[ SEMAINE SPECIALE HELIUM ] 5è jour: Interview de Richard Harland

Bon voilà en retard la suite de cette semaine spéciale ! J'étais censé publier une sorte de petit dossier sur Richard Harland, auteur du Worldshaker, mais c'est un lourd travail auquel j'aurais du m'y prendre plus tôt. Le lendemain j'aurais du publier cette interview ! On va essayer de fusionner les deux ici, demains sera votre dernière surprise pour cette semaine spéciale Hélium !


Tout commence quelques semaines avant Montreuil quand Gilberte Bourget me parle de la venue en France de Richard Harland, auteur du Worldshaker et du Liberator, deux livres auxquels j'ai totalement adhéré ! J'avais déjà eu vu de cette annonce sur facebook et j'en étais ravi ! Mais quand elle me demande si une interview en personne m'intéresserait ... j'en reste coi ! Le coeur tout affolé j'ai répondu très vite, tout excité. Cela s'est alors confirmé petit à petit et j'ai ainsi préparé mon interview pour le samedi 3 décembre au salon du livre de Montreuil un peu après 17h00 ... Bon nous attendions Erik L'Homme pour mon frère jumeau et mon cousin au stand Rageot Éditeur qui était en retard et moi je stressais en disant "ils vont m'attendre, ils vont m'attendre !" Mais comme ils voulaient venir j'attendais et stressais. C'est donc en vitesse que nous sommes allés au stand Hélium où nous attendaient de pied ferme Gilberte et Richard ... Bon voilà on était en retard, je me sentais assez mal pour ça mais ça allait j'étais arrivé juste ! Là nous sommes montés au carré VIP ! J'étais tout excité de découvrir ça ... Nous nous sommes installés, et Gilberte est partie. Là j'ai déclenché l'enregistreur numérique et l'interview a pu commencer.
Richard est quelqu'un d'extrêmement sympathique ! Souriant, rieur, il répond aux questions avec enthousiasme et a travaillé son français dans l'avion et en Australie, si bien qu'il a été impressionnant ! Moi j'essayais de faire des efforts quand il ne comprenait pas mais en m'écoutant je me rend compte que j'ai été affreux ! J'ai parlé dans un franglish bizarre avec un accent à réveiller les morts ! Brrr quelle honte x)

Tout s'est très bien déroulé, alors je vous poste l'interview !

  • Est-ce que vous êtes heureux d’être ici, à Paris ?
Oui très heureux, pour moi c’est la plus belle ville du monde ! Et c’est aussi le salon de Montreuil … c’est plus grand que je me l’imaginais ! Je me doutais que c’était si beau, si grand et si actif ! Il y a tant d’énergie !

  • Ca s’est bien passé avec vos fans ?
Oui c’était très bien ! Mais moi je ne comprends pas très bien le français ! Pour l’auteur, c’est très important de comprendre ce que disent les fans. Ce qu’ils disent, un temps je comprends et un temps je ne comprends pas et c‘est très important, j’apprends grâce aux fans !  

  • C’est la première fois que vous êtes publiés en France …
La première fois que je suis publié en France oui … j’ai été publié à d’autres moments en Australie et aussi aux Etats-Unis, et en Angleterre. Mais Le Worldshaker est le premier à être publié en France.

Couverture australienne ... pas mal ! :)
Couverture allemande très classe
Couverture US pas mal aussi !











Couverture anglaise






Et à gauche la couverture anglaise donc ! Perso,  j'aime donc beaucou l'allemande et l'australienne reste pas mal du tout mais j'ai un gros coup de coeur pour celle de Hélium ! Simple, et efficace, c'est tout d'abord elle qui m'a attiré après tout ! ;D





  • Et vous êtes content de ça ?


Oui je suis très content et j’ai eu beaucoup de chance avec ma traductrice, Valérie Le Plouhinec. Je crois que c’est une très très bonne traductrice parce que les livres ont souvent un commentaire très bien. Et certains commentaires disent que le style est très bon alors il faut être un très bon traducteur pour avoir ce style !

  • Le Worldshaker a reçu un prix, quelles sont vos réactions ?
Oui, le prix Tam-Tam Je Bouquine ! C’est merveilleux c’est formidable, parce que je n’habite pas en France et que je n’avais jamais entendu parler de ce prix avant mais il est très  important et voté par les jeunes lecteurs. Alors c'est la meilleure sorte de prix parce que c'est les lecteurs qui décident et ce sont les lecteurs eux  qui veulent lire, c'est très très satisfaisant.  



  • Pourquoi écrivez vous ?
J'ai toujours voulu être écrivain. Depuis l'âge de 11 ans je veux être écrivain. Mais j'ai la malédiction de la feuille blanche. Toujours j'ai commencé et je n'ai pas fini, les petites histoires et les romans. Et pendant 25 ans je n'ai pas fini un seul roman ! Maintenant, j'ai encore 30 romans qui n'ont jamais été finis dans mon armoire chez moi ! Alors être écrivain c'est un rêve qui est devenu vrai ! Et le succès du Worldshaker et du Liberator c'est encore mieux mais pour moi écrire et être publié c'est formidable !

 Richard Harland est né le 15 janvier 1947 ( bientôt son anniversaire ! ... ) en Angleterre et ce n'est qu'en 1970 que l'Australie devient son pays d'adoption. Aujourd'hui, il est depuis 10 ans écrivains à plein temps et a écrit une quinzaine de romans et d'autres écrits ...

  • Est-ce que vous lisez ?
Oui mais pas autant en ce moment qu'avant. Parce que j'ai trop d'autres choses à faire. J'écris tous les matins ! Les samedis, les dimanches, et tous les jours de fêtes jusqu'à l'après-midi. Puis j'ai d'autres choses à faire pour la publicité, des choses pour Montreuil (?), le website. Alors je n'ai pas beaucoup de temps mais j'aime beaucoup lire !

  • D'où vous vient l'idée ce cette immense bateau et de l'histoire de Col et de Riff ?
Alors c'est une longue histoire que je dois vous raconter. J'ai eu l'idée du Worldshaker 10 ans avant que j'ai commencé à l'écrire ! C'étaient 2 rêves. Avez-vous déjà entendu parlé du romancier Mervyn Peake ? Je ne crois pas non … Il est très difficile à lire, mais quand on le lit, on l'aime. Et j'ai lu Mervyn Peake. Il a créé un château immense, absolument immense ! 1000 chambres, 1000 couloirs, immense ! 

 

Mervyn Peake, né en 1911 et mort en 1968, est un auteur très célèbre du XXè siècle connu notamment pour sa trilogie dont nous parle Richard Harland ...



J'ai lu son premier roman qui s'appelle Titus Groan, le deuxième qui s'appelle Gormenghast et j'ai été très excité à l'idée de lire le troisième, le dernier ! Mais j'ai été très très déçu quand je l'ai lu. Parce que c'est un autre monde, c'est pas le château, ce sont de différents personnages. Et trois nuits après j'ai rêvé. J'étais dans une grande bibliothèque, qui montait en spirale. Les murs sont couverts de livres. Et je suis monté. Alors j'ai découvert les livres de Mervyn Peake: Titus Groan, Gormenghast et aussi le troisième. Mais ce n'est pas le livre que Mervyn Peake a écrit, c'est le livre que j'ai voulu qu'il écrive. Alors j'ai pris ce livre, je l'ai lu très très vite et j'ai tout absorbé, l'histoire, les personnages, tout ! Et quand je me réveille, je me dis que je peux tout écrire. Mais il a fallu que je trouve un papier, un crayon, et trois minutes plus tard, quand je retourne au lit, avec le papier et le crayon … rien. Après tout, vous savez comment un rêve disparaît, il avait totalement disparu ! Il me reste seulement les sentiments, et les émotions. Et 7 ans après j'ai voulu écrire le roman qui crée et me donne les mêmes sentiments et émotions. Mais moi je ne veux pas copier Mervyn Peake, je ne veux pas un immense château de pierre, mais quelque chose d'original, sans savoir quoi. Alors trois mois après, j'ai un autre rêve. J'étais dans une chambre tout à fait fabriqué de fer. Le plafond est en fer, les murs sont en fer et au milieu du plafond il y a un trou, de la taille d'un demi-mètre.  Alors je regarde dans le trou et très loin, en bas, un peu de lumière et du mouvement, mais je ne vois pas exactement. Et quelqu'un m'a dit dans le rêve: il y a des gens qui vivent là-bas. Alors je pense: ah non non, c'est impossible !  Et je suis tombé dans le trou tout en bas, sur des kilomètres. Et j'ai passé des ponts, mais qui ne sont pas ordinaires, ils sont faits de grillage. Ils font environ un demi-mètre de haut et il y a des gens qui avancent à genoux parce que le plafond est très bas. Leurs vêtements ne sont presque rien, ils sont sales, et faibles. Et ils semblent avoir faim. Et dans le rêve je pense: c'est atroce de vivre comme ça ! Et je suis effrayé puisque quand je tombe dans le trou, ils m'attaquent ! Alors ça m'a donné l'idée du monde du Worldshaker. Vous savez, pendant le chapitre 26 (page 127), Col tombe dans le trou ! Son expérience, c'est l'expérience de mon rêve ! Et après ce rêve j'ai pensé: alors c'est un château de fer ! Et si c'est du fer, je peux le mettre en mouvement, alors j'y ai mis des roues pour cela. C'est ça le commencement.

" Col tombait, tombait, tombait. Son pire cauchemar d'enfance était en train de se réaliser. L'impuissance totale, rien à quoi se raccrocher. En griffant le métal lisse de la glissière il ne réussit qu'à ajouter une vrille à sa chute inéluctable. [ ... ] Ses poursuivants étaient presque sur lui lorsqu'il repéra une échelle descendante, fixée au bord de la citerne. Il s'y précipita. Ratant plus de barreaux qu'il n'en touchait, il dévala, mi-glissant, mi-tombant, sur plus de cinq mètres. Une succession de planchers passait à tout vitesse devant ses yeux, ainsi que d'étroits couloirs qui s'ouvraient dans la masse sombre des machines. "

  • Vous utilisez l'histoire de la Révolution mais en la réécrivant …
L'Histoire, jusqu'à l'âge de Napoléon, en 1803, c'est la même. Mais à ce moment, il y a un changement, un autre tournant Celui-ci était un vrai fait historique: un ingénieur Albert Favier Mathieu a approché Napoléon avec l'idée de faire un tunnel sous la Manche, mais Napoléon a refusé. Dans mon histoire il a dit oui ! Et tout est différent après cet évènement. En anglais on appelle ça Alternate History, histoire alternative. C'es parce que c'est la vrai histoire, mais avec un autre tournant.

  • En France, on appelle ça une Uchronie…
Une uchronie ! C'est un bon mot ça une uchronie…

  • Mais on appelle ça aussi steampunk …
Oui, mais quand j'ai eu les deux rêves et que j'ai commencé à penser au monde du Worldshaker, à ce moment je n'avais pas compris ce que voulait dire steampunk alors j'ai créé un monde steampunk, sans savoir ce que c'était ! 

  • Dans le tome 2, le Liberator, pendant la première partie, les places des personnages sont inversées…
Oui ça c'est très important …

  • Et moi quand j'ai lu le livre, j'ai été stressé, énervé … est-ce que ça a été difficile d'écrire cette partie ?
Ce fut excitant mais c'était aussi difficile … Les rôles sont inversés. Col est la victime et pour lui c'est très injuste ! Il a aidé à la Révolution et a sacrifié beaucoup et il ne reçoit pas l'honneur qu'il devrait avoir ! Tous les Immondes suspectent d'être un ennemi et ce n'est pas juste ! Et moi je sympathise totalement avec Col et aussi avec Riff parce qu'elle est influencée … 

" Nous sommes tellement bien intégrés dans cette histoire que je me suis senti tout simplement ... révolté ! C'est horrible, interminable et surtout insupportable ! On attend impatiemment que tout se termine, mais bien sûr il va falloir attendre un peu ! ... "


  • Elle ne sait pas qui choisir …
Oui c'est ça !

  • Ensuite, dans la seconde partie, on découvre les autres bateaux et les stations houillères … Comment vous-y vous êtes pris pour imaginer tout ça ? Les différences des bateaux, etc. …
Ah oui, les différences des bateaux … J'ai su que je voulais inventer quelque chose mais je ne savais pas exactement quoi. Alors d'abord il y a le mégalonef d'Autriche et le russe. J'ai décidé de leur apparence puis j'ai inventé la Marseillaise, le mégalonef turc. Et les stations houillères, vous savez Botany Bay est un port de Sydney. C'est là, aujourd'hui que les conteneurs vont à Botany Bay. Mais c'est aussi le premier endroit où les européens arrivent en Australie. Comment vous dites … stations ?

  • Houillères, stations houillères dans la version française…
Ah parce que je ne savais pas comment ça se dit en France ! Pour moi c'est très très intéressant d'avoir créé le monde du Worldshaker mais je n'avais pas beaucoup pensé au monde extérieur. Ca a été très intéressant d'étendre l'histoire plus loin.

" Il nous fait vivre une autre histoire, autre chose, dans un autre décor. Ce second tome est plus centré sur des informations que nous n'avions pas encore à notre disposition, sur le monde extérieur, au Worldshaker,  ou plutôt au Libérator. On découvre les stations houillères, les bateaux étrangers, et leurs différences, c'est .. fascinant !  "
  • Est-ce que vous écrivez la suite en ce moment ?
Non, ce que j'écris en ce moment, c'est aussi steampunk, c'est le même monde mais ce n'est pas Riff et Col … Vous savez qu'à la fin ils s'épousent, se marient, alors il n'est pas très très intéressant de continuer, alors le prochain roman c'est le même monde mais ce sont des différents personnages.

  • C'est la suite du Liberator, où ça se place à un autre moment ?
Eh bien je crois que dans quelques années j'écrirais la suite et peut-être que Gillabeth et Septimus deviendront les personnages importants mais il me faut un peu de temps avant de continuer …

  • Donc, vous écrivez un autre livre et ensuite vous écrirez la suite ? …
Je crois oui … Mais j'ai à demi écrit ce prochain livre qui se passe à une période antérieure au Worldshaker. C'est compliqué parce que les américains publient le Liberator l'année prochaine alors il faut synchroniser le tout.

  • Avez-vous quelque chose à dire pour la fin ?
Non … non mais pour moi c'est formidable d'être en France parce que il semble qu'ils ont beaucoup aimé le Worldshaker et pour moi c'est génial  parce que j'ai eu la malédiction de la feuille blanche tellement longtemps et c'est comme un rêve qui devient vrai …

  • Moi j'adoré l'ambiance et le monde … Une dernière question: pourquoi avoir choisi le Worldshaker comme nom pour le mégalonef ?
C'est un petit secret … D'abord quand j'ai écris le premier tome je l'ai appelé Léviathan.  Puis j'ai lu Michael Moorcok qui a écrit Le Léviathan des Terres alors je me suis dit: il faut changer ! Alors j'ai changé le nom qui est devenu … Juggernaut, vous savez, c'est le nom anglais pour mégalonef. Mais mon agent australien m'a dit qu'il y a un film qui s'appelle Juggernaut. Alors j'ai changé une troisième fois et le nom original c'était Overlord … Je ne sais pas trop comment te traduire. C'est le grand maître … Et je l'ai renommé en Worldshaker pour nommer le moment ! C'est au dernier moment que ce mot est arrivé et maintenant il me semble que le roman doit toujours s'appeler ainsi c'est le meilleur nom ! 

" Ce qui m'a d'abord attiré chez ce livre, est "l'univers". Je veux dire, d'abord, la couverture m'a intrigué. Puis en lisant le résumé, je suis tombé sous le charme. Je m'imagine bien. Le grand bateau, toutes ces cheminées, cet air de XIXè siècle, toutes les cabines, les gens bien vêtus. Bref, j'ai adoré sans l'avoir lu !   "

L'interview s'est alors terminée dans la bonne humeur ! Séance photo vite fait où Richard nous montre à ma famille et moi ses lunettes achetées au marché aux puces de St Ouen, on a bien ri !


Et voici une photo de moi en train de l'interviewer: faudra vous habituer, Montreuil, ça décoiffe !


Je souhaite donc grandement remercier Hélium pour m'avoir permis de vivre ce moment privilégié et unique ! Merci aussi à Richard qui a pris de son temps pour moi, au plaisir de lire ses prochains livres traduits en France et de le revoir !  Vous, vous découvrirez très vite le CR complet du salon !

En attendant vous pouvez visiter le site très très complet de Richard, et son blog où il parle de Paris et du salon de Montreuil !

2 commentaires:

nathalie a dit…

SUPER bien ton interview! on s'y croirait presque!!

CaptainMel a dit…

Interview très intéressante et très bien menée !
C'est rassurant de voir que le syndrome de la page blanche est partagé ^^
Je trouve aussi génial le fait que tout soit parti d'un rêve, un rêve qui a duré des années...

Publier un commentaire