Affichage des articles dont le libellé est J'ai lu. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est J'ai lu. Afficher tous les articles

Le Zola du XXIè siècle serait-il Adam ?

500 pages - 7€90
Depuis que le roman était sorti à la dernière rentrée littéraire (2012), j’avais envie de le lire après en avoir découvert un extrait dans Lire. Masse Critique de Babelio en a été l’occasion et je les en remercie … je dois dire que j’ai été très surpris. J’avais beau avoir étudié l’incipit d’A l’abri de rien français qui était très beau mais aussi marqué de beaucoup d’amertume, je n’en ai pas moins été étonné de ce que ce roman a suscité en moi. Revenons donc ensemble sur mes impressions…

Après la couverture sobre de Flammarion, J’ai lu nous en offre une belle et lumineuse. Comment comprendre cette couverture-là, pour le moins étonnante, intrigante ? C’est finalement après avoir lu le livre en son entier que je crois pouvoir y attacher une, ou plusieurs, signification(s)… on a là deux enfants, flous, perdus dans la grandeur du ciel bleu comme dans la grandeur de la vie, séparés, cherchant à se rejoindre. Sont-ce là les deux enfants de Paul Steiner, cherchant à recoller les morceaux de leur famille décomposée ? Est-ce là la représentation du couple brisé se comportant comme deux enfants ? Est-ce là la métaphore de cette existence du personnage ? La force qu’il met à essayer d’appartenir, de s’accrocher à quelque chose ? Il est clair que les réflexions dans cet ouvrage sont nombreuses, que le lecteur se voit sujet à toutes celles-ci, et que le titre comme la couverture semble bien mystérieux après lecture…

Paul Steiner en effet se retrouve soudainement aux lisières de son existence, comme il semble finalement l’avoir été toute sa vie. Fraîchement séparé de sa femme il commence à comprendre qu’il a toujours été un peu absent, un peu distant de sa femme, des évènements, de sa vie. Son frère l’envoie s’occuper de son père brusquement seul, sa femme étant hospitalisée. Là dans la maison de son enfance avec cet homme bourru, le personnage revient dans le peu de souvenirs qu’il a de son enfance, à ses années lycée. Et il y a ce pays, le Japon, qui semble hors de tout espace-temps, pays de paix et de bien-être dans lequel il a vécu de si beaux moments avec sa famille, soudainement rattrapé par la réalité d’un tsunami, de tremblements de terre, d’une catastrophe nucléaire. C’est dans tout ce capharnaüm qu’est la vie de Paul Steiner que le lecteur pénètre, sans problème, si ce n’est un certain mal-être. Il est vrai, en effet, que ce qui m’a entre autres surpris est ce sentiment constant d’amertume. Je dirais que Les lisières n’est pas vraiment un roman pour l’été. Les lisières est un roman si on veut réfléchir, ressentir, un roman à ne pas lire quand on déprime !

J’ai eu du mal à croire qu’on puisse avoir une vision si exagérément cynique et pessimiste du monde et de la société. Il y a la part de vérité bien sûr, mais voir le monde en noir constamment comme le fait le personnage deviendrait au bout d’un moment trop lourd à porter… et ce personnage pour le moins complexe, parfois agaçant, ce personnage parfois passif qui m’a fait comprendre la pertinence de notre objet d’étude sur le roman au lycée : Personnage en perdition ; ce personnage peut aussi être attachant. On compatit pour cet être malmené par la vie et même souvent par son entourage, ses parents qui semblent peu aimants, son frère qui lui envoie plein la figure, son ex-femme qui nous apparaît réellement ingrate, et tous ces personnages qui vont faire de lui un homme mauvais, irresponsable, impulsif,  ou encore égoïste. Cet homme semble réellement amené aux lisières de son existence, à sa fin par le désespoir qui se dégage, et même à son tout début, alors que le personnage n’avait même pas trois jours et que se construisit un secret de famille qui se révèlera bouleverser le personnage et peut-être l’amener à comprendre. Et se retrouver.
On croit voir en le personnage de Sophie un peu de lumière, on croit voir en la nature une échappatoire. On  ne voit finalement que bien trop d’ombres. Paul est sans cesse rattrapé par ses démons, par « la Maladie », et on ne voit un peu de bonheur, d’espoir qu’en la présence de ses enfants, Clément et Manon, véritables bouffées d’air frais, d’innocence.

Quant au style d’Olivier Adam, bien qu’assez lourd parfois, il n’a pas eu trop de problème à m’entraîner dans l’intrigue et me faire avaler les 500 pages du roman. Lyrique oserai-je dire, Olivier Adam n’hésite pas à multiplier les accumulations, soulignant le poids écrasant de la vie du personnage, et créant ainsi de longues phrases faisant parfois plus d’une page. Paul est sans attache. Les lieux ne sont souvent que des initiales qui montrent l’unité de tous ces lotissements, banlieues, campagnes, villages de France. Les noms d’artiste m’étaient inconnus et ceux qui ne l’étaient pas étaient pervertis en mélangeant noms et prénoms, mais n’empêchant pas le lecteur de les reconstituer, signe d’une culture commune, vue et revue. L’ensemble du roman se construit autour de trois parties qui s’enchaînent finalement assez rapidement, et je n’ai pas ressenti de mal à progresser dans ma lecture qui fut fluide, étonnamment bien menée parmi tous ces évènements, souvenirs, monologues intérieurs. La fin vient finalement s’ajouter avec un naturel évident. En quelques pages d’une douceur bienvenue, Olivier Adam laisse là son personnage. Le lecteur est relâché comme ça, comme il était entré, comme ayant pu assister, pour quelques mois, à la vie d’un autre être.


Nous avions conclu en cours de français sur l’incipit d’A l’abri de rien qu’Olivier Adam était aussi un auteur naturaliste. A bien des égards, cette conclusion me semble pertinente. Avec un roman à la première personne, je me suis souvent demandé à quel point le personnage et l’auteur étaient liés, à quel point tout ce qui passait par la plume de Paul Steiner était le fruit de celle d’Olivier Adam. En tout cas, je ne serais point étonné qu’Olivier Adam soit en fait le nouveau Zola, dépeignant avec précision la société actuelle, mettant dans son roman tout ce qui l’entoure, offrant un ouvrage réaliste, sentimental, social, politique. Bien qu'un peu déçu, ne m'étant pas attendu à tant d'amertume, je garde cependant l'idée que peut-être verra-t-on ainsi plus tard dans les programmes de français en œuvre intégrale ce roman souvent lourd à la manière de ce Zola qui agace les élèves, profond, juste, mais beau.

Pure, ou comment découvrir une auteur bourrée de talent.

            Il est des livres dans le vaste monde de la littérature qui vous laissent fascinés. Des livres qui sont hors de toute catégorie, qui se détachent de tout autre ouvrage et qui provoquent en vous des sentiments inattendus. Ce fut le cas pour moi lorsque j’ai découvert Pure. Reçu en partenariat avec le forum Club de lecture (et je remercie chaleureusement Karine), j’étais curieux de lire ce roman qui avait eu tant de succès et donc l’histoire particulière faisait grandement envie … Loin de tout ce dont à quoi je pouvais m’attendre, Pure a beau être un roman que j’ai eu du mal à commencer, il n’en reste pas moins livre unique et exaltant, sans doute aux frontières du coup de cœur, mais dans son propre pays, entre passion et coup de tant il se détache de tout ce que j’ai pu lire jusqu’à présent.

            Il est vrai que j’ai eu du mal à entrer dans l’univers de Pure … je l’ai commencé juste avant Phænix tome 2, avant de l’interrompre pour celui-ci, l’ai continué juste avant le salon du livre jeunesse de l’île d’Aix, lorsque j’accueillais Carina Rozenfeld, son fils et Clémentine, puis pendant le BAC, les révisions, un séjour chez mes grands-parents … en 3 semaines, j’ai donc lu à peine 150 pages, et c’est peut-être pour ça que je n’ai pas tout de suite adhéré à l’intrigue de Pure, dont j’attendais mieux, du moins pour ce début sans doute trop lent. Lire un roman de façon trop éparse nuit à la qualité de la lecture, mon expérience a su me le prouver quelques fois … mais ces trois derniers jours, j’ai donc pu dévorer les 400 dernières pages du bouquin avec un immense plaisir. Si vous n’accrochez pas dès le début, je vous en conjure, continuez : cela en vaut largement la peine.

            On croit que Pure est un roman dystopique, ou un roman de science-fiction. Le seul qualificatif qui pourrait lui convenir serait en fait : roman post-apocalyptique. Et encore là, c’est à se demander si cela est bien vrai… Pure sort en effet des sentiers battus. On est loin du schéma dystopique classique de la littérature adolescente actuelle : le personnage fort, rebelle qui va petit à petit s’intégrer à un mouvement visant à renverser le gouvernement oppressant. Non. Pure a un univers bien particulier : notre monde (futuriste en fait) a été dévasté un jour lors des Détonations : tout a été décimé, les villes détruites, les constructions fondues… fondues oui. Les survivants sont marqués de cicatrices, de brûlures … et leurs corps ont fusionné. Une mère tenait un enfant dans les bras ce jour-là ? Ils ont fusionné, s’ils ont au moins survécu … Un homme avait un ventilateur de poche pour se rafraîchir ? Il est maintenant en lui, au fond de sa gorge … Notre héroïne a une tête de poupée autour d’une main, Bradwell a des oiseaux dans le dos, d’autres encore ont leur frère dans le dos, une croix sur le corps, des éclats de verre sur le visage, … Julianna Baggott va plus loin que d’insérer des personnages dans son roman : ses personnages sont cet univers.
Et même bien plus, elle confronte le lecteur a des idées qu’elle n’exprime pas directement mais qu’elle suscite. Car bien que ce monde soit pollué de cendre et de poussière, bien qu’il se cache partout dans ces terres brûlées des Poussières, des créatures malfaisantes, des Hommes qui ont fusionné avec le sol, bien que les gens souffrent de toutes ces fusions, il y a là-dedans une certaine beauté. Et comme il l’est dit à un moment : la beauté ne peut exister sans laideur, l’un et l’autre sont indissociables. Et ce qui peut être laid par sa raison d’être, par ce qu’elle induit, peut aussi posséder une certaine beauté. Et je dirais sans aucune hésitation que l’univers créé par Julianna Baggott est beau.

            Je parlais plus haut des personnages … s’il est un point fort de ce roman, outre l’univers, c’est bien celui des personnages. J’ai été épaté par la véracité des héros de Pure. Les personnages de roman ont longtemps été des héros, des guerriers d’épopée sans peur et sans reproche, des chevaliers servants. Seulement aujourd’hui, ce dont nous sommes à peu près certains et que nous apprécions, c’est que le personnage de roman est avant tout (enfin quand c’est le cas, on omet le fantastique ou autres cas spécifiques) un humain. Un personnage n’est pas fait que de qualité, il est aussi fait de défauts et de faiblesses humaines. Un personnage peut trahir, décevoir, craindre, pleurer. Et c’est là toute la force des héros de Julianna Baggott. Ils sont profonds, travaillés dans le moindre détail, et terriblement réels, et donc attachants. Il en va de même pour leurs relations qui, loin de tout manichéisme et évidence, sont complexes, parfois ambigües. Après tout, sauriez-vous tout le temps qualifier clairement la moindre de vos relations ?
            Pour aller un peu plus dans le détail, je vous présenterai donc d’abord notre personnage principal : Pressia. Pressia est une jeune-fille qui a une tête de poupée à la place d’une main, un grand-père fatigué et très peu d’affaires personnelles. Tout juste quelques insectes mécaniques dont la beauté transparaît par son regard. Ce personnage fort, sensible, attachant à l’aïeul touchant va croiser le chemin de Bradwell : un garçon agaçant, rebelle, mais encore plus fort que Pressia, courageux, tout en ayant sa part de tendresse et de fragilité. Mais elle va aussi croiser (bien sûr vous vous en doutiez) la route d’un Pur (habitant du Dôme qui se dresse à l’horizon et protège des Hommes privilégiés) : Partridge. Partridge est plus proche de ces héros dystopiques rebelles. Mais il a quitté le Dôme plus pour échapper à la présence oppressante de son père qu’il hait, et surtout pour retrouver sa mère, que pour concevoir un acte révolutionnaire. Du moins de son propre gré… Ces trois-là vont se rencontrer, et faire chacun dévier le chemin des autres. Ils vont voir leur vie, leur opinion, leur avenir bouleversés. Mais de quelle façon ?
Et ils vont s’entourer de bien d’autres personnages encore, plus ou moins bons, plus ou moins des alliés, et leurs relations seront plus ou moins soudées. Et je pourrais disserter des pages là-dessus. Mais toujours des personnages et des liens complexes et intéressants, profonds et creusés.

            Un bon roman se caractérise aussi par la qualité de narration. Et là encore c’est tout bon ! J’ai réellement senti que Julianna Baggott enseignait dans un programme d’écriture de l’université de Floride. Son vocabulaire est très riche et bien qu’il faille prendre une distance comme le texte que j’ai eu entre les mains est une traduction, on lit de très bonnes descriptions, un art de la narration indéniable, un style envoûtant, une manière d’alterner réflexions, pensées, moments doux, scènes d’action, descriptions… Pure c’est 530 pages pendant lesquelles, une fois bien rentrés dans l’histoire, on ne s’ennuie pas !
            Vous ai-je dit que la narration était d’ailleurs alternée ? … enfin à dire vrai on a toujours un narrateur à la troisième personne, mais qui alterne les points de vue : Pressia et Partridge bien entendu, mais aussi Lyda ou El Capitan par exemple …cela donne un vaste champ de vision de l’histoire et des personnages.
            Malgré tous ces points de vue, ne vous détrompez pas, il reste beaucoup de zones d’ombre dans Pure. Des mystères non élucidés, des évènements imprévus. Car si j’ai adoré ce roman, c’est aussi par son rythme effréné et cet art de l’inattendu. Les révélations vous tombent dessus sans que vous les ayez vues venir, les rebondissements sont parfois réellement à couper le souffle. Et le tout forme un ensemble parfait, où tout vient s’imbriquer sans aucun problème, où tout, jusqu’au plus petit élément, alors que vous ne le soupçonniez pas, a sa place.

                        Vous l’aurez compris, comme moi je viens de le comprendre en écrivant cette chronique, Pure a 10/10 partout et je ne m’étais pas rendu vraiment compte, avant de mettre des mots sur ce roman, que celui-ci était d’une qualité remarquable. Cet univers ô combien séduisant s’inscrit dans une intrigue au rythme endiablé rondement bien mené par la riche plume de Julianna Baggott. Cette auteur mondialement connue (et on comprend pourquoi !) donne vie à des personnages profonds et attachants qui ne sont pas bons ou méchants, mais juste humains. Un roman entre dystopie, science-fiction, post-apocalyptique incontournable.  

Quelques news ...

Bonsoir à tous ! :-)
Aujourd'hui, un article particulier pour vous parler de quelques news qui me tiennent à coeur ! ...

Pour commencer un petit In My Mailbox ça vous dit ?
J'étais bien content en rentrant ce soir ! Dans ma boîte aux lettres: 2 colis ! Dans ma boîte aux lettres virtuelles: un mail particulièrement intéressant !
Le mail: j'ai remporté le sac collection de la saga Les filles au chocolat sur la page Lire en live !
Les colis: gain chez Place to Be et partenariat Club de lecture qui arrive avec un mois de retard (pour la plupart d'entre nous d'ailleurs): vive la poste !
Merci à tous ! ♥


Mais sur un plan plus large ... notez deux dates !
Le 17 Juin et le 22 Août
Sorties respectives d'une novella et de son roman: Animale


En effet, Victor Dixen a annoncé aux Imaginales et sur son blog la sortie prochaine de son roman: Animale, la malédiction de Boucle d'or.

1813
Fin de l'effroyable campagne de Russie, l'une des guerres les plus sauvages de tous les temps...
2013
Deux siècles plus tard, les tambours de Napoléon roulent à nouveau pour annoncer la parution prochaine d'Animale...
(...)
Préparez-vous dès maintenant.
Oubliez les leçons officielles des livres d'Histoire.
Oubliez les fins trop sages des contes de votre enfance.
Le réel et la légende ne font qu'un, dans un monde où le conte le plus innocent dissimule la plus terrifiante, la plus fantastique histoire d'amour !
 
Tout cela, ainsi que ce semblant de synopsis, ce mélange de conte et d’Histoire ... tout cela m'enthousiasme ÉNORMÉMENT. Je suis impatient de découvrir le nouveau roman de Victor Dixen, l'auteur de cette saga fabuleuse dont je suis fou dingue: Jack Spark ! (rappelez vous mon mois spécial en 2012...)
Et pour nous faire patienter, paraîtra en juin une novella intitulée Le prélude de glace ... ou Les tambours de la Moskova ... ou Les démons de l'Empereur: c'est à vous de choisir ! ICI

Et encore ...

 

Vous connaissez Les Nombrils ? Cette série en 5 tomes à ce jour qui raconte avec énormément d'humour l'adolescence de trois jeunes amies:  Karine, la grand timide, et ses deux pestes d'amies Jenny et Vicky. Entre disputes, amitié, amour, famille et le passage à l'âge adulte ... il y a de quoi lire, vivre. Et moi j'adore !
Le tome 6 -Un été trop mortel !- c'est en octobre prochain ... mais surtout, comme l'annonce les Histoires sans fin dans un article très complet, les Nombrils seront bientôt au cinéma en dessin-animé ... et en film avec acteurs !
Génial !