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42


Je ne savais pas comment appeler ce billet. Alors je l'ai appelé 42. Tu comprendras, non ? A tous, cet article est pour une amie, mon amie Jojo, mon Poussin aviateur. Mais il est aussi pour tout le monde. C'est un peu une lettre ouverte. A Jojo, cet article est pour toi. J'ai ouvert ta lettre, je l'ai lue, j'y répondrai, mais j'ai aussi envie d'écrire ce message là. J'expose un peu aux yeux de tous notre amitié et un petit morceau de nous-mêmes, mais après tout c'est le but d'un blog, c'est selon moi le but d'un blog, si on veut lui donner une âme, lui donner vie et le rendre personnel, original, unique. Bref. J'ai lu ta lettre. Elle m'a touché au plus profond de mon coeur, "directement et sans escale". Alors je voulais parler un peu amitié par ici. De la vie, de l'amour.
  
"Une enveloppe fermée promet toujours tant de choses ... c'est comme si elle pouvait tout contenir ... vraiment tout." (Revanche, Cat Clarke)
C'est un peu l'impression que j'avais avec la tienne. C'est un peu ce qu'elle contenait aussi

Tu sais, j'ai peu vécu, je n'ai que 17 ans, j'ai une existence heureuse, sans trop de heurts et je suis éternellement reconnaissant à la vie, au destin, au sort ou à que sais-je encore. A quoi crois-je ? Je l'ignore encore. Mais j'ai toute la vie devant moi. Tu sais, j'ai peu vécu, mais je suis en mesure de te dire que la vie n'est jamais facile, même quand les autres ont l'impression qu'elle l'est pour nous.
"C'est étonnant le nombre de vérités qu'on ne peut pas dire aux gens. Elles leur sembleraient tellement farfelues, le plus souvent ! Alors on se tait, ou bien on se contente de dire ce qu'ils veulent entendre. Et la vie continue ... compliquée de toutes ces choses tues, de tous ces petits mensonges bien ordinaires." (La balafre, Jean-Claude Mourlevat)
Je ne sais pas trop pourquoi je dérive sur ce sujet, puisque ce n'était pas celui de la lettre. Mais je sais qu'il te tient à cœur et qu'il te remue. Voilà, les petits mensonges de la vie, il y en a des tonnes. Plus ou moins grands d'ailleurs. Parfois énormes et étouffants. Certaines personnes ont besoin d'être expansives là-dessus, ce n'est pas forcément blâmable, c'est juste un besoin, celui d'être soutenu. D'autres le sont trop, je pense, ils en font des tonnes alors qu'ils n'ont pas tant de soucis que ça. D'autres encore les taisent, arborent un magnifique sourire, et on croit que la vie va comme il faut, qu'ils nagent en eau claire, saine et sûre. Mais c'est faux. Je le sais parce qu'on m'a cru comme ça parfois. Et je le sais parce que tu es un peu comme ça. Mais c'est normal. Alors il y a ceux qui restent à la surface des choses, qui ne voient que le superficiel, ce sont ces gens là dont tu n'as pas à t'encombrer, ni de te soucier. Ceux dont il faut te soucier c'est ceux qui percent les apparences, perçoivent ce qu'il y a en toi. Et ceux qui vont bien plus loin, ceux qui t'aident alors. Tes amis, en somme.
 Je te dis tout ça de manière un peu maladroite et je le dis à tous du haut de ma bien petite expérience.
Ou pour, encore, citer Cat Clarke (et Kai ♥): "Je crois que ce que j'essaie de te dire, c'est que si tu rencontres des gens qui te rendent heureuse, mais vraiment heureuse - accroches toi à eux. Parce que ça n'arrive pas si souvent."
Il avait raison Kai. C'est sans aucun doute le plus gros point fort de Revanche. Kai. Il a beau être décédé, suicidé, absent, il brille dans tout le roman par son incroyable présence. Parce qu'il vit encore dans le cœur de Jem. Parce qu'il y a ses lettres qui la guident, l'éclairent. Parce qu'il est bon, attentionné, généreux, et bien qu'extravagant, ne se soucie pas du regard des autres. Sauf, bien sûr, quand ceux-ci deviennent néfastes. Oui, dans Revanche, Cat Clarke nous montre bien que les morts continuent de vivre tant que nous nous souvenons d'eux, et les aimons.
Bien sûr à la base ce n'est pas de décès dont je voulais te parler. Mais voilà, ce que dit Kai, bien qu'il soit un personnage de roman c'est qu'il ne faut garder que les personnes qui te sont essentielles. Ça paraît égoïste dit comme ça, mais cela veut dire qu'elles sont exceptionnelles, qu'elles méritent qu'on les protège et qu'elles aussi te protègent...

Et puis, tu sais toujours que si tu as besoin d'en apprendre un peu plus sur la vie, tu peux toujours te plonger dans un roman de Shaïne Cassim. Parce qu'on en a lu un ensemble. Parce que chacun d'entre eux brille d'intelligence et de profondeur, de lucidité et de beauté, d'émotion. Je suis resté coi, épaté, subjugué devant ma lecture d'Une saison avec Jane-Esther. En contant simplement l'été d'une jeune adolescente, une jeune poète admiratif du travail de Jane-Esther, une jeune fille qui découvre l'amour, la sexualité, les mots, la souffrance ... En contant cette simple histoire, pas si simple en fait, Shaïne Cassim arrive à aborder un kaléidoscope gigantesque de petits fragments essentiels et profonds de l'être humain. Elle arrive à ne pas créer des personnages auxquels on s'attache, mais auxquels on s'identifie parce qu'ils sont universels, chacun y retrouve un morceau de lui-même, parce qu'ils sont vrais. Elle brode ses histoires avec un style riche, puissamment poétique et pourtant d'une grande sincérité. Ses phrases si séduisantes sont pourtant venues du cœur, et sont brillantes de vérité. Un jour, mon prince m'a moins séduit. Et pourtant, comme ne peut-on pas être touché par la sincérité avec laquelle Shaïne Cassim écrit la voix d'une adolescente "toquée" qui est malade tant le monde est beau et séduisant. C'est ça aussi, Jolène. Shaïne Cassim elle nous renvoie aux recoins de nous-mêmes qui nous bouleversent, mais elle n'oublie pas de nous montrer combien le monde est beau et rempli d'espoir. Un jour, bientôt, je relirai Jolène, ce roman qui porte ton nom, et que j'ai l'impression de ne pas avoir apprécié à sa juste valeur. J'ai envie de m'y replonger et d'en percer l'obscurité.

J'ai dérivé, j'ai divagué, j'ai digressé et je ne sais plus d'où je partais ni où j'allais. Mais je suis si heureux d'être ton ami, je suis si heureux de pouvoir t'aider à avancer un peu sur ce chemin tortueux et magnifique qu'est la vie. "Nous aussi on va tomber, on va avoir des bosses et des bleus. Mais on trouvera le bon équilibre." (Tant que nous sommes vivants, Anne-Laure Bondoux / parution le 25 Septembre) On va tomber, mais se relever. Et je serais là pour te servir d'appui. Parce que l'amitié est une forme d'amour, et que moi, je t'aime à la folie. Merci pour tes mots qui sont des cadeaux extraordinaires.

"Les mots sont reliés à un mystère et à un inconnu plus grands que l'amour, ils se montrent plus immenses que la vie elle-même." (Une saison avec Jane-Esther)
Je suis à la fois d'accord et en désaccord avec cette citation. Mais elle résonne d'une vérité: "Les mots sont des armes" - et tu sais qui nous a écrit ça, rien qu'à nous- mais il peuvent aussi être le chemin du bonheur.

Du sujet délicat qu'est l'homosexualité - ♥


L’homosexualité. Un sujet dont j’ai déjà eu l’occasion de vous parler. Lors d’un coup de cœur pour le pétillant, pour le touchant Will & Will, il y a 3 ans. Lors d’une sélection spéciale à l’ombre du grand arbre. Et aujourd’hui, c’est de deux romans dont je vais vous parler … et d’une association.

On nous a en effet demandé, à nous lecteurs de la collection R, de partager avec nos chroniques l’existence de cette association. Ceci n’est pas un article de pub. C’est juste une chronique pour vous donner envie de lire deux coups de cœur. Une chronique pour faire réagir aussi peut-être. Parce que peut-être que parler sur ce blog de cette association ne servira à rien. Peut-être que cela n’aura aucune véritable incidence sur qui ou quoi que ce soit. Mais c’est déjà vous dire : cette association existe. Mais aussi parce qu’en parler est le premier pas vers l’évolution.
Une chronique engagée ? Peut-être.
Une chronique de lecteur touché en plein cœur ? Assurément.




Un "Refuge" pour les jeunes victimes d'homophobie
Fondée en 2003 par Nicolas Noguier, l'association Le Refuge accueille des garçons et des filles de 18 à 25 ans exclus du domicile familial du fait de leur homosexualité ou de leur transexualité. L'association, qui dépend pour moitié des dons et pour l'autre de subventions, dispose d'appartements-relais et de places d'hôtel en Ile-de-France, à Marseille, à Lyon et à Montpellier. L'antenne de Paris, ouverte en 2008, héberge ainsi vingt-et-un jeunes "de 20 ans en moyenne" pour une période de six mois, le temps d'essayer de trouver un travail et un logement.
Le Refuge propose également un accompagnement social et psychologique, ainsi qu'une ligne d'urgence : 06 31 59 69 50.

C’est d’ailleurs là que réside le sujet du nouveau roman de Cat Clarke. L’histoire est narrée par Jem. Jem est dans une situation très délicate. Elle est amoureuse de Kai, son meilleur ami. Et celui-ci est gay. Seulement à une soirée, il est filmé en train d’avoir un rapport sexuel avec un garçon … cette vidéo, envoyée par mail aux élèves de son lycée, le pousse au suicide. Il laisse 12 lettres à Jem. Une par mois pour un an. 12 lettres qui vont lui donner le désir … de prendre sa revanche.

Dès les premiers mots, j’ai senti que ceux-ci étaient partis pour me remuer… me secouer intégralement, me posséder totalement.
Dès le prologue, ce prologue tranchant et percutant, on est pris d’assaut par le personnage de Jemima, sa tourmente, son histoire bouleversante.
Oui, Revanche est l’un de ces romans qui vous prend à la gorge sans attendre une seconde.
"Une enveloppe fermée promet toujours tant de choses ... C'est comme si elle pouvait tout contenir...vraiment tout."
Parce que ce prologue, revenons-y, est révélateur.
Révélateur d’abord du style de l’auteur. Elle ne ménage pas son lecteur, elle ne le prend pas pour un idiot. Ses mots sont forts, des coups de poing dans l’estomac. Des uppercuts. Vulgaire diront certains. Fort, dirais-je. Sans crainte et sans à priori. Sans se poser de question. Naturel, et porteur … porteur de rage.
Révélateur ensuite de son personnage. Jem, comme Grace dans Confusion, et sans doute même Alice dans Cruelles, est un personnage au ton sec, cassant. Un personnage avec peu d’amis. Un seul en fait. Un personnage en marge, en colère, dévasté, perdu.
Révélateur enfin de l’histoire. De l’intrigue qui début à peine. Un aperçu de ce qu’il va se passer. Un judas sur qui ne dévoile qu’une infime partie de cet ouragan qui va suivre.

 



Donc vous l’aurez compris, Jordan avait raison. Ce roman est dévastateur.
Il l’a véritablement atteint au plus profond de moi-même jusqu’à m’ébranler, jusqu’à me mettre dans tous mes états. Je suis souvent touché par le sujet de l’homosexualité. Et Cat  Clarke le traite avec beaucoup de justesse. Avec beaucoup d’émotion. Le personnage de Kai est hyper attachant. C’est un personnage haut en couleurs, drôle, un personnage qu’on aimerait ne pas voir mourir, qu’on aimerait serrer dans nos bras à notre tour. Un personnage en lequel j’ai vu en ami comme une partie de moi. Il est un peu extravagant mais, il me semble, pas exagérément, juste comme il faut, même si encore une fois oui, le personnage gay d’un roman est doté de cette personnalité extravertie… C’est tellement douloureux de le voir souffrir. De le voir plonger dans une dépression jusqu’au suicide, même si cela ne représente qu’une petite partie du roman. C’est tellement douloureux de voir un jeune homme comme ça humilié, rejeté, blessé. Comment cela est-ce possible ? Comme peut-on infliger cela à quelqu’un ? Comment peut-on infliger cela à quelqu’un pour ce qu’il est ? Pour sa différence. Parce qu’il veut juste aimer. Aimer. Cela m’a dévasté. Je me rends bien compte que les temps changent et que les choses évoluent mais quand même. On est encore loin d’un idéal où l’homosexualité serait … banale.
« C'est peut-être une bizarrerie de la nature humaine, de ne pas pouvoir s'empêcher de faire du mal aux gens qu'on aime le plus. »
En outre, Revanche n’est pas qu’un livre sur l’homosexualité, l’isolation des jeunes, l’homophobie, le rejet, l’humiliation. Revanche est un livre véritablement engagé sur plusieurs. C’est un roman révélateur du système américain. Un roman cliché ? Américains ou connaisseurs éclairez ma lanterne … Un roman dénonciateur de la cruauté des jeunes oui. Qui, en premier lieu se caractérise par la hiérarchie lycéenne … ce lycée que Jem va comparer à un zoo. Ce lycée qui n’est rien d’autre qu’un microcosme à l’image de la société … ou d’une chaîne de prédateur à proie. En haut les populaires, superficiels, frimeurs, les rois du lycée et leurs copines. En dessous les normaux, qui contemplent des étoiles plein les yeux le rang des populaires. Qui se plient à eux et évitent le moindre faux pas. Faux pas qui mènerait indéniablement au rang des rejetés. Les différents, les exclus, les reniés.
Mais Revanche est aussi un roman puissant sur la colère, le désir de vengeance. Le besoin de vérité. La culpabilité. Un roman sur la jalousie. Un roman sombre oui.
Mais aussi et surtout une des plus belles histoires d’amitié qu’il m’ait été donné de lire.
Jusqu’où ira-t-on pour connaître la vérité ? Où la jalousie peut-elle mener ? Quand s’arrêter ? La vengeance est-elle légitime ? …
Comment réparer ce vide que creuse un décès en nos cœurs?
"Je crois que ce que j'essaie de te dire, c'est que si tu rencontres des gens qui te rendent heureuse - mais vraiment heureuse - accroche-toi à eux. Parce que ça n'arrive pas si souvent."
Cat Clarke, d’un bout à l’autre de ces 500 pages, balade le lecteur. Elle l’ébranle, le renverse, le secoue. Elle lui fait ressentir tout un tas d’émotion qui prennent tout entier. Elle l’accroche, elle le séduit avec des personnages attachants … ou au contraire repoussants. Elle ne cesse de le faire douter. Et c’est là l’un des plus gros points forts du roman. Elle ne cesse de lui faire se poser des questions. Elle ne cesse de lui faire comprendre que les gens ne sont pas toujours comme on le croit. Que les apparences sont souvent trompeuses oui. Que les gens changent aussi peut-être. Ils grandissent.
Et à trop se perdre dans les autres, on ne sait plus qui on est.
Il y a des éléments dont je me suis douté, il y a des moments qui, tout en conservant mon attention, m’ont moins captivé.
Mais ce roman n’en reste pas moins un immense coup de cœur. Une histoire qui m’a ravagé tout simplement. Une histoire qui, une fois terminée, laisse dans un état de choc. Cet état si particulier du lecteur dans lequel il ferme son livre. Murmure un truc tel que « Putain ». Et reste bouche bée.
Vous ne ressortirez pas indemne d’une telle lecture.

"Tu es ma personne préférée au monde. Tu le sais, n'est-ce pas ? Je t'aime plus que la chaîne Histoire... T'imagines ? Plus que mes lunettes de soleil (et je les kiffe grave mes lunettes aviateur). Je t'aime plus que Tim Riggins. Je t'aime plus que toutes ces choses réunies. Ça fait vraiment un super gros tas d'amour. Infini,  en fait. Pardonne-moi de dégouliner de sentiments comme ça."


Ce sujet là, l’isolement, la perte de soi, l’égarement … se retrouve aussi dans Two boys kissing. Mais, ici aussi, dans un ensemble d’autres thèmes. Un ensemble, cependant, parfait.
Car je n’irai pas par quatre chemins : cette lecture VO du dernier roman de David Levithan m’a beaucoup étonné … et immensément charmé. Et ce que je retiens d’abord c’est cela, ce tout : ce tout sans impact que forme le roman. Cet ensemble dont l’intrigue se déroule principalement sur 32h et quelques, le temps … d’un baiser.
Craig et Harry sont homosexuels. Ils s’aiment –se sont aimés ?– et ont décidé de battre le record du plus long baiser jamais partagé. Ils ont décidé de se battre pour une cause. Ils ont décidé aussi, de mettre au grand jour l’homosexualité de ce premier.
En 32 heures, tant de choses peuvent changer.
Ryan et Avery peuvent se rencontrer, vivre leur premier rendez-vous … tomber amoureux ?
Peter et Neil peuvent continuer à s’aimer. S’embrasser. Ils peuvent goûter au silence. Ils peuvent surmonter des obstacles.
Cooper enfin peut se perdre. Totalement … 
“Freedom is also about what you will allow yourself to do.”
Two boys kissing est un roman à plusieurs voix. Un roman narré à la troisième personne … et à la première personne du pluriel. Ce sont des voix, une infinité de voix de tous ces hommes qui sont morts du sida. Une infinité de voix douces, marquées par la vie, par la mort, par toutes ces vies, toutes ces morts auxquelles ils assistent. Un parti pris intéressant, surprenant, superbe.
Le style en est d’autant plus beau. Bien que l’ayant lu en anglais, j’en ai perçu la langue, le rythme, les sonorités, le son, le bruit, la mélodie. La mélodie oui. Une mélodie, une berceuse, une beauté tout simplement.

Derrière cette construction magistrale, derrière ce style enchanteur, derrière tous ces personnages touchants, auxquels on s’attache, en lesquels on se retrouve, pour lesquels on rit, tremble, pleure, hait. Pour lesquels on aime. Derrière cette intrigue qui porter le roman, et toutes celles qui viennent s’y greffer, changeant des vies en à peine 32 heures. Derrière tout cela il y a une profondeur qu’on effleure. Une profondeur remarquable.
Que représente un baiser ? Deux corps soudés ? Deux corps fusionnant ? Deux âmes entrant en contact ? Deux âmes s’unissant ?
Peut-on tomber amoureux si vite ? Le coup de foudre existe-t-il ?
A quoi reconnaît-on une relation durable, une relation « qui fonctionne » ? Les baisers alors deviennent-ils si importants ? N’y a-t-il alors rien de plus beau que ces silences partagés ?
Comment s’en sortir alors que la seule vie qu’on a est virtuelle ? Comment s’en sortir sans famille, sans amis, sans personne à qui s’accrocher ? A chercher à être un autre, on finit toujours par se perdre.
Et bien sûr, par-dessus toutes ces questions touchant à l’amour, aux relations, à la vie et au passage à l’âge adulte, par-dessus tous ces questionnements, ces incertitudes, ces doutes ; il y a le sujet de l’homosexualité.
Comment aimer alors que les gens vous rejettent pour ce que vous êtes ? Comment aimer alors que votre vie peut à tout moment basculer par la simple force de l’acte d’une personne à votre égard, de sa rage, de sa haine ? Comment accepter ? Comme s’y résoudre ? Comment le vivre ? Comment le dire à ses parents ? Comme leur faire comprendre ? Tant de questions qui se posent et ne trouvent pas toujours réponse. Des questions qui tourmentent et perturbent. 
 “There is sudden. There is the eventual. And in between, there is the living.” 
Two boys kissing est un superbe et court roman sur l’adolescence. Cette période où tout est incertain. L’adolescence est le temps des peut-être. Le temps des choix et le temps de grandir. Un passage difficile, parfois plus pour d’autres, où il est facile de se perdre. Il suffit de quelqu’un, il suffit de force, il suffit peut-être aussi d’amour pour surmonter les obstacles et vivre. Comment on le veut.
Two boys kissing est intense, époustouflant, profond.
Two boys kissing est un texte coup de poing, coup de cœur, coup au cœur. 

“Make more than dust.”