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Charlotte Bousquet et le féminisme

Aujourd'hui, c'est la journée internationale des droits des femmes. À cette occasion, il y a un grand projet qui a été lancé sur Booktube : le projet Féminibooks. Chaque jour, un Booktubeur publie une vidéo sur un ou des livre(s) qui ont trait au féminisme.
J'ai participé à ce projet le weekend dernier ! Je me suis invité sur la chaîne de Cassandra : Le Bonbon au Cassis pour vous parler d'un roman que nous avons lu en lecture commune et que nous avons tous les deux adoré : Là où tombent les anges de Charlotte Bousquet, publié dans la collection Électrogène de Gulf Stream.



Pour compléter notre vidéo, nous avons également envoyé quelques questions à Charlotte Bousquet qui a gentiment accepté d'y répondre. Alors les voici !


Les questions de Cassandra / Le Bonbon au Cassis :

Comme on a pu le remarquer, dans Là où tombent les anges, mais également dans d'autres de vos romans, comme Sang-de-lune, le thème du féminisme vous tient particulièrement à cœur. Qu'est-ce qui vous a poussé à vous intéresser au féminisme, à quel moment de vous vie cous êtes-vous considérée comme féministe ?

Je pense que je l’ai toujours été, sans nécessairement l’assumer. Adolescente et jeune adulte, je m’opposais à pas mal de normes sociales, sans toutefois avoir les armes ou le recul nécessaires pour me dire : « je suis féministe », etc. De plus, l’idée d’avoir une étiquette collée sur le dos me terrorisait (je n’aime toujours pas les étiquettes mais j’ai appris à faire avec). Le sexisme ordinaire m’agaçait « tu peux pas, t’es une fille », « les hommes sont plus intelligents/ forts/ capables de… que les femmes », et ce, dans tous les milieux, mais je n’avais pas envie d’approfondir (et puis, le web était quand même beaucoup moins développé…).
Les premiers déclics ont eu lieu avec l’écriture de Noire lagune (Gulf Stream) et du premier tome de L’Archipel des Numinées(Mnémos). Le second a été la rédaction de Précieuses, pas ridicules (Gulf Stream toujours), un documentaire sur le féminisme et les arts. En me rendant compte de la façon dont les femmes étaient purement et simplement effacées de l’histoire, de la création, des sciences, j’ai eu une sorte d’électrochoc. Et voilà…

En matière de féminisme, quels sont vos classiques absolus ? (livres, films, musique, tableaux, etc.)
Je botte en touche, pour cette question. Il y a énormément de références, d’essais, de romans, poèmes, etc. J’en cite quelques-uns, presque au hasard.

Une chambre à soi, de Virginia Woolf, Le guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses, de Catherine Dufour
Cuantos Piquetitos de Frida Kahlo et les portraits de Diane Arbus 
Wadjda, de Haifaa Al Mansour et Iron Jawed Angels de Katja von Garnier
Trio en ré mineur op 11 pour violon, violoncelle & piano de Fanny Mendelssohn et Bad Reputation de Joan Jett


D'après vous, de quelle manière la culture peut-elle permettre à notre société d'évoluer vers l'égalité ?
Question essentielle et complexe… D’abord, je crois que le web est d’une grande aide pour cela dans la mesure où il rend visible ce qui demeurait caché, inavouable, secret, etc. il y a quinze ans. Le féminisme existe via Internet, des personnalités comme Emma Watson avec HeForShe se battent pour un monde égal, des ONG dénoncent les injustices commises dans certains pays au nom du patriarcat, etc. D’un point de vue plus social, les violences envers les femmes sont enfin dénoncées – courts métrages, pétitions, prises de parole, témoignages – montrent la réalité et permettent une prise de conscience. Je crois que ça, c’est un grand pas en avant.
La culture, qu’il s’agisse de littérature, d’arts plastiques, de musique, de cinéma (ou séries), de bande-dessinées, et de photographie est essentielle à l’évolution du monde vers plus d’égalité, dans la mesure où – normalement – elle permet une ouverture et une réflexion sur l’autre, le monde, l’avenir… Une duologie comme La Symphonie des Abysses, de Carina Rozenfeld qui évoque différentes problématiques comme le genre ou le racisme, en est l’illustration parfaite.
Le problème, aujourd’hui, est selon moi politique avant tout : tant que l’éducation et la culture ne seront pas une priorité du gouvernement, on ne pourra pas progresser aussi rapidement qu’on le devrait vers une véritable société égalitaire. Et entre nous, ce n’est pas un hasard si les dictatures ont tout intérêt à étouffer les voix des artistes et museler l’éducation. Cela se fait de manière ouverte dans certains pays, dans d’autres ont fait passer ça avec une bonne dose de télévision et de malhonnêteté médiatique (importance du buzz, du scandale, de l’immédiat, etc.).

Mes questions / Le cahier de lecture de Nathan :

Si vous aviez vécu à l'époque de Là où tombent les anges, quel aurait été votre combat ? Celui de Solange ? Celui de Lili ? Celui des manifestantes ? Celui de Blanche ? ...
Voyons, avec mon Fabien à la guerre, mes chevaux réquisitionnés par l’armée… Une dépression, déjà. Ensuite, je me serais réfugiée chez mes parents et j’aurais écrit… au départ, de longs poèmes et des romans, ensuite j’imagine que je me serais penchée plus sérieusement sur le monde et que je me serais impliquée dans la politique à ma façon… littéraire.

Qu'est-ce qui est venu en premier pour écrire Là où tombent les anges : l'histoire ou le thème du féminisme ?
L’histoire de Solange… Qui au départ était celle de Lili… et aurait dû se passer en Argentine. En réalité, tout s’est construit ensemble : évoquer les femmes pendant la guerre, c’est venu pendant que je lisais de la documentation pour justifier la fuite de mon héroïne à Buenos Aires. Lili s’est effacée progressivement pour laisser place à Solange… et aux autres femmes du récit.

Quels sont les passages qui vous ont semblé le plus difficile à écrire ?
Tous ! Là où tombent les anges, je l’ai écrit à une période où j’avais énormément de doutes quant à ma carrière d’autrice (j’en ai toujours mais je me soigne J). Mes romans ne se « vendaient pas » (ou pas assez), selon certains éditeurs, j’étais trop « intello » (ce qui rejoint d’une certaine façon ma réponse à Cassandra… on vit dans un monde où pour certains, être intello est devenu une insulte).
Ce qu’il fallait, selon eux, c’était un roman avec une écriture blanche, si possible à la première personne pour faciliter l’identification de la lectrice (si, si…) et une intrigue suffisamment prenante pour provoquer un effet page-turner.
Et j’écoutais ces discours, je pensais à mon roman, à sa linéarité, son style, ses références. Et je me disais : « Merde, tu te plantes complètement, tu vas planter Électrogène, tu vas faire un bide… » J’ai failli arrêter aux alentours de 1915, je crois.
J’ai envoyé ce que j’avais déjà rédigé à Paola Grieco avec un SOS bien gratiné du genre : « cestnultenpensesquoijarrêtetoutjarrêtedécriredailleurs »…
Et j’ai reçu une réponse deux jours plus tard, qui m’a remis le pied à l’étrier. Du coup, la seconde partie a été bien plus facile à écrire, parce que plus apaisée.

En espérant que cette interview vous a plu, je vous invite très fortement à lire le roman de Charlotte Bousquet, qui a été un gros coup de coeur pour moi.
Là où tombent les anges, intello ? Peut-être . Page-turner ? Assurément !

Vous pouvez également visionner la version complète de ma participation à la vidéo de Cassandra :



À bientôt !
Portez-vous bien.
Nathan

Les ailes déployées

"Je ne peux pas beaucoup, mais je peux, alors je fais, et je pose de ma plume quelques plumes de plus aux ailes de Luciole. Je lui dis merci pour sa musique palpitante et délicieuse, je lui dis je suis avec toi, et tes mots et ta voix et ton son me portent un peu plus loin, je lui dis je m'inspire de tes mots pour en trouver d'autres ... en moi, et chez les autres. Voici quelques lectures que les mots à rebours qu'elle dissémine un peu partout m'inspirent."

J'ai écrit ces mots vendredi. Et depuis ...
depuis, j'ai vu Fauve en concert, un tout autre style mais le même amour des mots
j'ai dormi (beaucoup)
je me suis baladé dans un petit salon du livre jeunesse
j'ai reçu la version numérique du nouveau album de Luciole, qui sort demain
j'ai écouté écouté écouté ses mots et sa voix, écouté vibrer ses ailes
et je ne m'en lasse pas.

Je reprends ses #motsàrebours pour vous parler de livres. 


 Parler d'un livre policier quand la chanson s'appelle La clé du problème c'est facile ... mais dans Pénélope Green, la clé du problème ce n'est pas seulement la clé du mystère qui, en soi, est moins importante que le reste. Je l'ai même trouvée parfois un peu tirée par les cheveux ou en tout cas moins passionnante que le fond. Le fond c'est la réelle clé du problème pour laquelle il faut trouver une serrure.
C'est la clé du problème de la place des femmes dans les sociétés internationales du XIXe siècle.
C'est la clé du problème des sentiments, qu'on retient à l'époque, qu'on interroge en soi, qu'on rêve.
C'est la clé du problème de l'aventure, de l'écriture et du journalisme.
C'est la clé du problème de l'histoire.
C'est profond, bien écrit, passionnant bien que ralenti par quelques longueurs mais toujours réellement fascinant !


J'ai beau trouvé la couverture bof, le résumé peu représentatif du livre et le tout assez mal vendu ... j'ai été très agréablement surpris.
Parce que oui il y a du vent dans ces pages.
Dans des enveloppes qui traversent l'Europe, deux adolescentes, pour une correspondance en cours de français, s'envoient des signaux de fumée.
Des signaux qui disent à l'autre qu'elles sont loin mais qu'elles apprennent à se connaître avec tendresse, qu'elles sont là, qu'elles se soutiennent, qu'elles sont heureuses, qu'elles souffrent.
Des signaux qui disent entre les lignes, avec une sensibilité qui frémit à la surface des mots lumineux de Charlotte Bousquet, leurs peurs, leurs rêves, leur rage, leur amour, leurs vies en somme et leur identité.
Des signaux, des alertes, des doutes, des pas en avant, des indices et une chute à la fin du roman. Une surprise. Un choc, une émotion et la conclusion d'un beau moment passé en compagnie de ces personnages.

Quelques mots à rebours non cités ...


6 questions à Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini | Mots rumeurs, mots cutter ♥

"J'attends. Que demain arrive." Les mots de Luciole se déversent avec délicatesse des hauts-parleurs de mon ordinateur portable au moment où je commence cet article. "J'attends" disaient il y a quelques jours les écoliers, collégiens, lycéens qui s'apprêtaient à faire leur rentrée et stressaient ou bien encore s'enthousiasmaient de revoir leurs copains, avoir leurs nouveaux emplois du temps, profs, établissements, ... "J'attends" disent-ils sans doute maintenant après le début et en cochant les cases du calendrier qui les séparent des vacances. Non ? Allez, avouez ...
Un peu marre de la rentrée non ? On ne parle que de ça sur facebook, twitter, à la télé, à la radio ... et même sur le blog. Un peu plus discrètement que l'an dernier oui, mais l'été semble prendre fin. Alors si on arrêtait à moitié. Si on attendait autre chose que la rentrée.
"J'attends" Mots rumeurs, mots cutter.
Allez, dites-le. Il sort demain.
On ne sait plus finalement où commence l'une, où commence l'autre, les deux auteures unissent leurs deux arts pour n'en faire qu'un et c'est brillant, poignant, sans jamais oublier de rappeler au lecteur que même dans les pires moments, il y a l'espoir. Une main tendue, un sourire et l'avenir peint de jours meilleurs. (extrait de ma chronique)
http://bouquinsenfolie.blogspot.fr/2013/03/du-rouge-du-sucre-tagada-power.html

 "J'attends. Que demain arrive." Vous ne pourrez plus que le dire, si ma chronique, en entière ici, ne vous a toujours pas convaincue, une fois que vous aurez lue l'interview de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini. Merci à elle, en si peu de temps, juste pour la rentrée et la sortie de ce roman graphique, d'avoir accepté de répondre à ces quelques questions.

Comment vous organisez-vous dans l'écriture de vos bandes-dessinées et plus particulièrement dans le travail de cette série ?
Charlotte Bousquet: D’abord, il y a la thématique, dont on discute ensemble, généralement, et que l’on propose à Paola Grieco, notre éditrice. Ensuite, vient le texte. Je l’écris comme une courte histoire, avec des chapitres, et à la première personne – c’est je crois l’une des caractéristiques de notre travail, à Stéphanie et moi, un aspect intimiste qui se traduit à la fois par le style et le dessin. Cela étant, si Rouge tagada était au départ très écrit, j’ai pris un peu de bouteille au fil des scénarii, qui ressemblent maintenant plus à de « vrais » scénarii qu’au début. Du coup, le découpage, que nous effectuons généralement à deux, se fait plus facilement. La suite, c’est à Stéphanie de raconter…
Stéphanie  Rubini: Nous essayons le plus possible de nous voir (en vrai) quelques jours pour le découpage du scénario. Malheureusement depuis mon déménagement à Rennes, je viens beaucoup moins sur Paris que lorsque j'habitais à Lille... Je fais des propositions de mise en scène, Charlotte complète les dialogues quand c'est nécessaire. Bref le texte de départ est un peu trituré (mais toujours dans le respect du texte) pour en faire un livre d'image et de mise en scène.
Quelle est d'ailleurs la genèse de cette série ?
CB : Une genèse double. Au départ, un court roman, Rouge tagada, que j’ai proposé à Stéphanie avec un vague « on pourrait essayer d’en faire quelque chose », puis une réaction enthousiaste de Paola Grieco et Marie Rebulard, la naissance de la collection Graphiques. Ensuite, la photo de classe dessinée par Stéphanie, qui est devenue le fil rouge de la série (on la retrouve, sous différentes formes, dans chacun des tomes) : comment ne pas avoir envie de raconter d’autres histoires, de donner vie à ces collégiens ?
SR: Charlotte a tout dit je crois. Effectivement c'est une suite de bonnes décisions et un travail d'équipe qui sont à l'origine de cette série.
 Et celle de Mots rumeurs, mots cutter ?
CB : Ayant, adolescente, été victime de harcèlement scolaire, je suis très sensible à ce sujet. J’avais envie depuis longtemps d’écrire quelque chose à ce propos, mais je ne savais pas par quel bout le prendre, je n’avais pas trouvé la bonne manière de l’aborder. Avec la série que nous créons, Stéphanie et moi, autour de cette classe de 4ème D, c’est devenu une évidence. Nous en avons un peu discuté, nous sommes tombées d’accord sur l’identité de l’héroïne, et voilà… Ce qui a été vraiment génial, dans ce tome, c’est que Stéphanie a réussi à faire passer, dans son dessin, ce qui n’était pas exprimable – parce que trop dur, trop cru, etc.
SR: Effectivement tout l'enjeu était de traiter ce thème de manière frontale, mais sans basculer dans l'horreur ou le pathos (que je déteste). Je savais que mon trait naturellement un peu naïf adoucirait les situations les plus dures. Nous avons toutes les deux repensé à ce que les plus faibles subissaient au collège. Bien que dans le groupe des élèves intellos et bizarres, je n'ai personnellement pas été victime de harcèlement Mais je voyais des camarades maltraités tous les jours.
 
Vous retrouvez-vous dans les personnages que vous créez ?
CB : Oui, toujours, parce que je crée à partir de moi – mes tripes, mon cœur, mes peurs, mes envies, tics, etc. Pour Mots cutter, mots rumeurs, je suis allée gratter du côté de mon adolescence. Pour Lune et l’ombre, c’est moins visible, mais je fais appel à des souvenirs, des émotions, des petites madeleines, en somme. Même les personnages qui me ont étrangers, j’essaie de les comprendre, de trouver le moyen de me les approprier. Sinon, je crois que cela ne fonctionnerait pas.
SR: Oui, même si comme je l'ai dit plus haut je n'ai jamais été victime de rumeurs ou de harcèlement comme Léa. Mais je connais la pression du groupe, la violence symbolique et réelle qui peut régner dans une cours de récréation. Une simple remarque blessante (sur mes cheveux, mes vêtements toujours trop courts et ringards) pouvait casser et me faire douter pendant des semaines. Le collège c'est la jungle, je n'ai pas d'autre mot...
 
Pensez-vous que les mêmes histoires auraient pu être racontées avec le même impact sans illustrations ?
CB : Même si, au départ, Rouge tagada était prévu sans, je pense que le récit n’aurait pas eu cette force sans la présence des dessins de Stéphanie. Quant à Mots rumeurs, mots cutter, il n’aurait jamais vu le jour, tant les dessins sont importants. Ce qui est génial, avec cette série, et avec le roman graphique en général, c’est que c’est une création à quatre mains, deux cerveaux et pas mal de discussions…
SR: Oui mais pas de la même manière. C'est la même chose que de comparer un roman et son adaptation au cinéma. Ce sont deux objets différent. D'ailleurs, pour moi (dans l'idéal) la BD est plus proche du cinéma que du roman. 
Et la suite de la série ?
CB : La suite est prévue pour 2015. Un troisième opus, qui évoquera les rapports frère/sœur et la difficulté d’être soi. Chloé, la petite goth emo de Mots rumeurs, mots cutter, est au centre du récit. Pour l’occasion, un jeune mangaka, Léo S. viendra faire quelques incursions en images. Si tout se déroule selon le planning prévu, le quatrième tome, prévu à la rentrée 2015, ouvrira une nouvelle série – ou une nouvelle phase –, puisqu’on retrouve les personnages trois ans plus tard, l’année du bac français !
SR: Oui, je travaille actuellement sur le tome 3 et c'est un vrai marathon. Je trépigne d'avance de commencer la prochaine série dont parle Charlotte, parce que dessiner tous les personnages 3 ans plus tard sera un sacré challenge. Les rapports entre les uns et les autres aura changé. Les coiffures et les styles vestimentaires aussi.
...

"En tout cas, je ne cesse de me dire qu’à côté du lycée, je ne retournerais au collège pour rien au monde. J’ai vraiment l’impression de vivre à fond depuis que je suis entré en seconde. Le temps s’écoule bien plus vite qu’avant, mais il y a le théâtre, les amis, les découvertes, les chemins qui se tracent devant moi. Encore faut-il choisir le bon ; mais je peux me tromper. J’ai encore le temps." C'est ce que j'écrivais il y a un an. Et ça me semble toujours particulièrement vrai, bien que le lycée soit terminé.
"L'autre jour j'y repensais et je me disais que le collège c'est se jeter dans le grand bain des adultes sans la censure et l'auto censure qui va avec." Me confie Stéphanie, en regard de l'interview. "Les adultes ne sont pas plus tendres entre eux (cf le milieu de l'entreprise atroce)." Je trouve ça vrai. Dur mais vrai.
Heureusement, l'amitié est là pour vous aider à traverser les épreuves que l'école peut malgré tout vous opposer. Et certains vivent très bien le collège et la suite. Je vous le souhaite. La vie ne cessera pas de vous surprendre.
Et si cela ne suffit pas, la lecture, celle par exemple de ce sensible roman graphique, sera toujours là pour vous rappeler qu'une main tendue vous attend quelque part. 

Par-delà l'été, le chemin


Comme tant d'autres blogueurs sur la toile immense d'internet et de la blogosphère, je laisse fleurir dans mon jardin de mots quelques phrases un brin nostalgiques, heureuses, pleine de promesses, non pas sur l'été, puisque ces phrases, je les ai déjà cultivées ici, un peu ici, et peut-être aussi par , c'était en tout cas la terre de ces derniers mots; mais sur la fin prochaine de ces vacances, la fin de deux mois sur lesquels j'aimerais un peu revenir, le début d'autre chose, le nouveau chapitre que je m'apprête à écrire, et la rentrée littéraire, bien sûr.

J'avais commencé un bilan de mai, il y a de cela 3 mois. Déjà. J'avais commencé un petit article, le 10 Juillet, à la manière des premiers que j'ai écrits au début de l'été, que je comptais continuer cet été. Je ne l'ai pas fait. Comme toujours, j'ai eu du mal à tenir les engagements que je me suis moi-même donnés. Mais j'ai décidé il n'y a pas si longtemps que ça, alors que je méditais sur ce que devenait mon blog, sur la régularité dont il n'a jamais fait preuve et sur ce que je voulais y écrire, que le but premier, l'essence même de mon blog c'était une passion. J'écris ici par envie, plaisir et avec la volonté de partager ce que je ressens et ce que j'aime. Pourquoi donc me forcer à publier ? Je n'ai pas pu suivre le rythme que j'avais espéré suivre cet été. Mais j'ai pu faire une pause. Un sacré break un peu dans tout ce que je fais.
J'ai relativement peu lu. Mais c'était pour bloguer (un tout petit peu), écrire (un tout petit peu aussi) et surtout bosser, passer le bac. Puis pour jouir pleinement des instants de bonheur à plusieurs, jouir du repos, trier, ranger, classer, commencer, recommencer.
J'ai peu écrit. Mais j'ai réfléchi, médité, je suis rentré en moi-même et en ce texte que je travaille intérieurement depuis 2 ans pour être prêt, bientôt, vraiment prêt à me lancer dedans.
J'ai peu blogué. Mais j'ai pensé à ce que je voulais faire à la rentrée, pensé à ce que je voulais relancer, à ce que je voulais que ce petit bout virtuel de moi-même devienne. J'ai rattrapé un gouffre de retard de chroniques, j'ai écrit et préparé des articles, ils attendent bien au chaud, dans mon ordinateur.
J'ai rangé, trié, classé, oui. Mon ordi, mais aussi ma chambre, mon bureau, tout ça tout ça, toutes ces affaires dont on s'encombre et il vient un moment où elles ne signifient plus grand chose. J'aime faire le neuf là-dedans, repartir sur de bonnes bases, me dire que je vais pouvoir faire de la place pour autre chose.
J'ai écrit pour mon blog, j'ai écrit par-ci par-là, j'ai donné naissance à des idées, des envies, des désirs, une volonté d'être libre.
Je me suis amusé, je me suis baigné, j'ai bronzé, j'ai profité de mes amis, j'ai empli mon coeur de leur présence et de celle de ma famille, j'ai appris à profiter de chacun des instants de ces deux mois. Je me suis reposé. J'ai tourné la page. Tourné la page du lycée. J'en ouvre une autre. J'ai fait un peu le point sur moi aussi, ce que je ressens. Enfin j'ai essayé.
Peut-être même que j'ai commencé quelque chose de nouveau, d'inattendu, du bonheur.
Un autre chemin s'ouvre à moi. Je suis délicieusement heureux de l'emprunter. Effrayé aussi. Je ne rentre pas encore, j'ai le temps, mais je pose déjà quelques pas sur ce chemin.
Sur le blog, le chemin sera sans doute tortueux cette année, mais lumineux, doux, virevoltant.
Je choisis le mot Liberté.

J'ai déjà parlé rentrée l'an dernier. De son importance. N'hésitez pas à retourner le lire cet article. Il avait eu droit à son petit succès, et j'en suis fier, heureux.
Mais puisqu'il est d'actualité de parler rentrée, je vous conseille un peu de lecture. Les bande-dessinées de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini. Ca a commencé avec le touchant Rouge Tagada, ça continue avec le poignant Mots rumeurs, mots cutter. Ce second tome -et pas le dernier !- paraît très bientôt chez Gulf Stream et c'est l'histoire d'une jeune collégienne, une jeune amoureuse. Une erreur, une photo, et voilà un ticket pour l'enfer... celui du harcèlement, la moquerie au collège, la haine collégienne.
L'alliance de Charlotte Bousquet (au texte) et de Stéphanie Rubini (au dessin) est stupéfiante tant par l'alchimie qui les unit que par le choc qu'elle produit. La douceur des traits, l'allégresse se dégageant des couleurs, la sérénité du style en général se heurtent à un texte délicat, sensible, mais tourmenté, et plus que touchant: bouleversant. Car j'ai lu avec une boule dans la gorge. Pourtant, de l'une à l'autre, on ne sait par quel enchantement, des ponts s'érigent, des liens se tissent, des mains s'unissent. On retrouve dans les mots de Charlotte Bousquet cette délicatesse oui, cette douceur, ces images colorées et touchantes. On retrouve dans les dessins de Stéphanie Rubini des personnages frappés, changés, souffrants, dont l'émotion transparaît, touche, émeut et s'exprime jusque dans un découpage cassé et tourmenté.
On ne sait plus finalement où commence l'une, où commence l'autre, les deux auteures unissent leurs deux arts pour n'en faire qu'un et c'est brillant, poignant, sans jamais oublier de rappeler au lecteur que même dans les pires moments, il y a l'espoir. Une main tendue, un sourire et l'avenir peint de jours meilleurs.

Entre mai et Août, d'hier à aujourd'hui, j'ai lu 28 livres. 7 en Mai et un fini. Dont 8 chapitres en avant-première, dont une nouvelle relue. Dont un classique. 6 en Juin. Mais deux inachevés (pour l'instant), une nouvelle. Peu de lectures en juin. Le bac. Mais le plus gros coup de coeur que j'ai eu cette année réside peut-être en ce mois. Je n'ai en tout cas pas surpassé ce coup de coeur, si ce n'est avec ma relecture de Vango, depuis le mois de Juin.
"Anne-Laure Bondoux marie la simplicité des mots à une voix de conteuse qui jaillit de ceux-ci et transforme la simple histoire d’une vie en un conte universel. Dans un élan de rage et d’amour, Bo et Hama se précipitent fougueusement dans un voyage libérateur et initiatique, dans une quête de bonheur et de qui ils sont."
Ca paraîtra fin septembre, ce n'est qu'un extrait de ma chronique, mais vous allez, ici, beaucoup, beaucoup entendre parler de Tant que nous sommes vivants. ♥

4 en Juillet. Un rythme qui baisse. Les vacances, les amis, la famille, le temps qui passé sans même qu'on n'ait le temps de s'en rendre compte. Un manuscrit secret dont je ne pourrais vous parler. Et puis 11 ce mois d'Août. Dont un en cours. Un fini aussi. Et une BD (voir plus haut). Deux relus, enfin. Vango ♥ Mon Vango dont je vous parlerais demain.

J'ai donc lu environ 1640 pages en Mai. 640 en Juin (le bac.). 1113 en Juillet. Et 2649 en Août. Ces 4 derniers mois sans bilan sur le blog, j'ai donc lu (avec marge d'erreur) 6042 pages.

Étrangement, je ne ressors par de cet été avec beaucoup de coups de coeur, encore moins avec d'immenses coups de coeur. Je reste fasciné et transcendé depuis plus de deux mois par Tant que nous sommes vivants, qui ne risque d'être détrôné que quand j'aurais lu, enfin, le nouveau Timothée de Fombelle.

Il s'en est passé des choses ces 4 mois. Un concours et des Dangereuses créatures. Des chroniques, beaucoup de vidéos (lien de ma chaîne dans le menu déroulant en haut du blog (+) !), le bac, la vie qui continue, les vacances, l'été, et mes mots égrenés par-ci par-là, sur le blog, à l'ombre du grand arbre, sur Maze, pour vous raconter un peu tout ça. Je suis de retour. C'est la rentrée. La rentrée littéraire. Et je compte bien vous en parler.


Un peu de musique pour finir ...
Et le blog s'habille de neuf. Lui aussi est prêt pour la rentrée.
Bon courage à ceux qui rentre. Mes pensées aux autres aussi, bien entendu.

Un samedi pluvieux, rose et sucré ...


Nous sommes samedi, il a plu, mais il n'empêche que j'étais quand même très heureux !
Lever, écriture de critique (que vous trouverez demain sur le blog), préparatifs ...
Et à 13:00: bus pour la ville :D
Mais pourquoi ?
Eh bien voyez vous même ...

Je me rends en librairie pour ...

1. La dédicace de 
Cette série de BD, à la base juste des strips sur internet compte aujourd'hui 5 tome, et chacun a eu le droit à son collector, et est un mix d'humour, de rose, de noir, de fantastique, de sentiments, de styles ... un mélange plaisant, électrique, passionnant ... et addictif !


Photo by Tom
Alors bon, Maliki tout près de chez moi, le jour où j'avais déjà prévu d'aller en ville, ça tombe à pic !
J'arrive donc 15 minutes environ avant le début de la dédicace (et l'ouverture de la boutique) avec Tom et on retrouve une amie de ce dernier. On parle tout le long de l'attente (il y avait déjà quelques personnes devant et la queue s'est pas mal allongée !).
C'est passé assez vite, on s'est bien amusés, et arrivés devant lui (bah oui Maliki c'est une fille dans la BD mais en vrai c'est un mec) on a pu bien en profiter !
Tom a eu une dédicace originale et unique ;) Moi j'ai demandé l'adorable Fang ! (déjà les chats sur l'artbook ...)
Elle est pas belle ?
Il m'a d'ailleurs confié que le personnage allait évoluer ... elle vient d'avoir 13 ans alors bon ... je m'inquiète mais je suis content de savoir que la BD continue d'évoluer ! On risque aussi d'avoir des révélations sur Jonn ! Ce tome 6 doit être bouclé en mai pour une parution pour la Japan Expo (premier weekend de juillet) ! Génial ! :D

Photo by Tom (oui ma tête ...)

On papote, on prend des photos ... et HOP direction une librairie jeunesse ... pour;

 2. La dédicace des auteurs de ...


Photo by Tom
J'étais tout aussi content qu'elles soient là !
J'arrive, et là Charlotte me reconnaît aussitôt :) Je fais dédicacer ma BD, mes deux ENC offertes par Hérisson (voir ICI), et un livre pour un pote ... et Tom a aussi a des trucs à faire dédicacer ;)
Et nous avons surtout pu discuter longtemps ...
J'ai hâte de découvrir leur prochaine collaboration ! On a aussi parlé de l'objet en lui-même superbe, des circonstances de ma lecture du livre, de la collection Galapagos, de lectures ... bref on a passé un moment très sympa !
Et puis pour finir, je leur ai offert chacun un paquet de fraises Tagada, et en exclusivité, ma chronique de la BD ! Que vous retrouvez à côté d'elle pour les dédicaces au salon du livre ... :O :D ♥

Ensuite, nous nous sommes quittés, et retour à la maison, après un bel après-midi qui manquait juste de soleil !

Critique ... demain !
En attendant: l'avis de Bouma, Lamareauxmots, Carole ...


Quant aux livres de Charlotte:

Nuit tatouée: Moi, Hérisson, Dorot
 Nuit brûlée: Moi, Dorot
Les chimères de l'aube: Dorot
Proie idéale: L0raah, Hérisson
Le dernier ours: Dorot