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6 questions à Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini | Mots rumeurs, mots cutter ♥

"J'attends. Que demain arrive." Les mots de Luciole se déversent avec délicatesse des hauts-parleurs de mon ordinateur portable au moment où je commence cet article. "J'attends" disaient il y a quelques jours les écoliers, collégiens, lycéens qui s'apprêtaient à faire leur rentrée et stressaient ou bien encore s'enthousiasmaient de revoir leurs copains, avoir leurs nouveaux emplois du temps, profs, établissements, ... "J'attends" disent-ils sans doute maintenant après le début et en cochant les cases du calendrier qui les séparent des vacances. Non ? Allez, avouez ...
Un peu marre de la rentrée non ? On ne parle que de ça sur facebook, twitter, à la télé, à la radio ... et même sur le blog. Un peu plus discrètement que l'an dernier oui, mais l'été semble prendre fin. Alors si on arrêtait à moitié. Si on attendait autre chose que la rentrée.
"J'attends" Mots rumeurs, mots cutter.
Allez, dites-le. Il sort demain.
On ne sait plus finalement où commence l'une, où commence l'autre, les deux auteures unissent leurs deux arts pour n'en faire qu'un et c'est brillant, poignant, sans jamais oublier de rappeler au lecteur que même dans les pires moments, il y a l'espoir. Une main tendue, un sourire et l'avenir peint de jours meilleurs. (extrait de ma chronique)
http://bouquinsenfolie.blogspot.fr/2013/03/du-rouge-du-sucre-tagada-power.html

 "J'attends. Que demain arrive." Vous ne pourrez plus que le dire, si ma chronique, en entière ici, ne vous a toujours pas convaincue, une fois que vous aurez lue l'interview de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini. Merci à elle, en si peu de temps, juste pour la rentrée et la sortie de ce roman graphique, d'avoir accepté de répondre à ces quelques questions.

Comment vous organisez-vous dans l'écriture de vos bandes-dessinées et plus particulièrement dans le travail de cette série ?
Charlotte Bousquet: D’abord, il y a la thématique, dont on discute ensemble, généralement, et que l’on propose à Paola Grieco, notre éditrice. Ensuite, vient le texte. Je l’écris comme une courte histoire, avec des chapitres, et à la première personne – c’est je crois l’une des caractéristiques de notre travail, à Stéphanie et moi, un aspect intimiste qui se traduit à la fois par le style et le dessin. Cela étant, si Rouge tagada était au départ très écrit, j’ai pris un peu de bouteille au fil des scénarii, qui ressemblent maintenant plus à de « vrais » scénarii qu’au début. Du coup, le découpage, que nous effectuons généralement à deux, se fait plus facilement. La suite, c’est à Stéphanie de raconter…
Stéphanie  Rubini: Nous essayons le plus possible de nous voir (en vrai) quelques jours pour le découpage du scénario. Malheureusement depuis mon déménagement à Rennes, je viens beaucoup moins sur Paris que lorsque j'habitais à Lille... Je fais des propositions de mise en scène, Charlotte complète les dialogues quand c'est nécessaire. Bref le texte de départ est un peu trituré (mais toujours dans le respect du texte) pour en faire un livre d'image et de mise en scène.
Quelle est d'ailleurs la genèse de cette série ?
CB : Une genèse double. Au départ, un court roman, Rouge tagada, que j’ai proposé à Stéphanie avec un vague « on pourrait essayer d’en faire quelque chose », puis une réaction enthousiaste de Paola Grieco et Marie Rebulard, la naissance de la collection Graphiques. Ensuite, la photo de classe dessinée par Stéphanie, qui est devenue le fil rouge de la série (on la retrouve, sous différentes formes, dans chacun des tomes) : comment ne pas avoir envie de raconter d’autres histoires, de donner vie à ces collégiens ?
SR: Charlotte a tout dit je crois. Effectivement c'est une suite de bonnes décisions et un travail d'équipe qui sont à l'origine de cette série.
 Et celle de Mots rumeurs, mots cutter ?
CB : Ayant, adolescente, été victime de harcèlement scolaire, je suis très sensible à ce sujet. J’avais envie depuis longtemps d’écrire quelque chose à ce propos, mais je ne savais pas par quel bout le prendre, je n’avais pas trouvé la bonne manière de l’aborder. Avec la série que nous créons, Stéphanie et moi, autour de cette classe de 4ème D, c’est devenu une évidence. Nous en avons un peu discuté, nous sommes tombées d’accord sur l’identité de l’héroïne, et voilà… Ce qui a été vraiment génial, dans ce tome, c’est que Stéphanie a réussi à faire passer, dans son dessin, ce qui n’était pas exprimable – parce que trop dur, trop cru, etc.
SR: Effectivement tout l'enjeu était de traiter ce thème de manière frontale, mais sans basculer dans l'horreur ou le pathos (que je déteste). Je savais que mon trait naturellement un peu naïf adoucirait les situations les plus dures. Nous avons toutes les deux repensé à ce que les plus faibles subissaient au collège. Bien que dans le groupe des élèves intellos et bizarres, je n'ai personnellement pas été victime de harcèlement Mais je voyais des camarades maltraités tous les jours.
 
Vous retrouvez-vous dans les personnages que vous créez ?
CB : Oui, toujours, parce que je crée à partir de moi – mes tripes, mon cœur, mes peurs, mes envies, tics, etc. Pour Mots cutter, mots rumeurs, je suis allée gratter du côté de mon adolescence. Pour Lune et l’ombre, c’est moins visible, mais je fais appel à des souvenirs, des émotions, des petites madeleines, en somme. Même les personnages qui me ont étrangers, j’essaie de les comprendre, de trouver le moyen de me les approprier. Sinon, je crois que cela ne fonctionnerait pas.
SR: Oui, même si comme je l'ai dit plus haut je n'ai jamais été victime de rumeurs ou de harcèlement comme Léa. Mais je connais la pression du groupe, la violence symbolique et réelle qui peut régner dans une cours de récréation. Une simple remarque blessante (sur mes cheveux, mes vêtements toujours trop courts et ringards) pouvait casser et me faire douter pendant des semaines. Le collège c'est la jungle, je n'ai pas d'autre mot...
 
Pensez-vous que les mêmes histoires auraient pu être racontées avec le même impact sans illustrations ?
CB : Même si, au départ, Rouge tagada était prévu sans, je pense que le récit n’aurait pas eu cette force sans la présence des dessins de Stéphanie. Quant à Mots rumeurs, mots cutter, il n’aurait jamais vu le jour, tant les dessins sont importants. Ce qui est génial, avec cette série, et avec le roman graphique en général, c’est que c’est une création à quatre mains, deux cerveaux et pas mal de discussions…
SR: Oui mais pas de la même manière. C'est la même chose que de comparer un roman et son adaptation au cinéma. Ce sont deux objets différent. D'ailleurs, pour moi (dans l'idéal) la BD est plus proche du cinéma que du roman. 
Et la suite de la série ?
CB : La suite est prévue pour 2015. Un troisième opus, qui évoquera les rapports frère/sœur et la difficulté d’être soi. Chloé, la petite goth emo de Mots rumeurs, mots cutter, est au centre du récit. Pour l’occasion, un jeune mangaka, Léo S. viendra faire quelques incursions en images. Si tout se déroule selon le planning prévu, le quatrième tome, prévu à la rentrée 2015, ouvrira une nouvelle série – ou une nouvelle phase –, puisqu’on retrouve les personnages trois ans plus tard, l’année du bac français !
SR: Oui, je travaille actuellement sur le tome 3 et c'est un vrai marathon. Je trépigne d'avance de commencer la prochaine série dont parle Charlotte, parce que dessiner tous les personnages 3 ans plus tard sera un sacré challenge. Les rapports entre les uns et les autres aura changé. Les coiffures et les styles vestimentaires aussi.
...

"En tout cas, je ne cesse de me dire qu’à côté du lycée, je ne retournerais au collège pour rien au monde. J’ai vraiment l’impression de vivre à fond depuis que je suis entré en seconde. Le temps s’écoule bien plus vite qu’avant, mais il y a le théâtre, les amis, les découvertes, les chemins qui se tracent devant moi. Encore faut-il choisir le bon ; mais je peux me tromper. J’ai encore le temps." C'est ce que j'écrivais il y a un an. Et ça me semble toujours particulièrement vrai, bien que le lycée soit terminé.
"L'autre jour j'y repensais et je me disais que le collège c'est se jeter dans le grand bain des adultes sans la censure et l'auto censure qui va avec." Me confie Stéphanie, en regard de l'interview. "Les adultes ne sont pas plus tendres entre eux (cf le milieu de l'entreprise atroce)." Je trouve ça vrai. Dur mais vrai.
Heureusement, l'amitié est là pour vous aider à traverser les épreuves que l'école peut malgré tout vous opposer. Et certains vivent très bien le collège et la suite. Je vous le souhaite. La vie ne cessera pas de vous surprendre.
Et si cela ne suffit pas, la lecture, celle par exemple de ce sensible roman graphique, sera toujours là pour vous rappeler qu'une main tendue vous attend quelque part. 

Par-delà l'été, le chemin


Comme tant d'autres blogueurs sur la toile immense d'internet et de la blogosphère, je laisse fleurir dans mon jardin de mots quelques phrases un brin nostalgiques, heureuses, pleine de promesses, non pas sur l'été, puisque ces phrases, je les ai déjà cultivées ici, un peu ici, et peut-être aussi par , c'était en tout cas la terre de ces derniers mots; mais sur la fin prochaine de ces vacances, la fin de deux mois sur lesquels j'aimerais un peu revenir, le début d'autre chose, le nouveau chapitre que je m'apprête à écrire, et la rentrée littéraire, bien sûr.

J'avais commencé un bilan de mai, il y a de cela 3 mois. Déjà. J'avais commencé un petit article, le 10 Juillet, à la manière des premiers que j'ai écrits au début de l'été, que je comptais continuer cet été. Je ne l'ai pas fait. Comme toujours, j'ai eu du mal à tenir les engagements que je me suis moi-même donnés. Mais j'ai décidé il n'y a pas si longtemps que ça, alors que je méditais sur ce que devenait mon blog, sur la régularité dont il n'a jamais fait preuve et sur ce que je voulais y écrire, que le but premier, l'essence même de mon blog c'était une passion. J'écris ici par envie, plaisir et avec la volonté de partager ce que je ressens et ce que j'aime. Pourquoi donc me forcer à publier ? Je n'ai pas pu suivre le rythme que j'avais espéré suivre cet été. Mais j'ai pu faire une pause. Un sacré break un peu dans tout ce que je fais.
J'ai relativement peu lu. Mais c'était pour bloguer (un tout petit peu), écrire (un tout petit peu aussi) et surtout bosser, passer le bac. Puis pour jouir pleinement des instants de bonheur à plusieurs, jouir du repos, trier, ranger, classer, commencer, recommencer.
J'ai peu écrit. Mais j'ai réfléchi, médité, je suis rentré en moi-même et en ce texte que je travaille intérieurement depuis 2 ans pour être prêt, bientôt, vraiment prêt à me lancer dedans.
J'ai peu blogué. Mais j'ai pensé à ce que je voulais faire à la rentrée, pensé à ce que je voulais relancer, à ce que je voulais que ce petit bout virtuel de moi-même devienne. J'ai rattrapé un gouffre de retard de chroniques, j'ai écrit et préparé des articles, ils attendent bien au chaud, dans mon ordinateur.
J'ai rangé, trié, classé, oui. Mon ordi, mais aussi ma chambre, mon bureau, tout ça tout ça, toutes ces affaires dont on s'encombre et il vient un moment où elles ne signifient plus grand chose. J'aime faire le neuf là-dedans, repartir sur de bonnes bases, me dire que je vais pouvoir faire de la place pour autre chose.
J'ai écrit pour mon blog, j'ai écrit par-ci par-là, j'ai donné naissance à des idées, des envies, des désirs, une volonté d'être libre.
Je me suis amusé, je me suis baigné, j'ai bronzé, j'ai profité de mes amis, j'ai empli mon coeur de leur présence et de celle de ma famille, j'ai appris à profiter de chacun des instants de ces deux mois. Je me suis reposé. J'ai tourné la page. Tourné la page du lycée. J'en ouvre une autre. J'ai fait un peu le point sur moi aussi, ce que je ressens. Enfin j'ai essayé.
Peut-être même que j'ai commencé quelque chose de nouveau, d'inattendu, du bonheur.
Un autre chemin s'ouvre à moi. Je suis délicieusement heureux de l'emprunter. Effrayé aussi. Je ne rentre pas encore, j'ai le temps, mais je pose déjà quelques pas sur ce chemin.
Sur le blog, le chemin sera sans doute tortueux cette année, mais lumineux, doux, virevoltant.
Je choisis le mot Liberté.

J'ai déjà parlé rentrée l'an dernier. De son importance. N'hésitez pas à retourner le lire cet article. Il avait eu droit à son petit succès, et j'en suis fier, heureux.
Mais puisqu'il est d'actualité de parler rentrée, je vous conseille un peu de lecture. Les bande-dessinées de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini. Ca a commencé avec le touchant Rouge Tagada, ça continue avec le poignant Mots rumeurs, mots cutter. Ce second tome -et pas le dernier !- paraît très bientôt chez Gulf Stream et c'est l'histoire d'une jeune collégienne, une jeune amoureuse. Une erreur, une photo, et voilà un ticket pour l'enfer... celui du harcèlement, la moquerie au collège, la haine collégienne.
L'alliance de Charlotte Bousquet (au texte) et de Stéphanie Rubini (au dessin) est stupéfiante tant par l'alchimie qui les unit que par le choc qu'elle produit. La douceur des traits, l'allégresse se dégageant des couleurs, la sérénité du style en général se heurtent à un texte délicat, sensible, mais tourmenté, et plus que touchant: bouleversant. Car j'ai lu avec une boule dans la gorge. Pourtant, de l'une à l'autre, on ne sait par quel enchantement, des ponts s'érigent, des liens se tissent, des mains s'unissent. On retrouve dans les mots de Charlotte Bousquet cette délicatesse oui, cette douceur, ces images colorées et touchantes. On retrouve dans les dessins de Stéphanie Rubini des personnages frappés, changés, souffrants, dont l'émotion transparaît, touche, émeut et s'exprime jusque dans un découpage cassé et tourmenté.
On ne sait plus finalement où commence l'une, où commence l'autre, les deux auteures unissent leurs deux arts pour n'en faire qu'un et c'est brillant, poignant, sans jamais oublier de rappeler au lecteur que même dans les pires moments, il y a l'espoir. Une main tendue, un sourire et l'avenir peint de jours meilleurs.

Entre mai et Août, d'hier à aujourd'hui, j'ai lu 28 livres. 7 en Mai et un fini. Dont 8 chapitres en avant-première, dont une nouvelle relue. Dont un classique. 6 en Juin. Mais deux inachevés (pour l'instant), une nouvelle. Peu de lectures en juin. Le bac. Mais le plus gros coup de coeur que j'ai eu cette année réside peut-être en ce mois. Je n'ai en tout cas pas surpassé ce coup de coeur, si ce n'est avec ma relecture de Vango, depuis le mois de Juin.
"Anne-Laure Bondoux marie la simplicité des mots à une voix de conteuse qui jaillit de ceux-ci et transforme la simple histoire d’une vie en un conte universel. Dans un élan de rage et d’amour, Bo et Hama se précipitent fougueusement dans un voyage libérateur et initiatique, dans une quête de bonheur et de qui ils sont."
Ca paraîtra fin septembre, ce n'est qu'un extrait de ma chronique, mais vous allez, ici, beaucoup, beaucoup entendre parler de Tant que nous sommes vivants. ♥

4 en Juillet. Un rythme qui baisse. Les vacances, les amis, la famille, le temps qui passé sans même qu'on n'ait le temps de s'en rendre compte. Un manuscrit secret dont je ne pourrais vous parler. Et puis 11 ce mois d'Août. Dont un en cours. Un fini aussi. Et une BD (voir plus haut). Deux relus, enfin. Vango ♥ Mon Vango dont je vous parlerais demain.

J'ai donc lu environ 1640 pages en Mai. 640 en Juin (le bac.). 1113 en Juillet. Et 2649 en Août. Ces 4 derniers mois sans bilan sur le blog, j'ai donc lu (avec marge d'erreur) 6042 pages.

Étrangement, je ne ressors par de cet été avec beaucoup de coups de coeur, encore moins avec d'immenses coups de coeur. Je reste fasciné et transcendé depuis plus de deux mois par Tant que nous sommes vivants, qui ne risque d'être détrôné que quand j'aurais lu, enfin, le nouveau Timothée de Fombelle.

Il s'en est passé des choses ces 4 mois. Un concours et des Dangereuses créatures. Des chroniques, beaucoup de vidéos (lien de ma chaîne dans le menu déroulant en haut du blog (+) !), le bac, la vie qui continue, les vacances, l'été, et mes mots égrenés par-ci par-là, sur le blog, à l'ombre du grand arbre, sur Maze, pour vous raconter un peu tout ça. Je suis de retour. C'est la rentrée. La rentrée littéraire. Et je compte bien vous en parler.


Un peu de musique pour finir ...
Et le blog s'habille de neuf. Lui aussi est prêt pour la rentrée.
Bon courage à ceux qui rentre. Mes pensées aux autres aussi, bien entendu.

Un Dimanche studieux

 

 J'ai beau essayer de me créer un planning, essayer de me trouver du temps pour le blog ... j'ai un peu de mal à jongler entre la lecture (mon rythme a baissé ...) et les cours ! Mon emploi du temps est assez lourd, j'ai cours de piano tous les jeudis, et les profs ne lésinent pas sur la quantité de devoirs: les joies de la Terminale ! Je suis assez fatigué, mais quand même je m'amuse bien, j'ai repris le théâtre, et la philo (avec un prof drôle et passionnant), j'adore !
Je prends donc le temps de vous poster un billet entre un peu de geekage (faut pas se leurrer, je ne fais pas que bosser. PAS BIEN  NATHAN) et mes devoirs !

Après avoir fini le second tome d'Angela (ma chronique du tome 1 par ici, et le tome 3 vient de sortir !), je me suis attaqué au Domaine des Murmures de Carole Martinez que je vais (à nouveau) rencontrer au salon du livre poche de Gradignan début Octobre ! Je suis étonnamment surpris par ce roman qui se veut dans le fond une superbe réflexion sur la religion. Quant à la forme, on a au creux de l'oreille des mots chuchotés par une voix du passé, qui nous livre son histoire comme un conte dans un coin de la nuit. Des chroniques viendront rapidement, je l'espère du moins.
A part cela, j'en profite pour vous parler un peu de mes lectures pour les cours. J'ai du lire (et vais le relire encore encore par morceaux ou en entier jusqu'au bac) pour le cours de Littérature la pièce Lorenzaccio de Musset. Cette pièce de théâtre écrite en 1834 raconte l'histoire du meurtre d'Alexandre de Medicis par Lorenzo de Medicis en 1537. L'idée de cette oeuvre a été glissé à l'oreille de son auteur par George Sand et n'a été représenté qu'à la fin du siècle, après la mort d'Alfred de Musset qui avait été dégoûté du théâtre après la représentation, mal accueillie, de Nuit vénitienne. Cette oeuvre m'a beaucoup surpris tant elle s'éloigne de ce que j'ai pu lire ou voir jusque là. Elle ne respecte en rien la règle des trois unités: unité de temps (l'intrigue se déroule sur une semaine), unité de lieu (le décor change à chaque scène), unité d'action (on a au moins 3 intrigues qui s'entremêlent !). Cette profusion et cette diversité sont un peu difficiles à suivre au premier acte, mais je me suis finalement pris au jeu, et c'est agréable, et plus prenant, de voir les personnages, intrigues ou lieux changer souvent. L'histoire se tisse par flashs sur tel ou tel échange, action, intrigue. La pièce se lit donc assez facilement, et le style de Musset est très beau. Une jolie découverte théâtrale !

Enfin, je me suis rappelé ne pas m'être occupé des résultats du concours de la rentrée ! Vous n'avez été que 7 à participer ... et 4 à trouver la bonne réponse: le héros de mon enfance, celui qui a bouleversé toute ma vie de lecteur, en effet, c'est Tobie Lolness. ♥
Je félicite donc la gagnante ...

(je commence à me demander si elle ne pirate pas mon blog à chaque concours !)

Mais je félicite aussi tous les participants, et notamment Vavi Bouquine, une nouvelle sur la blogosphère ! Elle a un petit univers que j'aime beaucoup ... et une histoire passionnante quant au pourquoi de sa participation ! (désolé pour ton lapin.)
Ce n'est pas ma faute.
Tout a commencé quand il m'a menacé d'égorger mon lapin si je ne le lui ramenais pas ce document...
Je vous explique ?

Je disais donc... Tout a commencé la semaine dernière, dans le train en rentrant de Grenoble. Je savais pourtant que j'aurais dû me méfier d'un grand barbu en chemise en flanelle, qui lisait un polar suédois en version originale. Mais j'étais fatiguée, et trop prise par ma discussion avec une amie et mon frère.
Inconsciente que je suis...
En fait, tout s'est enchaîné très vite. Il y a d'abord eu mon frère, qui est parti en quête du wagon restaurant. Et, dans un même élan, l'amie qui voyageait avec nous s'est rendue aux toilette. Voilà comment la moitié de notre carrée s'est retrouvée vidée, me laissant seule face à cet étrange personnage.
Il a alors levé les yeux de son livre et m'a lancé, négligemment.
"Si tu tiens à votre lapin, tu as deux mois."
Et, devant mon air éberlué et mon manque total de réaction, il a ajouté :
"Je sais qui tu es. Où tu habites. Quel lycée tu fréquentes. La liste complète de tes allergies. Ta marque de bonbons préférée. Et aussi, je connais ton lapin..."
Je suis devenue livide.
"Que voulez-vous exactement ?
- Oh... Rien de très compliqué !"
Et c'est ainsi que moi, Vavi, seize ans, me suis retrouvée empêtrée dans une merde noire, si vous me passez le mot !

S'il vous plaît. Aidez-moi. Pour l'amour d'une petite boule de poils, si jeune et si fragile... Ne laissez pas mourir un animal innocent.

De l'importance de la rentrée dans nos vies


 Ca y est, c’est la rentrée ! Encore deux mois qui se sont écoulés à la vitesse grand V, à oublier tout ce qu’on a appris l’année passée, à fêter les bonnes premières notes du BAC, à prendre du bon temps, à voir des amis, la famille. Deux mois à ne plus penser au lycée, aux devoirs, à mettre le cerveau en veille et refouler le bac dans un coin du cerveau. Deux mois pour s’amuser, se reposer, créer, découvrir, voyager aux quatre coins de la France, voire aux quatre coins du monde pour certains. Moi qui n’ai jamais le temps de m’ennuyer, je suis toujours étonné à quel point ça passe vite. Et je reste fasciné par cet aspect étrange que prend le temps. Les deux mois s’écoulent aussi vite qu’un sablier brisé et pourtant, arrivé au seuil de la rentrée, on a l’impression que ça fait des années qu’on a pas revu le lycée, les profs, les amis, les devoirs et la routine rassurante des cours. Comme quoi le temps reste une notion abstraite qui gardera sans doute à jamais ces mystères. Et c’est ce qui le rend beau non ?

Toujours est-il que la rentrée ça veut dire beaucoup de chose pour tout le monde. La rentrée c’est d’abord les retrouvailles, les étreintes de ses amis qu’on n’a pas vu pour beaucoup depuis deux mois. Cette petite excitation du renouveau : les emplois du temps, les profs, les cours… Et la rentrée c’est l’odeur du neuf. Les trousses, les stylos, les cahiers, les agendas soigneusement choisis ou personnalisés, les sacs à sélectionner sans erreur, les cahiers, les classeurs, les trieurs encore vides de savoir et de poids, tous ces objets qui sont encore en parfait état et qu’on retrouvera dans quelques mois au fond des poubelles, en lambeaux. Tous ces objets qu’on se plaît encore à ranger mais qui deviendront vite l’origine des soucis, des déprimes, des colères et des prises de tête ! Tous ces objets qui sont au centre des campagnes publicitaires tape-à-l’œil qui se multiplient dans tout le pays. Les nouveaux gadgets Maped, les promos de la rentrée, les occasions à ne pas rater ! Ces panneaux colorés à grands coups de bas prix qui se retrouveront vite broyés et le rayon Rentrée se réduira avant de ne devenir dans les magasins qu’une allée tombée dans l’oubli, bien vite remplacée par de nouvelles publicités, de nouveaux évènements, de nouveaux rayons. Les déguisements et décorations d’Halloween, les premiers catalogues de Noël qui arrivent parfois dès octobre… et c’est reparti pour l’inlassable cycle du marketing !

Et si c’est l’occasion pour les éditeurs de faire paraître pour les enfants tous ces albums à propos de personnages qui font leur rentrée, que ça soit Trotro, Tchoupi, Petit ours brun ou tout autre inconnu auxquels les petits élèves pourront s’attacher, la rentrée apparaît aussi parfois dans les romans pour adolescents mais de façon moins focalisée et est l’occasion pour les auteurs d’aborder des thèmes divers.

J’ai choisi de vous parler de trois romans qui m’ont marqué cet été, pour tous les âges et notamment des collégiens aux étudiants, même si selon moi, la lecture n’a pas d’âge… Peut-être avez-vous déjà entendu parler, et si vous suivez mon blog nul doute que c’est le cas, de l’auteur Susin Nielsen qui a déjà su prouver avec deux romans qu’elle a tout d’une grande auteur pour la jeunesse. Avec son ton léger et une certaine profondeur derrière, elle traite du divorce, des familles recomposées, des amitiés qui vont au-delà des différences, des préjugés.

RENTREE LITTERAIRE JEUNESSE

Dans son nouveau roman, le dernier paru au Canada et le dernier traduit en France, Le journal malgré lui d’Henry K. Larsen, il est question de diverses thématiques. Le roman se construit sous la forme du journal d’Henry qui l’a commencé sous les conseils de son psy bien que, comme il le répète, il n’en ait pas envie. Le ton est léger et sincère, et le personnage livre là ses réflexions, le récit de son quotidien, ses impressions sur ce psy un peu miteux, ses voisins ridicules, ces élèves ringards auxquels il ne veut pas se mêler. Susin Nielsen met là en avant les points les plus sombres du collège… Je ne garde pas de mauvais souvenirs de mes années collège, qui furent géniales, seulement je me rappelle bien aussi des moqueries que j’ai pu essuyées du fait que j’avais de très bonnes notes, que j’étais tout le temps fourré au CDI et que j’avais toujours un livre dans mon sac. Et je me rends bien compte, notamment au cours de mes lectures, que certains élèves endurent de façon parfois plus violente la cruauté enfantine. Du coup, l’auteur a pour personnages des élèves rejetés pour leurs goûts différents, leurs apparences, leur « ringardise » en somme. Ce sujet m’a particulièrement touché, et l’intrigue est rondement bien menée. Finalement, qui est le plus mature ? Le jeune garçon qui est encore à fond dans les émissions de catch ou la brute qui doit sa popularité aux vêtements qu’il porte, aux musiques qu’il écoute, et à sa carrure imposante ? C’est cette réflexion qui m’a intéressé.
Mais bien sûr, le roman est plus riche que cela. Puisqu’Henry a connu cette violence d’assez près. Dès le début du roman, il parle de CA, cet évènement dont on ne sait rien, dont il refuse de parler, et qui a brisé sa famille. On va petit à petit apprendre de quoi il est question au fil des confidences d’Henry, de ses discussions avec son psy. Un roman brillant aux personnages très touchants.
Susin Nielsen y livre là sa vision du collège, de l’amitié, de la famille. Elle construit avec talent une histoire bouleversante où il est question de violence, mais aussi des petits bonheurs de la vie ; serrer sa maman contre son cœur, regarder une émission de catch avec un plateau repas, passer de bons moments avec son papa, jouer aux jeux-vidéos avec son meilleur pote. Grandir.

« Le collège, ça change tout. Quand on est petit, on peut se balader tant qu’on veut la braguette ouverte. On peut dire aux gens toutes les choses bizarres que l’on sait. On peut chanter en public. On peut aller au parc avec un collant blanc par-dessus son pantalon et se prendre pour Le Danois ou n’importe quel champion de la Ligue planétaire de catch. Je le sais, parce que Jess et moi le faisions tout le temps, avant. Mais quand on grandit, tout change. »

En tout cas, je ne cesse de me dire qu’à côté du lycée, je ne retournerais au collège pour rien au monde. J’ai vraiment l’impression de vivre à fond depuis que je suis entré en seconde. Le temps s’écoule bien plus vite qu’avant, mais il y a le théâtre, les amis, les découvertes, les chemins qui se tracent devant moi. Encore faut-il choisir le bon ; mais je peux me tromper. J’ai encore le temps. Il y a toujours ce moment où on arrive au plus haut niveau –avant de dégringoler au plus bas d’ailleurs. Les CM2, les grands de la récréation ; les 3è, qui passent dans la cour supérieure du lycée ; les Terminale, qui sont, d’un œil plus jeune, grands, un peu plus vieux, plus matures peut-être. Et puis d’un coup tu finis ton année de première, tu passes les premières épreuves du bac et là c’est toi le Terminale. Mais pas grand chose n’a changé, tu es juste toi, tu ne te sens pas particulièrement plus grand, tu es juste toi aux portes d’une dernière année de lycée au bout de laquelle il y a le bac. Au bout de laquelle il y a, encore, des adieux.

14€90 - 264 pages
Je vais en outre vous parler d’un roman qui a aussi su beaucoup me toucher. Sur ce blog, vous avez aussi beaucoup entendu parler du salon du livre de Montreuil où je me rends tous les ans, et surtout de la collection Exprim’, qui, à chacun de ses romans, me surprend beaucoup, me ravit, m’éblouit de sa qualité littéraire. Quelle est le point commun entre les deux ? Il s’agit du roman Frangine, de Marion Brunet, paru au printemps 2013 et qui est sélectionné pour les Pépites des romans 2013 du salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. Aucune surprise là-dessus puisque ce texte, en effet, est une pépite.
Le personnage principal, Joachim, entre en Terminale. Forcément je me suis senti assez proche de lui et l’ai tout de suite adoré, ce grand gaillard attendrissant qui est lumineux, énergique et plein d’amour pour sa famille. Avec lui, il y a ses deux mères, et sa petite sœur, sa frangine Pauline qui entre en seconde et qui va se retrouver confrontée à la cruauté de ses camarades. Là encore on a affaire avec la moquerie, la violence –verbale cette fois ci–, les moments durs de l’école. Je n’ai pas vraiment rejoint l’opinion de l’auteur sur le lycée puisque j’y vis en effet de superbes moments, cependant j’ai accroché avec une facilité déconcertante à l’histoire de Joachim et de sa petite sœur confrontés à l’homophobie, l’incompréhension des autres devant leur famille différente des autres. Le personnage de Pauline était vraiment touchant, tout comme le couple « Maman-Maline », et c’est au travers du regard de son grand frère qu’on suit sa fragile évolution.
Le style est doux et marquant, parfois lyrique et superbe, les personnages regorgent de vie, l’intrigue est passionnante et le tout est un livre qu’on ne veut plus lâcher. Un livre qu’on referme avec regret, un livre dont les personnages nous manqueront, un livre qui secoue. Un livre fait d’amour et de vie.

« Quand on a une vie différente, on prend ces risques-là : rejets, ruptures, critiques. On peut regretter, se cacher dans un trou. Ou alors on décide d’être bien, on se bat, on mène la vie qu’on veut, la vie comme on l’aime. »

Comment aborder finalement le dernier ouvrage dont j’aimerais vous parler dans cette longue chronique dont vous n’aurez, je l’espère, pas décrochée ? Comment parler avec justesse d’un livre qui vous a bouleversé au plus profond de vous ? Qui es-tu Alaska ? est le premier roman du renommé (et cela se comprend) John Green. Un roman que Karine m’a offert lors d’un swap, et je lui en suis tant reconnaissant …
7€75 - 416 pages
Qui es-tu Alaska ? n’a, en son intrigue, rien de bien extraordinaire. Il est juste question de Miles Halter, un jeune étudiant, qui part dans la même pension qu’a fréquentée son père, loin de chez lui, loin de son ancien lycée où il ne connaissait pas grand monde de toutes façons. Là, il veut se cogner à la vie. Il veut connaître toutes ces expériences qui forgent la jeunesse. Et c’est ce qu’il va advenir. L’alcool, la drogue, le sexe aussi, et peut-être bien l’amitié. L’amour. A un point qu’il ne l’avait pas imaginé.
Qui es-tu Alaska ? est un roman renversant. J’ai retrouvé un plaisir de lecture comme cela ne m’arrive que pour mes plus grands coups de cœur. J’ai tourné les pages sans m’en rendre compte. J’en ai avalé les 400 avec une avidité phénoménale. J’ai pour la première fois connu les plaisirs de la lecture sous la couverture à la lueur d’une lampe torche. J’ai vibré pour le touchant Miles et ses amis non moins attachants. J’ai cherché moi aussi à percer le mystère d’Alaska… en vain. Les plus belles choses restent les plus mystérieuses. Je ne remercierai jamais assez John Green de m’avoir offert un si beau moment de lecture, un moment si intense, si fort, si émouvant.
Qui es-tu Alaska ? est un grand roman où brille tout l’art de l’auteur : la légèreté, la profondeur, et la vie telle qu’elle est. Un roman que tous les adolescents devraient lire.

« François Rabelais, le poète, a dit sur son lit de mort : « Je pars en quête d’un Grand Peut-Être. » Voilà ma raison. Je ne veux pas attendre d’être mort pour partir en quête d’un Grand Peut-Être. »

La rentrée c’est un peu tout ça. C’est l’angoisse, un peu d’obscurité, les durs moments de la vie mais aussi un nouveau départ, de nouveaux lieux, de nouvelles rencontres, des découvertes. C’est un pas vers l’avant. C’est grandir.
Pour nous, lecteurs, la rentrée c’est aussi la rentrée littéraire, une profusion de nouveaux romans.
Et pour moi, blogueur, un nouveau tournant.
Mon blog a beaucoup évolué depuis sa création. Il a changé de plateforme, il a de nombreuses fois changé de design, il a pris de nouvelles directions. Les articles ont changé, grandi, muri ? … Le plus grand tournant qu’il a connu fut sans doute celui de l’année dernière, cette nouvelle formule plus proche de moi, plus libre.
Et cette année j’ai encore besoin de changer. J’ai besoin de retrouver un plus grand plaisir à gérer ce blog. J’ai besoin de mieux m’organiser pour ne pas m’y perdre et rester régulier. Oui j’ai besoin d’une énergie toute neuve et débordante, d’un tas d’idées et de bonnes résolutions ! J’ai besoin d’écrire des articles comme celui-là, plus pro peut-être, plus personnels.
On dit qu’à l’adolescence on se cherche. On dit qu’à 16 ans, c’est encore l’âge de tous les changements. On attend de trouver qui on est. On attend de savoir ce qu’on va devenir. Alors peut-être mon blog est-il l’image de ce que je suis ? Peut-être que mon blog aussi a besoin de changement, de se chercher, de se trouver. Peut-être que je me rapproche chaque fois un peu plus de ce que mon blog se destine à devenir.



Toujours est-il qu’aujourd’hui je suis fier de vous annoncer que mon blog fait sa rentrée. Je suis fier de vous dévoiler sa nouvelle apparence, toujours dans le même esprit, mais plus moderne, neuve, changée. Je suis fier de mettre en place une navigation simplifiée (cf les menus déroulants !). Je suis fier de vous faire lire cet article, que j’espère vous apprécierez, et qui vous montre un peu ce que j’ai envie d’écrire à présent : des chroniques sur les livres, mais pas que.

Je vous souhaite une superbe rentrée, une bonne visite sur ce blog tout neuf, et de belles lectures, bien entendu.

CONCOURS
Pour fêter tout ça ... et vous consoler de la rentrée !