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En 2015



En 2015.
Il y a eu la joie d’une nouvelle année. Le pétillement d’une seconde et des bulles de sourires plein d’espoir.
Il y a eu l’amitié en premiers rayons de soleil. Ils ont irradié d’amour et de bonheur ces quelques premiers jours.
Il y a eu un retour. Un voyage. Des larmes au bord des yeux. Une vague dans la gorge.
Il y a eu des révisions, du travail, du stress, l’envie de s’échapper, de retrouver son syndrome, de lire et d’écrire et de courir et de chanter et de danser et de voler. Il y a eu des échappées belles aussi.
Il y a eu ce blog en vacances prolongées. Hibernation. Sommeil paisible et serein frémissement du futur.
Il y a eu un drame. Une tragédie. Un cauchemar. Le malheur qui fait de ce début d’année un bien funeste et historique moment. Des pleurs, même intérieurs. Des larmes, face à ces armes. Un silence, si intense. Et les poings levés, les crayons brandis, le courage, le soutien, la solidarité, des mains tendues et tenues et ouvertes. Une foule toute entière secouée de colère et d’amour comme un immense éclat de rire.
Il y a l’espoir, le futur, la faiblesse, des âmes et des corps à relever. Il faudra s’en occuper.

Il y a un retour. Des mots pour dire me revoilà.
Il y a le plaisir retrouvé, le cœur au bout des doigts.

 
Il y aura, je l’espère, une organisation. Une régularité.
Il y a aura la liberté, les articles envolés, les ailes qui leur poussent, ceux qui traverseront un océan, d’autres qui se contenteront de descendre le cours d’une rivière. Il y a aura la sincérité, vous et moi, moi à vous, mes mots, mes impressions comme de subtils coups de pinceau. Il y aura les projets, les idées, la vie qui se dore d’un horizon inatteignable mais stimulant. Il fait avancer. Un pas devant l’autre. Et parfois on en rate. Mais parfois on s’envole.


Avec la brise d’une transformation qui murmure dans les feuilles la promesse d’un ailleurs serein.
Avec le vent qui me porte vers un autre chemin.
Avec vous.
Avec les ailes du cœur et de la sincérité. Celles de l’harmonie essentielle de nos sublimes « Je suis ».

Il y aura les mots. Et ce sera l’essentiel.

En 2015, vivez le bonheur d’être vous.


 

Le syndrome du chroniqueur

 


Le syndrome du chroniqueur (ici littéraire) est un syndrome qui existait déjà dans la presse depuis longtemps, mais qui a tendance à se répandre de plus en plus chez les blogueurs. Je suis de ceux-là.
Si vous aussi vous répondez aux symptômes que je vais décrire ci-dessous, ne vous inquiétez pas : c’est incurable.

Le syndrome du chroniqueur, je l’ai attrapé dans la presse justement ! J’ai participé en 2009 au Grand prix des lecteurs du journal de Mickey et j’ai dû rédiger des chroniques littéraires sur des romans pour finalement élire un gagnant (qui a été Je suis ton secret, de Marc Cantin). J’en suis ressorti heureux, comblé … et atteint par le syndrome. Alors j’ai créé un blog -j’en avais déjà beaucoup- exclusivement consacré aux livres. Et j’ai commencé à partager ma passion dans une version « bêta », en tout cas inaboutie, de Bouquins en folie (ancien nom du Cahier de lecture de Nathan) qui est véritablement né sur skyrock en 2010 avant de renaître sur Blogger en 2011.

Ce syndrome, il a grandi au fil dans ans. Il a même développé d’autres syndromes, plus ou moins directement : celui des interviews, des comptes rendus, des concours, des évènements … toutes ces choses qui touchent au partage, à internet, à la lecture, à l’écriture.
Il a grandi au fil dans ans, il a conquis tout entier mon cerveau et mon cœur. Son arme la plus forte ? Il sait toucher là où il faut : votre passion, votre énergie ; et vous stimule pour l’adopter. C’est merveilleux. Mais une fois que vous l’avez, n’espérez pas le lâcher.
Il a grandi au fil des ans, s’est tant et si bien intégré à mon corps et mon âme qu’il fait partie intégrante de celui que je suis. Mes doigts, fourmillant des idées que mon cerveau bouleversé lui envoie, aiment, en lui obéissant, venir caresser les touches de mon clavier. Mes neurones vibrent de l’énergie du syndrome qui stimule l’esprit, qui donne envie d’écrire, qui pousse la passion plus haut encore, qui donne des ailes. Tout en moi par moments s’échappe quelques instants vers ce syndrome qui prend alors possession de tout.

Le syndrome du chroniqueur, c’est celui qui fait que quand vous lisez, les mots sincères et spontanés de votre éventuelle future critique tombent de vos yeux jusque sur le livre.
Le syndrome du chroniqueur, c’est celui qui fait que vous débordez d’idées comme une marmite pleine. Elles s’échappent en gerbes frémissantes et caressent votre cerveau de dizaines de projets.
Le syndrome du chroniqueur, c’est aussi la frustration du temps manquant, les maux de têtes sur le html de votre blog, la tristesse de dire au revoir à un projet.
Le syndrome du chroniqueur, c’est celui qui fait que votre vie de lecteur ne sera plus jamais la même. Echanges, partages, salons, discussions, découvertes, rencontres, chroniques, lectures communes, vidéos, articles croisés, sélections, et le bonheur dans les sourires de nos mots, et la vie qui s’échappe de ces pans de lectures qu’on échange, de ces rencontres virtuelles et réelles, ces rencontres heureuses.

Mais il arrive aussi de traverser des phases ou le syndrome se fait tout petit. Là dans un coin au fond de vous, il fait croire à son absence, il vous fait signe qu’il est parti.
Et tout en vous respire de ce poids retiré.
Puis tout en vous est balayé par le vent de sa légèreté.
Le syndrome du chroniqueur s’en va parfois. Cela m’est arrivé entre Novembre et Décembre.
Mais c’est pour vous rappeler qu’il existe. C’est pour vous rappeler ce que vous êtes sans lui :

un mot tronqué, un texte à trous, une page découpée, un livre incomplet.


Vous prenez un peu de temps. Vous soufflez, respirez, regardez et rêvez. Vous faites le vide, épurez, nettoyez, blanchissez.
Et alors vous le laissez revenir, ce syndrome, celui que vous aimez malgré tout. Vous lui tendez la main et vous lui dites « Tu m’as manqué. » Tu m’as manqué, mais je t’ai préparé une cabane, un cocon pour l’hiver. J’y ai mis des idées, j’y ai mis des projets, j’y ai mis des changements, j’y ai mis celui que je suis. Il manque peut-être des choses, mais « tu [ne] crois [pas] qu’il faut toujours perdre une part de soi pour que vous la vie continue ? »*
Viens, entre, ça a changé ici, tu vois.
J’ai refait les murs, gardé les couleurs mais j’ai ajouté le vert, l’espoir.
J’ai épuré. C’est plus simple, moins complexe. Un peu moins ambitieux peut-être, je ne sais pas. C’est plus sincère, plus moi.
Va, va te coucher sur les couvertures de projets et d’idées et de choses à venir. Tu verras, il y fait chaud et bon.
Quant au reste, tu verras.

Je vous souhaite une belle année 2015.

*Tant que nous sommes vivants d’Anne-Laure Bondoux – Gallimard jeunesse, 2014

Sous les couvertures

 C'est l'hiver depuis deux jours. C'est Noël dans deux jours. Entre les deux, il y a moi. Je suis en vacances depuis le jeudi 18 mais opéré des dents de sagesse (aïe.) le vendredi 19. J'ai eu mal, j'ai comaté dans le canapé devant Nos étoiles contraires. Et j'ai oublié les partiels et les cours et le travail pendant trois jours complets. Alors avant de reprendre mon sérieux et de m'y remettre, laissez-moi faire un peu le point sur mes lectures de ces derniers jours, ces lectures que j'ai enchaînées avec tellement d'aisance et de plaisir, comme je ne l'avais pas fait depuis longtemps.
J'ai lu 1 album, 4 bandes-dessinées,  relu 2 romans, en ai lu 1 nouveau et en suis au tiers d'un autre.
Mon coeur de lecteurs palpite de ce renouveau et chaque mot en est un battement...


Et puisqu'il faut noter ... je n'irai pas au-delà du 12/20
Avant toute chose, j'ai fini celui-ci, entre l'hôpital et mon lit. Au chaud sous les couvertures de l'hiver, j'ai pris le soin d'aller au bout de cette histoire qui m'a été offerte pour les matchs de la rentrée littéraire de Priceminister. J'avais très envie de le lire. Il était court, je savais qu'il ne me prendrait pas trop de temps et me donnerait du plaisir. Il ne m'a pas pris trop de temps si on oublie tout ce temps où je n'ai pas lu. Il m'a donné du plaisir. Mais assez peu au final. Il ne restera pas un grand souvenir. Il disparaîtra avec le reste.
C'est l'histoire d'une librairie. L'histoire de tous les livres qui l'habitent et, comme leurs auteurs, comme des humains, s'aiment et se chamaillent, bataillent, s'opposent et se haïssent. Il y a le fonds, disposé sur les étagères dans le boudoir, qui se voit chaque lundi tronqué d'une partie de ce stock envoyé au pilon. Il y a les classiques, rarement réassortis, mais là comme une mémoire et un témoin des années qui passent, il y a les auteurs plébiscités par le public, récompensé de prix de notoriété de critiques enflammées, il y a les best-sellers, bien au chaud sur leur table près de la caisse, que tout le monde achète. Et de là naît la jalousie, la haine, l'injustice et la révolution qui commence alors à consumer les pages de tous ces romans qui se montent les uns contre les autres. Et en parallèle les librairies. Et en parallèle les auteurs. Et en parallèle la vie littéraire. Et en filigrane, comme le palimpseste de ce monde tout entier, on y cherche le sens de la littérature, la définition d'un grand livre, on voit l'auteur dans son oeuvre, on sent la fragilité ou la superficialité des livres. On sent à quoi tient leur vie, si peu.
Le pitch sonnait bien. Le livre avait l'air bien. Il y a de bonnes idées, des trouvailles dans les mots, les expressions, les retournements de situation. Le tout se tient bien, on est pris dans l'intrigue avec aisance... mais cela s'arrête là, d'une certaine façon. J'ai ressenti peu d'émotion, j'ai trouvé le style riche mais dénué d'âme, assez convenu. Les rélfexions énoncées m'ont parfois paru cyniques et pessimistes mais elles se nuancent et s'étayent en cours de lecture, ce qui était plaisant et intéressant, surtout en tant qu'étudiant en métiers du livre.
Je n'ai donc pas fondamentalement passé un mauvais moment, seulement le potentiel du livre a été selon moi gâché par le style qui sonnait creux et le manque certain d'émotions dans un univers enflammé de passion.

 Et depuis, je me suis enfoui dans mon lit, et j'ai enchaîné les lectures.
J'ai relu ce roman qui a fait le buzz au début de l'année, pour m'en imprégner une seconde fois, loin du phénomène causé, loin des médias, loin de mes propres sentiments acérés à la première lecture. Avec du recul, un peu de sérénité, pour comprendre un peu mieux, pour saisir l'intelligence de l'auteur, la maîtrise du style, les émotions en bourrasques sous la délicatesse des mots.
J'ai relu Le livre de Perle. J'ai retrouvé ses personnages, les ai, encore, accompagnés dans leur folle quête d'existence et de vie, j'ai cherché dans le pénombre et les recoins des mots de Timothée de Fombelle des trésors, des cachettes et l'amour. Je me suis enveloppé de la vive douceur de ce style magique et me suis laissé porté sur les ailes du conte.
Je relirai, sans doute, Tant que nous sommes vivants, animé du désir furieux de fusionner avec l'universel, de ressentir l'amour et la vie et le devenir. J'ai envie et besoin de partir avec eux. De voir l'ombre de l'oiseau sur moi. De voir quarante fois le soleil se lever.



Je me suis nourri d'images.


Il me reste encore des romans à lire.
Pour unir ma voix à la Voix des Blogueurs.
Pour aller vers le bleu des Bookineurs en couleur.
Pour partir.
Voyager.
Lire.


Et tranquillement je prépare 2015.
Et
WOW
ça s'annonce magnifique.

Joyeux Noël à tous ♥