Aujourd'hui paraît -enfin !- le nouveau roman d'Anne-Laure Bondoux, que vous pouvez retrouver dans toutes les bonnes librairies ... A cette occasion, pour vous offrir la chance de lire cet incroyable roman dont la profondeur égale la beauté, Gallimard jeunesse me donne la possibilité de vous en faire gagner 2 exemplaires.
"Entre la délicatesse d’un conte, l’universalité d’un mythe,
l’authenticité de l’histoire et l’émotion des grands romans, Anne-Laure Bondoux
signe un roman virtuose, unique et incroyablement touchant." Ma chronique complète ici
Pour participer, il suffit de remplir le questionnaire suivant.
Pour simple condition, répondre à une "question": créer une phrase -comme je l'ai fait dans ma chronique- commençant par "Tant que nous sommes vivants ..." (cf exemple)
Le concours se déroule du 25 Septembre au 25 Octobre 2014 (23:59) - Tirage au sort et annonce des gagnants dans la semaine suivant la fin du concours - Les exemplaires seront envoyés par Gallimard Jeunesse à l'annonce des gagnants - Nous ne sommes en aucun cas responsable d'une perte de colis par la Poste - Une seule participation par foyer - Concours ouvert à la France, la Suisse et la Belgique
Visuel du concours tiré de la couverture du roman elle-même dessinée par Hélène Druvert (c)
----------------------- mercredi, septembre 24, 2014 -----------------------
Je n’avais jamais lu de roman d’Anne-Laure Bondoux. Ce n’est donc pas
son nom qui m’a poussé à me précipiter sur ce roman dès que je l’ai reçu.
C’était sa couverture. Définitive non, mais déjà magnifique. C’était sa
quatrième de couverture, attirante, intrigante. C’était, enfin, la lettre de
l’auteure qui accompagnait le roman. Une lettre touchante, profonde.
Ce roman m’a captivé, totalement happé dans son univers fascinant.
J’ai mis très longtemps à trouver les mots pour retranscrire l’étrange, unique et
ensorcelante magie qu’a opérée ce texte sur ma jeune âme de lecteur, d’écrivain
et d’adolescent, mais les voici enfin ; fragiles, maladroits peut-être,
mais sincères.
Tant que nous sommes vivants, nous
courons vers demain
« Mais cela suffit à nous rappeler une chose
essentielle : le feu qui brûlait dans le ventre de nos fourneaux brûlait
encore dans nos veines. »
De sa plume brûlant d’une douceur palpitante, Anne-Laure Bondoux
éclaire ses personnages du souffle humain de l’espoir. Ce souffle regorgeant de
saveurs vécues, désirées et fantasmagoriques anime chaque Homme d’une force qui
rend possible l’impossible. Comment croyez-vous sinon qu’il arrive à se battre
jusqu’au bout de ses capacités ? Comment pourrait-il sinon braver les
obstacles, les chutes et les déceptions dans le seul optique d’un but à accomplir ?
Ce but qu’il s’est fixé, créé, érigé. Cet horizon.
« Nous aussi on va tomber. On aura des bosses et
des bleus. Mais on trouvera le bon équilibre. »
Les personnages de ce roman ont en eux le « principe
actif », comme le qualifie elle-même l’auteur, le feu, la force de
l’espoir. Ils accomplissent la quête de leurs désirs et d’eux-mêmes. Anne-Laure
Bondoux marie la simplicité des mots à une voix de conteuse qui jaillit de
ceux-ci et transforme la simple histoire d’une vie en un conte universel. Dans
un élan de rage et d’amour, Bo et Hama se précipitent fougueusement dans un
voyage libérateur et initiatique, dans une quête de bonheur et de qui ils sont.
L’un et l’autre s’arment de tout leur espoir et le ravivent de leur amour pour
ne pas perdre de vue l’horizon et, toujours, courir vers lui. Même quand ils
tombent, les rayons éblouissants de cet idéal brillent à travers la poussière
du chemin qui accueille leurs chutes et leurs pas. Dans les pires moments, dans
l’obscurité du présent, dans les à-coups et les rebondissements surprenants du
destin ; demain, comparé à aujourd’hui, semble toujours la promesse d’un
espoir éclot.
« Ils virent quarante fois le soleil se coucher.
Et les quarante levers de soleil furent autant de raisons d’espérer. »
Tant que nous sommes vivants, nous cherchons
notre hier
Comme l’illustraient Boulet et Pénélope Bagieu dans leur
bande-dessinée La page blanche,
comment se construire quand on n’a plus de passé ? Les méandres de nos
actes et de tout ce qui a été dit et vécu qui s’écoulent dans les bribes de nos
mémoires sont le socle parfois fragile mais toujours indispensable de qui nous
sommes et devenons. De plus, comme le roman Lecœur des louves de Stéphane Servant l’exprime si justement, la transmission
et le don transgénérationnel sont le signe évident du temps qui passe dans une
famille et l’unit.
« Il n’y a pas de fruit sans noyau. Nous avons
besoin de savoir d’où nous venons, n’est-ce pas ? »
Ce n’est pas pour rien que, malgré la force et l’espoir, les personnages
chutent, tombent, se blessent et se perdent. Il leur faut accepter leur passé.
Il leur faut partir à sa recherche. Il leur faut le comprendre. C’est pourquoi
cette histoire est au passé, comme la poignante voix de l’héritière de cette
famille, de l’héritière du conte familial.
Ce n’est pas pour rien que cette histoire prend la forme d’une boucle. Un
voyage, un aller, une errance hasardeuse et tortueuse. Les personnages qui
courent vers l’horizon avant de s’échouer … avant que d’autres prennent la
relève. Avant qu’il y ait un retour.
Tant que nous sommes vivants, l’un
et l’autre nous déchirent
« Bras ballants, nous restions paralysés face au vide.
Et dans ce vide qui enflait à l’intérieur de nous, la haine s’insinuait, pire
que la vermine au bord d’une plaie. Etait-ce notre faute ? Etait-ce notre
faute si nous avions peur ? Nostalgiques d’un temps idéal, nous voulions
le jour sans la nuit, le soleil sans l’ombre, la vie sans la mort, le désir
sans le risque, et Hama sans Bo. »
Nous sommes des êtres compliqués, souffrants souvent, difficiles. Des
êtres qui sont écartelés par leurs complexes, par leurs désirs. Le passé ;
et la souffrance, la nostalgie, la quiétude qu’il apporte se heurtent à
l’avenir ; et l’angoisse qu’il provoque, l’espoir, le désir. Il faut vivre
avec tout ça, savoir se défaire de l’un tout en se construisant dessus ;
savoir se lancer dans l’autre, sans avoir peur. Anne-Laure Bondoux marie tout
cela dans la simplicité de ses mots. Sa plume pourtant si douce porte en elle
la fougue d’une étincelle qui s’enflamme à la moindre braise. L’un et l’autre
forment un équilibre surprenant, improbable, mais poétique et superbe. Chaque
chapitre s’intitule selon deux antonymes qui rendent ceux-ci puissants,
intenses et déchirants.
Nous ne pourrons dire mieux que Nietzsche, lui qui écrivait à propos
des tourments humains : « Fais de ton chaos de forces une étoile
filante. »
Bo et Hama se perdent entre ces extrêmes. Ils s’accrochent l’un à
l’autre pour s’en sortir, ballotés entre tous ces points séparés par des infinis.
Ils ne s’en sortiront pas indemnes, mais sans aucun doute grandis, plus forts et
changés.
« Tu crois qu’il faut toujours perdre
une part de soi pour que la vie continue ? »
Tant
que nous sommes vivants est une danse. Une chorégraphie savamment
construite, qui porte la grâce et la beauté de l’être humain, comme ses
faiblesses et sa fragilité, une danse qui exprime dans une douceur apaisante
une fougue virevoltante, une danse portant le lecteur dans le tourbillon
émotionnel, profond et bouleversant d’une profusion de personnages dans
lesquels on ne s’égare jamais, dans lesquels on sait reconnaître les plus
grands, les plus touchants.
Entre la délicatesse d’un conte, l’universalité d’un mythe,
l’authenticité de l’histoire et l’émotion des grands romans, Anne-Laure Bondoux
signe un roman virtuose, unique et incroyablement touchant.
----------------------- mardi, septembre 23, 2014 -----------------------
En vidéo, un rappel des quelques lectures de la rentrée ... Il y a eu un petit oublié, mais j'en parlerai dans le numéro 2 ! Je n'en dis pas plus et je vous laisse avec ... moi !
~~ Livres mentionnés ~~
Mots rumeurs mots cutter de Stéphanie Rubini et Charlotte Bousquet
En commençant
Terre-Dragon, je me suis rendu compte que j’ai en fait lu, dans ma courte mais
riche – il me semble – vie de lecteur, très peu de fantasy. Aussi débuté-je
cette chronique à tâtons, en vous annonçant tout de suite que mon avis reste
très subjectif et un peu hésitant. Je ne peux pas véritablement juger l’originalité
des romans, puisque je n’en lis que peu du même genre.
Toutefois, j’ai
décidé de présenter dans cette chronique deux romans. L’un ancien (il a quand
même 11 ans !) et classique dans le genre, l’autre très récent puisqu’il
fait partie de la rentrée littéraire jeunesse de Gallimard ! De plus,
leurs auteurs ont une histoire étroitement liée. Il s’agit en effet de Pierre
Bottero (décédé en 2009) et Erik L’Homme, qui a terminé seul la saga qu’ils
avaient tous deux commencée : A comme association.
La quête d’Ewilan, tome 1 : D’un monde à
l’autre ; Rageot, 2003.
J’entends déjà
derrière l’écran de mon ordi les hurlements hystériques de vous autres, fans de
Pierre Bottero et d’Ewilan ! Je comprends votre engouement, bien que je ne
sois pas encore capable de qualifier ce début de saga de coup de cœur …
Je ne pourrais
pourtant pas nier que Pierre Bottero a réussi à me séduire ! Il commence
innocemment par écrire un roman fantastique, et non de fantasy, jusqu’à ce que
Camille bascule dans un autre monde, jusqu’à ce qu’elle découvre que toute son
existence, jusque-là, n’a été qu’un mensonge.
J’admire le
talent de Pierre Bottero à créer de toutes pièces (bien que, évidemment, il
n’aille pas aussi loin que le fit Tolkien) un autre monde et à l’introduire
doucement. Nous le découvrons petit à petit en même temps que Camille et toutes
ces informations ne sont pas, à un seul moment, indigestes. Bien au contraire,
elles sont fascinantes, séduisantes, exaltantes. Un nouveau monde, regorgeant
de beautés, s’ouvre à nous.
J’admire le
talent de Pierre Bottero à créer, avec subtilité et profondeur, des personnages
attachants, se caractérisant chacun par sa force d’être : leur vivacité,
leur singularité, leurs touchantes aspérités. D’un monde à l’autre, ces
protagonistes plus ou moins humains brillent chacun d’une flamme – parfois
hostile – qui les habite, les anime et nous touche.
Je suis conscient
que tout le reste de l’œuvre de cet auteur recèle encore beaucoup d’émotion et
de poésie. Ce premier opus nous propose de passer d’un monde à l’autre … et
c’est en écrivant cette chronique que je me rends compte combien il a éveillé
ma curiosité. Combien, finalement, j’ai hâte de lire la suite !
Terre-Dragon tome 1 : Le souffle des pierres
d’Erik L’Homme ; Gallimard jeunesse, 28 Août 2014
Si j’ai fait, au
début de ma lecture, le constat que j’ai énoncé au début de ma chronique, c’est
bien parce que j’ai été déconcerté. Déconcerté d’abord par la vitesse à laquelle
l’intrigue s’envole. Dès le premier chapitre, l’auteur nous lance dans l’action
et dans la fuite du personnage de Sheylis. Déconcerté ensuite par ce monde qui
me semblait assez peu original : une carte inédite certes, mais une
sorcière mal vue du reste du village, des créatures répugnantes et hostiles …
Je n’accrochais pas réellement à l’histoire et aux personnages.
Mais grâce au
rythme effréné du roman, grâce aux chapitres courts et l’écriture incisive
d’Erik L’Homme qui ne perd pas un mot pour faire avancer son intrigue, je me
suis finalement laissé peu à peu entraîner dans ces aventures qui passent d’un
personnage à l’autre avec fluidité, nous offrant, par une narration externe, de
multiples points de vue qui enrichissent l’intrigue.
Alors j’ai saisi
le souffle du roman qui s’inscrit dans la tradition des plus grandes histoires de
fantasy. Il y a un paysage et des sonorités nordiques fascinantes, des clans,
des tribus, des langues, une magie ancestrale, des conflits, des tensions, une
Histoire particulière … et dans ce schéma assez classique, Erik L’Homme trouve
sa liberté d’écrivain et de conteur. Il invente un fleuve dont le liquide se
situe entre métal et eau. Il invente une façon de pratiquer la magie ouvrant
sur des centaines de possibilités, fascinant le lecteur. Il invente des
créatures, des obstacles, des quêtes, des destins, des Dieux …
En un mot, Erik
L’Homme nous rappelle l’essence même de la fantasy : le rêve,
l’imaginaire, une évasion rocambolesque et captivante loin de notre monde dont
nous voulons nous échapper, l’espace de quelques pages, l’espace de quelques
mots. Plus le temps passe depuis la fin de ma lecture, plus je suis convaincu
et enthousiasmé par ce début de trilogie finalement prometteur … heureusement,
la suite paraît en février et la fin en septembre 2015 !
Pour les adeptes
de fantasy, je suis donc sûr que le nouveau roman d’Erik L’Homme saura vous
séduire …
Pour les autres
qui, comme moi, tâtonnent dans ce domaine, n’hésitent pas à le découvrir en
vous délectant des plus grands romans de fantasy jeunesse : ceux de Pierre
Bottero !
----------------------- dimanche, août 31, 2014 -----------------------
Comme tant d'autres blogueurs sur la toile immense d'internet et de la blogosphère, je laisse fleurir dans mon jardin de mots quelques phrases un brin nostalgiques, heureuses, pleine de promesses, non pas sur l'été, puisque ces phrases, je les ai déjà cultivées ici, un peu ici, et peut-être aussi par là, c'était en tout cas la terre de ces derniers mots; mais sur la fin prochaine de ces vacances, la fin de deux mois sur lesquels j'aimerais un peu revenir, le début d'autre chose, le nouveau chapitre que je m'apprête à écrire, et la rentrée littéraire, bien sûr.
J'avais commencé un bilan de mai, il y a de cela 3 mois. Déjà. J'avais commencé un petit article, le 10 Juillet, à la manière des premiers que j'ai écrits au début de l'été, que je comptais continuer cet été. Je ne l'ai pas fait. Comme toujours, j'ai eu du mal à tenir les engagements que je me suis moi-même donnés. Mais j'ai décidé il n'y a pas si longtemps que ça, alors que je méditais sur ce que devenait mon blog, sur la régularité dont il n'a jamais fait preuve et sur ce que je voulais y écrire, que le but premier, l'essence même de mon blog c'était une passion. J'écris ici par envie, plaisir et avec la volonté de partager ce que je ressens et ce que j'aime. Pourquoi donc me forcer à publier ? Je n'ai pas pu suivre le rythme que j'avais espéré suivre cet été. Mais j'ai pu faire une pause. Un sacré break un peu dans tout ce que je fais.
J'ai relativement peu lu. Mais c'était pour bloguer (un tout petit peu), écrire (un tout petit peu aussi) et surtout bosser, passer le bac. Puis pour jouir pleinement des instants de bonheur à plusieurs, jouir du repos, trier, ranger, classer, commencer, recommencer.
J'ai peu écrit. Mais j'ai réfléchi, médité, je suis rentré en moi-même et en ce texte que je travaille intérieurement depuis 2 ans pour être prêt, bientôt, vraiment prêt à me lancer dedans.
J'ai peu blogué. Mais j'ai pensé à ce que je voulais faire à la rentrée, pensé à ce que je voulais relancer, à ce que je voulais que ce petit bout virtuel de moi-même devienne. J'ai rattrapé un gouffre de retard de chroniques, j'ai écrit et préparé des articles, ils attendent bien au chaud, dans mon ordinateur.
J'ai rangé, trié, classé, oui. Mon ordi, mais aussi ma chambre, mon bureau, tout ça tout ça, toutes ces affaires dont on s'encombre et il vient un moment où elles ne signifient plus grand chose. J'aime faire le neuf là-dedans, repartir sur de bonnes bases, me dire que je vais pouvoir faire de la place pour autre chose.
J'ai écrit pour mon blog, j'ai écrit par-ci par-là, j'ai donné naissance à des idées, des envies, des désirs, une volonté d'être libre.
Je me suis amusé, je me suis baigné, j'ai bronzé, j'ai profité de mes amis, j'ai empli mon coeur de leur présence et de celle de ma famille, j'ai appris à profiter de chacun des instants de ces deux mois. Je me suis reposé. J'ai tourné la page. Tourné la page du lycée. J'en ouvre une autre. J'ai fait un peu le point sur moi aussi, ce que je ressens. Enfin j'ai essayé.
Peut-être même que j'ai commencé quelque chose de nouveau, d'inattendu, du bonheur.
Un autre chemin s'ouvre à moi. Je suis délicieusement heureux de l'emprunter. Effrayé aussi. Je ne rentre pas encore, j'ai le temps, mais je pose déjà quelques pas sur ce chemin.
Sur le blog, le chemin sera sans doute tortueux cette année, mais lumineux, doux, virevoltant.
Je choisis le mot Liberté.
J'ai déjà parlé rentrée l'an dernier. De son importance. N'hésitez pas à retourner le lire cet article. Il avait eu droit à son petit succès, et j'en suis fier, heureux.
Mais puisqu'il est d'actualité de parler rentrée, je vous conseille un peu de lecture. Les bande-dessinées de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini. Ca a commencé avec le touchant Rouge Tagada, ça continue avec le poignant Mots rumeurs, mots cutter. Ce second tome -et pas le dernier !- paraît très bientôt chez Gulf Stream et c'est l'histoire d'une jeune collégienne, une jeune amoureuse. Une erreur, une photo, et voilà un ticket pour l'enfer... celui du harcèlement, la moquerie au collège, la haine collégienne.
L'alliance de Charlotte Bousquet (au texte) et de Stéphanie Rubini (au dessin) est stupéfiante tant par l'alchimie qui les unit que par le choc qu'elle produit. La douceur des traits, l'allégresse se dégageant des couleurs, la sérénité du style en général se heurtent à un texte délicat, sensible, mais tourmenté, et plus que touchant: bouleversant. Car j'ai lu avec une boule dans la gorge. Pourtant, de l'une à l'autre, on ne sait par quel enchantement, des ponts s'érigent, des liens se tissent, des mains s'unissent. On retrouve dans les mots de Charlotte Bousquet cette délicatesse oui, cette douceur, ces images colorées et touchantes. On retrouve dans les dessins de Stéphanie Rubini des personnages frappés, changés, souffrants, dont l'émotion transparaît, touche, émeut et s'exprime jusque dans un découpage cassé et tourmenté.
On ne sait plus finalement où commence l'une, où commence l'autre, les deux auteures unissent leurs deux arts pour n'en faire qu'un et c'est brillant, poignant, sans jamais oublier de rappeler au lecteur que même dans les pires moments, il y a l'espoir. Une main tendue, un sourire et l'avenir peint de jours meilleurs.
Entre mai et Août, d'hier à aujourd'hui, j'ai lu 28 livres. 7 en Mai et un fini. Dont 8 chapitres en avant-première, dont une nouvelle relue. Dont un classique. 6 en Juin. Mais deux inachevés (pour l'instant), une nouvelle. Peu de lectures en juin. Le bac. Mais le plus gros coup de coeur que j'ai eu cette année réside peut-être en ce mois. Je n'ai en tout cas pas surpassé ce coup de coeur, si ce n'est avec ma relecture de Vango, depuis le mois de Juin.
"Anne-Laure
Bondoux marie la simplicité des mots à une voix de conteuse qui jaillit de
ceux-ci et transforme la simple histoire d’une vie en un conte universel. Dans
un élan de rage et d’amour, Bo et Hama se précipitent fougueusement dans un
voyage libérateur et initiatique, dans une quête de bonheur et de qui ils sont."
Ca paraîtra fin septembre, ce n'est qu'un extrait de ma chronique, mais vous allez, ici, beaucoup, beaucoup entendre parler de Tant que nous sommes vivants. ♥
4 en Juillet. Un rythme qui baisse. Les vacances, les amis, la famille, le temps qui passé sans même qu'on n'ait le temps de s'en rendre compte. Un manuscrit secret dont je ne pourrais vous parler. Et puis 11 ce mois d'Août. Dont un en cours. Un fini aussi. Et une BD (voir plus haut). Deux relus, enfin. Vango ♥ Mon Vango dont je vous parlerais demain.
J'ai donc lu environ 1640 pages en Mai. 640 en Juin (le bac.). 1113 en Juillet. Et 2649 en Août. Ces 4 derniers mois sans bilan sur le blog, j'ai donc lu (avec marge d'erreur) 6042 pages.
Étrangement, je ne ressors par de cet été avec beaucoup de coups de coeur, encore moins avec d'immenses coups de coeur. Je reste fasciné et transcendé depuis plus de deux mois par Tant que nous sommes vivants, qui ne risque d'être détrôné que quand j'aurais lu, enfin, le nouveau Timothée de Fombelle.
Il s'en est passé des choses ces 4 mois. Un concours et des Dangereuses créatures. Des chroniques, beaucoup de vidéos (lien de ma chaîne dans le menu déroulant en haut du blog (+) !), le bac, la vie qui continue, les vacances, l'été, et mes mots égrenés par-ci par-là, sur le blog, à l'ombre du grand arbre, sur Maze, pour vous raconter un peu tout ça. Je suis de retour. C'est la rentrée. La rentrée littéraire. Et je compte bien vous en parler.
Un peu de musique pour finir ...
Et le blog s'habille de neuf. Lui aussi est prêt pour la rentrée.
Bon courage à ceux qui rentre. Mes pensées aux autres aussi, bien entendu.
----------------------- samedi, novembre 23, 2013 -----------------------
Qu’est-ce qui
définit ce que l’on est ? Qu’est-ce qui fait qu’on aime telle ou telle
chose, qu’on réagit de façon différente
s aux mêmes évènements, œuvres, discours,
qu’on a tel caractère, telle psychologie ? Certains d’entre vous me diront
qu’on naît avec cela. Les philosophes me répondront peut-être qu’il est souvent
question relativisme. Sylvie Germain vous répondra : l’enfance. C’est tout
du moins ce que je retiens d’essentiel de son dernier roman. Le premier que je
lis d’elle.
Petites scènes capitales, c’est l’histoire
de Lili (de son vrai nom Liliane). Enfant dont la mère est partie alors qu’elle
n’avait même pas un an, elle voit son père se remarier et les inclure ainsi
dans une famille nombreuse … La petite Lili, elle aimerait bien que son père la
remarque un peu plus, parce qu’après tout, c’est elle sa vraie fille, pas ses
demi-frères et sœurs. C’est de cette situation, assez courante malheureusement,
que débute l’histoire d’une vie. Ou plutôt, cela débute sur l’image d’une
petite fille en compagnie de sa grand-mère laquelle doit répondre
inlassablement à la question de cette enfant fascinée. Quel est ce bébé sur
cette photo ? C’est Lili. Mais où était-elle avant ? Dans le ventre
de sa mère. Mais avant ?
C’est là
peut-être que repose le mystère de toute une existence. Avant, n’était-elle
rien ? Rien, cet angoissant mot qui promet un abîme de ténèbres. N’était-elle
que des gènes transmis par deux cellules fécondes ? Ou bien était-elle
autre, petit esprit quelque part dans ce vaste univers, n’attendant que son
tour pour faire son entrée dans la vie charnelle et sentimentale ? La vie
avec tout ce qu’elle a de fragilité.
Tout en éclats de
lumière ouatés, Sylvie Germain dresse chapitre après chapitre le portrait
touchant d’une enfant en quête d’amour paternel. Une enfant en quête de sa
propre identité. Elle construit avec douceur cette image un peu floue mais
poignante, avec un style unique, splendide, sensible. Les mots sont choisis
avec soin, le vocabulaire est riche, les tournures superbes. J’ai réellement
été ébloui par sa manière d’assembler les mots, ceux-ci devenant des morceaux
lumineux qui, les uns à côté des autres, forment un tableau rayonnant.
C’est ainsi que
se déroule par touches apposées sur la toile la vie de la petite Lili, ou
Barbara. Car c’est peut-être là aussi que réside toute la complexité du
personnage. Ce personnage tiraillé entre une enfance au nom de Lili, Liliane.
De la volupté, des hauts et des bas, mais la douceur et la sûreté d’une
famille. Une enfance qui, bien vite, va la plonger dans les affres de l’adolescence,
où elle découvrira plus les ombres de la vie qu’autre chose. Une adolescence au
nom de Barbara. Un nom agressif, séduisant, provocateur. Qui est-elle
finalement ? L’insouciante Lili en mal d’amour ? Barbara la
provocatrice, la révoltée, l’égarée. L’amoureuse ?
Véritablement
emporté par cette odyssée d’une enfant qui grandit et se confronte à la vie, j’ai
laissé vagabondé mon esprit dans l’univers de Sylvie Germain, dans l’existence
d’une petite fille qui devient femme. On attrape le train de sa vie alors qu’il
se met en route, alors qu’elle n’est encore que toute petite et presque
totalement vierge de la vie. On la laisse là, bien des années plus tard, devant
le tableau bouleversant du passé et celui bien plus rassurant de l’avenir.
Devant ce renversement qui un jour a eu lieu, sans qu’on ne s’en rende compte.
On ne se demande plus alors : et avant ? Non. Il n’y a plus qu’une
seule question vraiment importante :
Et après ?
Ce roman m’a
chamboulé. La vie tumultueuse de cette petite Lili m’a touché profondément et
le superbe style de Sylvie Germain m’a envoûté d’un bout à l’autre du livre. Il
y a des moments moins captivant, qui m’ont un peu laissé sur la touche, mais c’est
l’impression finale qui est l’essentielle : l’impression d’avoir vécu l’espace
de 200 pages une autre vie auprès d’un personnage auquel on s’attache comme
notre propre fille, ou sœur. Je ressors un peu désorienté de cette lecture,
mais assurément charmé par les personnages, l’intrigue, l’émotion, le talent.
Et plus qu’une
simple histoire de vie, c’est une démonstration : l’enfance nous construit
et l’adolescence finit de nous façonner. Alors lorsque, comme Lili ou Barbara,
ce travail-là s’est mal effectué, on s’égare et l’amour seul, peut-être, peut
nous aider à s’en sortir.
Nathan a 20 ans, étudie la communication et travaille en librairie. Bercé dans la littérature, c'est tout naturellement qu'il en est arrivé à ce jour à se délecter de chacun des mots d'une multitude de romans et d'albums... et à venir partager ici sa passion. Librairie, communication, salons, il se voit déjà dans le monde du livre et rêve d'écriture. Il vous livre là avec un immense plaisir ses coups de cœur, sa vision du monde, une partie de son univers et du ciel qui l'habite. Merci de venir y déposer quelques mots. Depuis quelques années, il a aussi une chaîne YouTube qui porte le même nom que son blog !