Affichage des articles dont le libellé est voyage. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est voyage. Afficher tous les articles

Un prince sans royaume entre ciel et terre



                Depuis la sortie de Vango, je n’avais pas pris le temps de relire cet incroyable dyptique signé Timothée de Fombelle. Pourtant, je me suis plusieurs fois laissé emporter, à nouveau, par le petit Tobie et son grand cœur, dans les méandres de l’Arbre, volant de branche en branche… Là, en vacances, comme tous les ans, au même endroit, pas bien loin de chez moi, au bord de la mer, je me suis offert de fabuleux instants de lecture. J’ai laissé la chaleur du soleil, le goût du sel, la caresse du vent et la fougue de la mer pour replonger avec délice dans une Europe sombre et froide, en plein cœur des années 30, au côté d’un des plus grands personnages de la littérature jeunesse. Et si vous m’accompagniez, le temps d’une chronique et de quelques-uns de mes mots, dans cet univers historique trépidant et bouleversant, dans mes émotions qui ont le goût des souvenirs et celui de l’aventure ?

                « Quarante hommes en blanc étaient couchés sur le pavé. »
                Ainsi débute le premier tome, intitulé Entre ciel et terre. Ces simples mots, ces quelques syllabes, les unes aux côtés des autres, suffisent à m’immerger entièrement et aussitôt au cœur des aventures de l’Oiseau. Vango. Comme les premiers mots de Tobie Lolness suffisent à me faire ressentir une bouffée d’émotions, une bouffée qui escalade l’arbre de mes souvenirs à la vitesse de la sève jusqu’à faire jaillir en moi une cascade de sentiments ; le premier chapitre de Vango, qui met en place tout le mystère de cette fascinante histoire, est à l’origine d’un poignant émoi.
                « Quarante hommes en blanc étaient couchés sur le pavé. »
                Ce premier chapitre, La voie des anges, précipite le lecteur dans cette trépidante aventure et révèle l’incroyable talent de Timothée de Fombelle. Un talent d’écrivain, un talent de conteur d’histoires. C’est lorsque je le relis, lorsque je redécouvre Tobie Lolness ou Vango que je suis alors certain, sans aucun doute possible, qu’il est mon auteur préféré, car aucun, à part lui, n’est capable de m’ensorceler comme lui le fait.
                Des images saisissantes.
                Comme celle-ci, un « champ de neige » de corps, ceux de tous ces jeunes hommes en vêtement blanc, prêts à devenir prêtres. Chaque image qu’il crée par le simple usage de ses mots ravit les imaginaires.
                Un tissu de mots doux et chatoyant.
                Avec une simplicité déconcertante, Timothée de Fombelle brode des phrases empreintes du pouvoir des mots, des phrases qui marient avec le plus grand naturel les contraires, les opposés, les différences et les conflits. Il ressort de cette œuvre une extraordinaire douceur qui coule aussi sûrement que la sève d’un arbre, qui sonne avec évidence comme les plus triomphantes harmonies.
                Un soin des détails fructueux.
                Se souciant des plus petits éléments d’un décor, d’une scène, d’un portrait, Timothée de Fombelle arrive toujours à surprendre son lecteur au détour de chaque chapitre. Chaque page est un trésor foisonnant de petits bijoux tous plus étonnants les uns que les autres. Même en portant son attention au moindre fragment de ses péripéties, il arrivera toujours à vous stupéfier en faisant innocemment ressurgir ce que vous aviez déjà oublié dans un rebondissement inédit.

                Voilà ce qu’il ressort d’une prise de recul et d’une (intense) réflexion, quand j’essaye –et n’y parviens pas réellement – de mettre des mots sur tout ce que je ressens en lisant un roman de Timothée de Fombelle. Cela va bien plus loin que l’émotion des retrouvailles, celle qu’on éprouve en serrant dans ses bras un ami, celle qu’on éprouve en s’emplissant de l’odeur d’un lieu de notre enfance, celle qu’on éprouve en goûtant un plat raffolé pendant de nombreuses années. Cela va bien plus loin que l’émotion du lecteur qui retrouve à tâtons une lecture passée. L’écriture de Timothée de Fombelle est la parfaite transcription du talent oral des conteurs. Elle captive dès les premiers mots. Elle allie l’humour et l’action à la beauté et la poésie. Elle sait dessiner avec subtilité et douceur différentes ambiances, différentes atmosphères qui imprègnent le lecteur et le font voyager partout dans le monde et dans son imaginaire. Elle trace des personnages originaux, uniques et vivants, qui touchent par leurs aspérités et leur profondeur. Elle tisse de multiples liens, revient en arrière et repart loin dans l’avenir, digresse, raconte des évènements plus ou moins anecdotiques qui créent un univers ; tout cela sans qu’on ne s’y perde une seule fois. Tout cela sans jamais s’égarer, car il s’agit là d’un gigantesque et splendide puzzle où chaque pièce s’imbrique comme la plus naturelle des évidences. C’est un ensemble parfaitement construit, un microcosme qui, pièce par pièce, s’érige sous nos yeux ébahis de lecteur.

Vango tome 1 (réédition) - tome 1 - tome 2

                Et le puzzle de Vango, que représente-t-il exactement ? Quel singulier et prodigieux tableau nous offre cette fois-ci Timothée de Fombelle ?
                Un tableau pour le moins insolite et pourtant si vif et intense qu’il s’anime du passé, se revêt de l’Histoire, danse avec elle et nous fait douter. A chaque instant de cette aventure, on aimerait avoir à notre disposition une encyclopédie, un livre d’histoire, ou internet pour savoir si oui ou non ce qui se raconte est vraie. Jusqu’où va la fiction ? A quel point s’entremêle-t-elle avec l’histoire ? A quel point le nœud de ces deux-là est-il serré ?
                Ce tableau c’est le passé, oui. Les années 30. Cette période entre deux guerres qui fascine tant l’auteur. Une période profondément marquée par la grande guerre, laissant des survivants défigurés, traumatisés, apeurés ; des familles déchirées ; des pays anéantis par ces terribles années. Et une période encore noire, où tout doit être reconstruit, et dans laquelle commence à se développer de nouvelles tensions.
                Pourtant, Vango n’est pas un roman véritablement historique, encore moins un roman sombre. Non. Dans l’angoisse de ces années, par-dessus ce fond pour le moins obscur, Timothée de Fombelle peint encore bien des couches différentes, toutes plus resplendissantes les unes que les autres.
                Il y a l’effervescence d’un Paris divisé entre l’angoisse de ces années et le soulagement d’en finir. Il y a les fêtes, les bals, les bars où on passe ensemble de chaleureux moments, qui avaient manqué. Il y a aussi – et surtout – Paris vu des toits. Vango, puis La Taupe, courent, virevoltent, et s’envolent presque sur les bâtiments, les habitations, les théâtres. Ils escaladent, courent, s’enfuient, se poursuivent, découvrent, explorent, se cachent. L’auteur nous offre de jolies scènes, touchantes, délicates où le quotidien des Parisiens côtoie un instant l’infini du ciel.
                Il y a le Zeppelin, la fierté d’Hugo Eckener et de l’Allemagne nazie. Il y a ce vaisseau parcourant de part en part le ciel et le monde. De très nombreux pays traversés. Le Brésil, le Japon, l’Egypte, aperçus du haut de ce monstre de fer et des mots de l’auteur et de ses personnages. L’Europe et New York qu’on apprendra à connaître, à visiter, à parcourir, un peu.
                Il y a l’Ecosse, humide, ancestrale, fascinante. Il y a l’Est oppressé, oppressant et la Russie comme une menace. L’Italie comme une vaste lande de liberté, qui semble pourtant se faire dangereuse. Les îles éoliennes, à l’origine de tout, où ciel, terre et mer valsent ensemble au rythme du cri des mouettes dans une danse endiablée et fantasmagorique. Il y a enfin, le Caucase, où peut-être on trouvera le commencement de ce monde fombellien.

                Je m’apprête donc à poser le point final à ces quelques phrases qui ne suffiront jamais à rendre compte de la beauté de ce vaste, vertigineux et hypnotisant tableau. Car par-dessus ces multiples paysages qui semblent peints touche par touche, comme si Timothée de Fombelle inventait le roman impressionniste, il y a Vango. Une quête inlassable de savoir. La volonté de retrouver ses origines. Celle de revenir aux sources de son existence pour éclairer tout son parcours et tous les mystères qui l’entourent. C’est lui qui virevolte entre tous ces lieux différents ; lie d’amitié une tempétueuse et séduisante Ethel à une touchante et insaisissable Taupe Emilie ; réunit peut-être enfin quatre amis venus d’horizons si différents qui s’étaient connus sous la coupe d’un pacte nommé Violette ; rapproche la Russie, Moscou et d’inquiétants hommes pourtant pères d’attachants enfants, de New York, d’un marchand d’armes menaçant ; embarque dans une tourbillonnante aventure un commissaire consciencieux et attachant, sa mère fantasmant de risque, une chanteuse de cabaret et fait se croiser les destins d’une nourrice française connaissant plusieurs langues différentes, un moine invisible ou un violoniste moscovite menacé... Il y a Vango qui tire entre tous ces morceaux parfois à des années lumières les uns des autres un fil incandescent de fougue et de passion.
                « J’ai tendu des cordes de clocher à clocher, des guirlandes de fenêtre à fenêtre, des chaînes d’or d’étoile à étoile ; et je danse. » (Rimbaud, exergue de Vango tome 1)


                Ainsi ai-je fini de relire les deux tomes de Vango : des heures passées sur la plage à lire sans plus pouvoir m’arrêter, me délectant avec passion des mots de Timothée de Fombelle sans plus voir le temps s’écouler.
                Et puisque les larmes sont chez moi très rares, j’ai pleuré vers le ciel des regards bouleversés mais heureux.
               
                D’un bout à l’autre du monde, d’un siècle et d’une guerre à l’autre, Timothée de Fombelle écrit une épopée historique virevoltante et bouleversante dont on ressort changé, grandi, épanoui.
                Il vous suffit de faire un pas, d’ouvrir les yeux et de vous laisser surprendre et séduire. Allez-y.

Envolez-vous.


http://www.gallimard-jeunesse.fr/Catalogue/GALLIMARD-JEUNESSE/Grand-format-litterature/Romans-Ado/Vango3
Intégrale
http://www.gallimard-jeunesse.fr/Catalogue/GALLIMARD-JEUNESSE/Grand-format-litterature/Romans-Ado/Vangohttp://bouquinsenfolie.blogspot.fr/2011/10/critique-vango-tome-2-un-prince-sans.html

Derniers rayons de lecture




Je vous parlais un peu de l'été hier ... Puisqu’il est encore temps, donc, quand le temps est clément, d’aller passer vos dernières journées de vacances ou vos weekends à la plage, je vous propose ici, en version réduite de ce qui était initialement prévu, quelques romans à lire sur la plage. Ce sont des romans légers, dont vous tournerez les pages sans même vous en rendre compte, que vous avalerez en quelques heures de farniente au soleil. En vous permettant d’oublier votre travail, la rentrée qui arrive ou les soucis du quotidien avec un ton drôle, frais, agréable ; ils sauront néanmoins vous toucher puisqu’ils proposent l’histoire de personnages adolescents qui découvrent la vie, l’amour, et le lot de joie ou de souffrance qu’ils peuvent apporter.


Peut-être avez-vous envie, pour commencer, de voyager un peu ? Ce second tome, suivant 13 petites enveloppes bleues, paru l’année dernière, m’a beaucoup enthousiasmé lorsqu’il a – enfin ! – été traduit en français. On y découvre l’histoire de la treizième et dernière petite enveloppe bleue qui était dans le sac à dos de Ginny avant qu’il ne soit volé. La voilà donc lancée dans un nouveau voyage en Europe sur les traces de sa tante et des toiles qu’elle a dissimulées quelque part pour que sa nièce les revende … Il semblerait donc que ce jeu de piste géant soit voué à se terminer. Mais comme la première fois, ce voyage pourrait avoir encore un lot de surprises à révéler… Maureen Johnson offre à son lecteur un roman qui se lit d’une traite et présente bien plus qu’un simple voyage à travers l’Europe. Ce sera l’occasion pour ses personnages d’en apprendre plus sur eux-mêmes, sur la vie, l’amour … comme quoi c’est peut-être en étant loin de chez soi et en découvrant, ensemble, le monde, qu’on peut s’ouvrir à l’autre, mieux le comprendre, et choisir, ou non, de garder noués les chemins. - La dernière petite enveloppe bleue de Maureen Johnson ; Gallimard jeunesse, 2013 (aussi disponible en poche)

C’est d’ailleurs dans les mêmes thèmes que s’inscrit L’amour au subjonctif. Dans son dernier roman en effet, Pascal Ruter met en place l’histoire d’un voyage scolaire rocambolesque d’une classe de latin à Rome. Car ce voyage ne va pas se dérouler exactement comme prévu … et l’auteur, dès le début du roman, met le ton. Les différents chapitres se présentent en fait comme une sorte de témoignage, et même de déposition. Il semble que quelque chose soit arrivé dans ce voyage, et ce roman va nous faire découvrir quoi. Avec différentes voix toutes plus singulières les unes que les autres, Pascal Ruter construit un roman trépidant, qui nous entraîne dans un voyage scolaire plein de péripéties invraisemblables mais captivantes. Chaque chapitre est un délice et nous offre son lot de situations grotesques, de dialogues désopilants, de personnages loufoques et attachant pour un roman hilarant qui, bien qu’improbable, reste touchant et terriblement passionnant. Les voyages forment la jeunesse, dit-on … ici, grâce au subjonctif, à un feuilleton télé ou des envies de départ, le proverbe dit vrai, et on en ressort ému et un grand sourire aux lèvres !
L’amour au subjonctif de Pascal Ruter ; Didier jeunesse, 2013

Enfin si vous avez envie de vous plonger dans l’ambiance de la rentrée, vous pouvez toujours choisir de lire le frais et touchant Dis-moi qu’il y a un ouragan, dont je vous ai déjà parlé en vidéo au début de l’été ! Dans ce roman, faisant partie des finalistes du concours du premier roman jeunesse organisé par Gallimard Jeunesse, Télérama et RTL l’an dernier, Fabrice Emont raconte l’histoire de Léa, une adolescente qui emménage au milieu de l’année scolaire dans une nouvelle ville pour des raisons inconnues … par le biais d’un concours de court-métrage proposé dans son cours d’art visuel, elle va faire la rencontre d’autres adolescents, nouer des amitiés et peut-être même tomber amoureuse … L’auteur traite avec légèreté et une bonne dose d’humour des premiers émois adolescents, de la relation à l’autre qui est complexe et difficile. Un ton unique qui promet des rires à chaque page tournée, un peu de suspense et de mystère, des personnages vivants et attachants, de l’émotion et un peu de poésie ; voilà sans doute la recette parfaite du roman à lire sur la plage, entre deux baignades !
Dis-moi qu’il y a un ouragan de Fabrice Emont ; Gallimard jeunesse, 2014


24 décembre: Tu seras partout chez toi d'Insa Sané



 ♥

« Si tu dois t’en aller pour toujours, pars avant l’aube ! Très tôt. Ne te retourne pas. JAMAIS ! Tant pis pour les larmes. Tant pis pour nous. Tu m’aimeras plus loin. Je t’aimerai ailleurs. On s’aimera toujours. Demain sera heureux. Promis ! Juré ! »

Partir. Toi, Lecteur, ô combien tu connais ce verbe ! Je suis sûr que ces quelques mots ont déjà suffi à t’entraîner ailleurs. Je suis sûr que cet extrait, ce premier paragraphe t’a déjà donné envie de fermer tes yeux d’humain(e), de fille ou de garçon, d’étudiant(e),  de salarié(e)…  pour ouvrir ceux de Lecteur, de Lectrice.

L’autre jour en lisant, j’ai véritablement eu conscience de la présence de ces yeux de lecteurs. Pensez-y en lisant et vous comprendrez ce que je veux. Que quand on lit, les mots s’effacent et il ne reste que un cinéma imaginaire, vague certes, mais un cinéma quand même …

Moi en tout cas, de tels premiers mots me font déjà voyager. Ils transportent le cœur, le sourire et l’esprit loin de la pollution, des allées bétonnées et des bâtiments délabrés. Pour être plus près du ciel, d’une larme gorgée de soleil, de ces endroits que l’Homme ne foulera peut-être jamais. De la poésie.

Oui, alors que je commençais à peine ma lecture, Insa Sané me guidait déjà dans un magnifique voyage qui ne cesserait de me surprendre.
Oui, alors que je commençais à peine ma lecture, que déjà, le petit Sény était tout contre mon cœur et me chuchotait à l’oreille son envoûtante histoire.

« En vérité, les récits de voyages se lèvent alors que l’aurore a encore les paupières fermées. Hansel et Gretel, eux aussi, s’en allaient très tôt pour ces bois d’où l’on ne revient pas. »

Hansel et Gretel. Mais ils ne sont pas les seuls dans ce voyage. Tu seras partout chez toi est aussi un voyage dans l’imaginaire. Les contes, les légendes, les histoires. Ce thème est omniprésent et toi, ô Lecteur, en seras je n’en doute pas d’autant plus ravi.

Seny est avant tout un enfant. Un enfant de 9 ans. Il ira à l’école, fera des bêtises et pleurera. Mais aussi il rêvera, aimera comme on aime quand on est un enfant et qu’on ignore encore tout de ce monde terrible. Il jouera. L’un des plus beaux moments du livre, pour moi, est celui du jeu entre ses amis et lui. Un moment extraordinaire. Un jeu tellement bien élaboré et plein de valeurs et d’intelligence. A-t-on joué comme lui alors que nous avions 9 ans ?

« A neuf ans, les sourires que nous offre la vie peuvent nous rendre dur comme fer. Je le sais parce qu’à neuf ans, on est une branche fragile, même quand on se donne l’âge des moustaches. A neuf ans, l’univers est aussi vaste qu’un jardin enfoui sous la terre. A neuf, le monde que l’on chérit a le visage de « mon amoureuse ». Je le sais parce que j’ai neuf ans et que … Oh, Dieu que je l’aime ! »

Mais surtout avions-nous la présence d’esprit de cet enfant, son courage ? Sény est attachant. Il s’adresse à nous au creux de l’oreille et ça c’est encore plus agréable. On n’a plus qu’à se blottir dans ses paroles et à se laisser porter d’un bout à l’autre du roman.

Sény est attachant. Mais il en va de même pour ces adultes, pour ce « chez moi » qui est « partout où il y a ceux [qu’il] aime et qui [l’]attendent ». Pour Dehiha, pour Soundjata, pour Adar, …

Je le savais. Je ne sais pas pourquoi je savais que ce Exprim’ serait le meilleur que j’ai lu de toute la collection. Celui chez qui je serais le mieux.

« Tous ceux qui sont partis un jour le savent. »

Seulement, aurai-je pu me douter que ça serait aussi fort, aussi beau, aussi doux, aussi captivant ? Comme toujours, la fin m’a renversé, dévasté, bouleversé, coupé le souffle. Ce retournement de situation, cette révélation, ce coup de poing dans la figure !

«Je crois bien que je voulais me raconter une histoire, juste à moi... une histoire soufflée à la bougie, une nuit d'insomnie, pour pouvoir tourner la page ... car les histoires à la fin, ça finit toujours bien, non ?»

Oh oui, plus que je n’aurais pu l’espérer, Insa Sané m’a fait rêver. Voyager, sourire, jouer, perdre, gagner, mourir et renaître. Vivre. Dans un univers mené d’une plume ardente d’émotions, il nous bouscule entre lumière et ténèbres. Entre l’enfance et l’âge adulte. Entre guerre et paix. En plein cœur du cœur d’un enfant qui doit brutalement grandir. Alors que celui-ci ne croyait qu’il n’existait qu’un seul Chez moi, qui croyait qu’il n’aimerait jamais plus personne d’autre que Yulia qu’il aime « depuis le jour où l’homme en blouse blanche a coupé le cordon à mon nombril pour le lier à celui de... ». Il croyait que tout cela ne prendrait jamais fin mais un jour tout s’écroule et il faut trouver la force, le courage et le cœur pour reconstruire ce qui a été détruit.

Et j'ai maintenant le plaisir de vous offrir
1 exemplaire du roman

A quel point, en comparaison aux autres livres de la collection, ai-je aimé ce roman ? (cf plus haut)
Quelle série de 4 romans a écrit l'auteur ?
Répondez à ces deux questions dans la case question

Et dans la case Un mot pour la fin dites-moi pourquoi vous voulez lire ce roman, que vous évoque la couverture ?

Vous avez jusqu'au 31 décembre 2012 à 12:30



TOUS LES RESULTATS MANQUANTS SERONT PUBLIES D'ICI UN OU DEUX JOURS
A demain pour le concours de Noël !

[CHRONIQUE] L'avant-dernière chance de Caroline Vermalle


Un roman très touchant ...

L'avant-dernière chance
de Caroline Vermalle
à 9€05
chez calmann-levy
245 pages

À Londres, lors du tournage d'une fiction pour la télévision, Adèle, une jeune stagiaire française, reçoit un texto totalement inattendu et absolument irréel : son grand-père, mort quelques jours auparavant, lui souhaite un joyeux anniversaire… 
Adèle se remémore alors les événements de ce dernier mois. Son papy, Georges, quatre-vingt-trois ans, les pieds plantés dans son potager, enraciné dans sa bonne vieille terre du Poitou, a subitement décidé de partir pour un tour de France avec son voisin et ami Charles, soixante-seize ans. Sa petite-fille a découvert leur projet et, inquiète pour la santé de son aïeul, lui a fait promettre de lui envoyer des nouvelles tous les jours par texto. Commence alors une drôle de correspondance, tendre et complice, entre le grand-père et sa petite-fille, qui ne se sont pas vus depuis dix ans.
Ce beau récit, touchant et juste, mêle à la gouaille des dialogues l'émotion de sentiments qui peinent à se révéler.

                Dans le livre, paru en mars, intitulé Nouvelles contemporaines, j’avais beaucoup aimé les dernières, qui étaient celles de Caroline Vermalle. Celle-ci m’avait contacté pour me dire qu’elle m’avait remercié sur son blog, et m’invitait à rejoindre sa page facebook. Sa gentillesse, ses nouvelles que j’avais adorées, et un synopsis intriguant m’ont convaincu pour acheter son premier roman qui avait reçu le prix du nouveau talent 2009 attribué par France Télécom et Métro. J’ai été surpris sur certains points et j’ai passé un très agréable moment …

                Le prologue nous offre une entrée dans le livre douce et intrigante. J’en profite cependant pour préciser que c’est vraiment dommage que l’éditeur ait ajouté dans le résumé un point important de l’histoire qui aurait tout changé, et ajouté un peu du suspense à l’histoire. Je vous conseille donc de ne pas lire la quatrième de couverture si vous achetez le livre mais de lire le résumé ci-dessus que j’ai modifié … Mis à part cela cette entrée laisse donc bien augurer de la suite …

                On commence par découvrir avec cette introduction Adèle qui est sur un tournage à Londres en tant que stagiaire. On s’attache assez vite à cette jeune-fille qu’on va suivre quelques fois dans le livre, qui va nous plaire pour sa tendresse envers son grand-père. J’ai été en effet surpris de voir que c’est celui-ci –Georges– qu’on suivra le plus souvent. Plus de quatre-vingts ans, touché par le temps mais en forme tout de même, il se lance avec son voisin –Charles– dans un tour de France en voiture … Un beau projet, des questions qui se posent, et un attachement différent pour ces deux hommes. Différent à cause de l’âge en particulier, mais pas forcément moins fort. On se retrouve dans la relation entre Adèle et son grand-père, on s’y attache comme un membre de notre famille.

                Au cours de ce voyage ils vont apprendre à mieux se connaître. L’auteur va nous surprendre par des révélations et des surprises. Au cours de ce voyage ils vont faire des rencontres. Sœur de Charles, vieille femme moderne et pétillante. Mais encore le personnel, jeune ou âgé, d’une crêperie bretonne, homme en pleine forme qui se baigne chaque matin, qu’il vente ou qu’il pleuve… Dans un quotidien de deux vieux hommes, dans les souvenirs du tour de France, dans les hôtels et restaurants dont il faut trouver le charme … Caroline Vermalle nous emmène en France, donne à ce livre un joli souffle de liberté, de voyage et de rencontres.
                Elle maîtrise cela avec un style très fluide et agréable. Riche, il décrit à merveille les lieux qui sont traversés, les émotions qui sont ressenties, les évènements qui sont vécus. Il fait passer des sentiments aux lecteurs, les guident à travers la France d’un bout à l’autre du livre … Il y a ainsi dans l’ambiance un air de mélancolie, des souvenirs que l’on ressasse, des déceptions ou bonheur que l’on revit… Il y a dans cette atmosphère une envie de s’en aller.

                Elle maîtrise aussi ce que j’ai appelé plus tôt « quotidien » qui est celui de Georges et Charles dans leur trajet. Des habitudes de personnages âgés, sans partir dans les clichés, qui nous rappellent nos propres grands-parents. Ces conversations de tour de France, ces discussions, ces remarques sur la jeunesse ou le monde dans lequel ils vivent … 

                Et bien sûr (d’où le prix grâce auquel le livre a été édité) elle maîtrise ce côté moderne qui est au centre du livre. La correspondance par SMS entre Georges et sa petite-fille, la découverte du portable par ce premier, ce moyen de communication très pratique et le langage qui est utilisé …

                En bref, l’avant-dernière chance est un livre qui a su me surprendre. Il est original, et mêle les vies de Georges et de sa fille dans une correspondance moderne par SMS. Portés par l’écriture très agréable de Caroline Vermalle, on suit dans un voyage à travers la France ces deux personnes âgées en quête de beaux moments à passer … Touchés on quitte le livre un sourire au lèvres, le cœur gros d’émotion.
               

POUR CONCLURE
Les plus Les moins
  • Un livre touchant
  • Une grande crédibilité
  • Un style riche et fluide
  • Des personnages attachants
  • La quatrième de couverture en dit trop


                En bref, l’avant-dernière chance est un livre qui a su me surprendre. Il est original, et mêle les vies de Georges et de sa fille dans une correspondance moderne par SMS. Portés par l’écriture très agréable de Caroline Vermalle, on suit dans un voyage à travers la France ces deux personnes âgées en quête de beaux moments à passer … Touchés on quitte le livre un sourire au lèvres, le cœur gros d’émotion.


Les petits plus ...
L'auteur a eu le prix du nouveau talent 2009 de la fondation Bouygues Télécom !
        Un autre livre de l'auteur ...


        Si vous avez aimé vous aimerez peut-être ...



        Nathan, le 05 Août 2012