à ce peuple fantasmé qu’il embarque le lecteur, qu’il ajoute une couche de mystère à la trilogie et qu’il lui donne une impulsion. Comme un coup de talon sur la croupe d’un cheval, le mystère des Okos que Timothée de Fombelle selle au début du roman donne l’impulsion à l’histoire pour se mettre soudain à galoper dans l’imaginaire du lecteur. Une vallée de bonheur, une dernière famille, une Alma qui va être jetée dans les chemins de l'Histoire, une paix fragile comme une toile d’araignée. Il suffit d’un souffle et de quelques chapitres et la machine est lancée.

Mais comme je l’évoquais en introduction, ce qui m’a particulièrement frappé dans ce nouveau roman, c’est sa large et fourmillante galerie de personnages qui se battent le premier rôle. Si la trilogie porte le nom d’Alma et bien qu’on voie vite l’intrigue se nouer autour d’elle comme le fruit autour de son noyau, Timothée de Fombelle nous embarque aux côté de plusieurs figures fortes et attachantes, à commencer par sa famille. Elle était certes vitale dans ses précédents romans – ses héros étaient souvent en fuite vers leur propre histoire et en quête d’une famille – elle est ici à l’origine de l’aventure et l’on suit presque tous ses membres séparément. Cela s’explique par un simple et important tour de passe-passe d’écrivain. Plutôt que de renverser la chronologie dans tous les sens à la façon de Tobie Lolness et Vango, Timothée de Fombelle remet ici les choses dans l’ordre chronologique, raconte son histoire au présent et donne ainsi un sens nouveau à sa narration. (Il en parle lui-même dans la vidéo qui sortira sur ma chaîne incessamment sous peu… !) Son histoire trouve dans cette construction une vitalité flamboyante et un enjeu puissant : le but d’Alma – rassembler sa famille semée aux quatre vents – devient celui du lecteur. Et la famille n’est pas un idéal ou un souvenir lointain rêvé par son héros mais un paradis perdu auquel on a nous-même goûté. Mais plus encore que la famille d’Alma, ce sont plusieurs personnages d’abord déconnectés de sa trajectoire qui vont faire irruption dans le roman. Joseph d’un côté, le matelot intrépide, joyeux mais mystérieux. Amélie, aussi, la fougueuse, fascinante et coriace jeune Rochelaise.
« S'il l'éteignait, maintenant, il resterait assez de lumière pour toute une vie, car deux petits feux viennent de s'allumer devant Joseph. Les yeux d'Alma. »
 Peut-être aurez-vous le sentiment, en me lisant, que Vango était déjà passé par là question fresque de personnages ébouriffante. Mais la particularité d’Alma, c’est bien la place qu’ils tiennent dans l’histoire. Tout autant héros et héroïnes les uns que les autres, leur fils narratifs respectifs se lient avec habilité et même sans flashbacks, Timothée de Fombelle surprend par la limpide complexité qu’il crée avec tout ça.


Alors oui, certains passages, notamment dans La Belle Amélie, ont légèrement égaré mon attention. Là où les pesants mystères de La Rochelle et l’envoûtante magie des Okos m’ont happé, cet impressionnant navire, lieu d’intrigues et de tensions, m’a parfois un peu plus ennuyé. Difficile de comprendre s’il s’agit d’un simple désintérêt personnel (j’ai pourtant adoré les quelques chapitres de Tous les bruits du monde qui flairaient bon le goût du sel et les histoires de pirates des Trois vies d’Antoine Anacharsis)… ou plutôt de quelques longueurs qui auraient mérité d’être élaguées pour fuser sur l’écume.

Mais cet aspect de mon point de vue reste minime, c’est le grain de poussière un peu gênant qu’on a tôt fait d’oublier tant l’ensemble est solide et brillant. Il faut reconnaître aussi que si Timothée de Fombelle revient avec Alma à une série de romans un peu plus jeunesse que ne l’étaient ses derniers grands romans (Le Livre de Perle ou Vango), ce n’est pas une raison pour dire que sa plume perd en subtilité, sa narration en tension et ses sujets en densité. Timothée de Fombelle a souvent dit que la littérature jeunesse était un défi pour lequel il faut se mettre sur la pointe des pieds, à hauteur de l’imaginaire des enfants. Il le prouve avec ce nouveau roman, qui prend place à la fin du XVIIIème siècle, en pleine traite des noirs. Le sujet du racisme toujours aussi important aujourd’hui, et malheureusement d’actualité, est ici abordé avec humilité et ambition. Il transperce l’aventure mais aussi l’écrivain qui transparaît presque derrière ses personnages, comme pour dire au lecteur qu’il a besoin d'aide à comprendre. Avec Alma, Timothée de Fombelle raconte mais n’explique pas. Il n’explique pas la cruauté. Il n’explique pas le froid calcul de ce commerce inhumain. Il se contente de glisser entre les lignes du réel une aventure gorgée de l’émotion de cette époque. Cette nouvelle aventure est tissée d’enjeux forts (l’économie, l’esclavage, le pouvoir, mais aussi la famille et le déracinement) et ils rendent plus graves que jamais certains pans de son écriture.

« Comment est-il possible que ce jour-là, un cerveau si jeune, si limpide, aux milliards de neurones si parfaitement connectés, ne pense pas un instant aux cent cinquante esclaves qui travaillent sur ses terres de Saint-Domingue, aux cinq cent cinquante captifs enfermés sur La Douce Amélie, et à tous les autres ? Comment la perte de ses parents et de ses biens, ce minuscule cataclysme, ne lui fait-elle pas ouvrir enfin les yeux sur l'immensité des drames que vivent ces hommes et ces femmes ? Sur la fin de la liberté, la fin de tout un monde ? Sur les maisons et les parents disparus par millions ? Sur tous les enfants perdus ? »

Les illustrations de François Place, toujours aussi fines, intimes et grandioses, offrent à cette épopée une envolée propre aux grandes aventures : de la légèreté, de l'ampleur et de la consistance. 

Aussi, la dernière partie du roman m'a totalement happé et je n'ai pu m'arrêter de lire qu'après la dernière ligne, les doigts usées comme la corde à force de frénétiques pages tournées et les yeux gonflés de sommeil comme les voiles d'un bateau. Le souffle court d'avoir tant voyagé, je me suis retrouvé là, un peu plus ému, un peu plus heureux, un peu plus grandi d'avoir lu ce roman dont la construction tourbillonnante et le final virtuose donnent le tournis.
On retrouve dans cette nouvelle trilogie tout le sel de l’écriture de Timothée de Fombelle. Certains schémas et astuces narratives feront échos aux plus fervents lecteurs de l’auteur qui retrouveront avec mélancolie et bonheur la plume d’un auteur dont on ne présente plus le talent. Et pourtant, le souffle de l’Histoire n’avait jamais autant habité une de ses aventures et il se renouvelle là avec éclat tout en renouant avec l’urgence et l’insouciance de ses premiers romans. Au présent, préparant une trilogie, de façon linéaire et en cavalant aux côtés d’une galerie de personnages vivants et incarnés, Timothée de Fombelle raconte. La chronologie se déroule comme une bobine de fil derrière laquelle on court pour tenter de la rattraper… et surgit en nous le plaisir que suscite d’ailleurs chacun de ses romans : le plaisir des histoires. Des histoires où enfants, pirates, villes, aventure, océan, contes et magie cavalent. Des histoires douloureuses ou virevoltantes, et peut-être même les deux. Des histoires où l’Histoire s’invite. Malheureusement. Des histoires de liberté. Des histoires devant lesquelles s’asseoir pour simplement écouter.
« Et peut-être qu'Alma et sa liberté ont raison, pense Nao en la regardant. Oui, elle sera mieux à semer sa fièvre dans les collines plutôt qu'à attendre ici. »

La mer : 5 romans pour adolescents qui sentent l'iode et l'océan

« Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage. »
Je ne commence pas cet article par une citation de poème pour faire un retour sur ce blog en frimant, mais parce que c'est la première phrase qui me vient quand je pense à la mer, étrange réminiscence de mes cours de français au lycée. Certaines phrases ont la peau dure. Et celle-ci, avec l'amour, l'amer et la mer, me permet d'introduire dans un rythme marin le thème de cet article. Oui, aujourd'hui, en l'honneur de la parution de La dernière marée, le premier roman d'Aylin Manço publié par Talents Hauts, nous allons prendre la mer. (Même si tout le monde sait très bien que c'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme...)
Je vous ai choisi quelques romans pour adolescents qui sont tous aussi délicieux que l'odeur vive et douce de l'océan : un étonnant mélange d'iode... et de vase.


(c) Le Cahier de Lecture de Nathan

Le goût du sel : La dernière marée d'Aylin Manço


Tout juste paru chez Talents Hauts, La dernière marée est un roman aussi doux que tempétueux, dont les phrases fluides - oserais-je écrire aquatiques ? - envoûtent le lecteur et le brisent. Préparez-vous à plonger dans une mer en apparence calme et pourtant dangereuse.
Cette année, à Citéplage, là où devrait se trouver la mer, il n'y a que du sable et des rochers. Depuis des mois, la mer reflue, aspirée sans fin et sans cause connue. Dans cette cité balnéaire totalement vide, où les tortues s'échouent de désespoir, Élo tente de faire comme si rien n'avait changé. Mais sa relation naissante avec Hugo, le repli de sa mère et l'attitude ambiguë de son père la poussent à s'affranchir des attentes maternelles.
La mer est multiple dans l'histoire d'Élo.
C'est d'abord un décor. Un paysage marin inquiétant pour un roman qui, finalement, est un livre d'imaginaire. Nous sommes dans un monde en apparence semblable au nôtre, à une différence fondamentale près : c'est (peut-être ?) la fin du monde. La mer reflue. Elle recule. Plus de marées, plus de plages bondées, plus de coquillages et d'algues échoués le temps d'un tour de cadran, mais une faune qui attend la mort, plus de poissonneries ouvertes, plus de stations balnéaires florissantes... La mer recule pour une raison inconnu, et face à ce Reflux effrayant, on ne sait comme réagir, si ce n'est par la peur ou l'indifférence. Mais cet enjeu post-apocalyptique n'est qu'un décor. Un prétexte. Une ambiance. Une atmosphère tout aussi inquiétante que poétique.
C'est ensuite une métaphore. Celle du mal-être dans lequel Élo voit sa mère s'enfoncer. À mesure que la mer recule, un repli s'effectue aussi chez la figure maternelle. Une figure de force, héroïque, puissante. Elle qui a traversé la mer à la nage. Qui, avec toute l'ambition qu'elle porte, tire en avant sa fille depuis des années. Mais elle n'est plus qu'une ombre faible accrochée à la radio qui déverse dans l'appartement de location les nouvelles du Reflux.
C'est un espoir, enfin. Un espoir ou un désespoir où Élo et Hugo, son nouvel ami, plongent pour oublier leur quotidien. Ils ne savent plus vraiment ce qu'ils doivent voir dans les plis des vagues et l'immensité de l'océan : une échappée ou une menace ? un monde de possibles ou de dangers ?
« Quand je bordais le foc, j'ai tout senti, le vent et le bateau. C'était comme si j'avais disparu mais que je faisais partie de tout le reste. »
C'est dans toute cette richesse qu'Aylin Manço raconte l'adolescence. Un monde qui prend fin pour en ouvrir un autre, avec douleur, poésie et espoir. Un repli dans lequel tous les repères s'effondrent, dans lequel il faut construire quelque chose d'autre. Une poignée salvatrice de rêves d'aventure et d'amour.
Elle signe un premier roman assuré. Il porte en lui tout à la fois les ingrédients d'un bon roman pour adolescents - avec les nombreuses qualités mais aussi quelques (rares) lieux communs qui vont avec - et l'inattendu d'une jeune autrice qui a encore du talent à revendre. Écrit avec maîtrise et élan, c'est un roman aussi vif, rassurant et mordant que le goût du sel.

Le souffle du vent : l'aventure à la Michael Morpurgo

J'ai une histoire particulière avec chacun de ces deux romans signés par un grand auteur britannique de littérature jeunesse, j'ai nommé Michael Morpurgo.
J'ai découvert le premier, Le royaume de Kensuké, car ma mère nous l'a lu à haute voix, à mon jumeau Tom et mon amie d'enfance Armelle, alors que nous étions enfants et choisissions un roman tous les hivers pour nos vacances à la montagne. Les souvenirs que j'en garde sont quasi inexistants. Une couverture bleu comme la mer, découpée en bas pour laisser apercevoir le personnage finement et tendrement dessiné par François Place. Une lecture quotidienne à haute voix pour se laisser happer par un univers littéraire passionnant. Un naufrage, une aventure. Un souvenir de lecture et d'enfance qui fonde des choses, à commencer par l'amitié. Et l'amour de lire et de partager.
Le 28 juillet 1988, Michael embarque avec ses parents et leur chienne, Stella, sur un voilier pour faire le tour du monde. Ils s'arrêtent, parfois, pour de fabuleuses escales, Afrique, Amérique, Australie, jusqu'au jour où survient un terrible accident. Le jeune homme se retrouve échoué, avec sa chienne, sur une île déserte perdue au milieu du Pacifique. Va-t-il pouvoir survivre, affamé, menacé par toutes sortes de dangers? Reverra-t-il jamais ses parents?
Un matin, alors que l'épuisement le gagne, Michael trouve auprès de lui un peu de nourriture et d'eau douce. Il n'est pas seul...
Le récit bouleversant d'une aventure hors du commun et d'une amitié inoubliable.
Il rencontreras un homme Kensuké.
J'ai découvert Seul sur la mer immense en bibliothèque. La couverture et le nom de l'auteur, sans doute, m'auront attiré. Seul sur la mer immense est ce genre de romans que je meurs d'envie de relire tout en le craignant. Et s'il n'était pas à la hauteur de mes souvenirs ? Car Seul sur la mer immense est de ces romans justement immenses et importants qui laissent en nous non pas des souvenirs et des bribes d'histoire, mais des émotions et des sensations. La grandeur, la douleur, l'aventure, le va-et-vient des vagues, une famille, des déchirements, l'amour, des départs, des histoires, la vie et la mort, voilà tout ce qui, je crois, me revient en écrivant ces mots sans avoir lu l'ombre d'un résumé.
En 1947, le tout jeune Arthur est embarqué, comme des milliers d'autres orphelins, sur un bateau à destination de l'Australie. Il ne sait pas encore qu'il ne reverra pas sa soeur ni sa terre natale anglaise. Désormais sa vie entière se fera là-bas, jalonnée d'épreuves mais aussi illuminée par la rencontre de personnages extraordinaires et par sa passion de la mer.
Bien des années plus tard, Allie, la fille d'Arthur, quitte la Tasmanie, au sud de l'Australie, à bord de son bateau. Elle s'apprête à accomplir une formidable traversée en solitaire. Son but : franchir les océans pour gagner l'Angleterre, dans l'espoir de retrouver sa tante Kitty, la soeur de son père.
Un voyage de l'enfance vers la maturité, deux destinées, deux récits, un roman bouleversant.
Peut-être, un jour, sauterais-je le pas pour replonger dans ces grandes histoires. En attendant, je garde précieusement ces souvenirs de lecture qui ont la force du vent.

La puissance des tempêtes : Le Worldshaker de Richard Harland

J'ai découvert Le Worldshaker il y a de longues années (au moins 6 ans quand même !) et ce roman (cette série !) entre un peu dans la même catégorie que Seul sur la mer immense, c'est-à-dire que j'en garde une flopée de souvenirs colorés, vifs, uniques, émouvants, forts. La différence, c'est que j'en conserve aussi nombre d'images, et ce, je pense, pour deux raisons. La première, c'est que j'avais travaillé dessus en consacrant à ce roman un tiers de mon TPE sur les dystopies (décidément, cet article est plein de souvenirs du lycée !). La seconde, c'est que j'avais interviewé l'auteur au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil ! Vous pouvez même redécouvrir ce fabuleux moment (ouf, la photo gros dossier semble avoir disparu du blog...).
Dans Le Worldshaker, les Hommes résident... sur la mer. Les terres étant devenues invivables, des pays entiers vivent désormais sur d'immenses bateaux qui arpentent les océans à la force de machines monstrueuses. Dès le début, j'ai été fasciné par ces vaisseaux-mondes à l'esthétique steampunk qui libèrent l'imaginaire et qui sont une incarnation symbolique de nos sociétés actuelles. Sur ces bateaux, les classes sociales se répartissent les ponts du plus haut (à l'air libre) aux plus bas (les machines)...
Et qui dit dystopie, dit révolution... Alors prenez un océan fougueux, mettez-y le feu, ajoutez une puissance imaginaire complètement hypnotique et vous avez un roman hors du commun : Le Worldshaker.

L'embrun des vagues : Cheval océan de Stéphane Servant

À la croisée d'une vague et d'un cri, un peu comme La dernière marée où la mer est métaphore, Cheval Océan est un bijou littéraire de la collection d'une seule voix, qui publie des textes courts qui peuvent se lire d'un seul souffle. Ce récit époustouflant signé Stéphane Servant est un véritable coup de poing. Pour le (re)découvrir, je vous propose un extrait de ma critique, paru il y a 5 ans (!).
« Ce sont les mots d’Angela qui est devant cet océan, sur cette plage du Portugal, qui pense à sa grand-mère et parle à cet être pour qui elle a toute cette amertume. Mais la voix d’Angela devient l’écho puissant et infini de l’Océan. Son écume comme des larmes de sel, son rugissement comme le torrent des tourments, sa force comme celle de la rage. La voix d’Angela devient celle de toutes ces femmes blessées, ces femmes d’hier et d’aujourd’hui, ces femmes de demain. La voix d’Angela retranscrit avec beaucoup d’émotion son histoire et ce tsunami de lettres inonde le lecteur pour le laisser, après une petite heure de pure intensité, au bord de l’eau, chamboulé. »

Pour les Franciliens et Parisiens, je serai ce soir au lancement du roman, en présence d'Aylin Manço et de l'équipe de Talents Hauts, à la librairie des Nouveautés. Plus d'infos par ici. Viendez, les copains !


Pour retrouver tout le Blogtour La dernière marée, suivez le guide !
16.01 • La chronique gourmande de Cook in Book
17.01 • La vidéo (avec Clémentine Beauvais herself !) de Talents Hauts
18.01 • La critique de L'Oiseau Lit
19.01 • La vidéo de la chouette Piko Books
20.01 • La critique de la géniale Allez vous faire
21.01 • La vidéo gourmande de Boitamo
22.01 • La critique de l'incontournable Sophie Lit
Demain, rendez-vous sur le blog de La Ronde des Livres et vendredi sur celui de La Mare Aux Mots !

Et vous, quels sont vos romans maritimes préférés ?

De 2016 à 2017 : mon retour en 7 coups de ♥

Tant qu'à revenir pour redonner un souffle de vie à ce blog, autant le faire sur un coup de tête. Se lancer tant que j'ai un peu d'élan sans réfléchir, comme commencer un mémoire, comme se mettre en colère, comme on entre dans la mer, comme on tombe amoureux.

Je sais bien que mon absence a été longue et peut-être décevante (j'espère pas trop, quand même...). Mais je vous assure que pour moi aussi. Je n'ai cessé de me dire que je devais reprendre le blog plutôt que de me couler dans ce silence. Bien sûr, ce n'était pas seulement de la paresse et de l'appréhension de devoir me relancer là-dedans. C'était aussi des doutes - en avais-je encore envie/besoin/le temps ? C'était aussi un manque de temps, dû, entre autres, à la façon dont j'ai cherché à développer ma chaîne ces derniers temps. Et quelle réussite, puisque la voilà qui a dépassé les 2000 abonnés (merci, encore. ♥) ! Pourtant, c'était aussi une profonde envie de revenir. Et je m'en rends compte à l'instant, en écrivant ces mots : je retrouve l'indicible plaisir de vous écrire par le biais de ce blog. Et avec ce plaisir renaissent la passion et l'enthousiasme des projets qui se bousculent tout à coup tout en moi. Leur fulgurance m'avait manqué. Leur vivacité revenue me fait plaisir. Alors je crois que je peux le dire, tout penaud, tout désolé, tout ému et tout heureux : me revoilà.

Pour fêter ça et reprendre les choses doucement, je vous propose de revenir sur mon année livresque 2016 et de vous parler des livres qui ont marqué cette année ! Un petit top 7 (parce que 2000 dit 7 !), ça vous dit ? ♥ Mais aujourd'hui, on ne commence qu'avec les trois derniers du top 7, parce que sinon, l'article va être vraiment très long... :)

7. L'incontournable de Nathan

Puis-je vraiment, alors qu'un livre de Timothée de Fombelle est paru cette année, faire un top de mes lectures sans y inclure cet auteur ? La réponse, bien entendu, est non.
Georgia, écrit par mon auteur préféré, illustré par le grand Benjamin Chaud et créé, composé et mis en musique par l'Ensemble Contraste, a marqué la fin de mon année 2016.
Le plus étonnant dans ce livre-disque, c'est de voir combien tout est mis au service de la musique : les illustrations (que, personnellement, j'ai trouvé assez plates et pas aussi vives que le reste du projet, bien que l'univers chaleureux et pétillant de Benjamin Chaud lui corresponde !) et le texte (dont la simple honnêteté et la surprenante tendresse servent avec humilité la mélancolie de l'histoire et des musiques) qui s'efface derrière les voix des chanteurs.
Je me suis totalement laissé transporter par l'album. Je l'ai écouté en boucle pendant des jours. Et chaque mini-concert que j'ai vu, chaque lecture musicale, que ce soit au lancement de l'album en librairie ou au SLPJ de Montreuil m'a réjoui. ♥
L'émotion des chansons et de l'histoire m'ont emporté et j'ai eu un coup de coeur pour l'ensemble de cet univers si chaleureux et plein d'espoir alors même que la plupart des musiques sont teintées de la nostalgie du passé et de l'enfance.
Pour petits et grands cœurs transis de rêves.
Et au fait, j'en ai déjà parlé rapidement sur YouTube ici !

6. Le roman à lire avec un plaid et une tasse de thé

Je vais commencer à croire que cette auteur se spécialise dans l'écriture de romans-doudous parce que c'était déjà le cas pour l'incroyable Quatre sœurs, également signé Malika Ferdjoukh.
Dans Broadway limited, on est au coeur des années 50. On suit l'histoire un peu folle de Jocelyn qui débarque en pleine nuit, à New York, dans la pension Giboulées en croyant, sur un malentendu, pouvoir y être logé. Malheureusement, il s'agit d'une pension uniquement réservée aux jeunes filles et ne saurait tolérer l'arrivée d'un garçon en ses murs. Par chance, et au cours d'une discussion délicieusement surprenante et absurde que je vous laisse découvrir, Jocelyn a dans sa valise une soupe aux asperges... "au goût d'hier et d'éternité". Le voilà donc qui s'installe au sous-sol dans la dépendance de cette pension ô combien féminine.
Jocelyn vient à New York étudier la musicologie, mais il va se retrouver embarqué par le tourbillon de ces jeunes-filles qui ont pour la plupart des rêves de grandeur à Broadway en tant que danseuses ou actrices.
Ce tourbillon a le goût d'amour, de souvenirs, d'étoiles, d'une ville tentaculaire, de la guerre qui gronde encore en Europe bien qu'elle soit terminée, de neige et de froid, de théâtre, d'aventures du quotidien, de beignets, de stars, de comédies musicales, de culture américaine, de mal de pays, d'amis et d'amies, de fêtes et de découvertes, d'études et de musique.
Les personnages sont extrêmement nombreux et entraînent, avec Jocelyn, le lecteur un peu étourdi. Mais dans cet étourdissement scintillent des étoiles, bruissent la chaleur d'une pension et les rires de jeunes filles et tonne la musique ! C'est un délicieux étourdissement que Malika Ferdjoukh nous offre avec, comme toujours, une plume magique bricolée de banal et un univers comme un cocon duquel on voudrait ne jamais plus sortir.
Pour les fans de comédies musicales, les avides de romans d'ambiance et les yeux amoureux.
Celui-ci aussi, j'en ai déjà parlé sur YouTube ici et ici !

5. La bande-dessinée à savourer comme un conte

Cette bande-dessinée me faisait envie depuis longtemps quand une personne qui m'est très chère me l'a offerte en février dernier. Je l'ai commencée innocemment, prêt à savourer un joli moment de détente et j'ai découvert un véritable et authentique bijou.
L'Homme-montagne raconte l'histoire de deux hommes-montagnes : une grande et vieille montagne (le grand-père) et son compagnon de voyage, son petit-fils, une petite et jeune montagne. Un jour, cette première, le grand-père, annonce à l'autre qu'il va s'arrêter, se poser à un endroit agréable, et rester là pour toujours, en tant que montagne. Le plus petit n'est pas d'accord et veut l'aider et l'accompagner pour un dernier voyage. Trop petit pour le porter et soutenir son grand-père pour avancer, le voilà qui part pour un voyage solitaire en quête du vent, celui qui peut soulever les montagnes.
C'est une histoire profondément touchante sur la vieillesse et le fait de grandir, sur le deuil et surtout sur la vie, sur les voyages qu'on accomplit accompagné ou seul, sur des épreuves, des défis, des réussites et des sourires. Elle est portée par un texte fin, sincère et juste. Elle est portée par une narration originale, qui renouvèle avec fraîcheur la construction de la bande-dessinée. Mais surtout par des illustrations magnifiques qui n'ont cessé de m'émerveiller. 
Pour les cœurs qui grandissent et voyagent.
Si vous voulez voir quelques images de la BD et la vidéo dans laquelle j'en ai parlé l'an dernier, c'est par ici !

 
Pour un retour, ça fait un long article mais comprenez qu'après tant d'absence, les mots se sont écoulés du bout de mes doigts comme un torrent et il a même fallu un peu juguler ce flot-là ! :-) On se retrouve très bientôt pour la suite (et la fin) de ce top 7 avec mes 4 livres préférés de 2016 ? ♥

Tobie, ou revenir à la maison | CONCOURS

Le blog a eu 6 ans la semaine dernière.
Un grand héros (de petite taille) de la littérature jeunesse en a eu 10 mercredi dernier.

J'aurais voulu célébrer tout ça un peu mieux et un peu plus tôt, mais une fois de plus, le temps a passé et nous voilà déjà le dimanche 17 avril. (Oups.)

Heureusement, je reviens avec de quoi me faire pardonner et surtout de quoi écrire un article passionné, ému et émouvant. Je ne vais pas trop m'attarder et en écrire des tartines, parce que ça je l'ai déjà fait il y a trois ans (déjà ?!), et j'en ai déjà beaucoup parlé en vidéo (notamment pour mes 19 ans).

Il y a quelques jours, j'ai essayé de vous faire deviner de quoi il s'agit sur Twitter... et vous avez trouvé tout de suite !
 


Alors oui, il s'agit bien de mon Tobie. ♥


Tobie Lolness, je l'ai lu en 2006, quelques temps après sa sortie. Je ne sais pas exactement quand. Je me souviens juste l'avoir emprunté à la bibliothèque (cela devait donc faire quelques semaines ou quelques mois qu'il était paru). Et ça a été le coup de coeur.
Dans une forêt de mots à qui Timothée de Fombelle sait emprunter le panache, cette quête de soi renverse le lecteur par sa poésie, sa simplicité, sa sincérité et sa grandeur. (ma chronique de 2013)
Je me souviens avoir attendu le tome 2 et l'avoir précommandé. Je me souviens avoir vibré de tout coeur avec les personnages. Je me souviens avoir été fasciné, séduit, bouleversé par l'univers, l'histoire et le style de ce dyptique. Je me souviens avoir lu, tout excité, son premier Je Bouquine : Céleste, ma planète. Je me souviens l'avoir rencontré pour la première moi au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil en 2008. Et ainsi de suite. Des Je me souviens il y en a des poignées jusqu'à des rencontres irréelles, des amis tout près du coeur et un voyage un peu fou. Ça, c'est une autre histoire, que je vous raconterai bientôt.

Tobie Lolness, c'est ce roman, LE roman, que je cite quand on me demande quel est mon livre préféré. Celui dont je parle si on me demande quel roman a marqué ma vie. Celui que j'adule, que j'adore, que j'admire. Celui que je relis régulièrement sans jamais me lasser une seule seconde, comme s'il y avait encore des branches de l'histoire que je ne connaissais pas, alors que j'en connais tous les recoins. Celui que je redécouvre à chaque lecture. Celui dans lequel j'ai toujours quelque chose de neuf à piocher.

Quand je lis Tobie Lolness, c'est comme si je revenais à la maison.



Comme j'aimerais beaucoup que vous le (re)lisiez,
comme le blog a 6 ans,
comme Tobie en a 10 et qu'une nouvelle édition intégrale des deux tomes sort le 11 mai,
j'ai décidé de vous offrir
1 exemplaire de l'édition anniversaire de Tobie Lolness !

La photo que vous pouvez voir plus haut n'est pas une photo de cette réédition et je n'ai aucun visuel à vous proposer pour le moment, même moi je ne sais pas à quoi va ressembler le roman !
Mais j'en ai eu quelques échos, et je sais que François Place s'est remis à la tâche, que quelques petits surprises vont se glisser dans l'intégrale et que l'objet sera superbe. (MAJ : couverture ci-dessus)
J'ai tout autant hâte que vous de voir ça. Alors en attendant, vous pouvez participer au concours !

Pour cela, rien de plus simple :
  •  Vous m'écrivez un petit commentaire dans lequel vous me dites quel est votre livre préféré et/ou pourquoi vous aimez Tobie si vous avez déjà lu le roman,
  • vous ajoutez votre adresse mail (INDISPENSABLE : si j'avais vous gagnez, je dois pouvoir vous contacter)
  • vous partagez le concours sur les réseaux sociaux et vous glissez le lien avec tout ça
  • et vous postez le commentaire ! :)
Attention :
  • Concours réservé à la France métropolitaine, la Suisse et la Belgique (désolé pour les autres...).
  • Concours ouvert jusqu'au vendredi 13 mai.
Bonne chance !
Et joyeux anniversaire Tobie
Merci à Gallimard jeunesse pour l'exemplaire de Tobie Lolness.