[INTERVIEW] SSJS JOUR 7 #4 - Victor Dixen


 
Eh bien voilà, j’ai 33 ans, dont une bonne vingtaine d’insomnies qui m’ont laissé le temps d’explorer la nuit. Mais surtout, ces heures volées au sommeil me permettent d’inventer des histoires et de les coucher sur le papier, lorsque le monde entier dort et que tout est silencieux. C’est ainsi qu’est né Jack Spark, ses compagnons et les étranges créatures qui les poursuivent depuis ce fameux été au camp de Redrock.

  • Et enfin quelques questions sur le tome 4 ! Commençons par le commencement … 1 siècle après la fin de l’hiver nucléaire, c’est ici que se situe Printemps Humain. Comment s’est passée la création de cette société ? Choisir l’Australie comme lieu pour Concordiapolis était-il une décision géographique (on voit sur la carte que la cité est au centre du monde …) ?

C’est plus un clin d’œil car l’Australie n’est pas mentionnée dans le texte, elle figure juste en annexe en effet, sur la carte. Pour moi, l’Australie c’est avant tout les antipodes, l’autre bout du monde ou encore le monde à l’envers. Or Concordia, c’est véritablement un renversement de notre monde. Les créatures de l’ombre, qui jusqu’à présent ont toujours vécu cachées, ont désormais pignon sur rue et sont devenues  les plus grands notables de la société. La nuit est devenue plus importante que le jour.

  • J’imagine que ça n’a pas été facile de changer complètement (enfin, … presque) de personnages et de quitter tout ceux que vous aviez connu en écrivant les 3 premiers tomes …

En réalité j’ai pris un vrai plaisir à retrouver l’univers du Cas Jack Spark, les Fés et leur magie si particulière, projetés dans un contexte complètement différent, renouvelé. J’ai aussi été très attentif à la manière dont les personnages de la trilogie initiale avait imprimé leur marque à ce monde qu’ils ont reconstruit de leurs mains, avec leurs idéaux. Je crois que leur présence imprègne Concordiapolis, ses rues, sa culture, ses institutions, chaque page du Printemps Humain. Je suis fasciné par le temps, par la mémoire et par la manière dont nous pouvons laisser une trace derrière nous. Et puis, cela a été pour moi l’occasion de faire la rencontre de  nouveaux personnages entièrement concordiens, qui sont nés et qui ont grandi dans cette société  si parfaite et si déséquilibrée à la fois.
  • Concordiapolis dans sa mécanique sans électricité a des accents de steampunk. Est-ce volontaire ?
J’avoue que me steampunk est une esthétique qui me charme et que j’ai voulu développer dans ce roman, mais à la sauce fée bien entendu. En fait, quand j’y repense, il y a des éléments steampunk dès l’Eté Mutant (le baquet de Mesmer, par exemple). Mais dans le Printemps Humain, ces éléments deviennent le fondement même de la société, son organisme pour ainsi dire.


QUESTION SPOILER DU TOME 4:
  • En tant que lecteur j’ai connu ça mais vous, quel a été votre ressenti lorsque vous avez retrouvé au bout de plus de 300 pages Jack  ?

Beaucoup d’émotion bien sûr. Et l’impression aussi de redécouvrir Jack. Après avoir passé ces 300 pages aux côtés de Caleb et de Tiago, qui n’ont jamais vu le Président Mentor que sur des photos ou des portraits officiels, je me suis mis à penser comme eux. Jack est monté sur un piédestal à mes yeux aussi. Je ne pouvais m’empêcher de me demander ce qu’il devenait, pourquoi il ne se manifestait pas (tout en connaissant la réponse au fond de ma tête !). Et puis quand il est réapparu je l’ai trouvé à la fois identique et différent du garçon qui était entré à Redrock par un beau matin de juillet, cent ans plus tôt. Grandi en quelque sorte par toutes les épreuves qu’il avait traversées, par tous les bonheurs aussi qu’il avait vécus. Je crois que c’est dans ce tome que l’on perçoit vraiment ce que signifie la nature fée de Jack : pour lui cent ans, c’est une goutte d’eau dans l’océan de l’éternité. Cette longévité abyssale coupe la grande majorité des Fés de l’humanité. Mais pas Jack. C’est en ça qu’il est exceptionnel : sa sensibilité, ses sentiments restent humains.

  • Au final, la série est finie pour de bon. Quelles sont vos émotions, quelles sont les plus belles choses -et les moins belles !- qui vous restent au bout de 4 ans ?

Il n’y a que des belles choses, ai-je envie de dire ! Pendant ces 4 années, j’ai vécu au rythme des anciens de Redrock. J’ai fait des super rencontres avec les lecteurs qui ont suivi la saga et qui m’ont communiqué une formidable énergie,  ainsi qu’avec les acteurs de cette nébuleuse que l’on nomme « l’imaginaire ». J’ai découvert le monde des festivals littéraires et la vitalité de la blogosphère : autant de manières de prolonger les histoires une fois les livres refermés. On rêve plus fort à plusieurs – ça, c’est quelque chose que Jack et ses amis ont aussi appris.
Je retiens aussi toutes ces nuits passées à écrire, avec l’écran de mon ordinateur comme seule lueur au creux de la nuit. J’ai passé des heures fantastiques à revisiter ces contes que j’aime tant. Retrouver les personnages du Cas était devenu comme un rendez-vous. Ils vont me manquer, c’est sûr !

  • Et puis question inévitable ! Quels sont vos projets pour après ? Des nouveaux romans, passer à autre chose … et peut-être un jour faire revenir Jack ?
Des projets, j’en ai plein la tête en effet. Des histoires différentes du Cas, car j’aime surprendre les lecteurs (j’espère que chaque tome de Jack Spark, très différent de celui qui le précède comme tu le soulignes, témoigne de mes efforts en ce sens).
Quant à faire revenir Jack dans un avenir plus ou moins lointain… Il ne faut jamais dire jamais ! ;-)


1 commentaires:

Lucille a dit…

Je survole l'interview, mais j'espère que l'auteur écrira d'autres livres aussi géniaux et surprenants !

Enregistrer un commentaire